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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

logo_GC.pngLe Conseil d’orientation des retraites vient de rendre son rapport. Ce conseil, qui rassemble des « spécialistes » (la France étant un pays qui regorge de « spécialistes », quelle que soit la « spécialité »), prévoit un déficit des caisses de retraite de 100 milliards d’euros d’ici à 2050. Ce conseil ne voit pas d’autre solution que d’allonger la durée des cotisations… Pour le MEDEF, ces prévisions seraient même bien en dessous de la réalité. Sa présidente exige d’ores et déjà un recul de l’âge du départ à la retraite à 65 ans…


Des « chiffres aléatoires »


D’une part, ces chiffres ne sont absolument pas crédibles. Comment croire que l’on peut faire des prévisions économiques et démographiques valables sur 40 ans ? C’est escompter que le système économique français va obligatoirement rester identique. Rien n’est moins sûr. C’est aussi escompter que les réalités démographiques actuelles ne seront pas modifiées d’ici 40 ans : c’est tout simplement ridicule. Il n’y a rien de moins prévisible que les comportements en matière démographique. D’où la sentence émise par la CGT : ces chiffres sont aléatoires.

Le gouvernement est en pleine offensive idéologique. Pour forcer la population à accepter l’inacceptable, on martèle des chiffres invérifiés et invérifiables, on prédit la « faillite » du système : en un mot, on fabrique le « consentement ». En mettant en avant un déficit éventuel de 100 milliards d’euros (rappelons que l’Etat français a renfloué les banques à hauteur de 800 milliards en 2008-2009 sans se plaindre), il s’agit de faire accepter l’allongement de la durée de cotisation et l’abaissement du niveau des retraites.

C’est d’autant plus scandaleux que les décisionnaires politiques savent pertinemment que passé 55 ans, les salariés au chômage n’ont pratiquement plus aucune chance de retrouver du travail. C’est donc un choix délibéré qui consiste à maintenir dans la précarité toute une fraction de la population, et même à allonger le temps de la précarité.


Les retraités de plus en plus précarisés


Actuellement, les retraités sont parmi les couches les plus fragilisées de la population. Un ouvrier qui a travaillé toute sa vie, qui a cotisé sans interruption, touche à peine 800 euros mensuels. Lesquels ne sont jamais « revalorisés » au niveau de l’augmentation du coût de la vie. De plus en plus de retraités sont contraints de solliciter des aides sociales auprès des collectivités et de faire appel à la générosité des associations caritatives pour se nourrir ou s’habiller. Bel exemple de civilisation en vérité !

D’autre part, jamais la question du financement des retraites n’est posée. Depuis 1982, la part de la valeur ajoutée dégagée par le travail au profit des salariés a diminué de 10 %, pour se reporter sur les profits des détenteurs du capital (conclusions du rapport Cotis de mai 2009). Il n’est pas étonnant que les caisses de la sécurité sociale soient vides : le déficit, créé par les fameuses « exonérations de charges », est totalement artificiel. Il s’explique par ce transfert de la plus value des salaires vers les dividendes versés aux actionnaires. Les caisses de retraites sont bien évidemment impactées. Si on veut les renflouer, il suffit de taxer les profits du capital. Avec les milliards de bénéfices réalisés par les grandes entreprises françaises chaque année, il ne faudrait pas grand chose pour rééquilibrer les caisses de retraite.

 

Une politique de casse cohérente

 

Comme actuellement en Grèce, où les spéculateurs veulent faire payer leurs errements au peuple, le gouvernement français cherche, sous couvert de « sauvetage » du régime des retraites, à accentuer l’exploitation et la précarité. C’est toute une société que l’on tire délibérément vers le bas avec un ensemble de mesures très cohérentes : casse de la sécurité sociale, casse du droit du travail, accentuation de la précarité des salariés, casse de la fonction publique, casse du régime des retraites.

Il faudrait se pencher sur cette société capitaliste mortifère. Après tout, si la grande majorité de la population âgée de plus de 60 ans est réduite à la misère, c’est le système tout entier qui en subira les conséquences. Des retraites décentes pour tous, cela signifie une consommation intérieure importante. Le problème se pose dans les mêmes termes avec les salariés : si les salaires suffisent à peine à faire face aux dépenses quotidiennes nécessaires et qu’aucun excédent ne peut être dégagé pour la consommation, c’est le marché intérieur qui en fait les frais.

Nous nous retrouvons donc à la croisée des chemins. La question des retraites est centrale. C’est une question de civilisation : voulons-nous voir des personnes âgées précarisées, contraintes à travailler au delà de 60 ans, obligées d’avoir recours à la charité publique pour joindre les deux bouts ? Ou voulons-nous une société qui traite correctement les hommes et les femmes qui ont travaillé et cotisé toute leur vie, et qui ont droit à une retraite décente et sereine ?

Voulons-nous continuer à nous faire tondre par le grand capital ou sommes-nous capables de réagir, de nous battre, de conserver nos acquis ? La bataille ne fait que commencer.


Source : Gauche Communiste du PCF
lettre n°40, avril 2010

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PévMèl 25/04/2010 20:33



Salut camarade,


Si ça te dis, tu peux faire un peu de propagande sur ton blog pour la sortie du numéro 3 de notre journal de Section ;)


http://mjcf.pevele-melantois.over-blog.fr/article-l-offensive-numero-3-demandez-l-offensive-49244771.html


Fraternellement,


Les camarades de la Jeunesse Communiste du Pévèle Mélantois