Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

Publié par David NOËL

Bruno-Fouquart.jpgEt de quatre ! Après les bailleurs sociaux Épinorpa et Soginorpa, après Adévia, la société d'aménagement du Louvre-Lens, c'est au tour de leur filiale commune, la Centrale foncière régionale, d'être épinglée par les magistrats financiers. Avec Hénin, encore, en toile de fond.

« Ça illustre encore une fois le fossé qui existe entre des magistrats tranquillement assis sur leur fauteuil et l'intelligence collective qu'on essaie de mobiliser de toutes nos forces dans le bassin minier. » Tel est le commentaire péremptoire qu'avait inspiré à Daniel Percheron, il y a quinze jours, la sortie d'un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les méthodes de gestion équivoques de la société d'économie mixte (SEM) liévinoise Adévia, mastodonte de l'aménagement du territoire, notamment attributaire du Louvre-Lens.

Et quitte à fâcher tout rouge le président socialiste de la Région, les magistrats financiers sont cette fois allés mettre le nez dans les petites affaires de la Centrale foncière régionale (CFR), une société anonyme par actions simplifiée (SAS), créée en janvier 2008 par l'office public Pas-de-Calais Habitat, la SEM Adévia et le bailleur social Épinorpa-Soginorpa, lui-même également épinglé par la chambre des comptes à l'automne dernier... Étrange succession de dossiers chauds dans lesquels se croisent des figures politiques locales du PS 62 : Michel Dagbert, maire et conseiller général de Barlin, actuel président d'Adévia, son prédécesseur François Lemaire, maire de Bully-les-Mines, Michel Vancaille, l'ancien président de l'agglo de Lens-Liévin et président de la CFR, et, enfin l'incontournable Jean-Pierre Kucheida, le député-maire de Liévin, président d'Épinorpa-Soginorpa, qui fut également vice-président d'Adévia. Drôle de méli-mélo que dénoncent glorieusement le FN mais aussi l'ancien conseiller régional Alain Alpern, pourtant PS, qui y voit les prémices d'un « énorme scandale politico-financier ».

Hénin, encore et toujours...

En attendant, la dernière pièce en date du puzzle est donc l'éphémère Centrale foncière régionale, mise en sommeil en avril dernier. « Acquérir des réserves foncières » : telle était sa raison d'être. Mais à en croire les magistrats financiers, son périmètre d'action se serait limité, à quelques exceptions près, à une commune qui décidément n'en finit plus de faire parler d'elle... « Les finances de la CFR ont principalement été consacrées à l'acquisition de terrains d'une surface totale de 25,6 hectares pour un prix de 8,2 millions d'euros à Hénin-Beaumont », souligne le rapport de la CRC. La suite n'est rien d'autre qu'une accumulation d'opérations opaques.
La Soginorpa, mandatée pour porter le projet foncier, n'est pas rémunérée. Adévia, « systématiquement retenue comme aménageur sans aucune mise en concurrence », ferme les yeux sur les délais de paiement. Et Pas-de-Calais Habitat renfloue le compte courant. En résumé, les trois associés maintiennent en vie la CFR le temps de la mission héninoise.

...et Philippe Demarquilly

En outre, « de nombreuses irrégularités entachent les modalités d'achat des terrains ». Les prix de vente et les indemnités d'éviction versées aux agriculteurs sont très élevés et ne figurent pas dans les actes notariés. Pas plus que n'apparaît l'acquisition des terrains dans les relevés comptables de la CFR. Son président, Michel Vancaille, n'a pas connaissance de l'intégralité des transactions en cours, son directeur, Bruno Fouquart, qui est également celui d'Adévia, étant allé au-delà de ses pouvoirs, « certain, explique-t-il aux magistrats, d'agir au mieux des intérêts de la CFR ». Et pour couronner le tout, en décortiquant les annexes du rapport de la chambre régionale des comptes, où sont listés les propriétaires des terrains achetés à Hénin, un nom saute aux yeux, Philippe Demarquilly, qui n'est autre que l'ancien adjoint au maire Gérard Dalongeville. Prévenu de prise illégale d'intérêts dans un dossier de revente de terres agricoles, l'élu en charge de l'urbanisme avait obtenu en juin 2009 la prescription des faits devant le tribunal correctionnel de Béthune, dont le juge Pichoff est lui-même incarcéré pour corruption. Drôle de méli-mélo...

Bruno Fouquart et Jean-Pierre Kucheida étaient hier injoignables.


Source : Nord Eclair
Jeudi 10 février 2011

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article