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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

policiers-emeutes-Egypte.jpgLes manifestations continuent et la situation reste tendue, alors que des milliers de manifestants sont encore réunis le 2 février, place Tahrir, au centre du Caire au lendemain de la manifestation géante à l’orée d’une semaine de révolte en Égypte.

Les informations nous parvenant indiquent que l’armée a demandé via un communiqué à la télévision à la population de rentrer chez elle. L’opposition ne capitule pas et appelle à poursuivre les manifestations en maintenant le grand rassemblement prévu vendredi 4 février. Et ce, malgré l'annonce du président le mardi 1er février au soir disant qu'il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle en septembre 2011.

Parallèlement, les pro-Moubarak – dont certains seraient des policiers civils à la solde du gouvernement - organisent la riposte en scandant «Oui à Moubarak, oui à la stabilité», à l’entrée de la place Tahrir bouclée par les blindés de l’armée. Aujourd’hui, de violents heurts ont opposé pro et anti Moubarak sur la place sans que l'armée, présente sur place, ne soit encore intervenue. Selon la chaîne Al-Jazira, des groupes de manifestants ont lancé des projectiles, sans intervention visible de l'armée ce que confirme Reuters, les manifestants auraient demandé à l'armée d'intervenir, en vain. Les correspondants de la chaîne indiquent qu'il y aurait au moins une dizaine de blessés parmi les manifestants.
Mohamed El Baradeï, un des opposants à Moubarak, a accusé le gouvernement de recourir à « la tactique de la peur » en réaction aux violences entre pro et anti Moubarak : «Je suis extrêmement préoccupé. Je veux dire qu'il s'agit d'une nouveau symptôme, d'un nouveau signe montrant qu'un régime criminel a recours à des actes criminels», a-t-il rapporté à la BBC, ajoutant : «J'ai peur que cela tourne au bain de sang».

Bilan, hélas, provisoire

Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme a déclaré mardi 1er février disposer d'informations émanant des ONG faisant état de 300 morts depuis le début des manifestations en Égypte. Elle a précisé que «Le nombre de victimes augmente quotidiennement, avec des informations non confirmées signalant que jusqu'à 300 personnes pourraient avoir été tuées jusqu'à présent, avec plus de 3.000 blessés et des centaines d'arrestation ». Rappelant que «Le mouvement populaire en Egypte, sans précédent depuis des décennies, a été conduit d'une manière courageuse et pacifique».

Internet rétabli en partie

L'accès à Internet a été rétabli mercredi 2 février au Caire et à Alexandrie, après plusieurs jours de coupure, le pouvoir s'efforçant de limiter les contacts entre manifestants qui s’organisaient pour la marche «du million».

Les médias censurés

Al-Jazira, la principale chaîne d'informations en continu arabe, dont la diffusion est interrompue sur un satellite contrôlé par le gouvernement égyptien a affirmé : «Il est clair que certains pouvoirs ne veulent pas que nos images appelant à la démocratie et aux réformes soient accessibles au public» estime la chaîne satellitaire basée au Qatar. Al-Jazira avait déjà annoncé dimanche que le satellite du gouvernement égyptien Nilesat avait cessé de diffuser ses émissions. Amnesty International dénonce cette mesure contre Al Jazira par le gouvernement qui tente d’empêcher les médias de couvrir les manifestations qui se poursuivent dans les rues et d’entraver la libre circulation des informations.
Amnesty International affirme que les autorités cherchent clairement à intimider les médias et à empêcher que la vérité sur les atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité ne soit révélée, alors qu’elles s’efforcent de se maintenir au pouvoir, en butte à des manifestations sans précédent et à des revendications de changement profond.

Recommandations d’Amnesty International :

- Les autorités égyptiennes doivent assurer la sécurité des manifestants pacifiques et veiller à ne pas recourir à une force excessive et disproportionnée ;

- Les autorités égyptiennes doivent respecter le droit de manifester pacifiquement : cesser d’arrêter et d’intimider les militants et permettre la libre circulation des manifestants ;

- Les autorités égyptiennes doivent lever toute censure sur les médias, garantir la liberté totale d’informer et rétablir complètement l’accès à Internet et aux autres moyens de télécommunications ;

- Les autorités égyptiennes doivent mener une véritable enquête sur les homicides de manifestants et obliger les auteurs de ceux-ci à rendre des comptes.

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