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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Jean-Luc Melenchon 34Le patron du Front de gauche a déclaré son intention de porter plainte en diffamation contre les trois responsables UMP qui l'accusent d'entretenir des liens «sulfureux» avec des personnalités «antisémites», notamment le compositeur grec Mikis Theodorakis.

Jean-Luc Mélenchon contre-attaque. Ce jeudi, il a annoncé sa volonté de porter plainte contre Jean-François Copé, Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) pour diffamation. Selon le leader du Front de gauche (FG), ceux-ci «se sont comportés comme de petits colporteurs de ragots du FN», en l'accusant de liens avec des personnalités antisémites. La plainte doit être déposée «dans les jours qui viennent», assure son avocate.

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a commenté mercredi : «Ces personnages de la droite ont répété sans savoir de quoi ils parlaient, ce qui les rend d'autant plus coupables, les propos de Marine Le Pen sur ma prétendue proximité avec les antisémites via un improbable copinage avec Mikis Theodorakis.» C'est en effet Marine Le Pen qui, en mars, lors de l'émission «Paroles de candidat» sur TF1, parlait de «l'hommage rendu par l'extrême gauche à M. Theodorakis, qui expliquait qu'il était antisémite et antisioniste». La présidente du FN faisait allusion à un billet du 15 juin 2011, dans lequel Jean-Luc Mélenchon relayait un appel lancé par le célèbre compositeur grec pour défendre la Grèce contre les plans d'austérité.

«Son indignation est bien soudaine»

Argument du FN repris le 23 mai, sur Radio Classique, par Jean-François Copé : «L'un des grands amis de Jean-Luc Mélenchon est Mikis Theodorakis, qui professe ouvertement des propos antisionistes, antisémites, dans des termes extrêmement choquants.» Dans son sillage, Nathalie Kosciusko-Morizet a reproché lundi à Jean-Luc Mélenchon d'accueillir «sur son site Internet des gens qui font profession d'antisémitisme». «Est-ce que l'antisémitisme de gauche, c'est mieux que l'antisémitisme de droite ?» avait-elle demandé, alors qu'elle défendait la position du «ni-ni» (ni FN, ni front républicain anti-FN) arrêtée par son parti pour le second tour des législatives. Enfin, mardi, Alain Juppé a accusé le leader du Front de gauche d'entretenir des «relations sulfureuses» avec des personnalités se disant «antisémites».

«Ils (Juppé, Coppé, NKM, ndlr) se rendent tous coupables d'un délit, ils seront punis. Ils sont en train de commettre une faute morale majeure», estime Jean-Luc Mélenchon, assurant n'avoir «jamais rencontré Mikis Theodorakis». Et d'ajouter : «M'adressant à M. Copé, je voudrais lui rappeler que son indignation est bien soudaine : c'est le gouvernement dans lequel il siégeait qui a élevé M. Theodorakis au rang de commandeur de la Légion d'honneur». En 2007, c'est en effet l'ex-ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres qui a décoré à Athènes cette figure de la résistance à la dictature des colonels (1967-1974).

Dans un communiqué, le FG dénonçait mardi «une manipulation éhontée et de bas étage reprenant les attaques de sites proches du FN». Alexis Corbière, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, affirmait à Libération : «Personne ne savait que Theodorakis, qui est connu pour son engagement, sa lutte contre le fascisme et son œuvre, avait proféré de tels propos.» Le président du FG ne compte pas en rester là : «Ils seront tous poursuivis, l'un après l'autre», prévient-il.

Fabien Soyez

Légende photo : Jean-Luc Mélenchon après sa rencontre avec François Hollande, à l'Élysée, le 5 juin. Crédits photo : BERTRAND LANGLOIS/AFP


Source : Le Figaro
Jeudi 14 juin 2012

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