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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Pierre-Laurent-et-Jean-Luc-Melenchon-copie-2.jpgLes élus de la gauche radicale se sont interrogés à l'occasion de leur journée parlementaire, mardi 18 septembre, sur la manière de mobiliser contre le traité européen dans les deux prochaines semaines. "Nous avons du pain sur la planche !", reconnaît dans son discours d'introduction Nicole Borvo Cohen Seat, présidente du groupe CRC (communiste, républicain et citoyen) au Sénat. Le temps presse, explique l'élue, face aux parlementaires du Front de gauche réunis mardi 18 septembre à Vitry-sur-Seine dans l'amphithéâtre du Musée d'Art contemporain du Val-de-Marne.

Il ne reste plus que quinze jours pour convaincre, insiste-t-elle, quinze jours pour mobiliser et surtout quinze jours pour "faire de la pédagogie" à propos du traité budgétaire européen, contre lequel le Front de gauche est en campagne. Le projet de ratification du texte arrive en effet à l'Assemblée nationale le 2 octobre. C'est court, les parlementaires du Front de gauche le savent bien.

Si elle avoue d'emblée que "la bataille est loin d'être gagnée pour faire comprendre qu'il faut inverser les priorités entre les déficits et la croissance", la sénatrice de Paris, qui doit laisser son fauteuil de sénatrice dans les semaines qui viennent au patron du PCF, Pierre Laurent, souhaite remotiver ses troupes. Car la bataille qui commence, celle du "triptyque européen" (débat de politique générale européenne, projet de ratification du traité budgétaire et examen du projet de loi organique intégrant dans le droit français la "règle d'or"), s'annonce difficile.

MÉLENCHON NE VEUT PAS S'AVOUER VAINCU

En guise d'argumentaire, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon, les leaders du Front de gauche, entendent s'appuyer sur la vague de mécontentement européenne, et brandissent en épouvantail la situation grecque ou espagnole, pays jugés victimes des cures d'austérité imposées par l'Union Européenne. La manifestation du 30 septembre contre le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qu'ils espèrent d'ampleur, devrait marquer la première étape vers une mobilisation pour une réorientation de la politique européenne.

Pour autant, la tâche est rude, comme l'explique Eric Bocquet, sénateur du Nord. "En 2005, la mobilisation pour le oui au traité européen était extraordinaire. Aujourd'hui, nous sommes les seuls à argumenter. Le camp du oui est silencieux, absent du débat. C'est comme un combat de boxe sans adversaire."

Face aux voix affirmant que le combat est perdu d'avance, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas s'avouer vaincu : "Il est de notre devoir d'organiser une opposition au traité avec tous les outils en notre capacité." S'il déplore lui aussi l'absence de débat, il reconnaît que l'information manque. "Je ne suis pas sûr que tous les élus locaux aient bien compris ce que ce mécanisme de soi-disant stabilité va apporter. Il va toucher les communes, les collectivités locales".

Face aux inquiétudes de Michel Le Scouarnec, sénateur du Morbihan qui met en avant la difficulté d'expliquer la teneur du traité, l'ancien candidat à la présidentielle se veut rassurant : "Il faut faire preuve d'indulgence envers vous-même. La confusion est entretenue et nous empêche de prendre pied dans le débat". Evelyne Didier, sénatrice de Meurthe-et-Moselle, avoue "mesurer l'ampleur de la bataille idéologique. On essaie tellement de noyer le poisson, les gens ne s'y retrouvent plus".

"UNE AUTRE FAÇON DE FAIRE"

Les députés et sénateurs veulent aussi travailler "leur force d'opposition" pour ne pas passer pour "des eurosceptiques", alors qu'ils estiment proposer "une autre façon de faire l'Europe". Pierre Laurent affirme que "la manifestation [du 30 septembre NDLR] n'est que le début de toutes les batailles à venir : budgétaires, sociales, etc.". Et André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l'Assemblée nationale, d'ajouter : "Nous souhaitons entrer dans un nouveau stade. Il s'agira du premier grand mouvement d'envergure depuis l'élection présidentielle."

Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, résume "nous avons deux choses qui jouent contre nous : le temps et la complexité des textes juridiques". Et ajoute qu'"il était très difficile de mobiliser la population à la fin du mois d'août. Les gens étaient occupés par la rentrée, les fins de mois sont difficiles". Optimiste, elle veut croire néanmoins que la dynamique "lancée lors de la fête de l'Huma" pourra entraîner un relais médiatique suffisant. "La population doit être informée des conséquences de ce texte, il s'agit d'un vrai recul démocratique."

Camille Vigogne Le Coat

Légende photo : Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent (au premier plan) et le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, en août, à Saint-Martin-d'Hères (Isère). | AFP/JEFF PACHOUD


Source : Le Monde
Mardi 18 septembre 2012

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