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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

« Il y a une guerre à Paterson. Mais c’est une drôle de guerre. Toute la violence est l’œuvre d’un seul camp : les industriels du coton. »


John Reed, War in Paterson.


La guerre est à nos portes. Depuis vendredi, l’armée française est entrée en action au Mali à la demande du président malien Dioncounda Traoré avec le feu vert des Nations Unies pour repousser les groupes djihadistes qui s’apprêtaient à prendre Bamako et soutenir la contre-offensive des troupes gouvernementales. Comme son prédécesseur l’avait fait en Libye, François Hollande a mis le parlement devant le fait accompli. L’ironie de l’histoire est que les djihadistes en question sont les mêmes qui ont bénéficié des subsides des pétromonarchies du Golfe alliées de l’Occident dont le Qatar, dans l’affaire libyenne. Comme en Afghanistan, comme en Irak, les interventions impérialistes engendrent toujours leurs propres monstres.
Sur le plan de la légalité internationale, rien à redire sur l’intervention française, mais personne n’aime les missionnaires armés… C’est ce que disait déjà Robespierre en 1792 aux Girondins enthousiastes d’entrer en guerre contre l’Autriche. Même face aux djihadistes d’AQMI, la population malienne qui subit les « dommages collatéraux » de la guerre risque de ne pas apprécier très longtemps les bombardements des Rafales français. Un missile qui explose à Tombouctou ne fait pas la différence entre un djihadiste et un civil…
Dans l’affaire malienne, il faut donc souhaiter que rapidement, l’intégrité territoriale du Mali soit restaurée et que le gouvernement malien puisse reprendre son destin en mains.

Pendant que la guerre, la vraie, fait rage au Sahel, la guerre est à nos portes, ici, en France, où la droite, l’extrême droite et les milieux catholiques les plus réactionnaires ravivent la guerre culturelle contre le mariage pour tous. Contre les étrangers, contre les droits des minorités, la droite et l’extrême droite française, qui servent toutes deux les intérêts des capitalistes s’efforcent de diviser les classes populaires en détournant l’attention des travailleurs vers des ennemis fantasmagoriques qui menaceraient une prétendue « identité nationale ». Cette stratégie, c’est celle de la « guerre culturelle » : quand la crise fait rage, que la colère gronde, détourner l’attention du peuple vers le « fainéant », « l’assisté », le « délinquant étranger » ou « l’homosexuel qui menace les valeurs familiales » permet de faire oublier qui sont les vrais fauteurs de crise. 

Car s’il y a une guerre à nos portes, c’est bien la guerre sociale. La guerre est à nos portes et sera bientôt dans nos usines, dans nos entreprises qui pourront licencier plus facilement, qui pourront même déroger à la loi si les accords compétitivité-emploi acceptés en fin de semaine par la CFDT, la CFTC et la CGC, signataires avec le Medef d’un accord sur la réforme du marché du travail, entrent en vigueur. Cette guerre sociale, François Hollande et la majorité du PS ne veulent pas la mener. Pire, ils la nient, à l’instar de Jérôme Cahuzac sur le plateau de Mots Croisés qui déclarait la semaine dernière que la lutte des classes appartenait au passé. Ces capitulards sont en fait les meilleurs auxiliaires de l’armée du Capital.

La guerre est à nos portes et on a besoin des communistes sur les trois fronts. C’est tout l’enjeu de notre congrès : mettre l’armée des communistes en ordre de bataille pour contrer les offensives idéologiques de nos ennemis, défendre nos droits et conquérir de nouveaux droits.


David NOËL

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Yves Lourdel 18/01/2013 15:51


Et qui dit guerre de nos jours dit déferlement de propagande dans les médias. C'est particulièrement vrai depuis une semaine avec l'intervention militaire française au Mali, sans parler de ce qui
vient de se produire en Algérie.


Y. Lourdel