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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Marine-Le-Pen-collectif-Racine.jpgLe "collectif des enseignants patriotes", présenté samedi par Marine Le Pen, semble être une coquille vide.

Dehors, rue Javel, dans le 15e arrondissement de Paris, un solide déploiement de CRS. À l'intérieur de l'espace Moncassin, samedi après-midi, dans une petite salle d'à peine 130 places, la conférence de lancement de Racine. Le "collectif des enseignants patriotes" vendu par le FN comme le révélateur d'une fuite des profs, électorat traditionnel de la gauche, vers Marine Le ­Pen.

Selon une tactique éprouvée de la présidente du FN, faisaient donc front samedi à la tribune cinq enseignants présentés comme ralliés au Rassemblement Bleu Marine. Ces quatre hommes et cette femme sont censés représenter la partie visible des nombreux "hussards bleu marine", selon le mot de ­Florian ­Philippot, vice-président du parti, qui veulent "offrir un avenir aux Français par le redressement du système scolaire". À y regarder de plus près, certains orateurs sont des figures bien connues de la galaxie Le Pen. Il y a là Gilles Lebreton, professeur de droit public mais surtout conseiller pour l'enseignement supérieur de Marine Le Pen et vice-président du Siel, le microparti de Paul-Marie Coûteaux; Valérie Laupies, directrice d'école mais aussi candidate FN aux municipales à Tarascon, ville qu'elle a d'ailleurs de bonnes chances de conquérir. Selon ses représentants, ce collectif en constitution comprendrait une centaine de membres, "qui ne peuvent se dévoiler", dont un inspecteur de l'Éducation nationale. Une affirmation évidemment impossible à vérifier.

Leur modèle : l'école avec "ses uniformes"

Mais la fille de Jean-Marie Le Pen le sait, avec la cantonale de Brignoles (Var) que le FN pourrait emporter dimanche soir, et le sondage du Nouvel Obs qui donne son parti en tête aux européennes, elle a cette semaine encore hypnotisé la France. Alors, elle peut bien affirmer sans aucune preuve que "les langues se délient dans les salles des profs".

À la tribune, les prises de parole, galimatias lénifiant sur l'Éducation nationale, se succèdent. Valérie Laupies se souvient d'une classe, composée "à moitié de gitans et de Maghrébins, qui lui avaient fait le plaisir d'apprendre le poème : "Mon plus beau pays, c'est la France.”" Un autre évoque "les élèves qui arrivent sans avoir pris de petit-déjeuner, mais qui en revanche ont fumé et bu". Leur modèle : l'école, élitiste s'il en est, de la Légion d'honneur, avec "ses uniformes". À la sortie de la conférence, une dame aux cheveux gris interroge ses voisins : "Vous êtes prof, vous ? Non ? Vous non plus ? Mais, mais, s'inquiète-t-elle soudain, Y a pas de profs ici ?"

Légende photo : Marine Le Pen a présenté samedi le "collectif des enseignants patriotes". (Maxppp)


Source : Soazig Quéméner - Le Journal du Dimanche
Dimanche 13 octobre 2013

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