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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Initiative-Baylet-Henin.jpgJ'ai appris dimanche soir la venue de Jean-Michel Baylet, sénateur, président du PRG et candidat aux primaires citoyennes (qui sont en fait des primaires PS-PRG, les autres partis de gauche n'y participant pas) mercredi, en début d'après-midi, à Hénin-Beaumont, par un coup de fil de Pierre Ferrari, qui souhaitait m'y inviter.

Pierre Ferrari m'a expliqué avoir été contacté par le staff de Jean-Michel Baylet en tant que responsable local du club DSK pour organiser l'étape héninoise de sa tournée dans le Pas-de-Calais. Evidemment, le fait que Pierre Ferrari ait été contacté m'a surpris, la logique ayant voulu qu'Eric Mouton soit l'organisateur de l'étape, en tant que responsable local du PRG. Je n'écarte pas à ce sujet la possibilité d'un demi-mensonge de Pierre Ferrari qui aurait lui-même contacté l'équipe de Jean-Michel Baylet... Quoi qu'il en soit, précisant qu'il ne soutenait pas Jean-Michel Baylet, mais se contenterait de l'accueillir, Pierre Ferrari a évoqué pour expliquer qu'Eric Mouton soit "écarté", des conflits entre le camp de Pierre Georget, secrétaire départemental du PRG dont Eric Mouton est un proche et Stéphane Saint-André, le maire de Béthune, d'où, d'après Pierre Ferrari, une volonté de l'équipe Baylet de s'appuyer sur lui et le club DSK dans une démarche d'ouverture (et, j'imagine, de "récupération" des strauss-kahniens).
Pierre Ferrari m'a demandé de lui envoyer un modèle de courrier de réservation d'emplacement au maire d'Hénin-Beaumont, que je lui ai volontiers transmis. Il devait envoyer une lettre recommandée à Eugène Binaisse pour l'informer de sa volonté d'accueillir Jean-Michel Baylet, et a priori, l'y convier.

Par contre, comme il se doit, j'ai poliment décliné l'invitation à venir mercredi, expliquant à Pierre Ferrari que le PCF avait son propre candidat dans le cadre du Front de Gauche en la personne de Jean-Luc Mélenchon et que nous ne participions pas aux primaires PS-PRG, que nous considérons d'ailleurs comme un moyen de casser les partis politiques, les seuls à même de désigner leurs candidats en noyant les adhérents au milieu d'un océan de sympathisants qui voteront en fonction du sens des sondages.

Je dois préciser que le lendemain, j'ai appelé Eric Mouton pour lui demander confirmation de la venue de Jean-Michel Baylet à Hénin-Beaumont, ce qu'il a fait sans me donner plus de détails.

Evidemment, mon téléphone a chauffé mercredi soir et j'ai donc appris par les uns et les autres que comme à leur habitude, Pierre Ferrari et ses proches du club DSK (et pas du Nouvel Elan, le Nouvel Elan étant une association locale qui ne s'immisce pas dans la présidentielle et n'a donc pas à cautionner le processus des primaires) avaient préparé sérieusement la venue de Jean-Michel Baylet fosse Mulot en conviant plusieurs anciens combattants, en prévoyant une sono ainsi qu'une chanson par Mme Mopty, descendante d'Emilienne Mopty, la résistante décapitée par les Allemands qui avait été contactée pour l'occasion par Claudine Policante.

Sauf que, ni du côté de Pierre Ferrari et Claudine Policante, ni du côté d'Eric Mouton, on ne s'est visiblement contactés pour se mettre d'accord sur le déroulé de la cérémonie si bien qu'Eugène Binaisse, imaginant, en tant que maire de la ville, présenter Jean-Michel Baylet, s'est offusqué de voir Claudine Policante prendre le micro et refuser de le lui tendre (ce n'était pas dans son déroulé !). Georges Bouquillon a donc voulu priver Claudine Policante de micro en coupant la sono qu'il croyait être la sono de la ville installée un peu plus tôt alors qu'il s'agissait de la sono personnelle d'un proche de Pierre Ferrari qui s'est donc précipité sur le premier adjoint en lui interdisant de toucher à sa sono.
Cette guignolade a continué lors de la chanson de Mme Mopty, qui a dû subir les ricanements déplacés d'Eric Mouton et après le départ de Jean-Michel Baylet avec un échange de noms d'oiseaux entre l'équipe de Pierre Ferrari, qui, lui, était en retrait, et plusieurs adjoints, les uns accusant les autres de tirer la couverture à eux et de ne pas respecter la municipalité et les autres répliquant que la municipalité faisait preuve de mépris et de sectarisme alors que c'étaient eux qui s'étaient démenés pour organiser les choses... Tout ça sous les yeux consternés des anciens combattants et porte-drapeaux invités pour l'occasion et de plusieurs élus du secteur, dont le président de l'agglo, Jean-Pierre Corbisez.

Hervé Naudot, le journaliste de La Voix du Nord présent mercredi indique qu'on se serait cru dans une "cour de récré", à voir des politiques se disputer comme des gamins pour s'arracher le micro et empêcher les autres de parler. La politique ne sort pas grandie ce ce triste incident dont le FN est évidemment en train de se réjouir sur le mode "jamais ces gens-là ne réussiront à se rassembler aux prochaines municipales".

Pour ma part, je continuerai, avec d'autres - je sais que c'est la volonté de la LDH, du MoDem, mais également de nombreux simples militants et sympathisants de gauche qui ne se résignent pas au spectacle de la haine et de la division - à oeuvrer pour établir au minimum un espace de dialogue entre organisations républicaines et une charte de bonne conduite entre nous.

C'est en vain que je plaide dans le désert depuis deux ans pour que la municipalité crée de tels espaces : commission extra-municipale sur l'avenir de la ville, groupe de travail ou groupe de contact des partis républicains, on peut l'appeler comme on veut, mais nous devons nous mettre tous ensemble autour d'une table et réapprendre à travailler ensemble sans se jeter des noms d'oiseaux à la tête et dire que l'autre est illégitime, et c'est valable tant de la part de Pierre Ferrari que de Georges Bouquillon pour ne parler que d'eux. Marcel Germe doit accepter de se mettre autour d'une table avec Pierre Ferrari. Georges Bouquillon doit accepter de se mettre autour d'une table avec Christine Coget. Eric Mouton doit accepter de se mettre autour d'une table avec Jean-Pierre Policante. Eugène Binaisse doit accepter de se mettre autour d'une table avec Alain Alpern. Pour ma part, n'ayant aucun ennemi à gauche, je suis prêt à discuter avec tout le monde, à condition que cessent les enfantillages, les anathèmes et les exclusives du type "jamais avec untel".

En décembre 2007, lorsque nous nous sommes retrouvés au local de l'Alliance Républicaine, avec Marie-Noëlle Lienemann pour évoquer une union qui ne s'est pas faite, nous partagions tous un socle de valeurs communes : républicains, progressistes, soucieux de combattre ET le clientélisme et la corruption ET l'extrême droite, nous aurions pu alors nous rassembler. Nous ne sommes pas parvenus à le faire non pas pour des raisons de valeurs puisque nous partagions plus ou moins les mêmes valeurs, mais pour des raisons de tactique et de priorité. Aujourd'hui, retrouvons l'esprit de décembre 2007 et arrêtons de donner à la France entière le spectacle de haines et de divisions qui ne peuvent que dégoûter les électeurs !

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