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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

MSI-24-10-12--1-.JPGMSI ne doit pas mourir ! L'avenir de la forge historique installée depuis 120 ans à Hénin-Beaumont est suspendu aux décisions du tribunal de commerce d'Arras qui se réunira demain matin. C'est le sort de 136 salariés et de leurs familles qui est en jeu.

Ce matin, les salariés de MSI se sont rendus jusqu'à la mairie d'Hénin-Beaumont où une délégation a été reçue par le maire, Eugène Binaisse, avant de se rendre sur le marché. Apparemment, la rencontre a été positive.

Présent sur place, j'ai accueilli les salariés au local du PCF héninois en leur proposant le café pour se réchauffer. J'ai évoqué avec eux la situation de leur entreprise et l'action des élus communistes à la région.

Président de la commission économique, Bertrand Péricaud se bat, aux côtés de Jean Haja pour obtenir un soutien financier de la région, au moins sous forme de garantie au projet de reprise viable de M. Thavaux, le directeur de MSI. Alors que le département et la région mettent de l'argent pour de nouvelles loges VIP au stade Bollaert pour 10 millions d'euros de travaux, Meca Stamp International, qui a de nombreux clients comme Caterpillar et Fenwick n'a besoin que de 500 000 € pour poursuivre son activité. Comme les salariés me l'expliquaient tout à l'heure, le projet de reprise est bon et tout le monde est motivé. A l'issue de cette rencontre avec les salariés au local du PCF, les MSI sont partis en manifestation sur le marché pour distribuer des tracts à la population.

Demain matin, les salariés se rendront donc au tribunal de commerce d'Arras. On est de tout coeur avec eux pour que vive MSI. 

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Dhullu 07/11/2012 10:08


... ça me fait mal, et pourtant je suis loin, très loin, mais ai toujours gardé un coup de coeur particulier pour cette entreprise !


Elle m'a envoyé en quête de contrats en Allemagne (où était pourtant très active une maison mère qui déjà voulait s'en séparer) et jusqu'en
Suède, pays très réputé pour dans ce métier.
Le repreneur à l'époque M. R D était un spécialiste, un vrai maître de forge capable de sortir lui-même une pièce forgée et de conseiller les gars
quand il le fallait. 
Il s'est donné corps et âme pour la faire émerger du marasme dans lequel l'avait plongée la direction précédente, et a su insufler son influence à ses cadres.


Cela n'a jamais été facile, mais grace à lui et l'équipe telle qu'il l'a voulue, il fut possible de reprendre des marchés dans le
ferroviaire, ancienne activité  maintenue, et de nouveaux clients dans des secteurs qu'il a fallu explorer, puis augmenter le tout en
fournissant des pièces finies peintes et usinées au lieu de se contenter de pièces brutes d'estampage. Le patron a su nous insufler sa réactivité
: je me souviens avoir avec lui rencontrer un patron suèdois à Paris un samedi soir à la fin d'une semaine de foire industrielle. Il conduisait tandis que je calculais déjà les masses des pièces
du devis ; il a fini ces devis dimanche matin et le soir j'étais à l'aéroport pour une semaine en Suède, chez ce client dès son ouverture : le client n'en revenait pas et n'avait jamais cru que
j'y serais, et pourtant grace à R D nous y sommes parvenus ! Est-ce que cette fougue, râge d'arriver à se placer, existait encore à ce point avec les directions qui ont suivi.
C'était notre force, toujours tenter l'impossible, et tout le monde continuait à le faire jusqu'à la livraison ... jusqu'à mêmle avoir été une semaine à 4 ou 5 sur les machines pour usiner
nous-mêmes des pièces pour un client dans l'urgence, il y avait le PDG, deux contrôleurs, ..., et moi, la seule fois de ma vie à avoir été sur une machine (et je suis heureux de l'avoir fait, car
on n'a bien aidé le client...)


Cela fait donc 120 ans qu'à Hénin-Beaumont on on perçoit les coups du plus gros des marteaux pilons de la région, le 2° (?) de France si j'ai bonne mémoire ... et celle-ci me fait me souvenir
d'une période certes pas facile, mais où l'on a pu la tirer de la fermeture, aller jusqu'à vendre sur le secteur même de ceux qui la vouait alors à l'échec, et à la sortir de là.


 Alors ça fait mal ... à tous les anciens de MSI. de repenser à ces vieux souvenirs et de revoir le spectre de la dispartion de cette entreprise, à tout l'amour qu'on a mis à la
défendre, ainsi qu'à tous ceux de l'époque, jeunes ou vieux, qui ont déjà disparu.


Je salue tous celles et ceux qui sont confrontés à cette ultime algarade,

Alain, ancien cadre commercial France & Export de MSI,
PS : je pense enfin, après cette Toussaint, à tous nos défunts du personnel de l'entreprise, sans citer aucun nom, mais les souvenirs et le coeur y sont !!!