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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

LibeLille2POLITIQUE - Le socialiste Pierre Ferrari, 29 ans, ancien adjoint de Gérard Dalongeville à Hénin-Beaumont, est entré en dissidence avec la fédération socialiste du Pas-de-Calais en se présentant aux cantonales contre le candidat officiel des socialistes, le sortant Jean-Marie Picque. Après avoir tenté de créer une section socialiste dans la ville de la conseillère municipale frontiste Marine Le Pen. En vain. La fédé du Pas-de-Calais lui a fait la sourde oreille.

Que reprochez vous au Parti socialiste ?
Au Parti socialiste, mais plus spécialement, au Parti socialiste du Pas-de-Calais. Je lui reproche d'avoir,après avoir fait les mauvais choix, laissé tomber Hénin-Beaumont au lendemain des élections municipales, il y a 18 mois.

Comment ça «laissé tomber» ?
Je me bats depuis plus d'un an pour créer une section socialiste, et la fédération du Pas-de-Calais n'accède pas à ma demande. Il y en avait une, elle a été dissoute. Or, un an après la dissolution d'une section, une autre peut être créée. La Fédération du Pas-de-Calais ne respecte pas ses propres statuts (1).

De quels «mauvais choix» parlez vous ?
Il y a eu toute la période Gérard Dalongeville (l'ancien maire socialiste, mis en examen pour détournements de fonds, en détention provisoire, ndlr). Quand j'ai dit haut et fort, avec le communiste David Noël, que Gérard Dalongeville ne respectait pas ses engagements, il m'a retiré ma délégation d'adjoint, et j'étais le seul socialiste dans l'opposition. La fédération du Pas-de-Calais, elle, a continué à le soutenir, en lui rendant la carte du PS qu'elle lui avait retiré. Ensuite, dans un des derniers conseils municipaux de Gérard Dalongeville, j'ai voté contre son budget (considéré comme « insincère » par la Chambre régionale des comptes, ndlr), eh bien la fédération m'a convoqué parce que je n'avais pas respecté les consignes. La fédération avait fait le choix de soutenir Gérard Dalongeville jusqu'au bout. Moi, je veux aller de l'avant.

Il y a eu deux sections socialistes à Hénin-Beaumont.
La fédération avait autorisé Gérard Dalongeville à créer sa propre section, à la tête de laquelle se trouvait l'ancien directeur de cabinet de Jacques Mellick à Béthune. Et celle de Daniel Duquenne, plus historique.

Et presque une troisième, celle des jeunes ?
Oui, j'étais à la tête de la troisième, celle du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) qui comptait 70 camarades, en 2007-2008.

Et celle que vous souhaitez créer, combien de militants ?
Il y a 138 militants socialistes à Hénin-Beaumont, 138 adhésions, chèque agrafé.

Et que leur répond-on à la fédération? D'aller militer dans la ville voisine ?
On n'a pas eu la politesse de leur répondre.

De fait, cette section existe, elle fait quoi ?
On se réunit tous les mois, on travaille. Les tracts, je dois aller les chercher à Paris, on en est là.

Vous êtes un problème pour la fédération du Pas-de-Calais ?
Oui. Elle ne veut pas créer une section avec Pierre Ferrari. Catherine Génisson, secrétaire fédérale, raconte que je vais m'installer dans le Nord. Elle veut m'exiler. Moi je me bats pour mon territoire, et pour ma commune.

Vous êtes candidat aux cantonales, alors qu'il y a déjà un candidat socialiste officiel.
Il a été désigné par 70 militants de la section de Montigny en Gohelle. A Hénin Beaumont, il y a eu un vote, 103 ont voté, 102 m'ont désigné.

Pour le moment, vous n'êtes élu nulle part.
Non, mais j'ai créé l'association « Un nouvel élan pour Hénin-Beaumont » qui rassemble du PC au Modem. Nous tenons une permanence deux fois par semaine. Nous sommes sur le terrain, dans les quartiers populaires.

Elle dit quoi de tout ça, Martine Aubry ?
Elle est très prudente. La fédération du Pas-de-Calais, c'est un Etat dans l'Etat. Mais elle n'a pas donné suite aux demandes de Catherine Genisson de me faire exiler dans le Nord.

Ce n'est pas un peu pathétique, tout ça, quand on sait qu'en face, il y a Marine Le Pen ?
Je suis d'accord. L'ennemi, ce n'est pas Pierre Ferrari, c'est Marine Le Pen. La fédération est obsédée par les militants socialistes d'Hénin Beaumont, au lieu de combattre Marine Le Pen dans son fief.

Recueilli par Haydée Sabéran

«Ça dépend de Madame Aubry» - Catherine Génisson, secrétaire fédérale, indique que Pierre Ferrari s'est mis «en situation d'exclusion» en se présentant aux cantonales comme dissident. Est-il pour autant exclu ? La patronne du PS du Pas-de-Calais assure que le conseil fédéral a réclamé son exclusion, et que «les instances nationales vont statuer». Oui mais quand? «Ça dépend de Madame Aubry».
H.S.

Lire aussi : Hénin-Beaumont : «Le FN va tout foutre en l'air»

(1) Selon les statuts du PS, "Toute fédération qui a procédé à la dissolution d’une section doit veiller à sa reconstitution dans un délai d’un an, au-delà duquel un groupe d’au moins cinq adhérents de la section dissoute peut saisir le Conseil national pour lui demander de procéder à sa reconstitution". Voir les statuts, ici.


Source : Libé Lille
Mercredi 22 décembre 2010

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