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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Le-Pen-a-Moscou.jpgLe Front national a été obligé de reconnaître l’information selon laquelle il s’est vu accorder un prêt de 9 millions d’euros en septembre par la banque russe « First Czech Russian », notoirement liée au pouvoir russe.

L’argent n’a pas d’odeur, certes et la famille Le Pen n’est pas du genre à engager sa propre (grande) fortune dans ses aventures politiques.

Mais ces bonnes relations entre le FN et le pouvoir de Poutine sont révélatrices, pour l’un comme pour l’autre.

Car l’opinion publique française a appris du même coup que la Russie de Poutine arrosait généreusement les partis populistes, racistes et fascistes de nombreux pays d’Europe, dont le xénophobe Vlaams Belang flamand, l’antisémite et fasciste Jobbik hongrois et même la néonazie « Aube dorée » grecque.

Le pouvoir russe ne manque pas de perspicacité en associant le Front national français à ces partis. Il souligne bien leur proximité et leur connivence, au grand dam de Marine Le Pen et sa recherche de « normalisation ». Tant mieux !

Mais si le pouvoir russe espère utiliser le FN comme un point d’appui, cinquième colonne contre l’impérialisme européen, par exemple sur la question de l’Ukraine, il est moins avisé. Dans la politique intérieure française, le FN joue le rôle également assigné à la figure de Poutine: celui de repoussoir. L’un et l’autre servent à légitimer, en négatif, à des niveaux différents, la politique du pouvoir en France et dans l’Union européenne.

La révélation de la complicité de la Russie poutinienne avec l’extrême-droite européenne contribue à démolir un peu plus l’image, que certains tentent de propager avec difficulté, d’un régime russe anti-impérialiste voire antifasciste. Là aussi tant mieux !

Le régime de Poutine continue l’œuvre de la restauration capitaliste en ex-URSS, la liquidation des acquis sociaux, de pans entiers de l’appareil de production, l’accaparement des richesses par quelques oligarques. Il s’appuie sur les forces les plus réactionnaires, religieuses, nationalistes, souvent racistes. Il ne tolère les organisations syndicales et politiques, y compris celles dénommées « communistes », que lorsqu’elles lui restent docilement soumises.  Le régime est répressif, policier, militariste.

Son affichage « antifasciste » n’a pour but que de dévoyer le souvenir profondément ancré dans la population de la résistance et de la guerre contre l’Allemagne nazie. Il est instrumentalisé pour répandre le poison nationaliste, l’idée de « Russie puissance », succédant à l’URSS « grande puissance ». On pourrait dire en bref, sous ouvrir ici ce long débat, que de l’Union soviétique, il ne reprend que le pire et l’aggrave !  En rien, à l’ONU ou ailleurs, l’impérialisme russe doit passer pour le continuateur du rôle historique de l’URSS dans le développement aux luttes émancipatrices dans le monde.

Communistes, nous ne pouvons tolérer la dévalorisation de la signification historique de l’antifascisme.

Le soutien de la Russie de Poutine à l’extrême-droite européenne aide à lever des confusions dangereuses.

Cela ne saurait changer notre opposition totale à la volonté des impérialismes européens et américain de mettre l’Ukraine sous tutelle économique et militaire, y compris au moyen de la résurgence du fascisme. Mais les ennemis de nos ennemis ne sont pas nécessairement nos amis.

A propos, vous savez qui va rembourser l’emprunt du FN à la Czech-Russian Bank, sans doute intérêts compris ? Nous les contribuables français ! Le FN va l’utiliser pour financer sa campagne aux élections départementales et il y a tous les risques que, cette fois, il dépasse 5% à peu près dans chaque canton et soit remboursé de ses frais !


Source : Vive le PCF
Jeudi 27 novembre 2014

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