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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

JP-Kucheida.jpgLa divulgation des rapports provisoires de la Chambre régionale des comptes a déjà une conséquence très concrète : le député-maire de Liévin a annoncé se séparer de son directeur général à la Soginorpa. Et pour le reste ?

Publié le vendredi 25 février 2011 à 06h00 - FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr

Il reçoit à Liévin, aux « Grands Bureaux », une très belle bâtisse qui date de la grande époque de la splendeur minière.
Jean-Pierre Kucheida, député-maire de la ville, est sur ses terres. Ici, il tente une réplique à la divulgation, la veille, des rapports provisoires de la Chambre régionale des comptes (CRC) sur les deux structures qu'il préside : la Soginorpa et l'Epinorpa, l'une privée, l'autre publique, toutes deux présidant aux destinées du logement minier.
En septembre dernier déjà, la CRC publiait un rapport sur la Soginorpa, alertant sur sa situation financière du fait du recours à des emprunts extrêmement risqués. À tel point que certains avaient résumé cela d'un lapidaire « la Soginorpa a joué l'argent des mineurs », comme si le bassin minier était un vulgaire casino. Cinq mois plus tard, on apprend que la CRC s'est à nouveau intéressée à la Soginorpa et à sa structure tutélaire, l'Epinorpa. Beaucoup de travail sur le secteur minier en peu de temps pour les magistrats de cette haute juridiction. « L'histoire de la Soginorpa et d'Epinorpa est tellement compliquée que, pendant le temps qui leur était imparti, ces magistrats n'ont pas eu le temps de tout faire. La CRC prend son temps ».

Donc, deuxième rapport en cours dont la lecture permet de comprendre que les magistrats ont soulevé nombre de dysfonctionnements, entorses aux procédures, légèretés prises avec les modes de fonctionnement et, plus grave, que tout cela aboutit à une inquiétude que la CRC qualifie, dans le langage prudent qui lui est habituel, de « préoccupante ».
Jean-Pierre Kucheida, lui, n'est pas préoccupé par les risques financiers jure-t-il. Embarrassé en revanche par la mise sur la place publique des rapports détaillés auxquels la Soginorpa vient de répondre, comme le veut la procédure. « J'aurais aimé que la CRC s'intéresse autant aux Houillères et à Charbonnages de France avant qu'ils ferment leurs portes ». Le député-maire de Liévin et omnipotent élu socialiste du bassin minier trouve « extraordinaire d'être dans un prétoire avec uniquement un procureur et jamais de défense ». Pour assurer la sienne, il attaque les magistrats de la CRC, ces « hauts magistrats » qui « n'ont pas la sensibilité d'une région aussi complexe, aussi traumatisée, qu'il faut défendre tout le temps ». Et de refaire l'histoire à défaut d'expliquer celles du moment. C'est son couplet habituel, - et il n'est pas infondé - sur le combat permanent mené par le territoire minier contre un État qui le méprisait et ne lui rendait pas son dû. Sauf que, là, pour le coup, on est bien longtemps après et que ce n'est pas le sujet du jour.

Jean-Pierre Kucheida part alors dans les insinuations. « Je suis étonné qu'un rapport comme celui-ci soit rendu public à la veille des cantonales. C'est un peu gros ». Et d'enfoncer le clou pour qui n'aurait pas compris : « Je me demande pour qui certains peuvent travailler ».
Suivez son regard du côté de la Chambre régionale des comptes puisque, lui, est sûr de ses troupes. Les fuites ne peuvent venir de chez lui, il n'a aucun doute là dessus.
C'est donc le moment de sortir l'épouvantail Front national, manière de dire que toute remise en cause de ses méthodes serait un coup de pouce au parti de Marine Le Pen.
Un rapport de la CRC sur la Soginorpa, puis un deuxième, celui sur l'Epinorpa, auxquels il faut ajouter l'analyse faite du fonctionnement de la société d'économie mixte Adevia et enfin de la CFR (la Centrale foncière régionale qui a acheté à des prix jugés très élevés des terrains à Hénin-Beaumont avant d'être dissoute), cela ne fait-il pas un peu beaucoup en quelques mois sur un périmètre géographique aussi réduit dont Liévin semble l'épicentre ?
« C'est très curieux que ce soit toujours aux mêmes endroits qu'ils viennent », se contente de répondre Jean-Pierre Kucheida. Qui se désole de ce que les magistrats de la CRC ne sortent jamais de leurs bureaux et ne soient pas venus « sur le terrain ». Ou si peu.

Et le fond des rapports de la CRC maintenant ? Jean-Pierre Kucheida qui se présente en homme scrupuleux des règles et des procédures n'entend pas y répondre pour l'instant. D'ailleurs, il l'a fait mi-février directement aux magistrats et il jure que ces derniers vont « corriger leur copie provisoire » .

« Ah, il a voulu son enquête... »

Sur cette autre enquête demandée par le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, qui veut savoir ce que la Soginorpa a fait des 154 millions d'euros d'aides publiques versées pour la rénovation du patrimoine immobilier minier, le président de la Soginorpa ne s'engagera pas. « Ah, il a voulu son enquête... Nous attendons ses conclusions ». Les commentaires de Marc-Philippe Daubresse sur cette affaire (Nord éclair d'hier) ? « Je connais le mépris qui est le sien pour le bassin minier et sa population ».

Cette population minière à laquelle il fait constamment référence dans ses discours et dont il a fait la justification permanente de sa méthode. Et les magistrats de la CRC n'ont vraiment rien compris s'ils osent s'en étonner. Et poser des questions qui dérangent. C'est comme avec ces politiques nordistes, surtout s'ils sont de la même couleur politique que lui, en particulier ces Lillois dont il fustige le « mépris ».
Tant qu'on y est à refaire l'histoire, pourquoi ne pas invoquer, et il ne s'en prive pas, feu Arthur Notebart qui, parlant des élus socialistes du bassin minier ironisait sur « les mendigots du bassin minier ». Pendant ce temps-là on ne parle pas d'autre chose.



« Le directeur général est un peu fatigué par tout ça, ce n'est pas facile pour lui »

Les salariés de la Soginorpa ont appris, hier, par un communiqué un peu lapidaire, que Dominique Deprez, leur directeur général, quitte ses fonctions.C'était dans les tuyaux, la décision a été annoncée plus rapidement que prévu.On savait que les jours de Dominique Deprez, le directeur général de la Soginorpa, étaient comptés à ce poste et que son successeur était déjà choisi mais cela ne devait pas être annoncé publiquement avant début mars. Hier, les salariés de la Soginorpa ont été avertis par un communiqué sans fioritures de leur président, Jean-Pierre Kucheida, qu'il avait pris la décision d'un changement au sein de la direction générale.Interrogé hier soir sur les raisons de cette annonce précipitée, il explique que « le directeur général est un peu fatigué par tout ça. Ce n'est pas facile pour lui. Il m'a dit qu'il préférait laisser la place à quelqu'un d'autre dans le contexte que nous connaissons ». Un autre communiqué, signé celui là de celui qui est encore directeur général pour une quinzaine de jours (le temps que son successeur soit remplacé à son poste de directeur général adjoint à la Région) pour assurer que « la divulgation des rapports provisoires de la Chambre régionale des comptes constitue une infraction au regard de la confidentialité dont ils sont revêtus ». Il ajoute que ces rapports « ont fait l'objet de réponses qui sont en cours d'analyse » par la CRC et « ils ne peuvent donc en aucun cas être présentés comme la vérité ! ! ! » La CFDT de la Soginorpa avait déjà répondu là-dessus par un courrier également envoyé aux salariés intitulé « Libre... plus que jamais ! » rappelant que l'article 246-1 du Code des juridictions financières impose le secret professionnel aux « experts ». Si la CFDT se dit flattée que le DG de la Soginorpa assimile le délégué syndical central de la CFDT et secrétaire du CCE à un expert, elle invoque le « devoir d'alerte » qui est le sien et promet qu'elle continuera « d'informer par tous les moyens utiles l'ensemble du personnel sur les risques inhérents à la gestion présente de la société ».

 


Fl.T.


Source : Nord Eclair
25 février 2011

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A


le suivant sur la liste sera-t-il J.M.A,le complice de J.P.K,et le mentor de G.D, tous membres de la camora,de la maffia du P.S.62 RIPOUX ,dont l'un des deuxiemes couteaux ose se présenter aux
cantonales d'hénin-montigny et qui, à 76 ans ferait mieux de s'occuper de ses petits enfants ou de son jardin.



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C


Certes, certes, le directeur général de la Soginorpa est peut être un peu fatigué, pour reprendre l'expression de son président... mais quelle est la marge de manoeuvre du secrétaire général
quand on connait les méthodes de nombre d'exécutifs 'socialistes' dans ce département ?


Quelles sont les marges de manoeuvre des salariés en général dans les collectivités et les établissements publics ?


Voilà une question qui mérite qu'on s'y attache un peu: la décentralisation a eu pour effet de limiter le pouvoir des représentants de l'Etat qui contrôlent les actes des collectivités à
postériori: cela était légitime et partait du fait que les collectivités avaient la capacité et le devoir de dire le droit en leur sein: ce qui signifiaient qu'elles ne pouvaient faire qu'en
respectant les règles juridiques et financières propres à un état de droit...


Parallélement, elles devaient se doter de fonctionnaires à même de préparer les actes conformémemt au droit; c'est pour cela que furent créés les concours de différentes catégories, le principe
étant le recrutement sur liste d'aptitude après concours.


Le Centre national de la fonction publique territoriale recevait pour mission d'organiser les concours de la catégorie A et la politique de formation obligatoire.


Nombre de collectivités ont joué le jeu et ont accepté que se crée un véritable corps de fonctionnaires territoriaux à même d'organiser les collectivités dans avec le  respect réciproque
élus/salariés.


Parallélement, se créaient les instutitions CTP et CAP destinées à maîtriser les organisations et la gestion des carrières des agents avec les représentants des élus du personnel.


On sait comment tout cela fonctionne das le Pas de Calais...


Concomitamment était mis en place de dispositif pour examiner les situations à postériori: le contrôle de légalité dont on sait qu'il était léger eu égard au poids politique du parti unique en
place dans le secteur et les Chambres régionales des comptes.


On peut donc aujourd'hui constater l'importance de cette dernière institution qui apparait comme la seule garante des règles.... mais bien après qu'elles aient été mise en application; c'est
ainsi que furent découverts nombre d'anomalies plus ou moins graves dans la gestion de certaines communes dont la plus emblématique reste Hénin Beaumont. Mais la CRC s' intéresse aussi à la
gestion d'associations disposant de financements publics importants: c'est ainsi que l'on se souvient du patacaisse organisé par les tenants de la Vie Active pour embrumer le bon peuple du Pas de
Calais et l'inviter à se rebeller contre l'attaque 'injuste' de la filière associative sociale...


Les rapports de cette même CRC sont restés plus discrets quand elle a examiné les comptes du conseil général et de certains de ses satellites... A vrai dire, aucune structure politique,  ni
journal ne s'est fait l'écho des rapports ou, de façon si discrète que cela s'est perdu dans les brumes.


S'agissant d'Adevia, Epinorpa, Soginorpa et autres structure foncière, on observe que les rapports seraient eu aussi passés sous silence, si les blogs ne rapportaient pas les faits. Le courage de
nombre de blogueurs est d'oser casser ces silences. Or si la démocratie fonctionnait dans les institutions, des elus en possession des documents se devaient d'interroger, de maîtriser les
velleités des exécutifs et de limiter leurs abus de pouvoir.


Comment se fait-il que nombre d'entr'eux, parlementaires de surcroit, s'en vont vociférer à l'assemblée nationale quand il n'y a aucun risque et pratiquent l'omerta dans la région ?


Comment se fait-il que les autres élus soient terrorisés à l'idée d'interroger l'exécutif de leur assemblée ou n'envisagent même pas de le faire ?


Comment se fait-il que les postes à responsabilité élective se distribuent en circuit de plus en plus fermé et toujours aux mêmes ou à leur progéniture ?


comment se fait-il qu'un parti "socialiste" en soit venu à orchestrer ce système où, pour entrer dans le cénacle, il y a intérêt à filer doux ?


Comment se fait-il qu'il ne s'interroge même pas sur ce que tout citoyen constate et continue à s'enfermer dans une logique amenant le front national en seconde position ?


les représentants de ce parti 62 aux affaires, à toutes les affaires depuis trop longtamps participe activement a provoquer le dégoût qu'ont les citoyens de leurs représentants compte tenu des
libertés qu'ils prennent à l'égard de la chose publique.


Le président de l'Epinorpa en est le prototype; il n'est malheureusement pas le seul.



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