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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Photo-VDN-depot-de-gerbe-27-04-14.pngSobriété, dignité mais aussi prise de distance de certaines associations patriotiques et d’élus vis-à-vis de l’actuelle municipalité FN ont marqué ce dimanche matin la 69e journée du souvenir des victimes de la déportation à Hénin-Beaumont.

C’est un rituel immuable auquel s’est plié pour la première fois le nouveau maire d’Hénin-Beaumont. Le 27 avril est, partout en France depuis 69 ans, la journée du souvenir des victimes de la déportation. Malgré un contexte local où plusieurs associations patriotiques s’interrogent sur leur action maintenant que le FN est aux manettes, aucune ne manquait à l’appel, ce dimanche matin, depuis le cimetière centre d’Hénin-Beumont jusqu’au square Jean-Moulin en passant par le cimetière de Beaumont et le square Blanche-Volanti. Pas de boycott, donc, même si une certaine méfiance, contenue ou affichée, reste de mise. Dans l’assistance, on croisait plusieurs élus d’opposition dont David Noël, Geoffrey Gorillot… Eugène Binaisse, empêché, était représenté par son épouse.

Seule nouveauté remarquée : ce sont le conseiller municipal Jean-Robert Havet et l’adjoint aux finances Jean-Richard Sulzer, tous deux petit-fils de déportés, qui ont lu le message des déportés et non un enfant des écoles comme il était jusqu’alors de tradition à Hénin-Beaumont. Un message en appelant au devoir de mémoire et vecteur des valeurs républicaines : « Dans nos sociétés où réapparaissent des actes et propos xénophobes, racistes, antisémites et discriminatoires, les rescapés des camps de la mort rappellent toute l’importance des valeurs de solidarité, de fraternité et de tolérance, qu’ils n’ont eu de cesse de promouvoir et défendre depuis leur retour. Il appartient aux générations suivantes de préserver ces valeurs qui sont celles de la République. »

Mal à l’aise

C’est une fois le cortège arrivé au square Blanche-Volanti, figure de la résistance héninoise, que quelques grincements de dents se sont exprimés. Cette fois-ci, ce n’est pas à un adjoint au maire mais à Nicole, la petite-fille de Blanche Volanti, que fut confiée la lecture du message des déportés. À distance de la manifestation, Michel Volanti, petit-fils de la résistante, a choisi, lui, de participer au dépôt de gerbe « républicain » aux côtés des communistes, quelques minutes après le départ du cortège. « Au symbole, nous répondons par un contre symbole », indiquait Michel Volanti au moment du dépôt de gerbe sur la tombe de son aïeule. « On ne pouvait pas participer à ce dépôt de gerbes avec l’extrême droite car ils sont quelque part les héritiers de ceux qui ont organisé la déportation », lâche David Noël, conseiller municipal communiste. Un avis partagé par Pierre Delforge, président des ACPG CATM, visiblement mal à l’aise et qui, à l’instar de plusieurs de ses homologues, a décidé de boycotter la petite réception organisée dans la foulée en mairie d’Hénin-Beaumont.

Devoir de mémoire

Vers 12 h 30, dans le hall de l’hôtel de ville, où se tient opportunément une exposition autour des Justes prêtée par l’office national des anciens combattants d’Arras, Steeve Briois, lui, se disait « particulièrement ému d’être parmi vous pour commémorer la mémoire de tous les déportés victimes du régime nazi ». S’adressant aux quelques représentants d’associations patriotiques encore présents, il a proposé « d’emmener certaines classes à Vimy et à Lorette », pour poursuivre le devoir de mémoire.

Hervé NAUDOT


Légende photo : Tandis que Steeve Briois se pliait au rituel du dépôts de gerbes dans son nouveau costume de maire, les communistes ont manié le contre-symbole, square Blanche-Volanti.


Source : La Voix du Nord
Lundi 28 avril 2014

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