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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Inauguration-local-photo-VDN-2.jpgC'est avec beaucoup d'émotion, une immense fierté et une conscience aigüe de nos responsabilités que j'ai le plaisir de vous accueillir ce matin pour l'inauguration du local du PCF d'Hénin-Beaumont qui sera le local de campagne d'Hervé Poly et de Bernard Czerwinski pour la campagne des élections législatives.

Je tiens à saluer la présence de Pierre Laurent, notre secrétaire national, qui est déjà venu plusieurs fois sur notre territoire et qui montre par sa présence sa détermination à aider le PCF à faire gagner la gauche sur ce territoire qui n'est le fief de personne, et certainement pas celui de la candidate de l'extrême droite, une héritière venue de Saint-Cloud et qui ne connaît rien à l'histoire de notre bassin minier, une histoire faite de luttes et de résistance. Merci à toi d'être là, Pierre. Merci aussi à Hervé Poly, notre premier secrétaire fédéral qui sera notre candidat aux législatives dans quelques semaines, et qui avait la volonté d'aller à la reconquête sur Hénin-Beaumont, où la population  a tant souffert et de montrer que le PCF répond présent, merci à Bernard Czerwinski, maire de Drocourt et candidat suppléant. Merci à tous les camarades du Parti de Gauche. Merci aussi à tous les élus qui ont fait le déplacement ce matin : Dominique Watrin, Cathy Apourceau-Poly, Jean Haja, René Hocq, Bernard Staszewski et tous ceux que j"oublie de citer, ainsi qu'à Eugène Binaisse, maire d'Hénin-Beaumont et aux élus municipaux présents.

Chers amis et camarades, le PCF est toujours resté vivant à Hénin-Beaumont, mais n'y avait plus de local depuis plus de vingt ans. Beaucoup de camarades qui sont présents ici aujourd'hui ont connu l'époque des réunions rue Paul Vaillant-Couturier, certains ont joué à la Prolétarienne, c'était l'époque où nous avions encore plusieurs cellules actives dont les militants animaient des associations de quartier comme la Commune Libre de Darcy... Beaucoup de mes camarades n'osaient plus rêver que le parti communiste retrouve enfin un siège à Hénin-Beaumont, comme à la glorieuse époque. 
Non pas que nous ayons été mal accueillis au siège du parti communiste à Montigny-en-Gohelle, au contraire, et j'en remercie les camarades qui sont présents ici pour ces années de cohabitation sympathique entre nos deux sections, mais bien souvent, on me demandait sur le marché ou au cours des distributions de tracts où nous étions situés. Il était temps que le PCF d'Hénin-Beaumont ait à nouveau un siège pour accueillir une population qui a besoin de retrouver confiance dans ses élus et dans les responsables politiques, après avoir été tellement déçue.

La nature ayant horreur du vide, le FN a pu prospérer pendant plusieurs années sur l'indignité d'un ancien maire et sur l'absence collective des partis de gauche. Ils ont fait d'Hénin-Beaumont leur siège départemental et leur vitrine à tel point que les médias sont tombés dans le piège en parlent de notre ville comme du « fief » de Marine le Pen. Rien n'a autant le don de m'agacer et je sais que ça agace beaucoup d'Héninois. Non, nous ne sommes pas des serfs. Le Front national n'a jamais gagné ici, il n'a pas gagné en 2009 alors que la situation lui était favorable comme jamais, il n'a pas gagné aux cantonales et il ne gagnera pas aux législatives qui viennent ni aux municipales qui suivront.

Mon camarade Alain Bocquet me permettra de citer sa belle formule : ici, les gens ont le cœur rouge et la colère noire. A quelques jours des élections présidentielles, on sent que les choses bougent. Il y a une vraie dynamique du Front de Gauche sur notre territoire, le meeting de Lille a été un vrai succès, comme la réunion publique de Billy-Montigny la semaine dernière. A Hénin-Beaumont, les militants sont tous sur le pont. Nous avons couvert la ville de tracts et nous refusons de laisser les panneaux d'affichage libre au FN. La guerre de l'affichage, elle se joue entre nous et le FN.
Depuis l'ouverture du local, il y a des camarades que je vois plus souvent, d'autres qui viennent chercher leurs affiches, leurs tracts. Et je ne parle pas de tous les camarades dévoués qui viennent donner un coup de main : Yves, qui est déjà en train d'installer les pavés dans la cour, Jean, Christian, Louisette, qui est venue faire le ménage avec Marie-Claude et Olivier, ainsi que Charles, mon père qui a passé des heures ici pour que nous puissions vous accueillir  ce matin.
Ce local, avant même son inauguration, est devenu le quartier général d'une armée en mouvement, celle du PCF et du Front de Gauche, celle d'une gauche combative héritière de la résistance et fière de son histoire.

C'est la raison pour laquelle un nom est apparu comme une évidence pour baptiser notre local, celui de Nestor Calonne. Peut-être certains d'entre vous ne le connaissent-ils pas. Spontanément, lorsqu'on demande à un Héninois de citer les maires qui ont marqué l'histoire de notre ville, il cite Fernand Darchicourt et Jacques Piette, deux grands maires socialistes, deux compagnons de la Libération, mais ils oublient Nestor Calonne.

Quelques mots sur lui : Nestor Calonne est né le 22 juillet 1894 à Hénin-Liétard. Issu d'une famille de mineurs, il descend très jeune à la mine. A 17 ans, il adhère au Parti socialiste SFIO. Mobilisé au 41e régiment d'artillerie à Douai, Nestor Calonne passe 4 ans sur le front et est blessé à deux reprises, sur l'Yser puis sur le front de Champagne.

A sa démobilisation, il revient à Hénin-Liétard où il se marie et a deux enfants. Embauché à la fosse 4 des mines de Bruay, il participe à la constitution d'un comité d'adhésion à la IIIe Internationale dans le courant de l'année 1920.
Membre fondateur de la section CGTU de son puits de travail, il participe à plusieurs mouvements de grève, notamment en 1923 contre l'occupation de la Ruhr et est licencié avec son frère et ses deux beaux-frères qui luttaient à ses côtés.
Nestor Calonne et les membres de sa famille parviennent à trouver du travail à la fosse Dahomey et au 7 des mines de Courrières. Dès 1924, Nestor Calonne fonde une cellule d'entreprise qui compte une trentaire de membres ; il en devient le secrétaire et fait éditer un journal de puits.

Il est membre du comité du rayon communiste de Lens en charge de l'agit-prop dès 1924. A la création du rayon communiste d'Hénin-Liétard, il est nommé trésorier. Il est révoqué par la Compagnie de Courrières en 1931 après la grève des puits d'Hénin-Liétard.
Son mandat de délégué-mineur lui permet d'être rapidement réintégré.

Nestor Calonne intègre le comité exécutif du syndicat CGTU des mineurs du Pas-de-Calais et assiste aux congrès de la fédération CGTU des travailleurs du sous-sol, notamment au congrès de Lens, du 7 au 12 octobre 1929.

En 1937, Nestor Calonne s'engage dans les Brigades Internationales et combat en Espagne jusqu'à l'effondrement de l'armée républicaine. A son retour en France en 1938, il entre au conseil municipal d'Hénin-Liétard à l'occasion d'élections partielles. La même année, il est nommé membre du bureau de la région communiste du Pas-de-Calais.

Démis de son mandat de conseiller municipal après l'interdiction du Parti Communiste, Nestor Calonne est arrêté par la police française en février 1940. Interné au camp de Roybon (Isère), puis à Utelle (Alpes-Maritimes) il est transféré au camp de Digne (Basses-Alpes) d'où il s'évade le 25 janvier 1941.
Il participe à la réorganisation du PC clandestin et à la mise en place des syndicats clandestins dans le Pas-de-Calais. A ce titre, il joue un rôle essentiel dans l'organisation de la grande grève patriotique des mineurs du Pas-de-Calais, du 27 mai au 9 juin 1941, qui mobilise près de 100 000 mineurs dont nous avons célébré le 70ème anniversaire l'année dernière, au puits du Dahomey, aux côtés de Pierre.

A l'issue de cette grève et de la terrible répression qui suit, Nestor Calonne participe à la reconstitution de la direction clandestine du PC du Pas-de-Calais où il coordonne les actes de résistance.
Condamné à mort par contumace avec promesse d'une prime de 100 000 marks pour sa  dénonciation, il est nommé délégué interrégional FTP avec la responsabilité de l'Yonne, de la Marne, de la Côte d'Or et de tout l'Est de la France.

A la Libération, Nestor Calonne est maire d'Hénin-Liétard de mai 1945 à octobre 1947 ; il est aussi député à l'assemblée constituante de 1945 à 1946, il est élu sénateur en 1946 et le reste jusqu'en 1958 et Nestor Calonne a été un sénateur actif et efficace, à l'activité législative intensive.

Après 1958, Nestor Calonne a pris sa retraite dans une petite bourgade de l'Yonne et il est mort à Nice le 31 décembre 1979.

Aujourd'hui, en donnant son nom à notre siège, il ne s'agit pas de se remémorer un passé muséifié, mais de se tourner vers un passé toujours vivant pour préparer l'avenir. Hénin-Beaumont a été et est une terre de résistance. Ici, ce n'est pas la ville de Marine Le Pen et de ses prédécesseurs de l'Action Française, qui le 11 avril 1934 assassinaient Joseph Fontaine à qui nous rendrons hommage à la fin du mois en même temps qu'à Blanche Volanti, déportée en Allemagne et résistante. Hénin-Beaumont, c'est la ville de Marcel Ledent, un des trois héros de l'attentat du pont Césarine avec Charles Debarge et Moïse Boulanger à qui nous avons rendu hommage dimanche. Le jeune héninois n'avait que 18 ans quand il a été fusillé par les Allemands dans les fossés de la citadelle d'Arras.

Hénin-Beaumont est une ville de gauche, qui a eu un maire communiste et qui sait, qui pourrait retrouver un jour un maire communiste. Nous sommes ici chez nous !

Je voudrais également saluer la mémoire de Marie-Serge Opigez. Elle qui était un des visages de la fédération, secrétaire fédérale en charge du secteur femmes puis du secteur entreprises, elle qui a dirigé notre section pendant vingt ans et qui a eu le courage de s'opposer à la corruption et de combattre l'ancien maire avec toute l'énergie qui était la sienne m'a montré le chemin, m'a passé le flambeau et j'espère avoir continué son combat du mieux que j'ai pu dans les moments difficiles que nous avons traversés. Marie-Serge aurait tant voulu être là, mais la maladie en a décidé autrement. Je voulais dire à Christian que nous sommes à ses côtés et que nous n'oublions pas Marie-Serge.

C'était une évidence de mettre dans cette salle de réunion un portrait de Marie-Serge. Merci d'avoir gardé la flamme, Marie-Serge. Aujourd'hui, cette flamme est devenue un feu qui ne  s'éteindra pas.

Merci à tous, bienvenue chez vous, parce que cet espace citoyen est celui de tous les militants du parti et un lieu ouvert, accueillant, au service de la population. Je passe maintenant la parole à notre secrétaire fédéral et candidat aux législatives, Hervé Poly.


Source photo : La Voix du Nord

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moi 24/04/2012 14:09


je trouve ça triste, encore un local commercial de moins

David NOËL 24/04/2012 15:02



J'imagine que c'est de l'humour... La présence de nouveaux sièges de partis politiques en centre-ville renforce le caractère central du centre ville héninois. On trouve le siège de la paroisse en
centre ville, de nombreux locaux d'associations comme le Secours Catholique rue Elie Gruyelle, le Secours Populaire îlot Carnot. Mais depuis la fermeture du local du PS rue Elie Gruyelle, le seul
parti politique qui gardait un siège, c'était le FN. C'est une très bonne nouvelle que les partis politiques réinvestissent le centre ville.