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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Marie-Serge Opigez Jean-Bernard DeshayesTout l'été, j'ai suivi le remarquable feuilleton estival de Pascal Wallart sur les douze ans de descente en enfer du PS héninois. L'épisode d'hier évoque la démission de Marie-Serge Opigez et le choix de Jean-Bernard Deshayes et de Guy Creuze de rester adjoints de Gérard Dalongeville.

A l'époque, je venais d'adhérer au PCF. Adhérent d'ATTAC depuis la rentrée universitaire 2001, adhérent de la LDH depuis le mois de mai 2002 (à la suite du traumatisme du 21 avril 2002) et syndicaliste étudiant entre 2001 et 2004, je venais de réussir le Capes d'histoire-géographie. Dans la foulée, je me suis syndiqué au SNES-FSU et en décembre 2004, je prenais contact avec le PCF local pour y adhérer.

A Lens, j'ai rencontré Marie-Serge Opigez, dans son bureau, au 1er étage de la Fédération et j'ai toute de suite apprécié cette militante de caractère qui m'a dès le départ expliqué quelle était la situation sur Hénin-Beaumont. Marie-Serge Opigez n'avait pas de mots assez durs contre Gérard Dalongeville. Conseillère municipale déléguée au logement, elle avait en travers de la gorge la cession de la SAEMIC à Artois Developpement.

Marie-Serge estimait que le PCF n'aurait jamais dû s'allier à Gérard Dalongeville. Elle expliquait qu'à tout prendre, il valait mieux être allié d'un "vieux lion" que l'on connaissait plutôt que d'un "jeune lion aux dents longues" et que l'alliance de 2001 avec Gérard Dalongeville plutôt qu'avec Pierre Darchicourt avait été une monumentale erreur de Jean-Bernard Deshayes et d'Yves Coquelle

Marie-Serge Opigez fulminait contre Jean-Bernard Deshayes, qui avait utilisé L'Avenir, le bulletin de section du PCF pour défendre l'indéfendable et expliquer qu'il n'y avait pas de tutelle. C'était en octobre 2003 et depuis, plus aucun bulletin de section n'était sorti. Amère, Marie-Serge regrettait que le PCF soit noyé dans la masse et m'expliquait qu'elle allait démissionner, mais qu'elle ne voulait pas rajouter de la cacophonie à la cacophonie.

Ces explications, elle me les donnait parce qu'elle souhaitait que je lui succède à la tête de la section héninoise pour apporter un peu de sang neuf sur une ligne d'indépendance vis-à-vis de Gérard Dalongeville. J'ai assisté aux premiers comités de section en ce début d'année 2005 et j'ai tout de suite mesuré le fossé de désaccords politiques et d'inimitiés qu'il y avait désormais entre Marie-Serge Opigez et Jean-Bernard Deshayes. Voyant ma proximité avec Marie-Serge Opigez, Jean-Bernard Deshayes, en aparté, a tenté de nous séparer en me disant de ne pas l'écouter. D'après lui, Marie-Serge était "dans la haine" vis-à-vis de Gérard Dalongeville. A l'époque, je n'avais pas d'avis tranché sur Gérard Dalongeville et sa gestion. Arrivé au PCF par convictions altermondialistes et antilibérales, ces querelles me passaient un peu au-dessus dans la mesure où j'ignorais encore le fond de l'affaire. Par contre, j'avais un avis politique sur la participation des communistes à une majorité PS en tant qu'allié minoritaire noyé dans la masse. La gauche plurielle m'avait laissé un très mauvais souvenir. J'étais donc franchement partisan d'une sortie du PCF de la majorité municipale et d'une ligne d'indépendance politique.

En attendant, pour me rendre utile, j'ai proposé de créer un blog pour le PCF d'Hénin-Beaumont. C'était en mars 2005...  


Dalongeville-Alpern-Percheron.jpg| HÉNIN-BEAUMONT |

Après Éric Mouton ayant fui l'emprise dalongevilienne et un funeste destin déjà pressenti, c'est une pièce symbolique du dispositif majoritaire qui quitte l'équipe Dalongeville.

Lors du conseil municipal portant sur le débat d'orientation budgétaire 2005, Marie-Serge Opigez tire en effet sa révérence. Longtemps secrétaire de la section PCF héninoise, Mme Opigez siégeait également au bureau et au secrétariat fédéral du mouvement. Depuis de nombreux mois, elle se sentait sur des charbons ardents au sein d'une équipe dont elle ne cautionnait plus les dérives. Mais, discipline fédérale oblige (le PCF ne voulait pas couper le lien, estimant que le seul bénéficiaire de ce divorce serait le FN), elle serrera longtemps les dents avant que de jeter finalement l'éponge en ce mois de mars 2005.

Originellement, l'élue voulait lire une déclaration sans concessions pour le maire en place... Finalement, mettant « politiquement » de l'eau dans son vin, elle se contentera d'une simple lettre de démission. Mais reprendra en même temps sa liberté de parole. Une option que ne choisiront pas Guy Creuze et Jean-Bernard Deshayes, les deux autres élus communistes, qui défendront obstinément Gérard Dalongeville jusqu'en avril 2009. Et verront par là même le PCF leur retirer leur qualité militante...

Une érosion de l'équipe majoritaire municipale dont se gausseront fort logiquement les membres de l'opposition. Christine Coget, félicitant le courage des élus ayant décidé de quitter le navire « sans se soucier des avantages que pouvait leur assurer leur fonction », exhortant les autres à faire de même « avant qu'il ne soit trop tard ». Une sortie verbale qui précédera une sortie physique du groupe d'opposition afin de protester contre l'absence de transmission du dossier préparatoire au DOB devant être discuté ce soir-là. Avant que l'ex-PS et ses amis Verts ne quittent la salle, Gérard Dalongeville leur lance avec la morgue qui le caractérise parfois : « Bonne soirée et attention aux escaliers ! » Charmante ambiance au sein du conseil municipal... mais aussi dans la section socialiste héninoise où Daniel Duquenne a de plus en plus de mal à digérer le passage de « la bande des cinq » ex-fidèles de Pierre Darchicourt (MM. Lottegier, Flament, Leroy, Delhaye et Boulonne) au sein d'un « think tank  » associé à la majorité municipale.

Irréductible Daniel !

Pendant que la fédé met patiemment en place les structures du pont qui aidera Gérard Dalongeville à traverser le Rubicon, Daniel Duquenne se refuse à accepter le quasi inéluctable. Et affirme croire toujours en un PS « préparant l'alternance » et « se refusant à cautionner la politique de la majorité municipale », faisant fi des récents débordements d'amitié d'Albert Facon et du soutien désormais attesté de Daniel Percheron.

Pendant ce temps-là, avec ses amis les Verts, Alain Alpern commence à prendre tout doucettement ses marques en expliquant vouloir construire une autre, une vraie, une nouvelle gauche pour Hénin-Beaumont. Et lorsqu'on le titille sur les rumeurs faisant état d'un éventuel parachutage de Marie-Noëlle Lienemann, celle-ci sentant bien qu'elle n'a alors plus rien à attendre de la vie béthunoise, le conseiller régional n'y croit pas un seul instant : « C'est une amie. Si elle avait envie de se lancer dans la bataille municipale à Hénin, elle m'en aurait parlé. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas un poste de maire, mais la députation nationale, ce qui lui est difficile d'obtenir à Béthune... » C'était sans doute la vérité de 2005, celle de 2007-2008 sera bien différente... •

PASCAL WALLART

Légende photo : Alain Alpern était arrivé à Hénin à l'arrière du véhicule de Daniel Percheron en janvier 2005. Il n'en partira plus...


Source : La Voix du Nord
Vendredi 31 août 2012

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Motivé 02/09/2012 10:20


Merci David de nous avoir expliqué tes débuts avec Marie-Serge et combien elle a eu raison de t'influencer pour que tu deviennes secrétaire à sa place car tu es un vrai homme de conviction et
d'indépendance que l'on ne trouve plus beaucoup.