Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

logo Huma2Une instruction est conduite visant l’ex-ministre pour son rôle présumé dans le règlement du litige entre Tapie et le Crédit lyonnais.

Décidément, la France n’a pas de chance avec ses directeurs du FMI. Après l’affaire Strauss-Kahn qui a coûté son poste à l’économiste socialiste, s’apprête-t-on à suivre l’affaire Lagarde ? Jeudi – un 4 août, une date qui porte définitivement malheur aux privilégiés ! –, la Cour de justice de la République (CJR), instance qui juge des infractions des ministres commises dans l’exercice de leurs fonctions, a en effet décidé d’ouvrir une enquête sur les agissements de la directrice générale du FMI dans le cadre du règlement du contentieux financier entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. Christine Lagarde est soupçonnée d’avoir fait « abus d’autorité » quand elle était ministre de l’Économie, selon les termes du procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, qui vise la décision de la ministre, en 2008, de recourir à l’arbitrage d’un tribunal privé, pour le règlement par des fonds publics du différend entre l’homme d’affaires et la banque concernant la 
revente de l’entreprise Adidas. Cette « juridiction » avait condamné le consortium de réalisation (CDR), structure publique chargée de solder le passif de la banque, à verser à Bernard Tapie 400 millions d’euros, intérêts compris.

Une décision que beaucoup jugent très favorable à l’homme d’affaires qui a soutenu Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle de 2007, en regard du préjudice réellement subi. Hier, la CJR a émis un « avis favorable à une mesure d’instruction concernant Mme Lagarde », a déclaré le président de la commission des requêtes, Gérard Palisse. L’enquête porte sur des soupçons de « complicité de détournement de biens publics et de faux » et sera menée par trois juges indépendants, à partir de la mi-août.

Le début d’une procédure qui ne devrait toutefois pas aboutir avant de longues années, si les éléments tirés de l’enquête s’avèrent suffisants pour décider de renvoyer Christine Lagarde devant les juges de la CJR. Pour l’instant, son avenir à la tête du FMI ne paraît donc pas menacé, même si l’institution est très pointilleuse sur les questions d’éthique de ses plus hauts dirigeants. De son côté, le 6 juillet dernier, Christine Lagarde avait assuré conserver la « même confiance et la même sérénité », quelle que soit la décision de la CJR.

Sébastien Crépel


Source : L'Humanité
Vendredi 05 août 2011

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article