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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Jean-Luc-Melenchon-36-copie-1.jpgEntre contre-budget, manifestations et meeting, sa semaine s’annonce chargée. L’ex-candidat à la présidentielle confie son plan de bataille au JDD.

Très présent en septembre, plus discret en octobre, revoilà Mélenchon. Le leader du Front de gauche compte sur la semaine et le mois à venir pour faire parler de lui et de ses idées. Mercredi, il participera à la manifestation des syndicats contre l’austérité, avant de tenir meeting, vendredi, et de se rendre, samedi, à Notre-Dame-des-Landes.

Avant cela, Mélenchon entame sa semaine par la présentation, dès demain, de son "contre-budget". Une occasion de montrer qu’il n’est pas uniquement dans la critique. Ce document de travail d’une vingtaine de pages s’intitule d’ailleurs "Nous, on peut". Les socialistes au pouvoir apprécieront les sous-entendus.

Ce projet de budget "rapporte plus qu’il ne coûte" et privilégie "lourdement l’investissement dans l’éducation et dans l’écologie", avance Mélenchon, également soucieux de faire une percée dans l’électorat écolo après avoir siphonné celui du NPA. Au centre de son budget, le "partage de la richesse". "On ne réalise pas un programme pareil avec des enfants de cœur", souligne celui qui revendique "la conflictualité". Beaucoup de propositions de sa campagne devraient, être reprises. Comme la lutte contre l’évasion fiscale ou le renforcement de l’impôt sur le revenu avec ses 14 tranches. Autant de propositions qui auraient pu être des amendements des députés du Front de gauche au budget d’Ayrault. Il n’en fut rien. Et Mélenchon le regrette.

Évidemment, le budget d’Ayrault, s’il le pouvait, il voterait contre. D’où cette initiative qui vient mettre un peu de pression supplémentaire sur les épaules des députés communistes. Eux penchent plutôt pour l’abstention lors du futur vote solennel. "L’abstention, ça veut dire quoi ? Contre, on comprend", résume le coprésident du Parti de gauche (PG). Et pour convaincre ses camarades, il a cet argument : "C’est le budget qui prévoit la plus grande contraction de la dépense publique depuis cinquante ans."

"Ce gouvernement a essayé d’acheter la paix avec les patrons"

Fidèle à sa ligne, Mélenchon pilonne l’action du nouveau Président. "Il n’y a aucun facteur d’unification de la gauche. L’unification, c’est la lutte contre le patronat mais François Hollande n’en veut pas". Vent debout contre le pacte de compétitivité de Jean-Marc Ayrault – une "honte!" –, il tance ce "gouvernement qui a essayé d’acheter la paix avec les patrons en leur faisant des caresses dans les cheveux". "Vingt millions d’euros de cadeaux sans contrepartie, c’est invraisemblable", ajoute la co-présidente du PG, Martine Billard. Pour avancer, Mélenchon y va à sa façon. Frontalement. Lui se voit comme un recours. Pourquoi pas après les européennes de 2014 ? D’ici là, il n’attend rien du pouvoir socialiste. C’est une différence avec ses alliés communistes. "Nous, nous ne renonçons pas à l’idée de pouvoir être écoutés et de peser sur la politique de Jean-Marc Ayrault", tranche un dirigeant du PC.

Dans ce mois de novembre bien chargé, il y a une date qu’il ne maîtrise pas : celle où le Conseil constitutionnel dira si, oui ou non, il doit y avoir une nouvelle législative dans la circonscription d’Hénin-Beaumont. Y aller ou pas ? Pour la première fois, les dirigeants du Front de gauche ont fait un tour de table lundi dernier. Mélenchon n’imagine pas se défiler. "Attention à ne pas cultiver l’idée que le Front de gauche est uniquement un lieu d’opposition au FN", avertit un dirigeant communiste. Localement, un autre prévient : "Est-ce gagnable ? En cas de retour aux urnes, Marine Le Pen a un boulevard devant elle. On ne veut pas que notre chef monte en première ligne et se fasse tirer comme un lapin". "Si c’est dangereux, alors il faut que j’y aille encore plus", rétorque Mélenchon, conscient du risque d’un "piège mortel". "Pour mes adversaires, c’est une occasion extraordinaire de m’abattre".

Légende photo : En novembre, Jean-Luc Mélenchon compte faire parler de lui et de ses idées (Reuters)


Source : Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche
Dimanche 11 novembre 2012

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