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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par La Riposte

logo la riposteLes prochaines élections municipales, en mars 2014, seront marquées par une virulente offensive de la droite. Indiscutablement, la faillite du gouvernement Hollande renforce les partis réactionnaires. L’UMP et le Front National voudront profiter de la déception et de la colère provoquées par la politique du gouvernement Hollande pour reprendre de nombreuses mairies à la gauche. Les partis de gauche devront se mobiliser massivement pour battre la droite et sa politique rétrograde.

Le PCF devra s’engager dans cette campagne sur la base de propositions concrètes pour répondre aux besoins de la population. Mais les problèmes qui se posent au niveau municipal ne peuvent pas être dissociés des questions politiques nationales. Ainsi, le PCF se trouve devant la nécessité impérieuse de se battre non seulement sur le terrain de la politique municipale, mais aussi de se démarquer de façon claire et nette de la politique désastreuse du gouvernement Hollande. Parfois, il est vrai, des mesures concrètes que prend une municipalité de gauche peuvent atténuer les difficultés qui pèsent sur la population. Mais en définitive, aucun des problèmes fondamentaux qui existent dans nos villes – le déclin économique, le chômage, la pauvreté, la baisse du pouvoir d’achat, la dégradation des conditions de logement et de la santé publique – ne peut être résolu dans le seul cadre municipal. L’approche politique de notre parti doit tenir compte de cette vérité. Le PCF doit présenter un programme d’action pour combattre la régression sociale et le système qui en est responsable, que ce soit au niveau local ou national.

La question des alliances

Des discussions ont cours, au sein du PCF, sur la question des alliances électorales et les différentes options possibles en la matière. Des consultations internes seront organisées dans les mois qui viennent. La nécessité de listes d’unions de la gauche au deuxième tour, pour battre la droite, va généralement de soi. C’est sur la question du premier tour que les débats se concentrent : alliance avec le PS ou liste « autonome » du Front de Gauche ? Face à la diversité des situations locales, il n’est pas possible d’adopter une seule position « nationale », applicable partout. Il est seulement possible de proposer des critères politiques qui permettent, selon les circonstances, de déterminer l’opportunité ou non des alliances en question.

De notre point de vue, il faut éviter deux écueils : d’une part l’opportunisme, qui prend pour seul critère le nombre d’élus que pourrait obtenir le PCF – et on sait que, bien souvent, les élus locaux du PS n’hésitent pas à jouer sur ce levier pour pousser le PCF à des alliances dès le premier tour ; d’autre part le sectarisme antisocialiste, et notamment le refus « par principe » de toute alliance avec le PS au premier tour, en toutes circonstances. Pour notre part, nous considérons que la question des alliances avec le PS, le PG ou d’autres composantes de la gauche doit être tranchée selon le programme des uns et des autres.

L’attitude à l’égard du gouvernement

La question des alliances est tactique. Ce n’est pas une question de principe. Il s’agit de déterminer, dans des circonstances données, quel est le meilleur choix du point de vue du développement du parti, de l’accroissement de son audience et de son autorité, etc. Sur la question des alliances avec le PS, il est évident que la politique menée par le gouvernement et le profond désaveu qu’elle suscite dans l’électorat de gauche sont un élément de poids. Cela pousse de nombreux camarades à rejeter la perspective de listes communes avec le PS au premier tour. C’est bien compréhensible. Si le PCF fait alliance dès le premier tour avec des candidats du PS qui défendent la politique du gouvernement, quels que soient par ailleurs leurs bilans et leurs programmes au niveau local, cela risque de n’être pas compris par nombre d’électeurs de gauche déçus par la politique menée par François Hollande. Et au rythme où se dégrade la situation économique et sociale du pays, ce qui est vrai aujourd’hui, à cet égard, le sera encore plus en 2014.

Les municipales seront l’occasion, pour le PCF, de populariser un programme alternatif à la politique d’austérité du gouvernement. Bien sûr, rien ne l’empêcherait de défendre un tel programme dans le cadre d’alliances avec le PS au premier tour – et c’est ce qu’il devra faire au deuxième. Mais pour que les électeurs de gauche aient la possibilité d’exprimer leur mécontentement à l’égard du gouvernement, il faut qu’il y ait des listes, au premier tour, qui incarnent une opposition de gauche au gouvernement. Cela aurait en outre l’avantage d’indiquer l’évolution du rapport de force, au sein de la gauche, entre la ligne politique du PS et celle du Front de Gauche.

Ceci étant dit, il est possible – et souhaitable – que dans certaines municipalités, des alliances soient réalisables au premier tour avec le Parti Socialiste. Le PS n’est pas un parti homogène. Parmi les élus du PS, il y a, bien évidemment, des éléments « affairistes » ouvertement procapitalistes et politiquement corrompus. Beaucoup de municipalités contrôlées par le PS ont procédé à des privatisations et d’autres mesures qui sont complètement incompatibles avec les objectifs et les aspirations du mouvement ouvrier. Mais au sein du PS, une opposition à la politique du gouvernement commence à prendre forme. Les luttes syndicales – et celle des salariés de PSA en est un exemple – ne manqueront pas de favoriser ce développement. Lorsque le Front de Gauche et le PS d’une municipalité partagent la même opposition à la politique d’austérité du gouvernement, une alliance au premier tour est tout à fait souhaitable – et permettrait de contribuer à la différenciation interne au PS.

Nous savons que le point de vue développé ci-dessus n’est pas partagé par nombre de camarades, qui craignent notamment que cette approche fasse perdre des élus au PCF, d’autant que dans de nombreuses villes, le PS menace le PCF de n’avoir que peu (ou pas) de positions éligibles au deuxième tour s’il n’accepte pas l’union dès le premier. Pour ces raisons ou d’autres encore, des camarades préféreraient défendre le programme du PCF – et sa critique de la politique gouvernementale – dans le cadre de listes d’union au premier tour. On peut très bien le comprendre. Encore une fois, il s’agit là d’une question tactique, dont on aurait tort d’exagérer l’importance. Ce qui sera le plus déterminant, pour l’avenir du parti, ce n’est pas sa tactique en matière d’alliances électorales : c’est sa capacité à rallier la jeunesse et les travailleurs autour d’un programme révolutionnaire qui lie étroitement la lutte pour des réformes à l’objectif d’en finir avec le système capitaliste. Toutes les options tactiques sont discutables, ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais aucune ne pourra pallier aux carences d’un programme – et le programme du parti doit être renforcé.

Résistance !

Les dernières élections municipales remontent à 2008. Cette année-là a marqué un tournant dans les affaires du monde et de l’Europe en particulier, avec une forte contraction de la production et du commerce, aggravée par une crise de surendettement massif. Comme nous l’avons expliqué dans notre texte alternatif pour le 36e congrès du PCF, Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme, cette crise est qualitativement différente de toutes celles que nous avons connues par le passé – et n’en est qu’à ses débuts. L’endettement de l’Etat progresse à un rythme alarmant, de l’ordre de 100 milliards par an. A terme, cette tendance aboutira à un effondrement économique comparable à celui de l’Espagne. Mais d’un autre côté, toute tentative de ralentir sérieusement l’augmentation de la dette par l’augmentation des impôts et la baisse des dépenses ne ferait que précipiter la récession. Hollande ne peut pas résoudre ce problème, qui est sans solution sur la base du capitalisme. Tant que les capitalistes contrôlent les banques, l’industrie et les rouages du commerce, il s’avérera impossible d’empêcher la régression sociale. C’est pour cette raison que nous voulons placer l’expropriation des capitalistes au cœur du programme de notre parti.

Sous la pression des capitalistes, Hollande prépare un durcissement de la politique d’austérité. La restriction des dépenses publiques et les effets généraux de la crise économique se traduiront inéluctablement par une aggravation extrême de la situation financière des collectivités territoriales. Cela signifie que les municipalités dirigées par la gauche – et même, bien évidemment, celles dirigées par le PCF – seront, plus encore qu’aujourd’hui, confrontées à un dilemme implacable : appliquer une politique d’austérité au niveau municipal ou résister ! Et si elles veulent résister, elles ne le pourront qu’en s’appuyant sur une vaste mobilisation du mouvement ouvrier. Ainsi, au-delà des programmes et des intentions des élus au moment de la campagne, la situation économique et sociale dans le pays produira une différenciation au sein de tous les partis de gauche et parmi les élus. Dans ce contexte, les communistes devraient porter une attention particulière à la solidité politique de leurs candidats. Le parti et l’ensemble du mouvement ouvrier ont besoin de dirigeants combatifs et d’une intégrité irréprochable. Ceux pour qui les avantages matériels et le prestige des mandats sont la motivation principale s’avéreront peu fiables à l’épreuve des événements qui nous attendent.


Jérôme Métellus (PCF Paris 18e)


Source : La Riposte

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