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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

« L’Etat comprime et la loi triche, l’impôt saigne le malheureux. »


Eugène Pottier


C’est le grand matraquage de la rentrée : sur toutes les chaînes de télévision, à la radio et dans les journaux, on ne parle que du « matraquage fiscal ». Les Français en auraient « ras-le-bol », un sentiment que comprend et partage Pierre Moscovici, le ministre des finances. François Hollande lui-même, dans son intervention télévisée, a donné du crédit à cette idée d’un « matraquage fiscal » en annonçant une pause fiscale pour l’année prochaine.

Si matraquage il y a, il est d’abord médiatique. Entre 2000 et 2010, selon Gilles Carrez, le député UMP qui était à l’époque rapporteur du budget, les baisses d’impôts ont atteint 120 milliards d’euros, sans aucun effet sur la croissance et l’emploi. En fait, comme le démontre le journal Alternatives économiques, la hausse des impôts progressifs sur le revenu et sur le capital n’a fait que les faire revenir à leur niveau de l’an 2000, avant les baisses d’impôts massives consenties essentiellement en faveur des ménages les plus aisés.
Dans le concert de cris d’orfraie dénonçant le « matraquage fiscal », c’est d’abord la voix des riches qui ne veulent pas contribuer au redressement des comptes du pays que l’on entend.

« Le président des patrons » comme le titrait dernièrement le journal Libération a donc tranché ; ce seront les classes moyennes et populaires qui paieront une bonne partie de l’ardoise laissée par la droite. Cette année encore, plus d’un million de foyers non imposables paieront l’impôt sur le revenu par le seul effet du gel du barème décidé sous Sarkozy. Surtout, l’augmentation des taux intermédiaire et supérieur de la TVA, l’impôt le plus injuste, se fera lourdement sentir pour les ménages les plus modestes.
Les classes populaires seront même doublement pénalisées puisque la baisse des dépenses de l’Etat et de la sécurité sociale va contribuer un peu plus à la dégradation des services ou des prestations qui leur sont rendus. Les entreprises seront une fois de plus épargnées au nom de la relance de l’emploi.

Comment prétendre relancer l’emploi alors qu’on fait voter l’augmentation de la durée de cotisation pour pouvoir toucher une retraite à taux plein ? Pour beaucoup de salariés, la réforme des retraites de Hollande s’inscrit dans la continuité de celles de Chirac et Sarkozy. Pour eux, pour les jeunes qui entrent de plus en plus tard sur le marché du travail, la nouvelle réforme des retraites contre laquelle les communistes se sont mobilisés le 10 septembre dernier est un coup de matraque.

Il y en a marre de se prendre des coups de matraque ! A la Fête de l’Humanité, Pierre Laurent a lancé l’idée d’une grande campagne nationale sur le coût du capital. Emparons-nous de cette idée, mettons-là en musique dans nos villes et dans nos quartiers, pour faire entendre à nos concitoyens un autre son de cloche que le matraquage médiatique sur le ras-le-bol fiscal des nantis. Ils essaient de nous assommer ? Rendons-leur coup pour coup !


David NOËL

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