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Interviews et reportages sur Méricourt

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Publié par David NOËL

Cedre-Bleu.jpg|  ON EN PARLE |

José Lefrère n'est pas de ceux qu'on oublie aussitôt rencontrés. Aussi massif que de commerce agréable, le Béthunois a le débit d'une mitrailleuse bien huilée et une mémoire en acier inoxydable, s'appuyant en sus sur la marotte de ce quinquagénaire, celle de noter dans de petits carnets ses moindres faits et gestes. Méticuleusement, heure après heure, avec une écriture en pattes de mouche... Entendu en mai 2009 comme simple témoin dans l'affaire Dalongeville à cause d'affaires en cours avec le maire d'Hénin-Beaumont au moment de son interpellation (lire nos éditions des 5 et 8 février 2011), le chef d'entreprise a vu le ciel lui tomber sur la tête en janvier dernier lorsqu'il est mis en examen puis incarcéré dans une affaire de corruption de magistrat depuis lors connue sous le nom d'affaire Pichoff.

Ayant désormais recouvré la liberté mais nourrissant beaucoup de rancoeurs vis-à-vis de ceux qui l'ont, explique-t-il « escroqué et même pour certains menacé », l'homme a décidé d'exhumer ses petits carnets. Et de remonter le temps pour régler ses comptes avec un passé qu'il aimerait tant pouvoir oublier le plus rapidement possible... « Vous savez, je suis fils d'ouvrier, moi, et j'en suis fier. Comme j'étais fier de ce que j'avais fait avant de me retrouver, désormais, complètement "cramé" à cause de tout ça, fiché à la Banque de France... » En train de chercher le rebond pour sortir au plus vite du trou noir dans lequel il a été brutalement plongé, José Lefrère agite des petits bouts de papier qui sont autant de menaces de mort « de ceux qui croient me faire peur aujourd'hui. Mais, moi, je n'ai pas peur de dire ce que je sais. Et tant pis pour ceux qui m'ont arnaqué et se sont servis de moi... ». Si l'affaire qui a éclaté en janvier dernier concerne le juge béthunois Pichoff, les premières connexions avec les acteurs de cette édifiante affaire, c'est bien à Hénin-Beaumont qu'elles ont été enregistrées. Avant 2008, moment où pour la première fois il met les pieds à Hénin, autour d'une affaire immobilière. « Je n'avais fait jusqu'alors que passer dans cette ville... ». Mais en décembre, le voilà qui prend langue avec L, un ami proche de Guy Mollet, connu comme le loup blanc à Hénin (et qui sera un peu plus tard mis en examen pour extorsion de fonds). L lui propose tout d'abord de participer à un projet de construction avec le patron d'un bistrot liévinois qui vient d'être victime d'une tentative de séquestration (l'affaire du café Leffe qui, par rebond, on s'en souvient, avait été à l'origine des premiers soupçons contre Gérard Dalongeville).

Première rencontre avec Monsieur Gérard

Tous deux se voient régulièrement au Cèdre bleu « où, à un moment, je mangeais pratiquement tous les jours sans jamais payer la moindre note »). L cherche alors des partenaires pour une série d'autres affaires immobilières au Bord des Eaux ou encore à Brossolette. Guy Mollet les rejoint régulièrement « mais je le juge très vite comme néfaste ». Les jours passant, Lefrère signifie à ses interlocuteurs qu'il n'est pas question qu'il rentre dans leur jeu sans documents officiels et ordres de mission prouvant qu'ils en sont habilités. Fin février, le Béthunois déclare ne pas aller au-delà si les affaires promises ne restent qu'à l'état de bla-bla. Il est alors temps de faire rentrer en jeu Monsieur Gérard... Ce sera chose faite le 26 février 2009 dans les salons discrets de l'hôtel Mercure de Lesquin. C'est là que, pour José Lefrère, à travers la rencontre du maire d'Hénin-Beaumont, les choses sérieuses vont commencer.

PASCAL WALLART

A suivre


Source : La Voix du Nord
Mardi 05 juillet 2011 

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