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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Guislain-Viseur--CGT-Faurecia-.jpgL’équipementier automobile Faurecia a vendu les murs de son usine d’Hénin-Beaumont. La CGT dénonce une opération immobilière qui pourrait faciliter une délocalisation…

Au cœur de l’immense zone commerciale à cheval sur Noyelles-Godault et Hénin-Beaumont, encastrée entre les magasins Ikea et Alinea, l'usine automobile Faurecia ferait-elle tâche ? En tout cas, Ghislain Viseur (CGT Faurecia) s’interroge sur son devenir depuis sa cession, cet été, pour la coquette somme de 16,3 millions d’euros à un « acheteur du Nord-Pas-de-Calais ». « Notre direction refuse toutefois de nous dévoiler son identité ». « Faurecia affirme ne pas savoir à qui elle a vendu les murs. C’est un peu fort de café ! Nous avons un besoin de transparence », commente Jean Haja, conseiller régional et maire de la ville voisine de Rouvroy. « Une possible délocalisation est bien la question de fond. Une vente à une collectivité locale aurait été de nature à nous rassurer davantage », prolonge Bertrand Péricaud, conseiller régional en charge des questions industrielles. Les deux élus communistes se sont récemment entretenus de la situation avec le représentant de la CGT, en présence d’Hervé Poly, premier secrétaire du PCF du Pas-de-Calais, et de David Noël, secrétaire de la section d’Hénin-Beaumont. Des consignes ont bien été données « pour ne pas évoquer  le sujet avec la presse », explique-t-on à la direction de Faurecia Hénin. Une culture du secret susceptible de nourrir les scénarios les plus noirs.

Culture du secret

Un secret de polichinelle pour Ghislain Viseur qui imagine évidemment que le groupe Mulliez, propriétaire de nombreux magasins sur place dont Auchan, serait l’heureux acquéreur d’une surface de 15,5 hectares (dont 4,5 de terrains aujourd’hui en jachères. L’information a d’ailleurs été publiée sur le site du journal L’Usine nouvelle. Bien évidemment, pour le moment, Faurecia y maintient sa production de tableaux de bords ou de panneaux de portes pour Renault et surtout Toyota, ses principaux clients. De propriétaire, le groupe dont PSA demeure l’actionnaire majoritaire (57 % des parts), est donc devenu locataire. Il s’acquittera dorénavant d’un loyer annuel de 980 000 euros en vertu d’un bail commercial de neuf ans fermes reconductibles, avec option de rachat.

Le FN à l’affût ?

« Faurecia dit avoir vendu ses biens pour obtenir du cash afin de réinvestir ailleurs, mais où ? En France ou à l’international ? Mystère. La direction nous joue du violon. Maintenant que les murs sont vendus, elle pourrait plus facilement transférer la production vers les sites d’Auchel ou de Marles-les-Mines ou, pourquoi pas, à Gondecourt. Des rumeurs courent en effet comme quoi Faurecia pourrait racheter l’équipementier Visteon dans le Nord  avec à la clé des suppressions d’emplois », s’inquiète Ghislain Viseur dans un contexte déjà marqué par la dégradation des conditions de travail. Le PCF et la CGT ont promis de « rester en contact » pour parer tout mauvais coup destructeur d’emplois dans une ville déjà gangrénée par l’extrême droite qui « ne manquerait pas d’exploiter la situation » commente Hervé Poly.


Jacques KMIECIAK


Source : Liberté 62
Vendredi 23 septembre 2011

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