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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par Mouvement de la Paix

logo Mouvement de la PaixNous exprimons toute notre compassion à l’égard des milliers de morts en République centrafricaine au cours d’une période qui a commencé bien avant le coup d’état de mars 2013, ainsi qu’à l’égard des proches des deux soldats français morts et nous tenons à exprimer toutes nos condoléances à leurs familles et à leurs amis.

La situation dramatique de la République Centrafricaine, la disparition de l’État et de ses structures administratives nationales et locales, les assassinats massifs faits par des bandes armées venues essentiellement de l’étranger devaient déclencher, à l’évidence, une intervention de l’ONU. La résolution n° 2127 du Conseil de Sécurité répond en grande partie à cette nécessité. Nous espérons que cette résolution sera respectée à la lettre et non pas transgressée comme ce fut le cas en Libye. Notons que les témoignages nous confirment que ces exactions sont le fait de « coupeurs de piste » venus de l’étranger « qui ne parlent pas notre langue ». Elles ne sont, comme la presse ne cesse de le dire, ni d’origine ethnique ni d’origine religieuse mais l’exacerbation du conflit conduit à ce type d’affrontement.

Les deux questions essentielles que le Mouvement de la Paix se pose sont :

- Pourquoi avoir laissé se dégrader la situation si longtemps, alors que ce processus de crises était prévisible depuis plusieurs années et qu’il s’est dramatiquement aggravé depuis un an ?
- Pourquoi la France est-elle nommée comme tutrice de la force militaire onusienne, la MISCA,  alors que l’on connait sa responsabilité depuis les indépendances pour faire et défaire des dirigeants africains, notamment centrafricains ?

L’interdiction du commerce des armes et la mise en place d’une commission d’enquête sont des éléments indispensables de l’opération et nous devrons veiller à ce que ces deux clauses soient respectées.

Les propos du Président Hollande demandant des élections dans de brefs délais ne semblent pas non plus correspondre à la réalité de la situation. Plusieurs organisations centrafricaines pensent au contraire que cette précipitation pourrait être suicidaire pour le pays. En effet, toutes les structures administratives locales et nationales ont disparu, les archives d’état-civil ont été brûlées empêchant la constitution de listes électorales, l’économie est paralysée.

Une période limitée de transition, sous administration africaine de l’ONU comme cela s’est fait dans d’autres pays, pourrait avoir comme mission de remettre en fonctionnement les services publics et de reconstruire des conditions de démocratie permettant à toutes les forces politiques de la RCA de s’exprimer et de présenter leur programme pour les  élections présidentielles et législatives, de même que pour les élections locales.

La France intervient pour la 6ème fois en RCA et pour la 50ème fois en Afrique. Cela montre bien que la violence qui répond à la violence, même sous mandat des Nations Unies, ne résout rien durablement. La place doit être faite à la prévention et à la coopération équitable pour toutes les parties.

C’est pourquoi, il est urgent que la France s’engage résolument dans tous les processus de désarmement au profit de la coopération entre les peuples, avec un embargo total sur les armes et la prévention des conflits par l’aide au développement, conditions contenues dans les 8 domaines de la Culture de paix tels qu’énoncés par les Nations Unies.  En Afrique un autre possible historique se construit à l'initiative des peuples, dans l’émergence de nouvelles formes de solidarités transnationales, c'est cette dynamique que la France doit accompagner et soutenir.


Le Mouvement de la Paix
Saint-Ouen, le 15 décembre 2013

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