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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

intervention-au-mali.jpgCes 22 et 23 avril, le Parlement est saisi par le gouvernement de la poursuite ou non, au regard des objectifs assignés, de l'opération Serval engagée au Mali le 11 janvier dernier.

Dès le début de l'engagement militaire français au Mali, le PCF a fait valoir, tout en partageant l'inquiétude des maliens devant l'avancée des djihadistes que l'action de la France soulevait de nombreux risques et d'interrogations. Le PCF a alerté sur le fait que la crise politique malienne ne pouvait en aucun cas être résolue par la seule action militaire. Quatre mois plus tard cette préoccupation reste entière.

Aujourd'hui le projet de force internationale de « sécurisation » du Mali, sous mandat de l'ONU consisterait à transformer la Misma (Mission internationale de soutien au Mali) en Minusma (Mission intégrée de stabilisation multidimensionnelles des Nations-Unies au Mali). Ainsi de son côté la France, outre la proposition de fournir 150 hommes d'état major à cette force multilatérale, implanterait une base militaire en vertu d'un accord bilatéral particulier, avec le Mali, dont les termes nous sont encore inconnus. Les autorités françaises parlent d'une présence de 1000 hommes en permanence. Ceci présage d'une implantation de longue durée qui nous inquiète. Le risque d'enlisement et de répercussions régionales (Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Togo...) est avéré.

Le silence et l'inaction de la France vis-à-vis des États connus pour fournir armes et appui aux groupes armés djihadistes qu'elle combat sur le terrain, mais qui par ailleurs, comptent parmi ses partenaires commerciaux restent incompréhensibles.

L'élection présidentielle fixée en juillet sans qu'aucune initiative n'ait été prise pour mettre autour d'une même table l'ensemble des forces démocratiques maliennes afin qu'elles conviennent elles-mêmes du processus d'ensemble de mises en place des installations élues, comportent par conséquent un autre risque majeur, celui d'exclure du vote une très grande partie de la population, notamment les populations rurales du nord du Mali. Or, il revient bien aux Maliens de décider de leur avenir. La crise de confiance du peuple dans des élites qui se sont enrichies personnellement est très profonde.

Pour emprunter le chemin de la paix, il faut dorénavant mettre en place une toute autre politique du développement qui équilibre, entre les collectivités territoriales et l'Etat, une politique audacieuse de coopérations. Elle implique d'associer autant que possible les autorités locales et les populations bénéficiaires. Dans un souci de transparence et d'efficacité, cela pourrait commencer par supprimer de la comptabilisation de l'AFD les dépenses non liées aux activités de développement qui gonflent artificiellement les budgets et d'envisager une taxe sur les transactions financières qui pourraient être génératrices de moyens énormes répondant aux besoins, afin de briser la spirale infernale de la survie et pour répondre enfin durablement aux droits fondamentaux humains. Cette politique de coopération et de développement devrait être soumise au contrôle démocratique et régulier de nos assemblées.

Pour faire reculer les djihadistes de façon durable et répondre aux espoirs de sécurité et de paix du peuple malien, il n'y a pas que les armes à combattre, mais aussi leurs idéologies. Il est de la responsabilité de la France de donner toutes ses chances à la démocratie, en laissant toute leur place aux intelligences citoyennes maliennes, la liberté de la presse, la liberté de circulation, la possibilité de s'organiser dans la pluralité et de réevaluer sa politique d'accueil à l'égard des migrants.

Les choix d'avenir du Mali doivent au plus vite pleinement revenir aux Maliennes et Maliens.

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