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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Presence-militaire-francaise-Afrique.jpgLe titre d’un article des Echos daté du 12 août 2014 a pu retenir l’attention des communistes : « Dépenses militaires et déficit : l’aile gauche du PS remonte au créneau ».

Depuis des mois, des clubs – « affligés », « frondeurs », « gauche avenir », « un monde d’avance », « l’appel des 100 » – se multiplient au PS et tentent de s’afficher critiques, à gauche, de Valls. Pierre Laurent leur tend la main avec une insistance qui désarçonne certains camarades. Tous ces soutiens de Hollande en 2012 ont voté la « contre-réforme ferroviaire »,  le collectif budgétaire etc. Une perspective à gauche avec eux et leurs calculs tactiques d’ici 2017 : peu de communistes y croient, nous n’en voyons pas l’intérêt, au contraire !

Mais voilà que certains contesteraient le niveau des dépenses militaires ? De quoi nous faire réviser notre avis ? Que nenni !

Le titre de l’article des Echos peut induire le lecteur en erreur. Sa lecture précise les choses.

M. Jean-Marc Germain, bras droit de Mme Martine Aubry, rapporteur à l’Assemblée du projet de loi de facilitation du licenciement (transposant l’ANI du MEDEF et de la CFDT), maintenant député « frondeur », signataire de « l’Appel des 100 », ne remet absolument pas en cause les dépenses militaires, ni la dissuasion nucléaire – 4 milliards d’euros par an – ni les ingérences militaires de l’impérialisme français à l’étranger au Mali, en Centrafrique ou ailleurs.

Non, ce qui dérange M. Germain, comme d’autres responsables du PS et de l’UMP, c’est que ces dépenses soient comptabilisées dans le calcul du déficit budgétaire, en particulier par la tutelle européenne – qu’il ne saurait contester bien sûr davantage.

Pour M. Germain, ces 2,5 % du PIB de dépenses militaires, « sanctuarisées » par Hollande, (détournées vers les marchands de canons et la guerre !), devraient être décomptés parce que la France et la Grande-Bretagne, « seuls pays capables d’assurer les interventions extérieures européennes », effectuent, en somme, une tâche d’intérêt collectif pour tous les impérialismes européens. L’Allemagne de consacre que 1,4 % de son PIB au budget militaire.

Sans ce surcoût de dépenses militaires, la France se retrouverait dans les normes de Maastricht et de l’UE, dans les clous des 3 % du PIB de déficit public. Le tour serait joué !

Nous constatons, sans étonnement, le conformisme militariste du « frondeur » du PS. Il existait un autre « Appel des 100 », organisation pacifiste animée par Georges Séguy, qui a lutté notamment dans les années 80 contre le déploiement de missiles nucléaires Pershing américains en Europe de l’ouest. Surtout ne le confondons pas avec « l’Appel des 100 » apparatchiks du PS en quête d’un ravalement de façade à gauche !

Nous constatons ensuite le manque de rigueur économique de M. Germain. Même si on refuse de la compter par un artifice politique et comptable, la dépense militaire existe bel et bien toujours et pèse tout autant sur les comptes publics. Mais bien sûr, la proposition de M. Germain est purement virtuelle et politicienne.

Enfin, nous vérifions le rôle des frondeurs dans la majorité. Ils s’efforcent de faire passer le déficit budgétaire creusé par Hollande et Valls, à coups de milliards d’euros de cadeaux au patronat (41 milliards par an en plus avec le « Pacte de responsabilité ») pour le résultat de mesures visant la croissance ou la justice sociale. Certains « frondeurs » en appellent même à plus de déficits publics, soi-disant pour la relance.

Rappelons notre position : le déficit budgétaire, c’est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais. Le mauvais, c’est celui qui sert le profit capitaliste par des baisses d’impôts ou de cotisations patronales ou des aides directes et qui fait profiter de la charge de la dette publique la finance privée. Le bon, c’est celui qui dirige l’épargne populaire vers le financement d’investissements dans la durée, répondant aux besoins du pays.

Rappelons aussi que nous sommes pour l’abaissement des dépenses militaires, l’abandon de la dissuasion nucléaire, le retour en France de tous les soldats français déployés à l’étranger.

Il n’est pas très sûr que M. Germain soit capable de jouer vraiment à « l’aile gauche » du PS. Le mot « gauche » n’a peut-être plus la même signification pour lui que pour les socialistes d’il y a 30 ans confrontés à un PCF plus fort.

Nous ne voyons pas ce que Pierre Laurent peut bien lui trouver pour l’imaginer en partenaire des communistes…


Source : Vive le PCF
Jeudi 14 août 2014

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