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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

AFP.png« Je pensais que c’était foutu ! »: Antoine, le fils de Philippe Kemel (PS), pousse avec toute la gauche locale un « ouf » de soulagement dimanche soir à Carvin (Pas-de-Calais) après la victoire de son père de 114 voix devant Marine Le Pen.

Celle-ci a annoncé un recours et salué la percée du « Mouvement national ».

« Nous avons quelques voix d’avance », a lancé juste après 20h00 M. Kemel, maire de Carvin et universitaire inconnu de 62 ans, qui a privilégié la discrétion pour devancer deux figures de la dernière présidentielle, Jean-Luc Mélenchon au premier tour, puis la patronne du FN.

Ses supporteurs, qui ont cru un temps que la bataille était perdue, surtout après le score du FN à Hénin, lancent des cris de joie. « Le "petit" Monsieur Kemel, comme on disait à la radio, a battu les présidentiables. Ca, c’est une victoire ! » s’enthousiasme Noël, un militant.

« La République est de nouveau présente aujourd’hui », lance Yvon-Marie Laury. « Cela fait deux fois dans le Pas-de-Calais que l’on renvoie Marine Le Pen à Paris. On est des gens tenaces, on sait se battre ».

A 15 km de là, au QG du FN à Hénin-Beaumont, les frontistes, à l’instar de leur chef de file, tentent de surmonter leur déception.

« C’est à monsieur Guéant que M. Kemel doit adresser ses remerciements », lance Marine Le Pen, allusion au redécoupage qui a glissé dans la 11e du Pas-de-Calais la ville socialiste de Carvin.

Saluant la victoire de sa nièce à Carpentras, « ville où le FN a été diffamé », la présidente frontiste annonce un recours en insistant sur l’écart minimal (0,1%).

Après un bref moment d’abattement, le suppléant de Marine Le Pen, Steeve Briois, proclame : « D’année en année, nous progressons ». « Nous savons que tôt ou tard, nous aurons à la fois la mairie et la circonscription », lance « le futur maire d’Hénin », comme l’appelle Marine Le Pen.

« On est déçu aprés les efforts que nous avons faits. C’est affreux. M. Kemel n’a pas à pavoiser », soupire Maryse Poulain, retraitée de 64 ans adhérente depuis 1995.

Devant le QG frontiste à côté d’une station-service, quelques voitures passent en klaxonnant pour saluer la victoire du candidat PS, ne suscitant aucune réaction des militants FN.

« Il y a beaucoup de musulmans qui votent pour Marine Le Pen. Les anciens étaient bien intégrés. C’est les jeunes », analyse un père de famille en discussion avec les siens et qui dénonce l’influence « des télévisions satellitaires ».

Un temps, les militants FN ont cru qu’ils avaient gagné, quand le score du PS dans les autres villes ne compensaient pas la large avance de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, où elle avait déjà tenté de se faire élire députée en 2007.

A l’arrivée, la campagne laisse un goût amer aux électeurs d’une des circonscriptions les plus médiatisées de France : « On a parlé des tweets, des gens qui se bagarraient, et les problèmes de fond n’ont pas été abordés », regrette Christophe Huyghes, un retraité de 62 ans.

Alors que le résultat était encore incertain, David Noël, secrétaire de la section PCF, racontait ce qu’avait dit Jean-Luc Mélenchon pour encourager les électeurs communistes à voter pour Philippe Kemel, qui leur a pris la mairie de Carvin en 2001 : « Il leur a parlé du Chili en 1973 » et des trotskystes qui à l’époque n’auraient pas assez soutenu Allende contre Pinochet.

L’exemple a suffi, mais de peu.

Sébastien GUINE et Samir TOUNSI


Source : AFP
Lundi 18 juin 2012

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