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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Jean-Luc-Melenchon-16.jpgEnvoyée spéciale, Saint-Herblain (Loire-Atlantique) - Même si la nouvelle était attendue, Jean-Luc Mélenchon n'imaginait sûrement pas que son premier meeting de 2012, samedi 14 janvier au Zenith de Nantes Métroplole à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), serait placé sous le signe de la perte du triple A français.

L'information est tombée vendredi, au lendemain de son passage dans l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2 qui a réuni près de 3,2 millions de personnes. "Heureusement que c'est tombé le lendemain, sinon on aurait parlé que de ça pendant toute l'émission", a souligné un membre de son équipe.

Mais pour le candidat du Front de gauche (Parti de gauche, Parti communiste et Gauche unitaire), pas question de laisser passer cette occasion de marquer sa différence. "Je suis le candidat de la résistance face aux agences de la notation", a-t-il martelé, aux côtés de Patrick Le Hyaric, député européen (PCF), et de Martine Billard, député PG. "La présidentielle devient un référendum entre résistance et soumission", avait-il estimé quelques heures plus tôt lors d'une conférence de presse.

"J'avais prévu de dire un certain nombre de choses concernant notre programme, a commencé M. Mélenchon, qui oscille dans les sondages entre 6 et 8 % des intentions de vote. Bien sûr, je le ferai, mais il se trouve que nous sommes dans une circonstance totalement nouvelle." "Ah ah ah", lui a répondu le public, plus de 5 500 personnes, en parodiant la note maximale accordée par les agences de notation. "Qu'est-ce qu'il y a ? Vous faites les andouillettes ?", leur a lancé Jean-Luc Mélenchon, qui a reçu le soutien de l'actrice Anémone dans une vidéo enregistrée il y a quelques jours et diffusée samedi.

Maniant l'humour comme une nouvelle arme dans sa conquête de l'Elysée - "l'humour et le rire marquent davantage les esprits que de peindre noir sur noir", a-t-il expliqué -, le candidat de la gauche radicale s'est emporté contre les agences de notation, notamment "Standard's and Pooooors" comme il a appelé l'agence américaine toute la soirée, qui "ont déclaré la guerre au peuple français".

"LES QUATRE DALTON DE L'AUSTÉRITÉ"

Dénonçant le "concours du sang et des larmes" des autres candidats à la présidentielle qui souhaitent mettre en oeuvre selon lui des politiques d'austérité, l'eurodéputé a fustigé leur "capitulation sans condition". "Et voilà les quatre Dalton de l'austérité", s'est-il moqué, visant Marine Le Pen (Front national), Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (MoDem) et François Hollande (Parti socialiste). "Et vous savez que chez les Dalton, c'est le petit le plus méchant et la plus grande, la plus bête !", a-t-il poursuivi sous les applaudissements du public. Particulièrement ciblée, la candidate du FN, qualifiée "d'hallucinogène, d'opium du peuple qui fait croire que l'ennemi c'est l'immigré alors que c'est le financier". "Camarade, regarde où est ton intérêt, a-t-il lancé. Ton intérêt de classe, c'est de voter avec ta classe !"

Dans un discours d'une heure et demie, M. Mélenchon, qui appelle à une relance de l'économie par l'activité, a réclamé plusieurs mesures : une augmentation du smic horaire "de deux euros" pour le porter à 1 700 euros brut, un "audit citoyen" sur la dette, un "emprunt forcé" sur les banques ou encore que la Banque centrale européenne puisse prêter directement aux Etats "au même taux qu'elle prête aux banques, c'est-à-dire à 1 %". "Ce n'est pas nous qui fossoyons la gauche, nous la construisons, a-t-il estimé. Il faut donc partager, de gré ou de force." "Dans ce pays, c'est le peuple qui commande, pas les banques", a-t-il enfin jugé, appelant le public à "résister" et à "prendre le pouvoir". Conscient que la position du Front de gauche peut aussi les isoler, il a appelé ses "camarades socialistes" "à la rescousse". "Aidez nous, faites comprendre à François Hollande qu'il se trompe quand il dit 'ce qui est doit être changé, ce n'est pas le rapport au agences et aux marchés mais le rapport des Français à leurs dirigeants'. Tu as tort, François (...) il faut rendre les coups, il faut frapper le système !"

Entre le succès d'audience de l'émission de France 2 et ce meeting, les proches de M. Mélenchon, comme Alexis Corbière (PG), veulent croire qu'"il se passe quelque chose". "La situation économique ne nous casse pas les jambes, ajoute François Delapierre, directeur de campagne de M. Mélenchon. Au contraire, ça nous pousse à agir."

Raphaëlle Besse Desmoulières

Légende photo : Jean-Luc Melenchon à Nantes, le 13 janvier 2012.AFP/JEAN-SEBASTIEN EVRARD


Source : Le Monde.fr
Dimanche 15 janvier 2012

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