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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Article-Le-Monde-LVMH-20-04-13.jpgJ'étais jeudi à Paris à l'assemblée générale des actionnaires de LVMH. En fait, j'ai rejoint le C.I.A.G., le "Comité d'Intervention en Assemblée Générale" créé à l'initiative du journal Fakir. J'avais donc scrupuleusement suivi le mois dernier les conseils de Fakir pour acheter une action et se faire inviter à l'AG des actionnaires afin de porter la contestation aux côtés d'anciens salariés jetés comme des kleenex par Bernard Arnault, le PDG du groupe de luxe et la 1ère fortune de France. J'en demande pardon à ma conseillère financière à qui je n'ai pas exactement présenté la chose sous cet angle là pour des raisons évidentes de confidentialité...

Nous étions une quarantaine autour de François Ruffin, le rédac' chef de Fakir, prêts à poser nos questions à Bernard Arnault non pas sur le cadeau de fin d'assemblée générale (une bouteille de champagne Moët et Chandon pour tous les actionnaires), ni sur le montant de nos dividendes, mais sur la liquidation de ECCE à Poix-du-Nord pour aller fabriquer des costumes Kenzo (produits 80 € en France et vendus 980 €) en Pologne (coût de production : 40 €), puis maintenant en Bulgarie pour encore moins cher.

Nous avions aussi des questions plus anciennes à lui poser, par exemple, lui rappeler ses promesses de 1984 lors du rachat des établissements Boussac Saint-Frères. Bernard Arnault avait promis de garder la plupart des salariés. En réalité, il n'a gardé que Christian Dior et liquidé tout le reste de Boussac Saint-Frères, mettant plus de 13 000 ouvriers et ouvrières au chômage et faisant de Flixecourt, dans la Somme, une zone sinistrée. Catherine Thierry, l'ancienne secrétaire CFDT de Boussac Saint-Frères était là, avec nous.

Ce fut impossible de s'approcher de Bernard Arnault. Prévenu que l'avant-veille, le C.I.A.G. avait mené la même opération à l'AG des actionnaires de Vinci, le PDG de LVMH avait considérablement renforcé son service d'ordre, avec plus d'une centaine de vigiles présents dans tous les coins de la salle du Caroussel du Louvre pour empêcher la quarantaine d'ex-salariés et de petits actionnaires fakiriens de poser la moindre question à Bernard Arnault.

Relégués dans une salle annexe pour suivre l'AG sur grand écran, il était impossible d'avoir le micro pour poser une question, les hôtesses ayant eu comme consigne de ne pas nous donner le micro. Dans la grande salle, le millier d'actionnaires présents ignorait tout de ce qui se passait dans la salle annexe où nous étions parqués. François Ruffin est monté sur une chaise pour protester et a été aussitôt entouré de dizaines de vigiles. Nous avons essayé de le protéger des vigiles mais l'un après l'autre, nous avons tous été vidés, un petit groupe restant quand même dans la salle jusqu'à la fin.
AG-LVMH-18-14-13.jpg
A la sortie de l'AG, avec nos t-shirts Fakir, aux cris de "Bernard, fuyard !" et en chantant l'Internationale, nous avons accueilli les actionnaires en leur proposant des numéros de Fakir sur la vérité sur l'origine de la fortune de Bernard Arnault. Autant dire qu'on leur a gâché leur petite fête...

La lutte des classes existe vraiment : pour ceux qui en douteraient encore, il suffit d'aller faire un tour dans une AG d'actionnaires...  

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Lourdel Yves 22/04/2013 19:02


On croit réver, mais rien d'étonnant à cela. Et le champagne était bon au moins?


Blague à part, ce n'est pas l'action individuelle mais l'action collective et politique à laquelle se refuse le pouvoir socialiste qui permettrait de mettre un frein à l'outrecuidance des
puissances financières.


Yves Lourdel