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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Yves-Dimicoli.jpgIl y a une dynamique possible du Front de gauche, comme le confirme le succès des cantonales étroitement corrélé à l'implication relancée des communistes avec cette initiative.

Comment la développer à la mesure des défis à venir ?

La situation exige de conjuguer apports communistes novateurs et rassemblement, ce qui rend légitime que le PCF présente son propre candidat à la candidature du Front de gauche, fut-il différent de celui proposé par ses partenaires.

Mais voilà, depuis des mois, on demande aux communistes de ne pas se préoccuper de la candidature pour ne débattre que du contenu d'un programme partagé.

Et pendant qu'ils s'adonnaient à cette tache unique, les partenaires du PCF avec les médias choisissaient Mélenchon.

Aujourd'hui nos partenaires disent : « personne d'autre que Mélenchon ! », ce qui peut s'interpréter comme un chantage, car, si les communistes décident cependant de choisir quelqu'un d'autre,  A. Chassaigne par exemple, alors cela signifierait, suggère-t-on, la fin du Front de gauche.

Et la déclaration commune rendue publique le 31 mars, quand elle parle du programme partagé, se contente de reprendre les 5 axes proposés par Mélenchon dans son livre.

Il ne faut pas accepter ce chantage!

On va, en effet, vers une formidable aggravation de la crise, en Europe particulièrement.

Le Conseil eruopéen des 24 et 25 mars derniers a décidé d'imposer aux peuples au moins 10 années supplémentaires d'austérité budgétaire, salariale et sociale, avec le pacte de compétitivité dit "de l'euro" et des reculs de la démocratie.

Les Etats en difficulté se verraient imposer les recettes du FMI, tandis que l'instrument censé les secourrir – le Mécanisme européen de stabilité (MES) – servirait de ressort pour un nouvel endettement public européen massif, prenant le relai de l'endettement privé qui a explosé en 2008, pour soutenir l'accumulation capitaliste, de Berlin à Paris, avec un "euro fort". De quoi dynamiter le modèle social européen!

Dans ce contexte, la montée en France du Front national peut préparer, pour 2012-2013, un scénario à trois avec une droite radicalisée tentée de se rapprocher du F.N., jusque dans la possibilité de désistements réciproques aux législatives, et le risque corollaire d'un gros "vote utile" PS, dés le 1er tour de la présidentielle et, plus encore, aux législatives.

Face au consensus européen droite-PS, le F.N. développe un dangereux "social nationalisme" avec sortie de l'euro et préférence nationale.

Le PS, dans son nouveau programme, cache son consensus européen et tient un discours social national à gauche. Il parle pouvoir d'achat, encadrement des loyers et tarifs sociaux de l'énergie. Mais, pas de coup de pouce au Smic en 2012 et pas d'augmentation générale des salaires. Il veut limiter la croissance de la masse salariale de la fonction publique à celle des prix, continuer les exonérations de cotisations sociales patronales et multiplier les emplois précaires à bas coût salarial avec les "emplois jeunes" qui peuvent, cependant, faire illusion.

Il parle de redressement industriel national, alors que la Banque publique d'investissement censée appuyer ce volontarisme ne serait qu'un fonds souverain impliquant les régions dans le soutien de la rentabilité financière.

Mais on ne trouve rien sur le changement des relations banques/entreprises, rien sur une nouvelle sélectivité du crédit, rien sur la politique de refinancement des banques par la BCE pour inciter à développer l'emploi et la formation avec l'investissement, rien sur une utilisation alternative de sa création monétaire pour un grand essor des services publics, comme le proposent le PCF et le PGE avec un "Fonds de développement social européen". Au contraire, le PS envisage une croissance 2012-2017 des dépenses publiques trés inférieure à celle de l'ensemble de l'économie.

C'est dire notre responsabilité pour que le Front de gauche puisse peser effectivement avec des idées suffisamment cohérentes et alternatives pour démasquer le F.N. et bousculer le PS hors de son ancrage au traité de Lisbonne.

La démagogie de Mélenchon, son agressivité anti-PS, son refus de jouer collectif nous empêchent de conduire cet effort. Sa sous-estimation des défis de la crise, de la montée du F.N., ses options radicalement anti-nucléaire et sur la Libye, comme son incapacité avérée à mener une forte bataille d'alternative sur la sécurisation de l'emploi et de la formation (contre la fléxisécurité), sur l'utilisation de l'argent et de l'euro, constituent autant de handicaps pour une dynamique forte et efficace du Front de gauche.

Le PCF a le droit de désigner son candidat à la candidature du Front de gauche, fut-il issu de ses propres rangs, comme l'a fait le Parti de gauche. Donnons la possibilité à chaque communiste de se prononcer par vote sur toutes les candidatures avant la Conférence nationale.

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Y


C'est bien de publier cette intervention qui n'a pas connu la diffusion qu'elle mérite.



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D


Oui, j'aime bien les analyses d'Yves Dimicoli. J'ai assisté il y a quelque temps à une formation qu'il avait faite à la fédé sur la crise économique et il m'avait impressionné. C'était une
analyse claire, pointue et pédagogique et je trouve que ses positions dans le débat interne sont souvent justes.