Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

Publié par David NOËL

Les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1978 qui font passer le baril de brut de 2,9 $ à 34 $ affectent durablement l’économie française. Les Français découvrent la « contrainte extérieure » : hausse du carburant, réduction de la température dans les locaux administratifs, réintroduction de l’heure d’été en 1976 (elle avait déjà été appliquée en France entre 1916 et 1940 et s’est généralisée dans l’Union Européenne à la fin des années soixante-dix) : on estime généralement que l’heure d’été permet d’économiser chaque année entre 150 000 et 300 000 tonnes de pétrole.
A une époque où la France importe 73 % de sa consommation d’énergie primaire, les chocs pétroliers amplifient les déséquilibres économiques qui existaient en réalité bien avant 1973 ; l’inflation déjà élevée en 1973 s’accroît rapidement et handicape considérablement les exportations françaises : entre 1971 et 1983, la part de la France dans les exportations mondiales fléchit, passant de 7 % à 5,8 %. Les entreprises licencient et le chômage explose : en février 1974, il y avait 450 000 demandeurs d’emploi ; il y en a plus de 900 000 à la fin de 1975.
Pour remédier à la hausse du prix du pétrole, la France s’en remet à l’énergie nucléaire : en 1970, les centrales nucléaires ne produisaient que 3,5 % de l’électricité consommée en France. En 1998, alors que la consommation d’électricité a été multipliée par trois, les centrales nucléaires produisent plus de 75 % de nos besoins en électricité.
Parallèlement, les années soixante-dix voient l’émergence de nouvelles forces politiques ; en 1974, pour la première fois, un candidat écologiste se présentait à l’élection présidentielle : René Dumont obtint 337 800 voix, soit 1,32 % des suffrages exprimés. Pour la petite histoire, il dépassait largement Jean-Marie Le Pen qui ne réunit que 0,75 % des suffrages.
Près de trente ans après le premier choc pétrolier, le chômage ne s’est pas résorbé, les politiques de rigueur ont affaibli les solidarités ouvrières, les énergies propres restent marginales, en dépit des succès électoraux des Verts. Au fond, rien n’a changé…
Jusqu’à quand ?

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 8, janvier 2003

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article