Concours

Images aléatoires

Dimanche 3 mai 2009
Le 31 mars dernier, Libération titrait en « une » : « Gauche : les français veulent des primaires ». Dans ses pages intérieures, le journal faisait état d’un sondage selon lequel 57 % des personnes interrogées réclamaient un scrutin ouvert aux sympathisants de gauche pour départager les candidats de gauche à la présidentielle. Dans son éditorial, après avoir écrit qu’il ne faut ni dénigrer les militants, ni « se débarrasser des vieux partis », Laurent Joffrin explique que « la manière dont les partis désignent leur champion a fait son temps ». Il évoque les « soupçons de triche, intrigues en tous genres, confusion des idées et impuissance des congrès » qui auraient marqué la désignation des candidats de gauche, lors des dernières présidentielles.

Les carences de la démocratie interne du PCF et du NPA sont aussi pointées du doigt. « Voilà pourquoi, poursuit Joffrin, dans sa sagesse participative, le peuple de gauche plébiscite le mécanisme des primaires qui a désigné ailleurs un Prodi et, surtout, un Obama. Sauf accident, le candidat socialiste est au second tour celui de toute la gauche. Ce finaliste peut-il être désigné seulement par cent mille personnes, alors qu’il a vocation à en représenter vingt millions ? Mécanisme neuf qui légitimera par nature le candidat de la moitié de la France, les primaires deviennent une sorte d’évidence. Les caciques doivent le comprendre. »

Il est toujours touchant de voir des apôtres du capitalisme se soucier de la démocratie interne des partis de gauche. Clairement, la démarche recommandée par Libération vise à déposséder les militants de gauche du contrôle de leurs partis. L’élection des candidats par des « sympathisants » de gauche signifie en réalité un renforcement considérable de l’influence déjà très importante de la presse et de l’industrie audiovisuelle dans la désignation des candidats. Avec l’adhésion à 20 euros, la direction du Parti Socialiste a déjà fait un pas dans cette direction. Aidés par cette manœuvre du camp de Ségolène Royal, les capitalistes sont parvenus, par une puissante campagne médiatique, à imposer sa candidature.

Il est vrai que les procédures en vigueur dans les partis de gauche ne sont pas aussi démocratiques qu’elles devraient l’être, que ce soit pour l’élection des instances dirigeantes ou pour la désignation des candidats. C’est un problème que les militants des partis en question doivent résoudre. Mais on n’a pas besoin, en la matière, des conseils d’un torchon comme Libération. Les candidats des partis de gauche doivent être désignés par les militants de ces partis, et non pas par de vagues « sympathisants » sous influence médiatique – et qu’il sera impossible de distinguer, d’ailleurs, de « sympathisants de droite ». Libération trouve que les procédures actuelles donnent trop de pouvoir à quelques centaines de milliers de militants. Mais que faut-il dire, dans ce cas, du pouvoir de quelques dizaines de capitalistes qui contrôlent pratiquement toute la presse et toute l’industrie audiovisuelle ? Laurent Joffrin donne des leçons de démocratie à la gauche, mais il est assez discret sur ce dernier point !

Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Mardi 21 avril 2009
Pendant que les banquiers et les industriels réalisaient de fabuleux profits, les salaires réels de la majorité stagnaient ou reculaient. Le gouffre entre riches et pauvres n’a jamais été aussi grand. Une toute petite minorité de la population baigne dans une richesse obscène, pendant que la part du revenu national qui revient aux travailleurs baisse constamment – et que la grande pauvreté se développe rapidement. L’ouragan Katrina, en 2005, a révélé au monde entier l’existence d’une sous-classe de citoyens qui, dans le pays le plus riche au monde, vit dans les conditions du Tiers-Monde.

Des millions de personnes, aux Etats-Unis, sont menacés de perdre leur emploi et leur maison. Au moment même où Bush faisait voter son plan de sauvetage de 700 milliards, on apprenait que le nombre de factures de gaz et d’électricité impayées atteignait un niveau record. Par exemple, les coupures d’électricité pour défaut de paiement ont augmenté de 22% dans l’Etat du Michigan et de 17% dans l’Etat de New-York. En Pennsylvanie, en Floride et en Californie, également, on rapporte d’importantes augmentations de ces coupures.

Les travailleurs américains produisent 30% de plus qu’il y a 10 ans. Mais les salaires n’ont pratiquement pas augmenté. Même dans le pays le plus riche au monde, d’énormes tensions sociales sont en train de s’accumuler. Cela prépare le terrain à une explosion de la lutte des classes. C’est vrai aux Etats-Unis comme ailleurs. A l’échelle mondiale, le dernier boom s’est accompagné d’un chômage élevé. Même au sommet du boom, les contre-réformes se multipliaient. La crise du capitalisme ne signifie pas seulement que la classe dirigeante ne peut pas accepter de nouvelles réformes. Elle signifie que les capitalistes ne peuvent même plus tolérer l’existence de réformes et de concessions que les travailleurs ont conquises, par leur lutte, au cours des dernières décennies.

Avancer l’idée d’une « unité nationale » pour combattre la crise, c’est tromper les travailleurs. Quels intérêts communs existe-t-il entre les millions de travailleurs ordinaires et leurs super-riches exploiteurs ? Les dirigeants des partis de gauche qui votent pour les « mesures de crise » – y compris les plans de sauvetage au profit des banquiers – trahissent les intérêts de ceux qui les ont élus. Les dirigeants syndicaux qui expliquent qu’en période de crise, « nous devons tous nous unir », et qui s’imaginent qu’il est possible d’obtenir des concessions en échange d’une modération salariale – ces dirigeants obtiendront le contraire de ce qu’ils annoncent. La faiblesse invite à l’agression ! A chaque pas en arrière des organisations syndicales, les capitalistes en demanderont trois de plus.

Pendant que le chômage repart à la hausse, le coût de la vie augmente, lui aussi. Le gaz, l’électricité, la nourriture – tout a augmenté, alors que les salaires sont gelés et que les profits des grandes entreprises explosent. Il y a peu, les économistes bourgeois se félicitaient d’avoir « dompté l’inflation ». Comme ces déclarations paraissent ridicules, désormais !

La seule réponse à l’inflation galopante est l’échelle mobile des salaires. Cela signifie que des accords collectifs doivent garantir une indexation automatique des salaires sur l’évolution des prix. Les banquiers et les capitalistes disent : nous ne pouvons augmenter les salaires car cela stimulerait l’inflation. Mais tout le monde sait que ce sont les salaires qui courent après l’augmentation des prix, et non l’inverse. La réponse, c’est l’échelle mobile des salaires. Cependant, même cela ne suffit pas. Les statistiques officielles sous-estiment volontairement le niveau réel de l’inflation. Par conséquent, ce doit être aux organisations syndicales de déterminer et de veiller sans cesse à l’évolution réelle de l’inflation. Ce calcul doit être basé sur les produits de première nécessité (y compris les loyers, l’essence, le gaz et l’électricité). Toutes les revendications salariales doivent se baser là-dessus.

Nos revendications :

1) Des salaires et des pensions décents pour tous !

2) Pour une échelle mobile des salaires, en les indexant sur l’évolution du coût de la vie.

3) Les syndicats, les coopératives et les associations de consommateurs doivent élaborer leur indice de l’inflation, les indices « officiels » ne reflétant pas la réalité de la situation.

4) Des comités de travailleurs, de femmes au foyer, de petits commerçants et de chômeurs doivent se constituer pour contrôler l’augmentation des prix.

5) Non à la taxation des pauvres ! Les riches doivent payer. Pour l’abolition de toute fiscalité indirecte (TVA, etc.). Pour l’augmentation de l’imposition des riches.

6) Pour une réduction drastique du prix du gaz, de l’essence et de l’électricité. Cela n’est possible que sur la base d’une nationalisation des entreprises du secteur énergétique, qui permettra un contrôle des prix à la consommation.

Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Vendredi 20 février 2009
La nationalisation et la planification de l’économie sont au cœur du programme que défend La Riposte. Les apologues de l’économie capitaliste vantent le marché « libre » et fustigent la planification. Mais en réalité, les capitalistes ne sont nullement contre la planification. Tous les salariés le savent. Dans les entreprises – de l’usine industrielle jusqu’aux boutiques de prêt-à-porter –, le travail est planifié jusqu’aux moindres détails. « Le temps, c’est de l’argent », disent les patrons. Pour extraire un maximum de profit de chaque heure de travail, les règles et procédures en vigueur sont constamment revues et corrigées. Pour parvenir à une coordination aussi parfaite que possible des différentes opérations de production, les capitalistes utilisent tous les moyens techniques disponibles et les méthodes éprouvées de « gestion des ressources humaines » – fondées essentiellement sur l’intimidation. Quand vous passez en caisse, dans un magasin, un système informatique enregistre le type de produit que vous achetez et ordonne son remplacement automatique à partir des stocks – qui peuvent se trouver de l’autre côté de la France ou du monde – en tenant compte de la courbe probable de la demande future pour le produit en question. Par exemple, une quantité donnée de robes d’été ne sera que partiellement remplacée dans les rayons, à l’approche de l’automne. Les capitalistes planifient à outrance pour augmenter le taux d’exploitation des salariés, réduire les coûts salariaux et maximiser les profits.

Mais la planification capitaliste s’arrête aux limites de l’entreprise en question. Au-delà, le capitalisme nous plonge dans le chaos de la guerre économique – aussi dénommée « libre marché ». Sous le capitalisme, des entités économiques hautement planifiées, mais rivales, sont dirigées les unes contre les autres, dans le but de se détruire. Un fabriquant de chaussures ne peut survivre, en fin de compte, que s’il parvient à en détruire d’autres. Dans cette guerre économique, les travailleurs sont sommés d’être toujours plus productifs et d’accepter les salaires les plus bas, sous peine de perdre leur emploi. Alors que des millions de personnes ne trouvent aucun emploi et ne produisent rien, ceux qui ont la « chance » de travailler doivent produire toujours plus et plus vite – jusqu’à ce qu’il y ait finalement surabondance de leur produit, par rapport à la demande. L’économie sombre alors – comme actuellement – dans une crise de surproduction. Dans ces conditions, pour maintenir leurs profits, les capitalistes procèdent à des suppressions d’emplois et des fermetures. Ils détruisent une partie de la capacité productive développée dans la période précédente.

Le socialisme signifie la suppression de l’exploitation du salariat sur la base de l’expropriation des capitalistes et de la mise en place d’une économie consciemment et démocratiquement planifiée, dans l’intérêt de la société dans son ensemble. L’essentiel de l’infrastructure économique du pays sera propriété publique. La plus-value générée par le travail ne sera plus entre les mains des capitalistes, mais de la collectivité. Le socialisme n’est pas simplement une « étatisation » des entreprises. Sous le socialisme, l’Etat – l’ensemble des administrations publiques – sera démocratisé et transformé de fond en comble. Les administrations publiques, au même titre que les différents secteurs de l’économie, seront directement soumises à la vigilance et au contrôle de la collectivité. La rémunération des « responsables » – qui seront élus et révocables – n’excédera pas celle des travailleurs qu’ils sont censés représenter et défendre.

La science et la technologie

Sous le socialisme, l’activité des différents secteurs de l’économie répondra aux besoins de la société et aux priorités qu’elle se donne. Au lieu d’être dressées les unes contre les autres, les entreprises d’un même secteur d’activité – l’intégralité de l’industrie automobile, par exemple – seront rassemblées en une seule entité, dont la production sera organisée de façon à répondre aux besoins de la société. De quels types de véhicules avons-nous besoin, et dans quelle quantité ? L’économie de marché, dans laquelle la concurrence subsistera, n’aura plus qu’une existence périphérique et transitoire : il ne sera pas nécessaire de nationaliser chaque salon de coiffure, café ou boulangerie. Toutefois, avec les ressources gigantesques générées par l’économie nationale, enfin soustraites au contrôle des capitalistes, il sera possible de garantir le financement et l’amélioration substantielle du système éducatif, comme des services de santé et de tous les autres services publics. Nous pourrons abolir la misère, en finir avec la pénurie de logements et garantir à chaque individu, quel que soit son âge, sa couleur ou son sexe, des conditions d’existence dignes.

Sous le capitalisme, l’introduction de la technologie signifie le plus souvent des suppressions d’emplois. Les hommes sont remplacés par des machines. Là où il fallait deux salariés, un seul suffit. La machine sert à l’enrichissement de l’employeur et conduit à l’appauvrissement des travailleurs. En conséquence, plus les moyens de créer des richesses augmentent, plus les différentes manifestations de la pauvreté – chômage, SDF, « maladies de la misère », etc., – augmentent, elles aussi. A l’inverse, le socialisme s’appuiera sur la technologie pour réduire la semaine de travail pour tous. La technologie permet d’assurer la création des richesses avec moins de travail humain. Sous le capitalisme, cela se traduit par des travailleurs toujours plus productifs d’un côté, et davantage de chômeurs de l’autre. Sous le socialisme, la technologie permettra au contraire une réduction progressive du temps de travail pour tous. Comme le disait Marx, les travailleurs doivent prendre le pouvoir pour « se libérer du travail ». Cette libération ouvrira à la masse de la population un accès à la culture, aux arts, à la science et à la connaissance du monde en général.

Souvent, les gens qui s’intéressent aux idées du socialisme se demandent si les travailleurs ont les compétences requises pour gérer la société, sans les capitalistes. Or, en réalité, il ne faut pas perdre de vue le fait que dès à présent, sous le capitalisme, les salariés assurent pratiquement toutes les fonctions essentielles de l’économie et de l’administration, sans en avoir le contrôle. Où sont les capitalistes, au juste ? Que font-ils ? L’essentiel de leur « travail » consiste à encaisser le fruit de l’exploitation du travail salarié – le capital – et d’en jouir au maximum. Certes, ils autorisent parfois des investissements. Mais ces investissements sont consentis uniquement dans le but et à condition d’accroître leurs profits. Le socialisme, c’est la fin de la production pour le profit privé. C’est la production pour le bien commun.

Internationalisme

Enfin, l’un des arguments les plus répandus contre le socialisme concerne le caractère international de l’économie. Une France socialiste pourrait-elle fonctionner et survivre dans un monde capitaliste ? Effectivement, il serait impossible de maintenir une économie de type socialiste si, au terme d’une période plus ou moins longue – deux, cinq ou peut-être dix ans –, la révolution commencée en France ou dans un autre pays ne connaissait pas une extension bien au-delà de ses frontières. Dans la foulée de la révolution russe de 1917, c’est l’échec des tentatives révolutionnaires en Allemagne, en Hongrie et ailleurs qui a condamné la révolution russe à l’isolement. D’où sa dégénérescence bureaucratique. Rien n’est garanti d’avance. Cela fait partie de notre lutte. Et c’est la raison pour laquelle socialisme et internationalisme sont absolument indissociables. Une chose est certaine : l’impact international d’une révolution socialiste, en France, serait absolument colossal. Elle transformerait radicalement la psychologie des travailleurs, en Europe et dans le monde entier. Elle serait une inspiration, un exemple extrêmement puissant. Elle transformerait, de ce fait, le rapport de forces entre les classes, au profit de la nôtre, à l’échelle internationale.

Greg Oxley
PCF Paris
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Lundi 15 décembre 2008
La crise de l’économie mondiale provoquera une crise de toutes les institutions capitalistes. C’est d’ores et déjà le cas de l’Union Européenne. Avant même que les économies européennes n’entrent en récession, l’UE était criblée de rivalités entre les classes dirigeantes de ses Etats membres, à commencer par les plus puissants : la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Chaque fois qu’une question sérieuse était à l’ordre du jour, comme par exemple la guerre en Irak, l’Union Européenne sombrait dans la désunion. Il en va de même avec « l’Union pour la Méditerranée », l’adhésion de la Turquie, les relations avec la Russie, la politique de Défense – et ainsi de suite. La liste est longue et ne manquera pas de s’allonger.

Nous avons déjà expliqué la cause fondamentale de ces crises à répétition : l’Union Européenne ne constitue pas un seul pays dirigé par une seule classe capitaliste. Sa plus haute instance exécutive, la Commission Européenne, est composée de 27 chefs d’Etat et gouvernement représentant les intérêts de 27 classes dirigeantes distinctes et concurrentes. Il y a longtemps, le réactionnaire américain Henry Kissinger posait une question très pertinente : « Si je veux parler à l’Europe, qui dois-je appeler ? ». Il n’y a toujours pas de réponse.

Historiquement, l’objectif de l’Union Européenne était de constituer un bloc économique dirigé contre les Etats-Unis et le Japon. Pour concurrencer ces deux géants sur le marché mondial, y compris le marché européen, les capitalistes des petits Etats européens n’avaient d’autre choix que de s’engager dans un processus d’intégration économique et politique. Il y sont partiellement parvenus : la monnaie commune, par exemple, fut un pas sérieux dans cette direction. Mais les contradictions et rivalités n’ont pas pour autant disparues – tout au contraire. L’effondrement des marchés boursiers, la crise du secteur bancaire et la récession économique exerceront d’énormes pressions sur les fragiles structures de l’Union Européenne. Derrière les « déclarations communes » et les sourires de circonstances, le mot d’ordre de chaque classe dirigeante est : « Chacun pour soi – et sauve qui peut ! ». Ainsi, Angela Merkel a clairement signifié à Sarkozy que l’Etat allemand n’a pas l’intention de s’endetter davantage pour soutenir les banques françaises, britanniques et autres.

Quant à Sarkozy, il joue sur les deux tableaux. Comme président de l’UE, il exhorte les dirigeants européens à « l’unité d’action ». Mais comme représentant du capitalisme français, il vole au secours de ses amis banquiers, en France. Il est vrai que la duplicité et l’hypocrisie sont deux caractéristiques essentielles de la diplomatie capitaliste, et qu’en la matière, Sarkozy est un virtuose mondialement reconnu.

Europe sociale ?

Il y a un point sur lequel toutes les classes capitalistes de l’UE tombent d’accord : la nécessité, pour elles, de faire payer la crise aux jeunes, aux travailleurs et aux retraités d’Europe. « L’Europe qui protège » est un mythe auquel, déjà, la majorité des travailleurs du continent ne croient plus, comme l’ont montré les référendums en France, en Irlande et aux Pays-Bas. L’Europe qui exploite, précarise, licencie, délocalise, expulse et réprime : voilà la réalité à laquelle sont confrontées les masses du continent, depuis de nombreuses années. Or, avec la crise économique, la régression sociale permanente qui frappe l’ensemble des pays de l’UE va s’accélérer considérablement.

Dans ce contexte, les discours creux sur la nécessité d’une « Europe sociale » (sur la base du capitalisme) se heurteront à un mur de scepticisme, chez les travailleurs, qui entendent cette musique depuis trop longtemps. Les dirigeants actuels du Parti Socialiste ont usé et abusé de ce mirage. Mais comme Royal, Aubry et Delanoë sont complètement acquis à la cause du « marché », ils n’ont rien d’autre à proposer. Aussi se préparent-ils à rejouer la même chanson, lors de la campagne des élections européennes de juin 2009.

Le PCF, pour sa part, dénonce à juste titre la politique réactionnaire de l’UE. Par leur mobilisation, les militants communistes ont joué un rôle décisif dans la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne, en 2005. Cependant, la politique des dirigeants du parti reste très confuse et contradictoire. Ils critiquent l’Europe capitaliste – mais, faute d’un programme réellement communiste, ils ne proposent aucune alternative crédible à l’UE. De même qu’ils défendent l’idée absurde d’un capitalisme fonctionnant suivant une « logique anti-capitaliste », ils avancent la perspective d’une Europe capitaliste qui, par on ne sait quel miracle, deviendrait solidaire, écologique, pacifiste, sociale, féministe – et tout ce que vous voudrez : les adjectifs ronflants ne manquent pas et ne mangent pas de pain. Mais en fin de compte, si on fait abstraction de toute cette poésie « antilibérale », la direction du PCF défend la même position réformiste que les dirigeants du PS : ils proposent une « Europe sociale », mais sans remettre en cause la propriété capitaliste des banques et de la grande industrie.

Sortir de l’UE ?

Il existe un courant minoritaire, dans le PCF, qui propose que la France « sorte de l’Union Européenne », au nom de la « souveraineté nationale ». Cette position, que défendent Jean-Jacques Karman et André Gerin, par exemple, est selon nous complètement erronée.

Une France capitaliste ayant rompu avec les institutions de l’UE serait tout aussi réactionnaire que la France actuelle. Les mots d’ordre « sortir de l’UE » et « pour la souveraineté nationale » n’ont pas un atome de contenu progressiste. Au contraire, ils tendent à injecter le poison nationaliste dans la conscience des travailleurs. Ils les incitent à s’identifier à la « nation » – toutes classes confondues –, plutôt que de les soulever contre la partie de cette « nation » qui les opprime et les exploite, c’est-à-dire contre la classe qui est « souveraine » ou dominante au sein de la nation.

Communisme et internationalisme sont indissociables. Comme le disait Marx, « les travailleurs n’ont pas de patrie ». Nous sommes pour l’unité des travailleurs d’Europe contre toutes les classes dirigeantes européennes. La seule alternative viable à l’Europe capitaliste est une Fédération socialiste des Etats européens. C’était le mot d’ordre de l’Internationale Communiste à l’époque de Lénine et Trotsky, avant sa dégénérescence bureaucratique. Cette perspective est toujours d’actualité, et devrait constituer l’axe central de la campagne du PCF, aux européennes. Le socialisme, en Europe comme dans le reste du monde, remplacera le marché par un plan de production consciemment et collectivement élaboré dans l’intérêt de l’ensemble de la société. C’est seulement ainsi qu’il sera possible de « sortir de l’Union Européenne » : en libérant les travailleurs de France et de toute l’Europe des chaînes du capitalisme européen.

Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Mardi 4 novembre 2008
La crise financière et industrielle actuelle est la conséquence de l’avarice de l’infime minorité de capitalistes qui contrôlent l’économie. Elle sera lourde de conséquences pour les travailleurs, les jeunes et les retraités.

Même pendant les années de « croissance », la précarité de l’emploi et la pauvreté se généralisaient. Désormais, la situation est encore plus alarmante.

Chaque semaine, on nous annonce de nouvelles délocalisations, fermetures et restructurations d’entreprises au détriment des salariés. Des centaines de milliers d’emplois sont menacés, tandis que les prix et les loyers ne cessent d’augmenter.

Suivant l’exemple de Bush, Sarkozy promet de soutenir le système bancaire. Cela signifie que l’Etat prendrait à sa charge les pertes dues aux pratiques spéculatives et frauduleuses des banquiers.

Mais d’où viendra l’argent de l’Etat, dont les caisses, rappelons-le, sont vides ? Soit d’une augmentation des impôts, soit d’un endettement accru de l’Etat - et sans doute des deux à la fois.

Ainsi, l’Etat empruntera massivement à des banques… pour pouvoir payer les dettes d’autres banques ! Quelle escroquerie ! Cet endettement supplémentaire servira de prétexte pour réduire les budgets de l’éducation, de la santé et des services publics.

Il n’y a pas d’argent pour financer la Sécurité Sociale ou les retraites, mais il n’en manque jamais quand il s’agit de renflouer les caisses des capitalistes du secteur bancaire !

Pendant de longues années, les politiciens, les médias et tous leurs « spécialistes » nous ont expliqué que le socialisme était mort, que le capitalisme avait triomphé, que c’était un système efficace qui assurerait le progrès social et un avenir meilleur. Il fallait tout privatiser, tout soumettre à la loi du profit et du « marché ».

Nous en voyons aujourd’hui le résultat. Les soi-disant « plans » pour « moraliser » et « réguler » les marchés ne sont que de la poudre aux yeux. Le système capitaliste est spéculatif par sa nature même. L’idée de réguler les marchés financiers est absurde.

Les répercussions de cette crise ne nous laisseront pas d’autre choix que de lutter bec et ongle pour défendre nos salaires, nos emplois, nos retraites, nos écoles et notre système de santé.

Mais aussi longtemps que nous laisserons l’économie et le système financier entre les mains d’une minorité capitaliste, il n’y aura pas d’issue. Il faut arracher au secteur privé le contrôle de l’économie en nationalisant les banques, les assurances, les organismes de crédit, l’industrie et la grande distribution – sans indemnisation pour les grands actionnaires.

Lorsque les principaux leviers de l’économie seront sous le contrôle de la collectivité, il sera possible d’établir un plan de production socialiste rationnel, où les décisions seront prises dans l’intérêt de la majorité, et non plus d’une poignée de riches parasites.

Telle est l’idée fondamentale du socialisme.

Par David NOËL - Publié dans : Débats
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