Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Pierre-Laurent-et-Cecile-Duflot.jpgLe secrétaire national du PCF s'offre une nouvelle visibilité lors de la Fête de l'Humanité où il oeuvre pour resouder socialistes, écologistes et communistes. De quoi faire un peu d'ombre à un certain Jean-Luc Mélenchon.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a réussi son pari de rassembler samedi autour de lui à la fête de l'Humanité, lors d'un déjeuner, les forces de gauche opposées au choix économique de l'exécutif. Un rendez-vous symbolique à trois jours du vote de confiance à l'Assemblée nationale. Même si tous ne partageaient pas sa volonté de construire «une alternative à gauche» ou de faire tomber Manuel Valls, si possible dès mercredi, tous se sont dits soucieux de retisser des liens entre socialistes, écologistes et communistes.

«La fête de l'Humanité est un grand lieu d'expression populaire, de débats, c'est particulièrement nécessaire en ce moment». Assis en face de Pierre Laurent, au milieu d'une grande tablée sur le stand de la Côte d'Or, le député socialiste Christian Paul, frondeur proche de Martine Aubry, est venu avec cet objectif, «alors même que les relations sont distendues depuis deux ans». Si le vote de confiance était dans tous les esprits, Christian Paul a esquivé la question : «Personne n'est là venu pour débattre de l'abstention, mais pour savoir si la gauche va continuer à vivre.»

Autre aubryste frondeur, Jean-Marc Germain, est venu lui aussi pour marquer sa volonté de «réécrire une histoire commune à la gauche». Et même s'il ne partage pas exactement les mêmes options que Pierre Laurent. Pour lui, l'alternative est «une forme d'opposition». Il veut plutôt «bâtir collectivement une feuille de route pour les trois ans à venir dans laquelle les communistes et les écologistes puissent se reconnaitre». «Nous ne voulons pas une majorité alternative, nous voulons une majorité vraiment à gauche». Nuance. Comme l'explique un autre frondeur Jérôme Guedj, «le PS doit être le fil de plomb de l'union de la gauche».

Pas question pour Germain, pas plus que pour Paul ou les autres socialistes ou même la députée écologiste Cécile Duflot - venue vendredi à La Courneuve -, de voter contre la confiance. «Nous voulons une réorientation de la politique mais nous ne voulons pas le retour de la droite», a expliqué Germain. Il sait que «ce discours pouvait être difficile à comprendre» pour certains. Pour Jean-Luc Mélenchon et ses proches certainement, qui souhaitent le renversement de Manuel Valls et attendent avec une certaine impatience le vote.

«Le 16 septembre, ce sera la séance de rattrapage pour ceux qui ont déjà eu la possibilité au printemps de faire tomber le gouvernement», a prévenu Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche. En résumé, s'ils ne font pas ce qu'il faut pour faire tomber Valls, plus question de déjeuner ensemble. Jean-Luc Mélenchon a accepté du bout des lèvres de participer au déjeuner, partant discrètement au milieu. «Nous avons accepté l'invitation, a précisé Coquerel, car les députés frondeurs ne sont pas des représentants officiels du PS, sinon nous ne serions pas venus». Sur ce point, les tensions entre le PCF et le PG restent réelles et pourraient bien s'accroitre encore après le vote de mardi. Contrairement à Mélenchon, ce vote ne sera pas un test définitif pour Laurent. Il connait la position des frondeurs. «Notre objectif à cette étape explique le député PS de Paris Pascal Cherki, ce n'est pas de faire tomber le gouvernement. Je ne suis pas un opposant, je suis en désaccord.»

Pierre Laurent sait que les députés communistes, à quelques exceptions près, seront sans doute les seuls à voter contre la confiance. Et même lors de son traditionnel discours aux autorités politiques invitées à La Courneuve, il a lancé un appel aux parlementaires qui «ne se reconnaissent pas dans les choix actuels du gouvernement» à suivre leur exemple, le secrétaire national sait «que beaucoup ne voteront pas contre». «Mais ils seront plus nombreux qu'au printemps à s'abstenir», a indiqué celui qui veut surtout «retenir la dynamique en train de se créer». Une dynamique dont il bénéficie en terme de visibilité médiatique, et au sein du Front de gauche. Même s'il ne partage que peu d'options politiques avec lui, contrairement à d'autres écologistes présents au repas comme le secrétaire national adjoint David Cormand, le sénateur Jean-Vincent Placé a tenu à se rendre à La Courneuve, signe de la place prise par Pierre Laurent sur l'échiquier de la gauche. Une place prise au détriment de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier a plaidé samedi en faveur de la VIe République. Il veut désormais «dépasser» le Front de gauche.

Sophie de Ravinel

Légende photo : Cécile Duflot et Pierre Laurent, vendredi, à La Courneuve. Crédits photo : KENZO TRIBOUILLARD/AFP


Source : Le Figaro
Samedi 13 septembre 2014

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

FOSSIER 18/09/2014 14:14


Valls
présente la baisse de l'euro et des taux d'intérêt de la BCE comme des acquis de son action et comme des signes que ça pourrait aller mieux....dans quelques années. En attendant, il va octroyer
une prime exceptionnelle de 40 € aux petits pensionnés qu'il a matraqués et relever de 8 € mensuels le minimum vieillesse (800€). Ces brillants résultats obtenus sur lit de souffrances sociales
et de désastres économiques, lui permettent, avec Moscovici (suivre son affaire de détournement soulevée par Le Canard), de justifier la poursuite des mesures de saccage des protections
collectives préconisées par le MEDEF, avec en point d'orgue toujours plus de cadeaux aux actionnaires et à la finance. Par la renonciation aux engagements de Hollande et par le rejet catégorique
d'une possible alternative politique de gauche, il s'agit toujours, techniquement et stupidement, d'atteindre l'objectif des 3% du PIB de déficit budgétaire alors que ces 3%, qualifiés de seuil
imbécile par beaucoup d'économistes, ont été fixés alors que la croissance était de 2 à 3% en Europe et que nous sommes aujourd'hui en récession...précisément à cause des politiques d'austérité
qui tirent tous les pays européens vers le bas, dont la France - quoi qu'en dise Valls avec des effets oratoires spectaculaires sur la "résistance" (un peu comme Sarko parlait de Guy Moquet),
destinés à faire passer ses renoncements et sa trahison -. Cette politique reste dictée par une Allemagne forte de sa domination économique et de ses excédents (en chute libre puisque soumis à la
baisse de la demande partout en Europe). C'est que l'Allemagne très vieillissante est également confrontée à de graves problèmes démographiques, ce qui la pousse à soutenir les exigences des
marchés financiers et autres fonds de pensions à 15% de rendement. A mon avis cependant, nous pourrions nous affranchir de marchés financiers qui ne peuvent pas faire la peau à l'axe
Franco-Allemand, pas plus que les 16.000 milliards de dette des USA ne les inquiètent...Ils se sont fait les dents sur les pays du Sud mais pas sur nous, 5ème puissance économique de la planète,
malgré ou grâce au fait que nous présentons encore de nombreux symptômes de "mauvaise gestion" (Sécu, droit du travail, services publics créateurs de richesse, gestion de proximité des
collectivités territoriales...). Cependant, Valls va maintenant s'atteler à démolir tout cela car l'austérité se nourrit d'elle-même et les marchés financiers n'en auront jamais assez. Une
prochaine crise type "subprimes" couve avec la bombe à retardement des prêts étudiants aux USA. Le capital ne peut même plus compter sur le crédit comme béquille...les étudiants américains, par
exemple, ne peuvent plus rembourser des prêts qu'ils traînent jusqu'à leur retraite...A quand un soutien à la relance des investissements en France ? A quand une réforme de la fiscalité des
entreprises pour favoriser celles à forte masse salariale par rapport à celles qui amassent et ne jurent que par les actifs financiers sans créer d'emploi ?