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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Jean-Luc-Melenchon-18.jpgReportage bg-puce-losange En campagne à Metz, le candidat du Front de gauche s'est moqué de la «névrose de l’extrême droite», et a pourfendu l'imposture de Marine Le Pen. Avant de revendiquer être le candidat des «travailleurs».

Par Lilian ALEMAGNA envoyé spécial à Metz (Moselle)

«Percer la baudruche Le Pen». Jean- Mélenchon avait choisi Metz pour répondre à la candidate du Front national. En décembre, Marine Le Pen s’était autoproclamée «candidate des invisibles» dans cette même ville. Une expression que le représentant du Front de gauche en 2012 avait utilisé dès le mois de juin dans un déplacement dans les Bouches-du-Rhône. Ce mercredi soir, devant plus de 2 000 personnes et avec le soutien d’Oskar Lafontaine, fondateur de Die Linke, l’équivalent allemand au Front de gauche, Mélenchon a s’emporte contre «la pire de toute les hontes» : «Assigner» les ouvriers «à résidence» chez Marine Le Pen. «Moi, ils me traitent de populiste […] mais je suis fier d’être du peuple !» scande-t-il. «Ils en auront après contre les bouddhistes quand la Chine sera en tête de l’économie mondiale», dit-il, déclenchant un rire général dans la salle. «Il faut toujours qu’ils détestent quelqu’un».

Névrose

Mélenchon se moque de la «névrose de l’extrême droite», d’en avoir «avant contre les juifs», «aujourd’hui contre les musulmans». Il poursuit se moquant de Jean-Marie Le Pen : «Le père condamnait la bande des quatre. [Marine Le Pen] en fait partie». Nouvelle salve de rire. D’abord poussif, la voix éraillée de sa longue séquence de campagne, le candidat monte en puissance à la tribune. «Elle veut être parmi ceux qui sentent bon, enchaîne-t-il sur la candidate frontiste et sa dédiabolisation : «Voilà que le diable ne sent plus le souffre !»

Le candidat du Front de gauche s’engage alors dans un «travail de conviction». «C’est notre honneur, souligne-t-il. Notre honneur est d’arracher tout ceux qui se laisseraient aller au parti de la division. Nous sommes le parti du partage». Il assène aux siens de ne pas «s’abandonner au parti de la haine qui vous appelle à vous diviser les uns les autres d’après votre religion, votre couleur de peau ou votre région ou pays d’origine.» Ajoute : «Chez nous il n’y a qu’une seule règle qui nous définisse les uns par rapport aux autres, s’enflamme Mélenchon : Liberté ! Egalité ! Fraternité !»

L’expulsion des sans-papiers prônée par Le Pen ? «Nous, les petits on les prend tous parce qu’on les aime tous. Parce qu’on ne s’occupe pas de leur couleur de peau et de la religion de leur parents», répond Mélenchon. La suppression de l’aide médicale d’Etat ? «Allez dire aux microbes qu’ils ne doivent pas aller avec ceux qui n’ont pas de papiers.» Il enchaîne sur sa propre proposition d’augmentation du Smic à 1 700 euros : «Elle a dit que c’est une mesurette ! Vas-y ! interpelle l’ancien ministre. Montre que tu as compris ce qu’est la vie des gens que tu es censée représenter !»

«Le rouge est de retour !»

«Le Front de gauche est le parti des travailleurs", martèle Mélenchon. "Celui qui ne lâche pas une seule conquête", "qui a gagné la retraite à 60 ans" et "la lâchera jamais !» L’ancien trotskiste retrouve ses accents marxistes : «Le rouge est de retour !». Il prévient ses ex-camarades socialistes que le vote Hollande au second tour n’est pas automatique: «Nous allons nous débarrasser de Sarkozy et nous allons faire la gauche !»

Le candidat Front de gauche en termine le deuxième de ses trois meetings de janvier après avoir réunis 6 000 personnes au Zénith de Nantes et celui de Besançon mardi. Contre la TVA sociale, le «pacte de compétitivité» européen, la proposition de François Hollande que les accords d’entreprises priment sur la loi. «Nous n’accepterons JAMAIS la République contractuelle et corporatiste, déclame Mélenchon. Nous sommes les républicains rouges ! La loi est au-dessus des négociations entre le patronat et le salariat.»

Un dernier couplet contre la «définanciarisation de l’économie française», pour la «planification écologique» et le «partage des richesses». Appelant à une «révolution citoyenne» en France, Mélenchon répète sa proposition d’un «droit de préemption» pour les «travailleurs» qui veulent créer une coopérative lorsque leur entreprise doit fermer et celle d’un «droit de veto suspensif» au comité d’entreprise lorsque la boîte fait des bénéfices. «On ne laisse plus partir une seule usine ! Une seule machine !», finit-il avant de rendre hommage à Jean-Jacques Rousseau… Et de citer Victor Hugo et ses Misérables : «J’effaroucherai le bourgeois peut être, mais je réveillerai le peuple». Conclusion du «républicain» : «Dans le drapeau français, il y a du rouge. Et le rouge est ici.»

Légende photo : Jean-Luc Mélenchon, le 9 février 2011 à Ronchin. (Photo Francois Lo Presti. AFP)


Source : Libération
Jeudi 19 janvier 2012

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J

si on ne connais pas Mélenchon on peut y croire mais ,  pour ceux qui connaissent


cet "EX" socialiste , surtout les vrais communistes , se "GARGARISER " de ce


personnage devient pathétique
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D


On est en campagne électorale. Ne comptez pas sur moi pour faire des procès d'intention en trahison ou faire la fine bouche alors que notre candidat commun du Front de Gauche fait un boulot
extraordinaire, mouille la chemise et fait passer nos idées. C'est ça qui compte, non ?


Jean-Luc Mélenchon est un EX socialiste. Il a quitté le PS et par ailleurs, au PS, il n'a jamais abdiqué ses convictions et a toujours été un des animateurs de l'aile gauche du PS. Ses références
idéologiques à Hugo, à Marx ou à Jaurès sont sincères, sa colère et ses convictions sont réelles. Honnêtement, je ne vois pas où est le problème.