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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Liberte62La surenchère sécuritaire à laquelle vient de se livrer Nicolas Sarkozy en annonçant la semaine dernière à Grenoble une batterie de mesures visant les gens du voyage et les étrangers constitue une inquiétante dérive. En stigmatisant l’immigration, en faisant le lien entre immigration et délinquance, en proposant la déchéance de la nationalité française pour les délinquants d’origine étrangère et les polygames, le président de la République cherche surtout à faire oublier la dureté de sa politique sociale et les affaires dans lesquelles son gouvernement est englué. La manœuvre ne trompe personne.

Après les révélations de Mediapart sur les attentats de Karachi, celles du Canard Enchaîné sur les cigares de Christian Blanc, la chambre d’hôtel de Rama Yade et le jet d’Alain Joyandet, l’affaire Woerth-Bettencourt qu’a révélée le site d’investigation Mediapart jette le discrédit sur toute la clique sarkozyste dont les méthodes troubles sortent au grand jour : création de partis fantoches pour contourner les règles de financement de la vie politique, corruption, passe-droits, liens avec le grand patronat…

L’affaire Woert-Bettencourt rappelle le scandale des décorations : en 1887, on découvrit que Daniel Wilson, député d’Indre-et-Loire et gendre du président Jules Grévy trafiquait de son influence pour obtenir des décorations à de riches
amis en échange d’une participation financière dans ses entreprises. Le prix d’une légion d’honneur ? 25 000 F de l’époque… Le scandale avait contraint le président de la République à démissionner.
Aujourd’hui, Eric Woerth qui a fait embaucher sa femme chez Mme Bettencourt et obtenu une légion d’honneur pour l’employeur de sa femme, Patrice de Maistre, est toujours en poste, couvert par Sarkozy. Autre temps, autres mœurs…

Il faut reconnaître au président de la République une certains constance : l’homme qui a fêté sa victoire de 2007 avec ses amis du Fouquet’s avant de partir en vacances sur le yacht du milliardaire Bolloré n’a jamais dévié dans le soutien sans faille à ses amis patrons et au MEDEF.

La réforme des retraites qu’il concocte est la déclinaison des desiderata du patronat. Elle épargne les profits capitalistes et s’attaque aux salariés, obligés de travailler plus longtemps pour gagner moins, elle s’attaque aux fonctionnaires traités de privilégiés et qui verront leurs cotisations retraite augmenter, elle s’attaque aux retraités qui verront leurs pensions amoindries, elle s’attaque aux jeunes qui ne trouvent pas d’emploi et auront encore plus de mal à en trouver.

La colère sociale monte. Dans l’Education Nationale, l’appel à la grève devrait être très suivi, le 6 septembre, avant la journée de mobilisation du 7, à l’appel de tous les syndicats. Si Nicolas Sarkozy espérait une rentrée tranquille et une réforme qui passe comme une lettre à la poste, c’est raté !

C’est pour ça qu’il était urgent pour lui de déplacer le débat sur un terrain qui lui a réussi dans le passé, le terrain sécuritaire, histoire de siphonner les voix du Front national.

Sauf que personne n’est dupe. La manœuvre est grossière et montre clairement que le président est aux abois, prêt à toutes les bassesses pour se faire réélire, quitte à adopter les thèses de l’extrême droite.

Les Français en ont marre de Sarkozy et de sa bande, mais ce ras-le-bol, justifié, ne dessine pas encore les contours d’une alternative politique et trop souvent, nos concitoyens tombent dans le piège des discours fatalistes de la droite.

La campagne des retraites doit être pour le Parti communiste et la gauche de gauche l’occasion de transformer la colère populaire en adhésion à des idées. On ne gagnera pas la bataille des retraites si on ne convainc pas nos concitoyens qu’une autre politique est possible, qu’on peut nationaliser les banques, taxer le Capital.
C’est tout l’enjeu de la bataille idéologique et tout l’été, les militants du Parti communiste mèneront la bataille, sur les plages et dans les quartiers, pour battre la droite à la rentrée et imposer d’autres choix.


Un président aux abois

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cimares 06/08/2010 14:27



C'est à se demander si certains ne prennent un malin plaisir à agir ainsi pour crédibiliser la parole et l'agitation du président de la république qui a besoin d'une nouvelle santé avec le
discours sécuritaire. Une affaire qui marche... à moins que ce ne soit au profit de l'extrême droite ?