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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Salle-du-conseil-06-04-08.jpg| HÉNIN-BEAUMONT |

Une semaine décisive qui s'annonce avec ce nouveau conseil municipal couperet qui, le lundi 6 avril 2009, doit neutraliser une Marie-Noëlle Lienemann désormais fermement décidée à combattre le système Dalongeville.

Tout le week-end aura vu de grandes manoeuvres se dérouler pour préparer cette séance aux allures de tribunal. Le samedi, surprise, lorsque Jean-Marie Alexandre qui avait, quelques jours plus tôt, convié les siens à s'abstenir sur le budget héninois, fait savoir qu'il appellera à voter pour le retrait de la qualité d'adjoint de Marie-Noëlle Lienemann mais aussi du communiste David Noël.

Le même jour, ambiance « pan-pan cul-cul » dans le bureau de Catherine Génisson, qui demande des comptes à ses « cadres » héninois, Jean-Pierre Chruszez et Annick Genty, pour leur fronde du 30 mars. La Première fédérale, outre ses admonestations, explique à ses visiteurs combien l'heure est grave. Et que, derrière la mesure de suspension du maire qui sera incessamment officialisée par le préfet, c'est une révocation qui devrait définitivement enterrer les espoirs de Gérard Dalongeville de reprendre les rênes de la ville.

Pour contrer cela, un seul plan : la promotion de Marie-Noëlle Lienemann au poste de maire afin de ne pas avoir à envisager un retour aux urnes qui serait trop dangereux. Pour persuader chaque élu socialiste du bien-fondé de cette stratégie, Catherine Génisson appellera un par un tous les élus PS héninois pour les enjoindre à résister aux pressions de Gérard Dalongeville. En vain !

Le fameux lundi 6, ce qui sera le dernier conseil municipal de Gérard Dalongeville ressemble plus à un champ de bataille qu'à une assemblée délibérante.

Le public, massé partout où il y a un millimètre d'espace de libre, commente, crie et vocifère comme s'il assistait à une corrida. La municipalité a d'un coup de baguette magique perdu tout respect et tout prestige, les élus majoritaires se faisant huer comme jamais. Sans que jamais, à un seul moment, Gérard Dalongeville n'en semble chagriné. Voire simplement perturbé. Cette soirée qui, anecdotiquement, verra tomber Marie-Noëlle Lienemann et David Noël, sous les votes assassins d'élus majoritaires désormais complètement déconnectés de la notion de bien et de mal, a tout d'un acte suicidaire.

Même si Gérard Dalongeville ne sait alors pas le sort funeste qui l'attend le lendemain, et qu'il continue ce jour-là à mener à bien ses petites affaires.

Avec Jean-Marc Bouche et José Lefrère, le maire est en train de finaliser un achat de terrains au Maroc, près d'Agadir. Les deux autres parties ont signé le contrat et le maire d'Hénin doit apporter sa part à cet investissement de tout de même 30 000 euros... Il en sera finalement empêché.

Entre deux textos, les échanges d'amabilités fusent avec sa désormais ex-première adjointe. Qui lui fait bien comprendre que s'il a gagné ce soir, il est dès à présent un homme politiquement mort. Et que la Justice va lui tomber dessus. « Mes amis du ministère de l'Intérieur ne te lâcheront pas ! » balance-t-elle, bravache, à un maire impavide, au regard vitreux. Enfermé dans un rôle dont il a désormais perdu le scénario... Après le conseil, alors que les journalistes le pressent afin de comprendre une stratégie qui ressemble de plus en plus à celle d'un Fort Chabrol, le maire lâche : « Je suis socialiste depuis l'âge de 16 ans, je n'ai de leçons à recevoir de personne ! » Alors que la fédé socialiste lui tire à nouveau dessus à boulets rouges, Dalongeville affirmera pourtant, a posteriori, avoir eu les soutiens téléphoniques de Jacques Mellick et de Daniel Boczkowski, le monsieur « élections » de la Fédé. Et avoir dîné, après le conseil, avec le bras droit du président de l'agglo... Le lendemain, peu après 6 h du matin, après une nuit légitimement agitée, trois coups secs frappés à la porte de son domicile feront basculer sa vie.

PASCAL WALLART

Légende photo : Un dernier acte joué devant un public criant et vociférant comme à une corrida.


Source : La Voix du Nord
Dimanche 07 octobre 2012

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