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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

logo-marianne2.jpgPointée du doigt après l'échec présidentiel de son père, Marine Le Pen est devenue le dernier espoir du FN aux législatives. Qualifiée pour le second tour, son score dans la commune d'Hénin-Beaumont donne de grands espoirs à son suppléant pour les municipales. Bénéficiant des divisions du PS local et de la politique d'indépendance du PCF régional, la percée du FN dans le bassin minier s'impose comme un symbole de l'évolution de son électorat et une réhabilitation a posteriori de la ligne stratégique de la fille de Jean-Marie Le Pen.

Probable défaite aux législatives, la 14è circonscription du Pas-de-Calais pourrait bien être une victoire symbolique nationale pour le FN. 24,47% sur la circonscription (contre 20,06 % en 2002) pour Marine Le Pen et 28,24% au député PS sortant. Mais surtout près de 30% sur la commune d'Hénin-Beaumont, où elle arrive en tête avec 4 points d'avance. « La droite est inexistante et nous travaillons sur le terrain depuis 2001, explique Bruno Bilde, directeur de campagne. Si les divisions continuent au sein de la gauche, nous ferons encore mieux aux municipales ! »


Dalongeville, mauvais élève du PS


Sur le plan municipal, l'ambiance est à la division de la gauche. Si en 2002, le député PS sortant, Albert Facon, avait en face à lui Gérard Dalongeville, maire d'Hénin-Beaumont, ils se sont alliés en 2007… Face à une nouvelle dissidence socialiste ! Le PS local nie cependant toute forme de débat interne : « Les socialistes et les communistes font bloc derrière le maire et le député sortant », assure Olivier Vergnaud, responsable de la section PS.

C'est faire abstraction de Daniel Duquenne, ancien secrétaire rentré en dissidence. « A force de manipuler les gens, Dalongeville a monté ses anciens alliés contre lui, explique Jean Urbaniak, candidat Modem. Ma candidature se justifiait par l'inaction du député sortant qui a d'ailleurs été sanctionné : en plein bassin minier, il est l'avant-dernier candidat PS du département en terme de score. »

A la mairie, le bilan est multiple : campagne surmédiatisée, moyens financiers du FN, absence de candidat UMP connu… « Certains ont voté FN pour torpiller le PS, pense Jean-Pierre Chruszez, conseiller du maire. Qui plus est, le PCF est sur une ligne d'indépendance dure. » Le secrétaire de la section local confirme : « La gauche plurielle a fait du tort aux communistes dans la région et nous avons décidé de mener un combat idéologique auquel le parti a renoncé, déclare David Noël. Ceux qui disent que le FN nous vole nos voix se trompent : nous avons progressé depuis 2002. »


« Planter le drapeau du FN »


Cette thèse est pourtant bien celle que soutiennent les cadres du FN. La percée au cœur du bassin minier est d'ailleurs symbolique de la « bascule » entre Sud et Nord à l'élection présidentielle : « L'électorat petit-bourgeois s'est laissé berné par Sarkozy et nous avons retrouvé la base saine du Front qui est l'électorat populaire, soutient Alain Soral, écrivain proche du FN. Dans Front national, vous n'avez pas le mot droite : Marine Le Pen l'a compris et elle représente bien cette ligne nationale très sociale. »

La candidate, elle, verrait bien son suppléant, Steeve Briois, « planter le drapeau du FN » dans le Nord à l'occasion des municipales. L'équipe est déjà sur le pied de guerre et la perspective d'une liste socialiste dissidente qui se maintiendrait pour une triangulaire ne fait qu'accroître les chances de succès. De l'avis général, elle a fait une « très bonne campagne », ce qui se ressent jusqu'à Saint-Cloud, au siège du parti, où l'on assure que « l'ambiance a changé à propos de Marine » depuis le premier tour des législatives.

La principale intéressée se félicite de son « très bon résultat. » Il faut dire qu'à quelques kilomètres de là, dans la 23è circonscription du Nord, Carl Lang, l'un de ses principaux détracteurs, n'a réuni que 11,60 % des voix, reculant de 13 points par rapport à 2002. « C'est une validation en retard de la stratégie des présidentielles », commente Alain Soral. Une avancée qui, avant de se traduire dans les urnes, pourrait fort bien se répercuter au congrès du parti qui se tiendra les 17 et 18 novembre à Bordeaux.


Source : Marianne 2
Vendredi 15 juin 2007

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