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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Photo-local-LDH-VDN-09-04-14.jpgLa municipalité a décidé de ne plus prêter de local à l’association, qui s’était engagée contre le parti frontiste lors des dernières municipales.

La décision n’a surpris personne. Elle n’en reste pas moins « brutale », selon Alain Pruvot, président de la section d’Hénin-Carvin de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui l’a apprise en écoutant France Info mardi matin. L’association va devoir quitter son local d’Hénin-Beaumont, où elle était présente depuis une dizaine d’années, le partageant avec deux autres associations. Terminé, aussi, la subvention municipale de 300 euros. Si la décision n’a pas été encore notifiée à la LDH, le maire frontiste d’Hénin-Beaumont l’a confirmée dans un communiqué, évoquant des arguments juridiques.

« Depuis des années, la Ligue des droits de l’Homme bénéficiait de subventions municipales et d’un local municipal en toute illégalité. Non seulement, aucun bail n’a été signé entre l’association d’extrême gauche et la mairie faisant de la LDH un occupant sans titre mais plus grave, ces subventions sont totalement illégales », peut-on lire dessus. Le maire évoque en effet un arrêté du Conseil d’État de 2002 : « Le Conseil d’État indique qu’il n’est pas possible de subventionner une association qui combat une formation politique dont l’existence est légalement reconnue ».

Contacté, Steeve Briois affirme vouloir « se remettre dans la légalité » après ces dernières années où « l’illégalité était érigée en véritable religion ». Si la LDH accepte de payer un loyer à la municipalité, le FN se dit toutefois prêt à changer d’avis. « Ce n’est pas illégal car il y a des quantités de municipalités qui le font », déclare pour sa part Alain Pruvot, même si, dit-il, « il est possible que des choses n’aient pas été faites réglementairement ».

« Un dérapage »

Au-delà de l’aspect juridique, c’est bien de politique dont il est question. « La LDH est une association politique, ce sont des gens politisés », estime Steeve Briois, depuis longtemps en conflit avec une association qu’il qualifia « de ligue des cloportes » sur son blog, le 16 mars 2007. Sept ans plus tard, il a encore au travers de la gorge l’engagement de la Ligue contre le FN à quelques jours du premier tour des municipales. Un tract où on pouvait lire, en gras : « Votez le 23 mars pour barrer la route au FN ! »

Dès le lendemain de son élection, le nouveau maire avait annoncé la couleur, assurant vouloir « respecter les droits de l’Homme… sans la Ligue des droits de l’Homme ». « On s’en doutait, c’était prémédité mais on ne peut qu’être indigné par cette décision choquante et scandaleuse », commente Alain Pruvot, particulièrement sollicité par les médias depuis hier matin après ce qu’il estime être « un dérapage ».

« Une décision politique »

« Pourquoi faire ça ? Pour avoir les coudées franches ? » s’interroge le responsable de section, qui refuse que la LDH soit classée d’extrême-gauche, évoquant une « association citoyenne de défense des droits de l’Homme ». Le président de la Fédération départementale de la LDH a néanmoins une explication : « C’est destiné à donner des gages à l’électorat FN ».

L’avenir ? « On verra bien, on va tenir un livre noir sur la gestion de la ville et s’il comporte des pages blanches, tant mieux » déclare le président départemental de la LDH. En attendant, son association va devoir émigrer. « Deux municipalités nous ont proposé un local », précise Alain Pruvot, qui partira pour une commune voisine d’Hénin-Beaumont. Il a déjà reçu plusieurs témoignages de soutien, comme Eugène Binaisse, le premier à l’appeler hier. L’ex-maire d’Hénin-Beaumont, qui vient de prendre sa carte d’adhérent à la LDH, rejoignant ainsi la vingtaine de membres de la section, estime que cette résolution « un peu brutale » aurait pu « se régler un peu plus tard ». « Le PCF condamne cette décision arbitraire et antidémocratique », a pour sa part indiqué David Noël. Pour le Secrétaire de la section d'Hénin-Beaumont, c’est « une décision politique pour se débarrasser d'une association qui porte des valeurs qui dérangent le Front national ».

Julien CHABROUT

Légende photo : Alain Pruvot, le président de la section locale de la LDH, va devoir faire prochainement ses cartons.


Source : La Voix du Nord
Mercredi 9 avril 2014

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