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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Jean-Luc-Melenchon-13.jpgJean-Luc Mélenchon était, jeudi 12 janvier, l'invité de l'émission de France 2 "Des paroles et des actes". Selon la chaîne publique, il a réuni plus de 3,2 millions de téléspectateurs, soit 13,3 % de parts d'audience. Mieux que Jean-François Copé (11,1 %), Alain Juppé (9,4 %) mais derrière Marine Le Pen (15,1 %). C'est pour lui une aubaine alors qu'il rêve de s'imposer dans la cour des "grands" candidats à l'élection présidentielle.

Alors qu'il est crédité de 7% à 8 % des intentions de vote (en hausse depuis un mois), M. Mélenchon est venu entouré de plusieurs personnalités du Front de gauche. On pouvait apercevoir dans le public, derrière lui, Marie-Georges Buffet (PCF), Clémentine Autain (Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fase) ou Christian Picquet (Gauche unitaire). Le candidat est parvenu, durant plus de deux heures, à détailler ses propositions et à bousculer quelque peu l'ordonnancement de l'émission.

"JE PARLE COMME JE VEUX"

Le président du Parti de gauche est apparu combatif, ne se laissant pas démonter par des statistiques affichées par le journaliste François Langlet et qui perturbaient sa démonstration, ou coupant la parole à ses interlocuteurs pour finir ses explications. Il a gardé tout au long sa voix de stentor, son ton en colère, l'abandonnant seulement face à Jean-Louis Beffa, ex-patron de Saint-Gobain.

Jean-Luc-Melenchon-14.jpgInterrogé tout d'abord sur son tyle de campagne, souvent tonitruant, M. Mélenchon a répondu : "Je parle comme je veux et comme des millions de gens." "Trouver un trait, un bon mot, marque les esprits", s'est-il justifié, assumant une stratégie "rentre-dedans" vis-à-vis des médias.

Lors de la traditionnelle séance "pour-contre", il a défendu la régularisation des sans-papiers, en précisant qu'il militait pour celle des "travailleurs sans papiers". "C'est la seule manière d'arrêter le dumping social, a-t-il affirmé. Un travailleur qui n'a pas de papiers ne peut pas se défendre et faire appliquer le code du travail. Donc il est maltraité, sous-payé."

Il a esquivé, en revanche, la question de la proposition de réforme du quotient familial évoquée par le Parti socialiste. "Je n'ai pas l'intention de courir derrière chaque invention des communicants socialistes. Je suis pour une vraie réforme fiscale", a-t-il lancé.

Ne manquant pas de tacler une fois de plus ses anciens amis socialistes, M. Mélenchon a refusé de dire s'il appellerait à voter pour François Hollande, renvoyant la balle dans le camp du candidat PS : "Je veux l'entendre dire 'si Mélenchon est en tête de la gauche au second tour, je voterai pour lui'." Il a néanmoins précisé qu'au second tour, il ne négocierait pas: "Je lui dirai : 'voilà quel est le programme du Front de gauche.Vous voulez que les électeurs du Front de gauche votent pour vous à 100% alors convainquez-les ! Débrouillez-vous !'" Avant de conclure sur ce chapitre: "J'estime que le Front de gauche est la condition de la victoire de la gauche. François Hollande n'est pas mon adversaire, c'est mon concurrent."

Jean-Luc-Melenchon-15.jpgLa partie la plus longue et la plus intéressante du débat a été consacrée à son programme de relance économique. Le candidat du Front de gauche s'est employé à marquer sa différence. "Tous sont pour l'austérité sans exception. Si, une seule, le Front de gauche !", s'est exclamé le député européen. A ses yeux, "la relance de l'activité est la sortie de la crise par le haut".

HAUSSE DU SMIC À 1 700 EUROS

L'ex-sénateur, qui a beaucoup mis en avant ses racines socialistes, a défendu les revendications traditionnelles de la gauche radicale, comme le retour de la retraite à 60 ans pour tous et l'augmentation du smic à 1 700 euros. Lors de cette séquence, il a insisté avec un bon numéro d'agit-prop : "J'en ai par dessus la tête de m'entendre dire que ce n'est pas possible", s'est énervé le candidat. "Aujourd'hui, le smic horaire, c'est 9 euros. La proposition du Front de gauche, c'est 1 700 euros bruts. Vous savez de quoi on parle ? On parle de ça !" a-t-il lancé en brandissant une pièce de 2 euros. Avant d'ajouter rageusement : "Voilà ce qui fait verser de grosses larmes à tous ces puissants."

Usant de beaucoup d'humour tout au long de l'émission, l'ex-socialiste a voulu terminer sur une date plus grave en lançant : "Si nous ne gagnons pas, il va y avoir un immense tumulte, mais nous ne savons pas comment il va tourner. C'est pour cela que vous me voyez si passionné." Avant d'ajouter, dans une ultime pirouette, qu'il ne regrettait rien dans cette campagne : "Le repentir, ce n'est pas trop mon truc. Je l'ai pratiqué quand j'étais enfant de chœur mais, là, j'ai passé l'âge."

Sylvia Zappi


Source : Le Monde
Vendredi 13 janvier 2012

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C

Mains propres, têtes hautes !!!


http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2012/01/14/article_fn-le-parquet-reclame-un-proces-contre-p.shtml
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