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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Pierre-Laurent-conference-nationale-08-11-14.jpgPour le chef du PC, l’"alternative" est "urgente". Avec les écolos et "frondeurs", il veut une nouvelle phase : celle du travail en commun.

D'habitude, il se contente de chuchoter à l'oreille des communistes. Mais, ce week-end, le patron du PC, Pierre Laurent a choisi de hausser le ton vis-à-vis du gouvernement et singulièrement du Premier ministre. À la tribune, devant les siens réunis en conférence nationale, Laurent lâche ses coups : "La gauche, ce n'est pas à Manuel Valls d'en fermer le cercueil, ce n'est pas sa famille, lui qui, en vérité, ne l'a jamais aimée". Il enfonce le clou : "Les choix politiques de Hollande et Valls ont tourné le dos à la gauche, en visant sa recomposition, voire sa décomposition."

En marge, Pierre Laurent précise : "La solution à la situation politique actuelle ne passera jamais par une solution autour de Valls." Parlant des frondeurs, des écolos comme des communistes, il poursuit : "Personne ne doit rester au milieu du gué. Chacun doit se projeter dans la construction d'une alternative qui vise le pouvoir. Le plus tôt sera le mieux, mais il y a des échéances institutionnelles", dit-il, songeant aux cantonales de mars 2015. Aujourd'hui, les socialistes doutent et, après Sivens, les écolos, s'éloignent de Valls et du gouvernement. "Chaque jour qui passe nous rapproche les uns des autres. Si on est socialiste, il faudrait être totalement suicidaire pour ne pas bouger un cil", insiste Laurent.

Depuis cet été, tout ce petit monde se tourne autour dans d'interminables "préliminaires", comme le pointe un dirigeant écolo. "On ne construit pas une majorité seulement sur de l'anti-austérité. On veut un projet positif", glisse un autre membre de la direction d'Europe Écologie-Les Verts. Les repas avec les frondeurs, comme lors de la dernière Fête de l'Humanité, les estrades communes avec Hamon ou Duflot comme, début octobre, dans les Landes, cela ne suffit plus. "Il ne faut pas que les convergences restent des convergences de critiques. Maintenant il faut se mettre autour de la table et affirmer des solutions ensemble", martèle Laurent. Comment appeler cela ? Un pacte ? Un petit programme commun ? Les mots sont piégés et Laurent ne les prononcera pas, mais l'idée fait son chemin.

"Il met les frondeurs au pied du mur de leurs contradictions"

Une majorité alternative ? "L'abstention à l'Assembléene permet pas de stopper Valls. Il commence à y avoir, dans l'abstention, un comique de répétition qui ne fait plus rire. Il faut mettre à l'agenda un processus qui permet d'en finir avec Valls", lance Olivier Dartigolles, le porte-parole du PC. Chef des députés communistes à l'Assemblée, André Chassaigne garde espoir : "Pour le moment, les socialistes restent au milieu du gué. Nous, on leur tend la main pour qu'ils le franchissent. Une autre majorité de gauche existe potentiellement à l'Assemblée. Reste à la concrétiser." À l'autre bout du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, que cette stratégie pourrait isoler, est loin de croire à une rébellion socialiste : "Pierre Laurent a fait du bon boulot. Il met les frondeurs au pied du mur de leurs contradictions", souligne-t-il. Et aux socialistes, Mélenchon adresse ce message : "Moi, je suis censé être infréquentable. Ils font un mur autour de moi. Je leur ai dit : "Attention, il y a deux côtés à un mur. C'est peut-être vous que vous êtes en train d'enfermer"".


Arthur Nazaret


Légende photo : Pierre Laurent, samedi, à Montreuil, lors de la conférence nationale du Parti communiste. (Zihnioglu Kamil/Sipa)


Source : Le Journal Du Dimanche
Dimanche 09 novembre 2014

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