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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Conference-Leforest-27-06-14.jpgVendredi soir, je me suis rendu à Leforest où Gautier Weinmann, secrétaire de la cellule PCF de Leforest, avait invité Hervé Poly, secrétaire de la fédération PCF 62 et le journaliste et historien Jacques Kmieciak, collaborateur de la revue Gauheria, pour une conférence-débat consacrée à Edward Gierek.

Premier secrétaire du Parti Ouvrier Unifié Polonais de 1970 à 1980, Edward Gierek a été le chef d'Etat de la Pologne pendant une décennie, rencontrant, au cours de ses visites officielles des dirigeants comme Nixon, Giscard d'Estaing ou Helmut Schmidt.

Mais Edward Gierek, avant guerre, a vécu en France. Mineur à Leforest, il est descendu à la mine à l'âge de 13 ans, en 1926. En 1931, il adhère au Parti Communiste. Syndiqué à la CGTU, il participe à une grève qui éclate au fond de la mine, en 1934. Pour protester contre l'expulsion de leurs camarades, 200 mineurs Polonais se mettent en grève. La grève, au fond de la mine, durera 35 heures avant que les grévistes, ne remontent, convaincus par les promesses qu'il n'y aurait pas de sanction.

En réalité, 77 mineurs Polonais seront expulsés, dont Edward Gierek. Le destin de Gierek, ouvrier devenu chef d'Etat, témoigne de la permanence d'un discours d'ethnicisation des rapports sociaux : avant que l'extrême droite ne dénonce l'immigration maghrébine comme non assimilable en l'opposant aux immigrations polonaise et italienne, l'immigration polonaise, dans une période de crise économique, a été l'objet de réactions xénophobes, allant jusqu'à des tentatives de lynchage et une répression féroce contre les syndicalistes étrangers.

Le PCF et la CGTU ont su intégrer les travailleurs immigrés et leur confier des responsabilités politiques et syndicales. Les organisations ouvrières, dans les années 30, ont toujours affirmé que la seule patrie des ouvriers, c'est le prolétariat.

Edward Gierek est mort en 2001. A Leforest, la municipalité dirigée par Christian Musial, à la demande des élus communistes, devrait lui rendre hommage en baptisant un rond-point du nom de l'enfant de Leforest devenu chef d'Etat.

Dans le contexte d'aujourd'hui, qui rappelle tant celui des années 30, faire reculer les idées d'extrême droite passe nécessairement par le retour à un discours de classe unificateur pour ne pas tomber dans le piège de l'ethnicisation des rapports sociaux.

Un grand merci à Gautier Weinmann, Hervé Poly et Jacques Kmieciak pour avoir organisé cette conférence-débat riche d'enseignements pour notre action communiste.

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