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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Jean-Marc Maurice FN Arras| EN DIRECT DU TRIBUNAL |

PAR SAMUEL COGEZ ET BENOÎT FAUCONNIER

La lourde condamnation de l'élu FN Jean-Marc Maurice à un an de prison ferme pour abus de biens sociaux (il peut faire appel) aura-t-elle des conséquences sur la vie politique arrageoise ? Pas sûr. Mais ce conseiller municipal et régional aura désormais du mal à être audible quand il mettra en cause quelque aspect de la gestion des collectivités dans lesquelles il siège.

Si Jean-Marc Maurice a été condamné dans le cadre de ses activités commerciales à un an de prison ferme, la peine prononcée par le tribunal ne changera vraisemblablement rien au destin politique de cet éluFN : pas d'inéligibilité, puisqu'il s'agit d'un jugement prononcé pour abus de biens sociaux notamment.

Mais le parcours judiciaire de Jean-Marc Maurice est encore lesté. Les électeurs retiendront-ils ses déboires privés ? Avant d'être condamné jeudi (notre édition d'hier), M. Maurice comptabilisait cinq mentions à son casier. Dont une banqueroute, un outrage à agent dépositaire de l'autorité publique, une interdiction de gérer pendant dix ans, un vol en réunion, et une amende pour escroquerie. Ce lourd passé judiciaire, le tribunal en a tenu compte, explique Mme Bru, la présidente, devant le prévenu.

Voilà une sixième mention : une année de prison, une amende de 10 000 €, et une interdiction définitive de gérer une entreprise. Avec la révocation d'un sursis de quatre mois, voilà quatorze mois de prison au compteur de J2M. Quelle attitude adoptera-t-il en public, ou en séance de conseil municipal ou régional ? Le Monsieur Propre, le chevalier blanc de la politique, va-t-il en souffrir ?

La justice, Jean-Marc Maurice y avait eu recours en 2009, suite à la publication d'un rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion municipale.

Il avait déposé plainte contre X pour prise illégale d'intérêt, dénonçant le fait que des élus du conseil municipal votant des subventions siégeaient aussi dans certaines associations concernées. Sans suite.

L'élu franc-tireur de l'époque a laissé place, jeudi, à la barre du tribunal, à un ex-patron d'entreprises qui attribue les responsabilités à d'autres.

Sa réussite depuis 2008 en politique (élu FN au conseil municipal d'Arras, élu à la Région, en 2010, il échoue aux cantonales de mars) contraste avec le J2M « privé » transparent devant le tribunal. Il se dit commercial. Affirme qu'il n'est pas un gestionnaire. J2M veut « créer des sociétés pour ne pas laisser des gens au chômage ». Mais les embauches ont été rares. Lui même voit en ses activités une planche de survie : « Je n'ai jamais profité du système de chômage. » Larme, ou pas larme ? Pour le procureur Arlaux, il s'est agi d'une « gestion à l'aveugle des sociétés », à la direction confiée à des « gérants de papier ». Rien que des femmes, dont certaines de ses compagnes ou ex-concubines. Les négligences de l'une d'elles, Rita Duborper, lui valent deux mois de prison avec sursis et 1 000 € d'amende pour complicité de gestion malgré une interdiction judiciaire, et recel de biens sociaux. « Il est entouré de femmes. Les gestionnaires de paille, est-ce une mise en scène de coureur de jupons ? Non, c'est un faible qui a besoin d'une présence féminine », estime Me Durand, l'avocat de J2M. Nul ne sait si cette faiblesse affichée est un costume d'apparat.


Source : La Voix du Nord
Samedi 28 mai 2011

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