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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

visite-stade-Birembaut.jpg| LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ |

Ambiance tendue, hier, au stade Birembaut où le directeur général des services héninois avait organisé une opération-vérité visant à couper le cou à la fameuse polémique née autour d'une clôture supposée y avoir été installée en 2006 (notre édition du 15 octobre). Et qui suscite beaucoup de scepticisme parmi les « habitués » du stade mais aussi au sein de l'opposition FN. Pour acter de sa bonne foi, l'entreprise alors chargée du chantier avait, hier, mandé un huissier de justice. De cette initiative ressort une certitude : une clôture existe bien, mais il subsiste encore des questions et un certain flou sur lequel plane l'ombre... d'un certain GD.

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

« En tant que président du Stade héninois, en 2006, j'étais là tous les jours, matin, midi et soir ; je savais donc les gens qui rentraient et éventuellement les ouvriers ! Et je n'ai jamais vu de chantier pour cette clôture en octobre 2006. Le concierge qui habite là pourra vous l'attester de même que celui qui était directeur du site à l'époque ! » Péremptoire, Jean-Pierre Policante est venu jouer l'avocat du diable. Il n'avait pas été invité à cette visite de chantier, organisée en direction de l'opposition FN et de la presse, mais s'y est néanmoins invité... avec gourmandise. Tout comme le secrétaire du PCF, David Noël, avide, lui aussi, d'en savoir plus sur cette fameuse clôture fantôme. Même Eugène Binaisse était de la partie. « En simple observateur », nous confiera-t-il.

Finalement, roulements de tambours, on nous présentera bien une clôture, mais pas du tout à l'emplacement spécifié par le bon de commande (entre l'espace vert et le terrain annexe). En effet, seuls 10 % de cette fameuse clôture jouxtent le terrain-annexe, l'immense majorité courant le long de l'ancien terril jusqu'à l'entrée du stade. De quoi sérieusement induire en erreur sachant qu'a priori, c'est l'intitulé du bon de commande qui géo-localise le lieu du chantier ? « Si vous voulez, rétorque Philippe Thibaut. Peut-être que le marché n'a pas été suffisamment précis au départ, mais en tout cas il a été réalisé ! » Et un dirigeant de l'entreprise prestataire de surenchérir  : « Le mec qui vient faire ses relevés ne va pas s'embêter à savoir si ça c'est un terril. Lui voit des arbres, il note espace vert, c'est tout  ! » « Cette clôture, c'est une séparation de Birembaut et de la limite de propriété, qui a alors été pourvue de deux portillons (dont un qui a depuis lors été remplacé, précisera-t-on). Pour l'ouverture de la salle Birembaut, en 2007, il avait fallu remplacer toutes ces clôtures-là... », ajoute le DGS. Qui voit rouge lorsqu'on lui objecte que ce chantier semble avoir été placé en marge de la procédure des marchés, et notamment d'une mise en concurrence : « Ça c'est un marché à procédure adaptée, ça se caractérise comme ça. Maintenant on ne passe plus les marchés comme ça depuis qu'on a fixé un règlement intérieur des marchés en 2009 ! » Quant à la date à laquelle auraient été effectivement effectués les travaux (entre le 3 octobre 2006, jour de rédaction du pré-bon et du bon, et le 31, date d'établissement de la facture), rien n'est stipulé noir sur blanc. N'y aurait-il pas de certification de fin de chantier sur la facture finale ? «  Non, on ne fait jamais ça ! » objecte le chef d'entreprise.

Et Eugène Binaisse, muet jusqu'alors, d'enfoncer le clou : « Quand on fait des pré-bons, des bons, il faut absolument qu'ils soient bien écrits et qu'on acte les fins de travaux et que ça apparaisse avant de payer ! » « C'est ce qu'on fait désormais, M. le maire ! » prolonge Philippe Thibaut. Qui supporte assez mal de voir Jean-Pierre Policante, ex-élu de la majorité dalongevilienne, jouer au chevalier blanc : « Si l'on regarde les choses avec le prisme actuel, c'est vrai que les choses ont été très mal faites dans le passé, mais ce n'était pas à un chef de service de se battre contre les élus pour éradiquer ces pratiques. Si on avait eu une opposition efficace pendant ces années-là, on n'en serait pas là. C'est trop facile de dire ça aujourd'hui alors qu'une prospective budgétaire aurait évité que l'on dérive dès 2001 ou 2002. Et tant pis si je sors de mon devoir de réserve. M. Policante était élu et avait toute latitude à l'époque pour s'élever contre ça ! » Alors que Laurent Brice pousse des cris d'orfraie, Jean-Pierre Policante tente de conserver la main : «  Vous pensez que nous autres petits élus avions notre mot à dire ? ! » Le retour de balle du DGS sera sur le même mode : « Et vous, vous pensez que, nous, les chefs de service, on l'avait ! » Souvenirs, souvenirs. •

Légende photo : 9 h, sur le parking du stade Birembaut. C'est parti pour 45 minutes d'explications de texte renvoyant au flou des années Dalongeville.


Source : La Voix du Nord
Mardi 30 octobre 2012

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anonyme 02/11/2012 12:43


Lamentable; cette affaire démontre l'état de deliquescence de l'administration communale d'Hénin Beaumont.


A force de todre le cou aux règles régissant la fonction publique territoriale, voilà à quoi on arrive; mais cette affaire de clôture n'est que l'arbre qui cache la forêt d'un système exangue et
totalement déconsidéré.


Tout est à rebâtir, autant que faire se peut , avec du sang neuf et des professionnels disposant du sens de la république.