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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

mali-defense.jpgErreur de timing ou galop d'essai, l'accord de défense entre la France et le Mali ne sera pas signé lundi 20 janvier à Bamako. La date fait désordre au Mali comme en France. C'est en effet l'anniversaire de la fête de l'armée malienne. Le 20 janvier 1961, le président du Mali, Modibo Keita ordonnait l'évacuation des bases militaires françaises. « La République du Mali a affirmé sa volonté de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté » avait-il alors déclaré.

Cinquante trois ans plus tard, jour pour jour, c'est un retour assumé de l'armée française qui devait être scellé. Les symboles sont malheureux. Annoncée comme pratiquement finalisée, la signature de l'accord de défense a été reportée pour ménager les opinions publiques. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian se contentera d'assister au défilé militaire dans les rues de la capitale.

Sur le fond, reste encore à faire toute la lumière sur le contenu de cet accord. C'est ce que les citoyens maliens et français sont en droit d'attendre.

A la lecture du Livre blanc de la défense (2013) et au vu de la nouvelle stratégie de la France dans l'espace sahélo-saharien, il est permis de s'interroger. Au nom de la « lutte contre le terrorisme », un millier d'hommes seraient maintenus sur le territoire malien. La France voudrait placer dans le Sahel plus d'une quinzaine de « plots », implantations souples sur le modèle développé par le Commandement africain de l'armée américaine (Africom).

Cela pose de lourdes questions. Alors que la situation est loin d'être stabilisée dans le septentrion malien, les ingrédients qui ont conduit le pays dans la tourmente sont toujours là : négociations au point mort entre pouvoir central et Touaregs, zone de non-droit à Kidal, pillage des ressources, corruption encouragée par les logiques de prédation, ruine des paysans, chômage endémique, pauvreté et inégalités, désarroi de la jeunesse. Et, au-delà de quelques annonces en matière « d'aide au développement », la seule réponse d'envergure se placerait sur le front sécuritaire ?

Le PCF demande au gouvernement de faire la clarté sur cet accord de défense et propose que les parlementaires des deux pays ainsi que des représentants des forces vives à Paris comme à Bamako soient associés à un échange portant sur le contenu de l'accord et la définition d'objectifs pour un partenariat entre la France et Mali capable d'apporter des réponses aux enjeux de paix et de développement et respectant la souveraineté du Mali.

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