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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Liliane-Bettencourt2.jpgL'ex-comptable de Liliane Bettencourt  a maintenu ses accusations, lors de sa première audition par la juge Isabelle Prévost-Desprez, le 16 juillet, affirment Le Monde et Mediapart, mercredi 21 juillet.
Dans le procès verbal de son interrogatoire, auquel ils ont eu accès, Claire Thibout a réitéré les déclarations qu'elle avait déjà faites à Mediapart et devant la police sur un possible financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 et sur le fait que les Bettencourt remettaient régulièrement des enveloppes d'argent en espèces à "certains politiques en campagne électorale".


Des extraits de PV publiés


Les Bettencourt finançaient-ils les politiques en leur remettant des enveloppes ? "Il pouvait y avoir des sommes qui pouvaient aller de 20 000 euros à 100 000 euros", a martelé Claire Thibout, le 16 juillet, devant la présidente de la 15e chambre correctionnelle du Tribunal de Nanterre. "J'ai fait des déductions entre les demandes d'enveloppes et la venue de certains politiques en campagne électorale. C'était souvent André Bettencourt qui me demandait ces enveloppes. Le lendemain de la visite d'un politique, il me disait qu'il n'avait plus d'espèces (…). Tout cela se passait dans la discrétion."

Le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, lui a-t-il vraiment demandé de retirer 150 000 euros destinés à Eric Woerth ? "Patrice de Maistre m'avait demandé 150 000 euros en espèces pour les remettre à Eric Woerth", a répété l'ex comptable, selon les extraits de PV publiés par Le Monde et Mediapart. "J'ai évidemment compris que c'était pour la campagne des présidentielles, car nous étions en mars-avril 2007. Je me suis trompée de date en fait, j'ai retrouvé après tout ça mon agenda 2007, à la date du 18 janvier 2007 [elle avait d'abord parlé du 26 mars], j'ai inscrit 'rendez-vous madame Bettencourt pour donner enveloppe qui donnera à Patrice' (…) en réalité j'ai donc donné 50 000 euros en espèces à Liliane Bettencourt pour Patrice de Maistre. Quand Patrice de Maistre est arrivé, j'ai remis l'enveloppe à Liliane Bettencourt, qui l'a remise à son tour à Patrice de Maistre."


Claire Thibout persiste sur l'"abus de faiblesse"


Non seulement Claire Thibout persiste et signe, mais elle a par ailleurs réaffirmé à la juge que Liliane Bettencourt était bien dans une situation de "faiblesse", à la merci de son entourage. Elle raconte ainsi les "pressions" qu'aurait exercées le photographe François-Marie Banier, poursuivi en justice pour "abus de faiblesse" sur l'héritière de L'Oréal, sur son ex-patronne : ses requêtes pour obtenir "deux ou trois millions pour finir sa piscine" ou encore son intérêt pour les " bijoux".

Elle a également confirmé une information sortie il y a déjà quelques semaines dans Le Point : à savoir que quand Françoise Bettencourt, la fille de Liliane, a porté plainte contre François-Marie Banier pour "abus de faiblesse", "Patrice de Maistre lui a rédigé un mot qu'elle a appris par cœur pour le rendez-vous avec Nicolas Sarkozy". Et, à en croire l'ex-comptable, c'était loin d'être le seul "petit mot" rédigé par Patrice de Maistre ou Jean-François Banier dont elle se soit servi.


"Ennemi public n°1"


Au cours de son audition, Claire Thibout s'est en outre expliquée sur son étrange revirement d'il y a 10 jours. Devant les policiers, elle s'était partiellement rétractée des propos qu'elle avait tenus à Mediapart, le 6 juillet, sur d'éventuelles enveloppes remises à Nicolas Sarkozy.
"Elle a tenu à préciser le contexte de cette audition, avec des gendarmes à sa porte, et la brigade financière qui saute dans un train pour l'entendre jusqu'à deux heures du matin", dans le Sud de la France où elle s'était réfugiée, écrit Le Monde. "J'étais fatiguée et choquée, et c'est comme ça que j'ai fini par dire que Mediapart avait romancé mes propos. Comme je vous l'ai dit, il s'agissait seulement de rapprochements que je n'avais pas faits, et donc des extrapolations de propos que je maintiens", a-t-elle déclaré cette fois à la juge. Avant d'accuser : "Je considère avoir été harcelée alors que je n'étais que témoin. J'ai eu la sensation d'être traitée comme l'ennemi public n°1 (…), comme une voleuse."


La guerre entre le parquet et la juge continue


L'ex-comptable a été entendue dans le cadre du supplément d'information pour "abus de faiblesse", ordonné par la présidente de la 15e chambre correctionnelle du Tribunal de Nanterre, le 1er juillet. Un droit à mener l'enquête que lui conteste le parquet de Nanterre, avec lequel elle est en guerre ouverte.


Source : Nouvelobs.com
Mercredi 21 juillet 2010

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