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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Journal-du-pays.jpg|  ON EN PARLE |

Le Journal du pays fut, de 2003 à 2007 le bras armé de Gérard Dalongeville. Un outil de propagande qui bénéficiera d'une manne municipale extraordinaire même si l'histoire se terminera financièrement en eau de boudin avec la liquidation de G2M, société éditrice. Une catastrophe à quelques mois des municipales 2008... D'où un gros coup de bluff de la garde rapprochée de G. Dalongeville pour in extremis sauver le bateau propagandiste.

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

Le Journal du pays, c'est en quelque sorte le symbole des années Dalongeville. Un gratuit tantôt hebdomadaire tantôt bimensuel, à la saveur de feuille de chou lisse et sans aspérités, qui était pourtant dès le début la « danseuse » de Gérard Dalongeville. Qui, par le biais du journal officieusement dirigé par Guy Mollet (il était interdit de gestion pendant 15 ans suite à une faillite personnelle constatée en 1996), a réussi, cinq années durant, à renvoyer l'image d'une gouvernance sans nuages. Une danseuse qui coûte tout de même bien cher puisque, outre la publicité récurrente chiffrée à plusieurs milliers d'euros pour chaque parution, la Ville a dû également acquitter des factures des différents imprimeurs belges de G2M (108 000 € à Sequoia ou 123 000 € à DIPI).
« La ville payait parce que G2M n'avait pas assez de trésorerie pour le faire » expliquera Guy Mollet aux enquêteurs. C'est qu'à la fin de son activité, G2M est frappée d'interdiction bancaire et tous les moyens sont alors bons pour régler les fournisseurs, y compris de faire intervenir un lotisseur avec lequel M. Mollet est en affaires via une fausse facture... ou une entreprise de sonorisation qui se fait régler en mairie d'autres fausses factures.

On l'aura compris, lorsque G2M est placé en redressement judiciaire, il y a le feu au lac du côté du gratuit. Avec lequel Guy Mollet a déjà pris ses distances, prenant régulièrement son bâton de pèlerin pour mener ses affaires plus au sud. Mais ce journal, Gérard Dalongeville, qui est alors à quelques mois de municipales qu'on annonce à couteaux tiré, ne veut pas le lâcher. Lui qui en est, côté éditorial, est le donneur d'ordres, le correcteur et le principal acteur, imagine alors un plan de reprise sans les Mollet. Histoire de cadenasser le journal avec une équipe qu'il aurait vraiment sous son contrôle. Et c'est là qu'intervient Jean-Pierre Chruszez, qui est alors son directeur de campagne. Le 7 janvier, via la société de son épouse, Cesam Management, il fait envoyer au liquidateur, Jérôme Theeten, une lettre d'intention expliquant le souhait que lui aurait formulé Véronique Mollet, de « mettre un terme à l'activité de sa société », sollicitant un rendez-vous avec l'administrateur judiciaire. Ce qui sera fait deux jours plus tard et formalisé le 10 dans un courrier de M. Chruszez. Un courrier déjà à en-tête de la SARL qu'il compte fonder, « Le journal du Pas-de-Calais » (initiales JPC...) qui fixe les objectifs de la future société. Tout d'abord, c'est un groupe d'associés qui propose la reprise de l'actif de G2M, un groupe comprenant Jean-Marc Bouche (au nom de la Sté Deberdt) et deux entrepreneurs, dont l'un d'entre-eux (M. Chruszez se souvient « qu'il se faisait appeler Nounours »), qui se portait caution solidaire à hauteur de 100 000 E, est aujourd'hui mis en examen dans l'affaire héninoise. Ce nouveau journal, serait localisé rue Elie-Gruyelle, dans le bâtiment appartenant à M. Chruszez et il aurait dû proposer des éditions Lens-Liévin et Béthune avec « une refonte éditoriale complète ». Mais aussi et, et là ça fait peur, « un plus grand partenariat avec les collectivités territoriales par le développement de publi-reportages » ou de dossiers sponsorisés. Le projet Chruszez-Bouche s'engage à reprendre les actifs G2M à hauteur de 40 000 € ainsi que tout le personnel.
Une seule condition mise à cette reprise : que la parution ne s'interrompe pas. Dame, à quelques semaines des élections ! Sauf que de reprise il n'y aura finalement pas, Jean-Pierre Chruszez commentant aujourd'hui d'un laconique : « On n'est pas allés jusqu'au bout ! »


Source : La Voix du Nord
Samedi 12 février 2011

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