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Débats

Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /2007 19:38
Andr---G--rin.jpg Nous sommes au mois de juin 2007, même si nous avons limité les dégâts aux élections législatives, il n'y a rien de conjoncturel dans le mauvais score de Marie-George Buffet, le 22 avril. Il est de même nature que le résultat calamiteux de Robert Hue, cinq ans et un jour plus tôt. Il s'inscrit dans une longue érosion du PCF depuis la fin des années 1960, érosion qui s'est accélérée depuis 1981.

Cette déperdition électorale du PCF est le résultat direct d'une dérive idéologique qui a consisté à mettre en porte à faux puis à négliger et même renier les principes fondateurs du communisme contemporain. La chute du communisme soviétique a pesé, c'est certain.

Pour les communistes, en regard de l'avenir de leur parti en tant que force politique, une question centrale se pose qui exige d'examiner, de revoir, de revisiter, peut-être même de remettre en question la démarche du programme commun de gouvernement dans les années 1960, avant, pendant et après. Nous devons intégrer à notre réflexion la pratique des classes dirigeantes durant les 30 dernières années. Les forces culturelles de la bourgeoisie ont acquis l'art non seulement de tirer pleinement profit de leurs victoires mais aussi de retourner leurs défaites à leur avantage.

Quand Giscard d'Estaing, à la fin des années 1970, envisageait, tout haut, la participation des socialistes au gouvernement – à condition que les communistes reculent de façon significative –, il pointait du doigt cette stratégie subtile qui consiste à exercer sa domination par le biais d'autrui. C'est bien ce que l'on a vécu en 1997, avec l'expérience de Lionel Jospin, quand Jacques Chirac, après la dissolution de l'Assemblée nationale, a laissé le Parti socialiste gérer la France pour le compte des classes dirigeantes.

Pour chaque phase de cette période historique, nous devons analyser l'attitude contradictoire – mais aboutissant toujours dans le même sens – du Parti communiste : la rupture de septembre 1977 sur l'actualisation du programme commun, l'échec des élections législatives de mars 1978 et dans le prolongement, la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981, le départ des ministres communistes en juillet 1984, jusqu'au dimanche noir du 21 avril 2002 et la présence du Front national au deuxième tour des présidentielles, à son niveau record.

Nous devons décortiquer la plus finement possible les méandres de l'idéologie dominante et les pièges qu'elle tend sans cesse aux idées de progrès ; analyser l'obstination avec laquelle elle cherche à entraîner les consciences les plus fermes vers la « collaboration de classe » en disjonctant ce qui s'agite dans les esprit de ce qui se fait en pratique. Combien de courants de pensée, combien de groupements d'intérêts se sont retrouvés ainsi, à leur corps défendant, objectivement au service des classes dirigeantes et du grand capital ? Comment la grande bourgeoisie a su récupérer et détourner des aspirations à l'autonomie individuelle vers l'individualisme, le repli sur soi et l'égoïsme.

Ce divorce entre le discours et les actes, signe du plus patent déphasage idéologique, est particulièrement flagrant au PCF dans la façon dont l' « appareil » traite les militants et appréhende le peuple. Il faudra bien, un jour, se demander pourquoi le parti a perdu des dizaines voire des centaines de milliers d'adhérents, notamment des milieux populaires, dans une période où pourtant le besoin des solidarités concrètes n'a jamais été aussi aigu, alors que les organisations de base du parti exerçaient si bien cette fonction première de souder les individus entre eux comme élément du lien social, de la solidarité et de la fraternité.

Cette tendance, qui confine au mépris, à « banaliser » les militants, les adhérents, les milieux populaires, à ignorer leurs aspirations, leurs préoccupations, leurs craintes et pire encore à utiliser leur créativité comme produit marketing pour une politique du paraître, porte bien la signature de l'idéologie dominante. Quel cadeau et quel régal pour la bourgeoisie de voir les directions du PCF qui se sont succédées depuis dans les années 1980 s'empêtrer dans des logiques institutionnelles et s'essouffler pour inciter les cadres du parti d'être systématiquement élus, tout en négligeant la seule force qui compte : le peuple, le peuple travailleur et producteur des richesses, au détriment de la vie, de l'organisation et des adhérents.

Pas plus que le Parti socialiste nous n'avons entendu le message du non au référendum, que nous avons pourtant porté, préférant surfer sur la loi du marché au nom de la « mutation communiste ». Nous avons fermé les yeux sur l'insécurité grandissante dont sont victimes nos concitoyens, pour ne pas nous salir les mains avec un sujet cher au Front national. Nous avons renoncé à parler de la lutte des classes parce que c'est devenu un gros mot qui ne correspond pas à l'ambiance politico-politicienne du moment. Et pour ne pas choquer le joli petit monde des élites bourgeoises, nous avons décidé qu'il convenait de ranger la lutte de classe dans les musées de l'histoire et de classer dans les archives les travaux des théoriciens, chercheurs et autres marxistes.

Dépassée, oubliée la question de la nation, de l'identité de la France ! Nous préférons nous faire des frayeurs avec la mondialisation que nous diabolisons, fatalisons, même, à tour de bras sans faire l'effort d'analyser les contradictions phénoménales qu'engendre la mondialisation capitaliste et, pire encore, en omettant de nouer des liens avec des forces communistes et progressistes dans le monde qui mettent en cause la domination impérialiste stade suprême du capitalisme.

La mondialisation creuse des inégalités sans précédent dans toute l'histoire de l'humanité. Devons-nous baisser les bras devant l'agressivité du capitalisme occidental ou, au contraire relever le défi de sa perte de vitesse et de crédibilité ? N'est-ce pas une invitation à aller à la conquête des pouvoirs économiques et financiers au niveau national, au niveau européen, au niveau mondial ? La célèbre devise « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » n'est-elle pas toujours d'une actualité brûlante, si l'on veut bien faire l'effort minimum de donner au mot prolétaire un sens conforme aux réalités du XXIème siècle ? La contradiction capital/travail n'a rien perdu de sa pertinence. La question de la production des richesses demeure la base des économies humaines, chose que la financiarisation pervertit, sans aucun doute, mais n'invalide pas. Est-il si difficile pour les communistes français de dire qu'un pays ne peut pas prétendre vivre bien longtemps sans participer à la production des richesses mondiales ? Et dès lors revendiquer une grande politique industrielle créatrices d'emplois productifs. N'y a-t-il pas là des dizaines de milliers de points de rencontre possibles entre les communistes et les progressistes ainsi que les salariés, de l'ouvrier et l'employé à l'ingénieur, cadre et technicien ?

Le Parti communiste français a peu à peu perdu son indépendance qui faisait de lui un parti de classe, le parti de la classe ouvrière, un parti qui privilégiait son ancrage populaire avant d'être un parti institutionnel. Il a pris les mauvais plis des forces politiques traditionnelles de la grande bourgeoisie. Du coup, la dénomination communiste est apparue incongrue, voire gênante en haut lieu. La référence au PCF est devenue anecdotique.

La direction actuelle est pleinement parti prenante de ces évolutions engagées depuis le congrès de janvier 1994. On l'a vu avec la création du Parti de la gauche européenne. On l'a vu en 2004, avec la liste aux élections régionales de l'Ile de France où mettre le mot communiste dans l'intitulé aurait fait soit disant désordre. On l'a vu cette année où des centaines de candidats aux élections législatives n'étaient pas présentés par le Parti communiste français mais, pour certains, seulement soutenus par le PCF, tandis que d'autres apparaissaient purement et simplement sans étiquette voire ne se sont pas présentés pour soutenir le Parti socialiste dès le premier tour.

On l'a vu au cours de la campagne des présidentielles où les références au PCF et au communisme étaient délivrées au compte goutte, à l'exception des trois dernières semaines, ce qui prouve de façon très claire que ce n'est pas pour des raisons électorales et la crainte de l'anticommunisme qu'a été fait le choix de gommer l'identité communiste, bien au contraire, mais pour de raisons idéologiques.

Depuis des années, un véritable travail de sape est engagé à l'intérieur et à l'extérieur du parti pour gommer la référence au corpus théorique, pratique, historique du communisme. Une
recomposition politique rampante est à l'œuvre bien qu'elle ne soit pas assumée de façon officielle. Le leitmotiv de cette recomposition est toujours le même : l'ouverture, le rassemblement. Ainsi en est-il du mouvement Gauche avenir qu'appellent de leurs vœux quelques dirigeants communistes pour regrouper en dehors des partis les cendres du PCF et les reliquats du PS, en proposant purement et simplement de s'effacer.

L'ouverture, le rassemblement ? 100 % d'accord. Mais quelle ouverture qui ferme la porte au communisme ? Quel rassemblement qui exclut les héritiers du mouvement révolutionnaire en France ?

1848 a rassemblé les insurgés qui réclamaient une République sociale.
1870 a rassemblé les Parisiens qui ont inventé la Commune et le mandat impératif.
1917 a rassemblé le peuple russe pour une révolution de portée universelle.
1920 a rassemblé les socialistes au sein du PCF pour rompre avec le capitalisme.
1936 a rassemblé les travailleurs autour de la gauche pour des avancées sociales sans précédents.
1945 a rassemblé le peuple de France autour du CNR pour reconstruire le pays.
1968 a rassemblé des millions de Français pour une vie plus libre, plus juste.

Il est important d'examiner notre rapport historique avec le peuple de France, ce rapport entre le peuple et le PCF, ce rapport du PCF et la tradition marxiste, marqué par des initiatives de portée révolutionnaire. Autant le PCF a été partie prenante, acteur décisif, de tous les rassemblements de 1920 à 1945, autant il a pris du retard sur les événements considérables de 1956, autant il a raté les rendez-vous de 1968 et ceux qui ont suivi.

Prisonniers en 1968 de la démarche programmatique de sommet, nous n'avons pas su retrouver le souffle communiste qui nous avait si bien réussi auparavant, jusqu'à nous attirer la large sympathie des milieux intellectuels les plus élevés. Nous nous sommes coupés des millions d'étudiants et de salariés en mouvement au nom du dogme infaillible que tout se réglerait à la tête de l'Etat. Nous n'avons pas su mettre notre intelligence communiste au service des idées neuves – libertés individuelles, autonomie de l'individu, respect de la personne humaine – qui jaillissaient dans les esprits, singulièrement des jeunes. Et par conséquent nous n'avons pas su résister au formidable travail de récupération idéologique effectué ensuite par les dirigeants de la bourgeoisie, du grand patronat pour l'intégration et l'individualisation dans l'entreprise, la précarisation du travail. La social démocratie s'est engouffrée dans cette brèche, à l'exemple de la deuxième gauche propulsée par Edmond Maire et Jacques Delors, en 1977.

Après la signature du programme commun, en 1972, nous avons réduit notre conception de l'union de la gauche à ses facettes juridique, électoraliste, et programmatique découlant d'accords de sommet. Petit à petit, nous avons privilégié les accords d'appareil.

Nous n'avons pas évolué vraiment depuis 1968. Il est saisissant de voir que plus nous déclarions changer, inventer le « socialisme aux couleurs de la France », abandonner la dictature du prolétariat, le centralisme démocratique, opérer une mutation vers un « nouveau parti communiste », moins nous changions, en réalité, arqueboutés sur la certitude d'une révolution par le sommet qui s'est réduit comme une peau de chagrin.

Cela s'est vu encore dernièrement lors du mouvement national contre le CPE. Pendant que les militants étaient au coude à coude avec les jeunes, les dirigeants allaient frapper à la porte du Parti socialiste. En juillet 1997, nous inventions la gauche plurielle avec le PS sans même nous demander ce qu'il pouvait bien y avoir dans la tête d'un peuple qui avait élu Jacques Chirac à la présidence de la République à peine deux ans plus tôt. En 1998 puis en 2004 : de nouveau des négociations de sommet pour les élections régionales. Et re-belote à l'automne 2006 avec les collectifs antilibéraux, cette fois en essayant de faire croire que le mouvement venait d'en bas. Le résultat est pitoyable : autant sur le terrain les militants de tous bords peuvent faire des choses merveilleuses et efficaces ensemble, autant la gauche de la gauche de sommet a ressemblé à une nébuleuse.

Il faut regarder la réalité sans fard, faire une analyse critique serrée de notre pratique politique depuis trente ans, faire la remise en ligne de façon déterminée du corpus communiste. Toute tentative de recomposition politique, quelle qu'en soit l'éventuelle générosité, ne peut qu'aboutir à une impasse et à l'abandon du combat révolutionnaire.

La crainte est grande, en effet, que nous reproduisions la pratique politique d'un système politique désuet, au bout du rouleau et que nous participions de la fracture politique avec notre peuple, avec la jeunesse populaire, une fracture politique inscrite dans la béance entre les militants et les dirigeants, la béance entre le parti et les classes populaires, alors même que des dizaines de milliers de contacts chaleureux ont été noués durant les campagnes électorales entre les communistes et leurs camarades de travail ou leurs voisins de quartier.

Nous nous trouvons aujourd'hui à une heure de vérité. Nous avons un problème presque existentiel du point de vue de la représentation de la politique nationale, du point de vue de l'existence du PCF en tant que parti politique même.

Autant il est nécessaire de faire vivre et de revigorer le clivage gauche/droite, autant il est indispensable de valoriser le pluralisme à gauche dans ce qu'il a de fondamental : avec un PCF directement engagé dans le combat contre le capitalisme, en prise directe avec le monde du travail, les milieux populaires, les classes moyennes. Nous devons concevoir l'union comme union populaire dans le cadre d'une politique de lutte de classes sinon il faut se résigner à admettre que le PCF a fait son temps. Or il y a suffisamment de force, de volonté, d'énergie et de lucidité dans le monde du travail, chez les militants ouvriers, dans les classes populaires, y compris dans le monde culturel et intellectuel, chez les militants associatifs pour faire mentir les prophètes du déclin historique du PCF.

Ce qui doit changer au PCF devient de plus en plus évident et crucial. Il faut créer des formes nouvelles, inédites, qui sauvegardent l'indépendance de classe du PCF, son autonomie et sa liberté réelle d'autonomie dans la réflexion, la discussion et l'action. Le Parti communiste français est condamné à être un parti différent des autres, d'avoir d'autres règles que les autres, de se sentir libre vis à vis des institutions de la 5ème République, de se démarquer d'une bipolarisation mortifère qui tue la vie démocratique, élimine les partis politiques. La question de la vie même du PCF est une question de classe et la grande bourgeoisie ne ménage pas ses efforts pour tenter de le réduire à un appendice de la vie locale voire de le faire disparaître complètement. C'est un fait que le Parti socialiste et notamment François Mitterrand s'est inscrit complètement dans cette ambition des classes dirigeantes. Il aura manqué quelques millions de voix communistes à Ségolène Royal pour l'emporter. Le PCF doit absolument marquer la vie politique française de son identité et gagner des millions de voix. Ainsi pourra-t-il sortir de l'inféodation en coupant le cordon ombilical avec le Parti socialiste pour voler de ses propres ailes.

Il y a des énergies, un potentiel, une réelle place, un immense espace pour le PCF, pour les idées communistes, pour le communisme lui-même, et nous parlons bien évidemment de la survie du PCF. Nous sommes confrontés à l'obligation d'inventer avec les classes populaires de nouvelles formes de liberté, une nouvelle ligne d'union en revenant aux sources, aux fondements du marxisme, en leur donnant leur dimension de modernité dans les combats d'aujourd'hui en nous séparant du conformisme dans lequel nous avait fermé, voire dévoyé le communisme soviétique. Le capitalisme produit de l'anti-capitalisme, les aspirations au socialisme et au communisme sont aujourd'hui plus que jamais renaissantes. Etre en phase avec le mouvement social, avec le monde du travail, être en prise avec les transformations sociales pour les affronter, pour s'en pénétrer, pour s'en nourrir, c'est le carburant vital pour que le Parti communiste puisse renaître.

Pour ce faire, nous avons besoin d'une analyse concrète de la situation de classe, en France et au-delà de la France bien évidemment, au niveau des différentes régions du monde, mais en France aujourd'hui, parce que nous avons besoin de comprendre pour la contrer, la lutte de classe que mène la droite de la droite, avec l'élection de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, la lutte de classe que mène la grande bourgeoisie à travers l'hégémonie du capital financier, la lutte de classe en essayant de comprendre et d'appréhender les objectifs de cette droite de droite, ses détours, et bien évidemment ses manœuvres.

Nous devons, en particulier, appréhender la façon dont le PS glisse, petit à petit mais de manière massive, vers son penchant naturel à s'embourber au centre en cherchant à s'allier vers l'UDF. Ségolène Royal propose une opposition constructive à l'UMP et à Sarkozy tandis que Dominique Strauss Khan va encore plus loin en proposant une cohabitation à l'allemande.

A l'inverse de ces démarches politiciennes, nous devons redéfinir une politique d'alliance qui s'adresse à toutes les forces du travail, de la classe ouvrière aux ingénieurs, cadres et techniciens, aux classes populaires, aux couches moyennes, au monde intellectuel, ce qui ne veut pas dire renoncer aux accords de sommet entre partis politiques, le moment venu. Nous devons en toute hypothèse, contribuer, privilégier les développements de la lutte à la base du parti et du rapport avec le peuple.

Cette ligne d'union populaire peut se concevoir dans le cadre du prochain congrès, à condition de mettre les cartes sur la table, de voir clair dans les contradictions du dernier congrès et de mettre fin à cette politique d'effacement du PCF, de mettre fin à cette stratégie suicidaire qui veut affirmer envers et contre tout que le PCF serait un élément dépassé et secondaire.

Oui le parti peut se reconstruire. Oui le Parti communiste peut sortir de toutes les équivoques en rachetant ses erreurs, ses échecs et ses abandons de classe, en mettant au cœur du projet politique la rupture avec le capitalisme, en fondant un humanisme révolutionnaire, le communisme du 21ème siècle, en aidant à un rassemblement majoritaire des classes populaires et du peuple de France pour construire une société nouvelle.

Il faudra bien que la question des dirigeants, de leur légitimité politique, publique et populaire, la question du ou de la secrétaire national, de l'équipe qui dirige et décide soit examinée, décidée, partagée, par l'ensemble des adhérents du PCF. La désignation du premier dirigeant doit résulter de propositions débattues suite à la consultation de tous les communistes de France sur la base d'un projet de renouveau, de reconstruction du PCF. Nous avons besoin d'un PCF révolutionnaire, pas d'un parti qui s'occupe du parti en soi, mais qui soit capable de porter une gauche authentique, une gauche du courage, une gauche révolutionnaire.

Redonnons des raisons d'espérer à notre peuple. Portons ses souffrances, la souffrance des hommes, des humbles. Nous sommes dans une situation critique, face à une droite de droite prête à remettre en cause l'essentiel des avancées historiques, progressistes de ce pays, 1968, la Libération, la Résistance, 1936, la Commune de Paris. Le PCF peut participer à un réveil, à un appel, à la reconquête de millions d'hommes et de femmes qui ont le cœur à gauche. Le PCF a une vocation à devenir un parti majoritaire, même si cela peut paraître utopiste aujourd'hui. Devenir ce parti majoritaire et populaire constitue une longue marche. Le combat ne fait que commencer.

André Gerin
Député Maire PCF de Vénissieux
Par David NOËL - Publié dans : Débats - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /2007 11:15
Quelques idées pour contribuer au débat et au rassemblement des communistes pour la renaissance, le renouveau du Parti communiste français, à l’opposé de tout processus vers une dissolution.

Le résultat des élections législatives est un encouragement pour les communistes, ce qui n’empêche pas la lucidité. Mesurons nos responsabilités. Débattons sans nous laisser paralyser par les doutes existentiels de quelques-uns.

Nous pouvons « donner un signal fort à la société » : priorité à des initiatives nationales d’action pour contribuer, sur les chantiers ouverts par le nouveau pouvoir, à des luttes fortes d’idées alternatives solides, plutôt que limitées à une protestation dominée par les idées du consensus libéral. Cela nous aiderait pour un débat critique et constructif pour l’avenir de notre Parti.

Il y a besoin du Parti communiste, et de son renouveau profond, parce qu’une transformation radicale de la société et du monde capitaliste, le dépassement du système capitaliste sont des enjeux plus actuels et réalisables qu’auparavant. Ce Parti doit être ouvert, rassembleur et unitaire, pour la transformation, et pour cela il doit être autonome de la social-démocratie et de l’extrême gauche.

Cette exigence est d’autant plus cruciale qu’une refondation de la gauche est à l’ordre du jour ; elle concerne les idées de fond ; d’énormes pressions s’exercent sur le PS pour son « aggiornamento ». Mais pour une refondation, possible, de la gauche dans un sens favorable au combat transformateur, l’existence du Parti communiste est un élément décisif. Cela serait contredit par un processus de dissolution, remplaçant le PCF par l’addition de communistes, de socialistes de gauche, de verts, de trotskistes au sein d’une formation vouée à être hétéroclite et divisée, et où l’apport communiste serait refoulé ou marginalisé.

Cela reviendrait à confondre unité d’action, recherche de l’union, nécessaires particulièrement avec les forces se réclamant de la transformation sociale, avec une fusion au sein d’une force dite « de transformation sociale » (fusionnant donc différentes conceptions et contenus de la transformation, révolutionnaire, réformiste...) ; cette fusion nous ferait disparaître comme Parti inscrivant son action dans la visée d’une transformation radicale effective de la société.

Je suis donc fermement opposé à toute formule, directe ou par étape, de dissolution du PCF dans un « nouveau parti », un parti social-démocrate de gauche, dont les communistes ne seraient plus qu’une tendance dominée et sans autonomie.

Trop souvent, on inverse les facteurs : on commence par les calculs électoraux. Alors qu’il faut commencer par le projet, la raison d’être. L’influence électorale, c’est important, mais c’est un résultat ; ça se construit, dans la durée, sur la cohérence perçue d’un projet, des propositions et de l’action qu’il inspire (soit dit en passant, si, en 1920, des calculs électoraux avaient prévalu sur l’exigence politique de fond de rupture avec la conception et l’orientation sociale-démocrate du Parti, le Parti communiste ne serait pas né à Tours, et peut-être jamais...).

Des constructions électoralistes ne sauraient primer sur le besoin plus actuel que jamais d’un Parti à la démarche révolutionnaire : un Parti qui articule théorie, lutte et élections, sans cesser de viser un dépassement effectif du capitalisme, c’est-à-dire une nouvelle civilisation supérieure à ce système, une civilisation communiste.

Face aux idées de dissolution du PCF, travaillons plutôt, dans l’action et sur le fond, à une relance novatrice du Parti communiste.

L’enjeu n’est ni partisan ni « identitaire ». Il concerne notre peuple, et toute la gauche, la dimension transformatrice du rassemblement.

Sauf à considérer qu’il faille s’adapter au capitalisme mondialisé et renoncer au communisme en faveur d’un « socialisme démocratique » ou d’un néo-communisme, dépouillé de sa dimension de transformation radicale, réduit à quelques « grandes valeurs de gauche, liberté, égalité, fraternité, solidarité » (conception qui peut esquisser le périmètre d’un nouveau parti...), il y a besoin du PCF pour promouvoir et expérimenter, dans l’action et dans la lutte des idées, les propositions du projet communiste, définir et déployer les initiatives de lutte rassembleuses et la politique d’union efficaces face à Sarkozy et pour construire une perspective transformatrice.

Le choix n’est pas entre la dissolution pour créer un autre parti et le « maintien » d’un « PCF amélioré ». L’effort de novation est aussi primordial que le refus de tout processus de dissolution. Il doit être mené sur des bases différentes de ce qui a été tenté jusqu’à présent.

Il devrait concerner deux directions jamais encore vraiment explorées de façon suivie :

-  une priorité résolue et durable à l’action (depuis si longtemps marginale dans notre pratique stratégique), avec des initiatives nationales sur les principaux enjeux sociaux, à commencer par l’emploi, pour nourrir la lutte contre la politique du pouvoir des idées les plus fortes et novatrices de notre programme, sur les objectifs sociaux, les moyens financiers et les pouvoirs ;

-  l’impulsion d’un travail politique et théorique visant à nous doter des repères révolutionnaires correspondant aux réalités du monde et du combat actuels, et à nous permettre, avec une réorganisation, une politique solide de formation, une démocratisation profonde, d’ouvrir largement le Parti, particulièrement en direction des syndicalistes et des jeunes, dont il faudrait aussi viser à faire l’ossature de la future direction.

La politique d’alliance à gauche, indispensable, mais qui, depuis trop longtemps, prime sur tout au détriment de l’action et de la bataille sur les idées communistes, pourrait se déployer sur de nouvelles bases plus solides.

Nicolas Marchand,
membre du comité exécutif du PCF
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 10:21
Nous publions aujourd'hui un texte de Gérard Filoche. Ancien membre de la LCR, membre du Parti socialiste dont il anime l'aile gauche avec Marc Dolez, Gérard Filoche est un dirigeant socialiste antilibéral qui s'est souvent retrouvé à nos côtés, notamment en 2005 lors de la lutte contre le TCE. Dans cet article consacré aux trahisons en série d'Eric Besson, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Fadela Amara et Jean-Marie Bockel, il ne mâche pas ses mots contre les "jaunes" qui ont franchi la barrière de classe.

G--rard-Filoche.jpg Trop facile de laisser passer le coup : ils trahissent éhontément et la gauche, polie, tout juste distante et méprisante, de façon condescendante, ne leur dirait rien ? Ces gens-là, il faut prendre le temps de les analyser, de les caractériser et les dénoncer : car il y a des générations, derrière à éduquer. Et il est souhaitable de les éduquer fortement, franchement avec un maximum de dégoût vis-à-vis de ces « jaunes » qui ont rejoint le pire des gouvernements anti-sociaux depuis la guerre, celui des MM. Sarkozy et Fillon.


Certes, il y a toujours eu des « jaunes » c’est-à-dire des individus ou « syndicats » opposés aux conflits de classe et conciliants avec le patronat. Ce sont ceux qui appelaient à ne pas faire grève lorsque la majorité des autres syndicats y appellent ou signaient des accords de branche auxquels la majorité des syndicats étaient opposés. Individuellement, un « jaune » peut aussi désigner un travailleur engagé par un patron pour briser une grève. Ce terme vient de loin, aux origines du mouvement créé par Pierre Biétry le 1er avril 1902, la « Fédération Nationale des Jaunes de France », un syndicat anti-socialiste. Pour les grévistes, les jaunes étaient donc devenus les « non-grévistes ».

Selon Biétry lui-même, dans son ouvrage « Le socialisme et les jaunes », son but était de « réaliser la renaissance nationale en créant la réconciliation des classes sur un programme de justice sociale ». Dans les faits, ce mouvement s’est opposé vigoureusement au mouvement socialiste. Il était soutenu par les nationalistes qui pensaient tenir là une force nouvelle capable de faire face à la gauche notamment de grands industriels, le duc d’Orléans ou la duchesse d’Uzès.

A cause de cela, le qualitatif de « jaune » s’est généralisé et a servi à désigner généralement les « traîtres ».

Il y a eu aussi, plus particuliers, les « néos » qui sont allés jusqu’à devenir néo-nazis après s’être réclamés du communisme ou du socialisme, c’étaient des « salauds » eux aussi, mais il y avait un contexte, c’était sous une pression, une dérive historiquement forte et avec un semblant de théorie « de masse » auto justificatrice. On ne peut absolument pas comparer avec cette période historique des « néos » puis de la « Collaboration » pendant l’Occupation nazie.

On ne peut pas non plus comparer avec ceux du temps des Troisième et Quatrième République où toutes les combinaisons étaient possibles, où les girouettes politiciennes, allaient d’un gouvernement à l’autre, enjambant les coalitions, mêlant gauche et droite.

Nous sommes dans la Ve République avec une bipolarisation connue, effective, puissante, des votes tranchés, et, justement, la France est « à chaud », à vif, au terme de 9 mois de campagne électorale.

Qui sont-ils, dans ce contexte, ces gens partant de la gauche qui rejoignent la droite patronale triomphante au moment où elle est la plus ultra, la plus féroce, depuis Pétain, contre les droits sociaux, au moment ou elle veut réduire la Sécu, le droit du travail, etc...

Car le terme de « jaunes » n’a pas toujours été utilisé à bon escient : parfois, des gauchistes, des sectaires, des désespérés eux-mêmes, impatients, maladroits, traitaient de « jaunes » certaines catégories de salariés, qui, n’ayant pas les moyens de faire grève ou n’étant pas convaincus par la nécessité ou la forme de l’action, ne participaient pas au mouvement d’ensemble. Il faut y faire attention.

Les staliniens, quand il était « minuit dans le siècle », ont dénoncé des « jaunes » à propos de tout et de n’importe qui n’était pas d’accord avec leurs chefs et théories du moment. A ce titre, il y a eu des excommunications inacceptables, inhumaines, des exclusions bureaucratiques, des militants sincères bafoués, des intelligences salies.

Les gauchistes aussi, ont multiplié des sectarismes qui faisaient « des plus proches les pires ennemis » dés lors qu’ils se distinguaient, nuançaient des analyses politiques de façon non orthodoxes, par rapport à des théories de gauche totalitaires. Mais on voit bien que ce n’est de cela non plus dont il s’agit avec nos « jaunes » pro Sarkozy.

Dans l’histoire du mouvement social, salarial, les « jaunes » ont parfois représenté une déchirure, une terrible souffrance, une division amère, un affaiblissement des chances de réussite pour ceux qui, eux, luttaient et se sacrifiaient pour les revendications communes. Souvent les grévistes qui avaient perdu des salaires lors des jours de grèves mais gagné des augmentations, faisaient valoir qu’ils avaient lutté aussi pour ceux n’avaient pas fait grève et en bénéficiaient. Au fond, les « jaunes » étaient ceux qui me mettaient pas ou ne pouvaient pas mettre d’abord en avant l’intérêt général de leur classe sociale, parfois sans connaître ou comprendre leur propre intérêt réel. La littérature, de Zola à London, hier et aujourd’hui, dans tous les pays a décrit abondamment les drames misérables des luttes sociales et celui des « jaunes ».

Mais ce n’est visiblement pas cela : les « jaunes » type Besson, Amara, Kouchner, ne nous mettent pas la larme à l’oeil, ne nous inspirent pas le rejet du totalitarisme, ni la souffrance, ni la déchirure, ni même le dilemme moral.

Nos « jaunes » d’aujourd’hui ne cherchent pas à avoir une « base », ni une « théorie de référence », ne s’inspirent pas d’un mouvement étranger, ne se sont même pas regroupés entre eux, ne sont pas inspirés par les institutions, l’air du temps, le contexte, la « mode » pour expliquer leur trahison. Pourtant ils font un « saut », une rupture forte, et ils vont directement au gouvernement ennemi, ils deviennent d’emblée co-dirigeants avec leur ex-adversaire, s’en rendent spectaculairement complices, solidaires, pour attaquer de la façon la plus éminente leur ex-camp.

Ce sont pourtant des gens de gauche de vieille date, en l’occurrence socialistes, devenant, à froid, sans obligation personnelle, morale, sociale, des « jaunes » sans y être forcés, sans excuse d’ignorance, de souffrance, sans processus d’explication, sans théoriser intellectuellement leur changement, parfois même en le niant, parfois en le revendiquant, ils passent au camp adverse, au Duc d’Orléans et à la duchesse d’Uzes. (disons au Baron Seilliére).

Certes, leurs positions lorsqu’ils étaient au Ps étaient plus que douteuses, déjà, mais au moins ils avaient le statut de « membres du parti socialiste », d’un parti de gauche, et cela l’emportait, en actes, sur leurs propos et pensées. Quand ils disaient des énormités du point de vue socialiste, ils restaient membres du Ps quand même. Ils étaient, par affiliation, dans le camp de la gauche en dépit de toutes leurs orientations déjà contestables. Mais là, ils changent de camp matériel, ils sont dans un autre « acte », qui les emporte définitivement de l’autre côté de la barrière de classe.

Alors que la fracture sociale est nette, qu’il y a 7 millions de travailleurs pauvres, 4 millions de chômeurs, 15 % d’actifs précaires, des régressions en matière de santé, d’école, d’équipements, d’environnement, de vieillissement, des explosions sociales dans les banlieues, d’un côté. Tandis que de l’autre côté, jamais la France n’a été aussi riche, il y a 378 000 millionnaires en euros, les 500 premières fortunes ont gagné 30 milliards d’ d’euros de plus, les entreprises du Cac 40 empochent 100 milliards d’euros de bénéfices, les profits siphonnent à leur avantage 160 milliards d’euros aux salaires, ces gens choisissent de passer à l’autre camp.

Comme ils ne l’expliquent pas, comme c’est soudain, fort et rapide, comme c’est à la suite d’une victoire du camp qu’ils ont pourtant combattu, ils ne bénéficient pas des « excuses » de la conviction mûrie, des révisions déchirantes et intimes, de l’urgence personnelle, des causes à défendre : ils prétendent même tranquillement les défendre, ces causes, en allant dans le camp politique capitaliste qui a produit la fracture sociale.

Ce qui vient d’arriver, là en France, est donc plus rare et mérite d’être étudié, c’est une forme de « jaunes » à l’état pur, si on peut le dire ainsi, une catégorie de « traîtres parfaits ».

Ceux qui ne peuvent invoquer aucun principe, aucune excuse, aucune atténuation : ce n’est pas pour sauver leur famille de la faim, pour éviter de perdre un « boulot », parce qu’ils ne sont pas convaincus de l’opportunité d’une grève, non, ils deviennent, non pas les supplétifs, mais les participants actifs de la politique qu’ils combattaient avant dans le camp qui était le leur.

Ils nient à la fois qu’ils aient fait partie de ce camp, et qu’ils en aient changé. Ils affirment défendre les mêmes idées, refusent d’entendre que leurs soeurs et frères de combat antérieurs soient choqués, bafoués, trahis.

On ne peut tout de même pas croire qu’ils pensent sérieusement faire avancer les choses pour leur ex camp : Kouchner lui, à la différence de toute la gauche française, est pour Bush, pour la guerre barbare en Irak, celle qui a fait 300 000 morts au bas mot, celle qui a détruit un pays et une région, implantée une guerre civile, celle qui a été basée sur le mensonges des armes des destruction massive, celle qui se glorifie d’avoir infligé la peine de mort à un dictateur qui fut pourtant la créature des Etats-unis, celle dont les initiateurs mériteraient d’être jugés par le tribunal pénal international. Kouchner est même extrémiste, à la différence de l’engagement anti guerre du peuple américain et il se prononce encore contre le retrait des troupes Us de là-bas malgré l’échec total : c’est sans doute pourquoi Sarkozy l’a choisi. Mais Kouchner est aussi contre les 35 h, pour la retraite à 67 ans, pour la baisse des impôts pour les riches, pour la baisse des salaires, pour le Tce et l’Europe libérale, il va au gouvernement pour le pire, en fait.

Besson faisait au Ps, semaine après semaine, des projets de communiqués au Bureau national, toujours droitiers, fades en matière de défense des droits es salariés, mous en ce qui concernait la protection sociale. Ce fut d’abord un député « Vivendi », ami de Jean-Marie Messier. En fait, il jouait déjà un rôle de droitier dans le Ps, il joue plus logiquement le rôle de la droite dans le gouvernement de droite, celui qui va faire la TVA antisociale. Ce qui frappe c’est la rapidité, l’audace, la force de la trahison, sans complexe, de la direction d’un camp à l’autre, sans scrupule, sans remords, ni demi teinte, avec même un côté « vengeance personnelle assumée, décomplexée ».

Jouyet, c’est comme tous ces « Gracques », ces anonymes « techno » toujours proches du manche, « fayots » des dirigeants de gauche, des cabinets ministériels de haut niveau, sans doute les plus « pourris », si le mot « tous pourris » a un sens, car ils sont sans réserve, biberonnés de libéralisme, mais faisant semblant d’être dans le camp des opprimés et des exploités, si cela les fait accéder aux responsabilités, changeant de camp si cela va plus vite pour eux : pas d’états d’âme, ni d’explications, pas de comptes à rendre, pas de base, pas militant, pas de peuple, pas de morale, rien. Que de la technique de pouvoir ... et du fric.

Jean-Marie Bockel, lui se disait « Blairiste » mais même Blair a recruté des fonctionnaires en grand nombre, tandis que Sarkozy annonce qu’il va en supprimer un sur deux : dans une France qui a tant besoin de services publics, ca ne fait rien, Bockel y va quand même. Pourtant il est sénateur socialiste, maire socialiste, membre du Ps depuis 34 ans, en gros, il dit qu’il en a assez d’attendre, de ne pas être écouté : il part dans le gouvernement adverse sans transition, médiocrement, sans éclats, pure corruption.

Ils y vont, dans cette société médiatique, le sourire aux lèvres devant les caméras, devant la France entière, « traîtres » assumés : traîtres sur le droit de grève qui va être limité, traîtres sur le Code du travail qui va être démantelé, traîtres sur les 35 h qui vont être anihilées, traîtres sur les retraites qui vont passer à 65 et 67 ans, 41 ou 42 annuités, traîtres sur les énormes cadeaux fiscaux qui vont être donnés aux 16 000 familles les plus riches, traîtres tranquilles sur la défense de l’immigration, même quand ils sont d’origine immigrée, traîtres sur les droits démocratiques quand ils s’allient avec des communautaristes, corporatistes, et même des intégristes si l’on voit le cas inouï de Fadela Amara bras-dessus, bras-dessous avec Christine Boutin.

On ne sait pas grand-chose de leur idéologie de fond, tellement elle est faiblement articulée, exprimée. Il y a sans doute classiquement du nationalisme, comme toujours, là-dedans, au mieux, si l’on creuse de façon bienveillante. Ils pensent sans doute, pour continuer à se regarder dans une glace, que la nation est plus importante que les classes, que ce qui se fera de bien pour la nation reviendra aux salariés. C’est une vision du monde qui place travail et capital, ouvriers et patrons à égalité devant l’entité qui les unit, la nation. Sarkozy fait l’ouverture, pour gagner le maximum de monde, nourrir le plus d’illusions possibles, dans ses bras piégés. En l’occurrence, vive le capital, enrichissez vous, vive la méritocratie, et regardez « des gens de gauche y viennent ». C’est le rejet de la lutte des classes au bénéfice de l’union des classes ce qui facilite à ces « traîtres purs » de franchir facilement ce qui pour eux n’est pas une « barrière » entre le camp des exploiteurs et celui des exploités, entre riches et pauvres, entre la gauche et la droite.

Comment, pour reprendre ce triste cas, associée à Christine Boutin, Fadela Amara peut-elle arriver à faire mine de croire et dire devant les caméras qu’elle va apaiser les banlieues... avec un budget, une orientation de développement du chômage, de blocage des salaires, de destruction de la dignité des salariés au travail ? Comment le dirigeant de Sos-racisme peut il lui souhaiter "bonne chance" dans ses nouvelles tâches avec l’homme au Kârcher qui traitait les jeunes de banlieue de « racailles », organise les expulsions en masse, et dénonce ceux qui « égorgent le mouton dans la baignoire » ? Comment des "responsables" militants, associatifs, en vue, peuvent-ils s’abaisser à franchir si allégrement les frontières entre la droite la plus brutale qui est annoncée et la gauche ? Ils n’ont pas la moindre conscience de classe face au Medef qui se réjouit ?

Sans aucun doute, vu la faiblesse des justifications connues, les avantages matériels, retirés de la trahison sont-ils vraiment plus forts que le raisonnement intellectuel. Il faut aussi chercher l’explication dans la recherche de l’aventure et de la gloire personnelle avec des ego surdimensionnés : c’est le cas de Kouchner ; pour Jouyet mettons la dimension « techno » par dessus les classes, qui ne croit à aucune idéologie ; pour Besson mettons la rage d’arriver, le cynisme de défier ceux qui ne l’ont pas reconnu dans son ego ; Bockel, c’est pareil, absence de conscience de classe, pas de barrière, de camp à défendre, usure, médiocrité ; Fadela Amara on souhaiterait retenir l’ignorance et l’inculture, mais ce serait trop facile, il faut ajouter l’aventurisme corrompu à l’amateurisme.

Tous ont un point commun : l’argent et les avantages du pouvoir, avantages matériels pour leurs statuts, leurs retraites, leurs façons égoïstes de se servir quand « la soupe » leur est offerte.

En cela nos « jaunes » d’aujourd’hui, sont bien ordinaires, vulgaires. Pas d’excuse de morale, de doute, de souffrance, de faim... Pas poussés, pas pressés, pas stressés, ce sont des gens sans racines fortes, qui trahissent comme s’ils giflaient leurs anciens compagnons, presque allégrement, inconsciemment.

Il importe donc de ne pas faire silence, ni de sous estimer cette trahison sordide des Amara, Besson, Bockel, Jouyet, Kouchner.

Parce que la gauche doit être aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat, nous avons besoin d’identifier minutieusement cette nouvelle et spectaculaire forme de traîtrise-là, afin de la dénoncer au mieux, pour bien en vacciner notre jeunesse.

Il y a des moments où il faut prendre le temps de faire la honte aux « jaunes », surtout à ceux-là, des « traîtres purs », corrompus sans excuses, mondains sans principes, tristes hères sans repères.

Gérard Filoche
29 juin 2007
Par David NOËL - Publié dans : Débats - Communauté : Les antilibéraux
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 08:06
Conseillère régionale, membre du Secrétariat fédéral du PCF du Pas-de-Calais et membre du Conseil national, Cathy Apourceau a assisté, avec Jean-Claude Danglot au dernier Conseil national. Dans les colonnes de Liberté 62, elle revient sur les débats qui traversent le Parti communiste. 

cathy-apourceau.jpg Liberté 62 :
"Suite aux élections présidentielles et législatives, la direction nationale du PCF vient de proposer un débat et une réflexion "sans a priori" et "sans tabou". Que pensez vous de cette proposition?"


Cathy Apourceau - "Je suis de celles et ceux qui pensent qu'il faut, effectivement, avant toute chose, engager un vrai débat dans le parti, un débat ouvert, franc et sans complaisance sur les erreurs stratégiques qui nous ont mené droit dans le mur. L'affaiblissement du Parti doit nous faire réflechir sur notre avenir et non pas nous replier une nouvelle fois dans une analyse simpliste, surfaite, rejetant la responsabilité sur les autres. Bien évidemment, les grands médias, le bipartisme consécutif au quinquénnat et au renversement du calendrier électoral sont en partie responsables de la situation actuelle mais cette réalité n'explique pas tout."

Liberté 62 : "Que pensez vous de l'idée de programmer dans cette perspective la tenue d'un congrès extraordinaire en décembre prochain?"

Cathy Apourceau - "Je crains que l'annonce d'un congrès extraordinaire qui plus est, à la va vite, ne favorise pas le débat en profondeur. Une très large majorité des adhérents de notre fédération s'opposent à ce congrès extraordinaire et ceci pour trois raisons essentielles : d'un point de vue tactique, d'un point de vue stratégique et d'un point de vue financier. Deux choses doivent primer : d'une part l'unité des communistes et d'autre part la volonté de redonner aux militants communistes des armes pour mener la bataille idéologique face à Nicolas Sarkozy et au Medef. Dans le cadre des élections législatives, c'est notre ancrage local qui nous a permis de sauver les meubles et certainement pas notre stratégie. Là où nous avons peu d'ancrage et là où nous sommes en état de faiblesse d'organisation, c'est l'effondrement ! Et que propose-t-on de faire ? Deux congrès, l'un à l'automne et l'autre un an plus tard. Une nouvelle fois ce que propose la direction nationale est en dehors de toute réalité. Dès Septembre, chaque fédération, chaque section va préparer municipales et cantonales. ouvrir un congrès à la veille de ces élections importantes pour notre ancrage local est une abérration, une erreur tactique et une source de division. Enfin, deux congrès alors que les finances du Parti sont au plus mal, c'est un luxe ! Un seul congrès après les municipales aurait amplement suffit pour définir une stratégie qui nous conduise à la reconquête de l'électorat populaire et nous permette dans la sérénité et avec la détermination de mener la lutte et de préparer les échéances des européennes en 2009 et des régionales en 2010."

Liberté 62 : "Certains membres du PCF avancent l'idée d'une recomposition politique "à gauche de la gauche" dans le sens d'une continuation de l'inspiration fondamentale de la stratégie dite "unitaire". Est-ce souhaitable?"

Cathy Apourceau - "Nos reculs idéologiques de congrès en congrès nous ont désarmés face à la bataille menée contre notre peuple par la droite et le patronat. Apparaissons-nous encore comme capitaliste ? Comme porteur d'un projet de société alternatif au capitalisme ?
Malheureusement, je ne le pense pas. Et c'est là, une des principales sources de nos maux : nous sommes devenus, pour la plupart des gens, un parti comme les autres. Nous ne créons plus l'espoir dans une société nouvelle débarrassée de l'exploitation capitaliste et nos abandons idéologiques successifs nous font apparaître comme étant tout juste bons à panser les plaies du capitalisme.
L'avenir de notre parti et l'efficacité de notre lutte en faveur des travailleurs, des chômeurs, des jeunes et des retraités n'est pas dans le réformisme. les gens préfèrent toujours l'original à la copie et une des raisons essentielles du vote utile en faveur du PS qui plombe en permanance nos résultats à chaque élection nationale. Où est passée notre originalité ? Notre identité ancrée dans la transformation radicale de la société ? Je pense que depuis des années elles se sont diluées dans un consensus sans aucun véritable bilan, sans aucune remise en cause réelle de nos stratégies passées. Il nous faut d'urgence les retrouver."
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /2007 11:50

Manif-PCF.jpg Le nouveau revers subi par le PCF, au premier tour des présidentielles, a envoyé une onde de choc à travers le parti. Comment est-il possible que le PCF recule encore, au terme d’un quinquennat marqué par des attaques à répétition contre les droits et les conditions de vie des travailleurs et de la jeunesse, ainsi que par plusieurs vagues de contestation, de grèves et de manifestations d’une ampleur sans précédent, depuis les événements révolutionnaires de mai 1968 ? Au cours de ces cinq années, des millions de personnes sont entrées en lutte contre les injustices du capitalisme. En 2003, il y a eu la mobilisation colossale contre la réforme des retraites et le mouvement contre la guerre en Irak ; en 2005, la mobilisation contre la Constitution Européenne ; en 2006, le mouvement contre le CPE – pour ne citer que les événements les plus importants. Au-delà même des rangs des manifestants et des grévistes, la colère et l’amertume face aux injustices étaient – et sont toujours – palpables. Les émeutes de novembre 2005 en étaient une expression, parmi bien d’autres.

Dans un tel contexte, un Parti Communiste devrait être comme un poisson dans l’eau. Et pourtant, force est de constater que l’assise sociale et électorale du parti, loin de se renforcer, s’est encore réduite au cours de la dernière période.

La direction du parti a convoqué un Congrès extraordinaire pour tirer les enseignements de cet échec. C’est une excellente initiative. Mais le Congrès ne résoudra rien s’il se contente des « explications » superficielles qu’on trouve dans les premiers communiqués que la direction nationale a publiés dans la foulée du 22 avril. Il est vain de chercher à expliquer le déclin électoral du PCF en invoquant des facteurs extérieurs au parti.

Causes externes ou internes ?

Par exemple, le rapport présenté par Olivier Dartigolles, lors du CN du 24 avril dernier, évoque le rôle des médias, qui n’auraient pas aidé le PCF. Evidemment qu’ils ne l’ont pas aidé ! Ils ne l’ont jamais aidé et ne l’aideront jamais. Les grands médias sont entre les mains du camp adverse. Dartigolles estime par ailleurs que le « jeu des institutions » capitalistes n’a pas, lui non plus, favorisé le PCF. Mais le contraire serait étonnant, n’est-ce pas ? Enfin, la stratégie de la direction du PS aurait fait du tort au PCF, semble-t-il, en jouant sur la peur des électeurs de gauche de revoir Le Pen au deuxième tour, et en les incitant donc à voter socialiste dès le premier tour. Mais s’attend-on vraiment à ce que les dirigeants du PS mènent campagne pour augmenter le score du PCF ? Tous les arguments de ce genre font penser à un boxeur vaincu qui, pour expliquer sa défaite, se plaint du fait que son adversaire n’arrêtait pas de lui porter des coups.


Le rapport semble enfin réhabiliter la veille « théorie » – dont on a si souvent usé et abusé, dans l’histoire du PCF – d’un « glissement de la société vers la droite ». Nous nous trouvons là face à un cas flagrant de tautologie. Pourquoi la gauche a-t-elle perdu ? Pourquoi le score du PCF s’effondre-t-il ? Eh bien, voyez-vous, s’il n’y a pas de glissement vers la gauche, c’est sans doute parce qu’il y a un glissement vers la droite !

En réalité, au cours des dernières années, la situation objective, dans le pays, a été – et demeure – extrêmement favorable au développement du Parti Communiste. La lutte des classes ne se développe jamais de façon linéaire, régulière. Inévitablement, elle est ponctuée par des périodes de reflux, de fatigue et de désorientation. Mais, dans l’ensemble, depuis 1995, la courbe des luttes sociales et politiques est ascendante. Et pourtant, sur la même période, la courbe du PCF a évolué dans le sens inverse. Les difficultés du PCF ne sont donc pas liées à des éléments extérieurs au parti. Elles ont des causes politiques internes. Ce sont ces causes-là qu’il faut regarder en face si nous voulons arrêter le déclin du PCF et le mettre en position de reconquérir le terrain perdu.

Il est vrai que, dans cette élection, le « vote utile », c’est-à-dire le vote tactique d’une partie de l’électorat de gauche visant à assurer la présence de Ségolène Royal au deuxième tour, a joué contre le PCF. Mais on aurait tort d’attribuer une trop grande importance à ce phénomène. Il faut regarder la situation du parti dans son ensemble, et pas seulement dans sa dimension électorale. Est-ce le vote utile qui a fait disparaître les sections d’entreprise ? Est-ce le vote utile qui a mené à la disparition de très nombreuses cellules locales du parti ? Est-ce le vote utile qui fait que le MJCF, malgré ses récents progrès, n’est que l’ombre de ce qu’il était il y a une quinzaine d’années ? Est-ce le vote utile qui a miné l’influence du parti dans la CGT, plombé les ventes de L’Humanité, plongé le parti dans la dette et mené à sa dislocation politique, au point que de nombreux dirigeants nationaux ont publiquement soutenu José Bové contre la candidate de leur propre parti ? Le fait est que le PCF est en train de perdre son assise non seulement auprès de la masse de l’électorat, mais aussi dans la couche la plus consciente et militante de la jeunesse et du salariat.

« Vote utile » ou pas, cette perte d’influence et de crédibilité dans l’« avant-garde » du salariat, et la perte conséquente des relais du parti dans le mouvement ouvrier et le salariat en général, s’accompagnent d’un déclin sur le plan électoral. Tous les aspects de cet affaiblissement sont indissociables, et ses causes sont autrement plus profondes que les réflexes tactiques d’une frange de l’électorat.

L’expérience de la gauche au pouvoir

Seule une fraction relativement réduite des travailleurs se forge son opinion sur les partis en lisant leurs programmes détaillés ou par une réflexion « idéologique ». La masse des travailleurs se fait son opinion sur la base de son expérience. Et quelle est cette expérience ? A trois reprises, depuis 1981, les travailleurs et les jeunes de ce pays ont porté la gauche au pouvoir – malgré le « jeu des institutions » et malgré le rôle des médias – dans l’espoir d’en finir avec les problèmes engendrés par le capitalisme. Au cours des 25 dernières années, la gauche a été au pouvoir pendant 15 ans (1981-86, 1998-1993 et 1997-2002). Le PCF a participé à ces gouvernements pendant 8 ans (1981-1984 et 1997-2002). Chaque fois, les dirigeants de ces partis ont promis un « changement ». Mais chaque fois, il n’y a pas eu de changement.

Sur toutes les questions fondamentales, les gouvernements de gauche se sont alignés sur les intérêts des capitalistes. Sous la droite comme sous la gauche, les inégalités sociales se sont aggravées. La grande misère – soupes populaires, SDF par centaines de milliers, chômage de longue durée, emploi précaire, « travailleurs pauvres », etc. – s’est accrue, cependant que des pans entiers de l’infrastructure industrielle du pays ont été privatisés, détruits ou délocalisés. Cette élection ne démontre pas que les travailleurs, les chômeurs, les jeunes et les retraités qui ont objectivement intérêt à rejeter la droite sont devenus réactionnaires ou se sont laissés gagnés par des « comportements inquiétants », pour reprendre la formulation du rapport de la direction fédérale de Paris. Elle signifie surtout qu’à partir de leur propre expérience, beaucoup de travailleurs ont tiré la conclusion que le programme de la gauche – PS et PCF confondus – ne propose aucune alternative sérieuse au capitalisme, que ce système est le seul possible, et qu’il va donc falloir faire avec. Le fond du problème est là, et non dans un épisodique « vote utile ».

Marie-George Buffet a dit que le résultat du premier tour ne traduit pas l’implantation sociale et l’audience réelles du PCF. Nous partageons ce point de vue. Elle a également dit que l’avenir du PCF ne dépendait pas d’un score électoral. Ceci est également vrai. Mais alors, de quoi dépend, au juste, l’avenir du PCF ? Il dépend, avant tout, du soutien de la couche la plus militante et politiquement consciente du salariat et de la jeunesse – celle qui est consciemment à la recherche d’un moyen d’en finir avec le capitalisme. C’est cette couche-là qui, tout au long de l’histoire du parti, a formé le socle essentiel de son assise sociale, et qui a permis au PCF, pendant les grandes offensives militantes et révolutionnaires des travailleurs, d’acquérir une véritable base de masse. Perdre ce socle, c’est condamner le PCF à l’effritement et, à terme, à la disparition.

L’expérience de la participation gouvernementale des dirigeants communistes – avec le blocage des salaires, les fermetures et la suppression de dizaines de milliers d’emploi dans les bassins industriels (sidérurgie, charbonnages) en 1983-84, puis les privatisations sous Jospin – a démoralisé et désorienté la base du PCF et miné sa position électorale. Elle a convaincu les travailleurs que, même si le discours du PCF est plus à gauche et plus revendicatif que celui du PS, au fond, dans la pratique, sa politique n’est pas fondamentalement différente. Ce que l’électorat socialiste tolère, en grinçant les dents, de la part des dirigeants du PS, l’électorat communiste ne le tolère pas de la part du PCF. Un parti « communiste » qui privatise ne sert à rien, si ce n’est à démoraliser son propre camp. C’est là que se trouve la clé de l’affaiblissement organisationnel et électoral du parti.

Au nom de la « modernité », le programme du parti a été progressivement vidé de toute mesure susceptible de remettre en cause la propriété capitaliste des banques, des grands groupes industriels et de l’économie en général. Le programme ne contient presque aucune nationalisation. Il avance une série de mesures destinées à réduire les profits des capitalistes – par des taxes, des prélèvements, des amendes, des augmentations de salaire, etc. –, mais ne vise pas à mettre un terme au système du profit. Il évite soigneusement de toucher à la propriété capitaliste. Ce réformisme « anti-libéral » constitue, en substance, un abandon du socialisme et un ralliement à l’économie de marché, c’est-à-dire au capitalisme. Dans la pratique, la défense de ce que Robert Hue appelait « l’économie de marché à dominante sociale » a mené à l’approbation des privatisations massives réalisées par le gouvernement Jospin.

« La nature a horreur du vide », disait Aristote, et le vide laissé par l’abandon du socialisme a été comblé en puisant dans le bric-à-brac intellectuel « altermondialiste » qui fait le fonds de commerce de mouvements comme ATTAC ou la Fondation Copernic. L’idée, derrière ce virage – ou ce « glissement » – du programme du parti vers la droite, était sans doute de le rendre plus acceptable aux yeux d’une certaine « opinion publique ». Mais il n’obtiendra jamais l’adhésion des jeunes travailleurs qui cherchent une alternative sérieuse au capitalisme.

Ce qui faisait la force du PCF, dans le passé – malgré tous les zigzags, les aberrations et les crimes de l’époque stalinienne – c’était que les travailleurs les plus avancés le considéraient comme le parti du changement révolutionnaire, le parti qui voulait abolir le capitalisme. Mais que trouvent-ils, aujourd’hui, dans le programme du PCF ? Va-t-on vraiment faire croire à des gens sérieux qu’on peut éliminer le chômage au moyen de « bonus » accordés aux patrons qui favorisent l’emploi, ou d’amendes et de sanctions fiscales pour ceux qui licencient ? Peut-on sérieusement prétendre que le « commerce équitable », la taxe Tobin, la réforme du FMI, ou encore la création d’une monnaie mondiale (le dernier dada de la rédaction de l’Humanité), constituent des armes sérieuses contre la rapacité patronale et le capitalisme ?

Expliquer les idées du socialisme

Face aux problèmes concrets posés par le capitalisme, il faut des réponses concrètes. Quel est, par exemple, le programme du PCF pour empêcher les délocalisations et les fermetures d’entreprises ? Cherchez partout : vous ne trouverez rien. Et pour cause : la seule façon d’empêcher les fermetures et les délocalisations, c’est l’occupation de l’usine et la lutte – faisant appel à la solidarité active du mouvement ouvrier et de la population en général – pour la nationalisation de l’entreprise sous le contrôle et la gestion des travailleurs. Voilà le programme que le PCF devrait défendre et s’efforcer de populariser. Mais la nationalisation ne cadre pas avec le réformisme « anti-libéral » actuellement en vogue dans les instances dirigeantes du parti. En conséquence, elles se retrouvent à implorer les patrons de changer d’avis – avec des cadeaux financiers à la clé – ou à chercher des repreneurs capitalistes.

Le système capitaliste exige la régression sociale dans tous les domaines. Quel que soit le taux de croissance du PIB, il n’autorise pas la mise en œuvre de réformes sociales conséquentes. Au contraire, la croissance du PIB dépend directement de l’augmentation du taux d’exploitation des salariés. La force motrice du capitalisme, c’est le profit. Les dirigeants du Parti Socialiste ont tenu compte de cette réalité. Leur programme ne contient aucune réforme conséquente. C’est pour cette raison qu’ils ont perdu les élections. Et c’est pour cette raison, aussi, qu’ils sont prêts à faire cause commune avec l’UDF.

Face à cette situation, nous avons besoin d’un PCF qui expose et explique la faillite du réformisme. Mais ceci n’est évidemment pas possible tant que le PCF lui-même ne sort pas du marécage « anti-libéral ». Le PCF doit dire clairement aux travailleurs qu’ils ne trouveront aucune solution aux problèmes sociaux et économiques sur la base du capitalisme, et que la lutte pour défendre l’emploi, les services publics et tout ce qui détermine leur niveau de vie est absolument indissociable de la lutte pour abolir la propriété capitaliste des banques et des ressources économiques en général. Il faut expliquer aux travailleurs qu’ils doivent s’emparer des moyens de production, qu’ils doivent, comme le disait Marx, s’ériger en classe dirigeante à la place des capitalistes, et organiser démocratiquement la vie sociale et économique du pays pour répondre à leurs propres besoins.

Le capitalisme n’apportera que précarité, chômage et pauvreté. Il démolira progressivement toutes les conquêtes sociales du passé. Quand Sarkozy parle de « liquider l’héritage de mai 1968 », il ne veut pas dire autre chose. Dans ces conditions, nous avons besoin d’un parti dont le programme est en conformité avec son nom. Il faut écarter les idées fallacieuses et inconséquentes du réformisme « anti-libéral » et adopter le programme et les idées du socialisme révolutionnaire.

Greg Oxley
PCF Paris X

Par La Riposte - Publié dans : Débats
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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /2007 12:05
La préparation de l’Assemblée extraordinaire du PCF, qui se tiendra en décembre, a fourni l’occasion à Patrick Braouezec (photo), Roger Martelli, Jean-Claude Gayssot et autres «refondateurs» de redoubler leur offensive – complaisamment relayée par les médias capitalistes – pour aboutir à ce qui reviendrait, dans les faits, à la dissolution du PCF. Ils remettent en cause ce qu’ils appellent «la forme parti», lui préférant une vague « mouvance sociale ». En substance, les «nouvelles logiques d’organisation» qu’ils proposent reviendraient, dans la pratique, à une réédition des «forums anti-libéraux» – mais, cette fois-ci, sans le PCF.

Dans une interview publiée dans L’Humanité, Gayssot déclare qu’il est favorable à l’abandon du mot « communiste », dans le nom du parti, avant d’ajouter : « Mais je pense honnêtement qu’il faut surtout en finir avec la conception de l’organisation qui a prévalu jusqu’ici. À mes yeux, la force transformatrice qu’il faut créer ne peut l’être sous le label ou la houlette du parti ! » Quelques lignes plus loin, il explique qu’il faut être « indépendant », mais « ne pas négliger la conquête de positions dans les institutions. » Autrement dit, Gayssot et consorts ne refuseraient pas des positions confortables dans les « institutions », mais ne voient pas la nécessité d’une étiquette communiste ou d’un parti auquel il faudrait rendre des comptes. Ce sont effectivement des choses encombrantes dans le milieu bourgeois des « institutions ». Autrement dit, le PCF était « utile » lorsqu’il hissait l’ex-ministre Gayssot vers les sommets. Mais s’il ne permet plus cela, à quoi sert-il ?

Rappelons que lorsqu’il était Ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot qualifiait la privatisation d’Air France de « grand succès populaire ». Il n’a jamais levé ne fut-ce qu’un petit doigt contre les projets de privatisation du gouvernement Jospin, sous lequel le transfert de biens publics vers le secteur capitaliste a été le plus important de toute l’histoire du pays (31 milliards d’euros).

Et maintenant, après avoir affaibli l’assise sociale et électorale du parti par ce genre de capitulation, par des révisions successives du programme qui l’ont vidé de son contenu communiste et par la campagne «boviste» menée contre la candidate du parti aux présidentielles, les refondateurs prennent prétexte d’un affaiblissement dont ils sont responsables, même s’ils ne sont pas les seuls, pour inciter les communistes à détruire leur organisation ! Ce ne sont pas des refondateurs, mais des liquidateurs.

Le parti, c’est un outil indispensable dans notre lutte contre le capitalisme. Il permet d’élaborer notre programme, de discuter des questions de stratégie, d’organiser et de financer nos activités, d’élire nos représentants et candidats. Sans cette organisation, les communistes ne seraient rien. Il faut résister de toutes nos forces au discours démoralisé et démoralisant des liquidateurs, et engager la lutte au niveau des idées pour contrecarrer leurs arguments et réduire leur influence. Les médias se font largement écho de leurs idées. Il faut que les militants et sympathisants du parti entendent un autre son de cloche. Les sections qui refusent la liquidation du parti devraient s’exprimer, par voie de résolutions et de textes.

Lors des élections au congrès de 2008, nous appelons toutes les sections et fédérations du parti à éliminer des instances nationales et fédérales tous les représentants de cette tendance liquidatrice. Un parti qui installe dans sa direction des gens qui veulent sa mort – risque fort d’en mourir, justement. Martelli, Braouezec, Gayssot et compagnie ont parfaitement le droit de ne plus vouloir du PCF et de ne plus se réclamer du communisme. Mais le PCF n’a jamais forcé personne à en être membre. S’ils veulent partir, qu’ils partent ! Nous autres maintiendrons le parti et travaillerons pour le renforcer, sur le plan des idées comme sur le plan organisationnel.

Le programme du parti

L’affaiblissement du parti n’est pas dû à des causes externes. Il n’est pas dû à des « évolutions sociologiques », comme le prétendent les soi-disant refondateurs. Il est dû à l’abandon des idées et objectifs révolutionnaires dont il se réclamait, dans le passé. Le remplacement de ces idées par les notions soporifiques de l’« anti-libéralisme » réformiste a eu comme conséquence de desserrer les liens entre le parti et la couche la plus militante, la plus politiquement consciente de la jeunesse et des travailleurs. Ils ont besoin d’idées claires, d’analyses et d’explications solides, de théorie marxiste, de perspectives et d’un programme sérieux pour mettre fin au capitalisme.

Mais le programme que présente actuellement le parti ne contient aucune mesure qui constitue une remise en cause de la propriété capitaliste de l’économie. Il se limite à de petits bricolages superficiels : des crédits moins chers pour les employeurs qui embauchent, des amendes pour les mauvais patrons, de vagues allusions à une « nouvelle citoyenneté » et d’autres notions sur le thème d’un meilleur « vivre ensemble » ou encore d’une réorientation « équitable » de l’économie capitaliste.

Ce charabia « anti-libéral » se veut plus moderne que le marxisme. Mais en réalité, il constitue un retour en arrière, un retour aux idées réformistes, naïves et utopistes du début du XIXe siècle, avant Marx.

Le comportement des dirigeants communistes, lors des participations gouvernementales de 1981-1984 et de 1997-2002, a convaincu la masse de l’électorat populaire que même si le discours du PCF est plus radical et plus militant que celui des socialistes – dans la pratique, leur politique est au fond la même.

Expliquer le « stalinisme »

A cette expérience collective s’ajoute la confusion créée par l’effondrement des régimes totalitaires du bloc de l’Est, régimes que les dirigeants du parti ont présenté comme autant d’exemples du « socialisme » à plusieurs générations de travailleurs. A ce jour, aucune tentative sérieuse de fournir une explication à la dégénérescence de la révolution russe et au phénomène du stalinisme n’a été entreprise par le parti, ce qui laisse la porte ouverte à l’idée, relayée massivement par les apologues du capitalisme, que le communisme est synonyme de dictature totalitaire.

La politique de plus en plus ouvertement réformiste défendue par la direction du parti ne permet pas au PCF de se distinguer nettement du réformisme du PS, et le transforme, objectivement et dans la conscience populaire, en une annexe politique de ce dernier. Mais l’affaiblissement du PCF n’a rien d’irréversible. Il est entièrement à la portée des militants du parti de reconstruire son influence et son implantation dans le mouvement syndical, chez les jeunes et chez les travailleurs en général. Mais pour cela, il est nécessaire de revenir aux idées fondamentales du communisme – aux idées du marxisme révolutionnaire.

La Riposte
Octobre 2007
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /2007 10:05
1 - Le « modèle » de la Révolution d’octobre n’est nullement périmé. Lénine et le parti bolchevik ont donné l’exemple de leur capacité à mobiliser les masses populaires non sur le programme de leur propre parti mais sur une stratégie de conquête des masses conjoncturellement appuyé sur un programme transformateur extérieur à sa doctrine et son identité.

a) Lénine s’est rallié dès avril 1917 à un programme de prise du pouvoir politique par les soviets, forme inédite de pouvoir direct des masses politisées, tout à fait extérieure à la tradition bolchévik. Et ceci alors que les soviets étaient encore très largement dominés par les forces politiques et sociales petites-bourgeoises. Rien n’est plus étranger à la démarche léniniste que l’illusion que le parti communiste est capable de peser sur l’évolution de la société, voire d’en changer le cours, en s’appuyant sur ses seules forces, surtout quand elles sont très minoritaires (comme c’était le cas en avril 1917) et sur le seul pouvoir de conviction des seules idées communistes. Naturellement, en s’immergeant totalement dans le mouvement populaire, même initié par d’autres, les communistes ne renoncent pas à leurs idées et  à gagner la masse du peuple à des solutions progressistes et/ou révolutionnaires. Même si le processus en 1917a été extraordinairement accéléré par le contexte de la guerre, et donc non transposable, la démarche léniniste reste une leçon pour aujourd’hui.

b) En novembre 1917 Lénine a adopté purement et simplement le programme des socialistes-révolutionnaires sur la question de la terre (ainsi qu’il s’en explique dans son discours sur le décret sur la terre) à la place de celui des bolchéviks. Ainsi a-t-il pu organiser le front de classe qui a permis de renverser non le capitalisme mais le pouvoir de la bourgeoisie.

2 - L’étatisation généralisée de l’économie n’était absolument pas le projet des bolchéviks en novembre 1917. Leur démarche était celle de la construction du « contrôle ouvrier ». C’est la désertion généralisée des dirigeants bourgeois de l’économie et des cadres des entreprises qui a précipité la Russie dans le « communisme de guerre » dès les premiers mois de 1918. Lénine s ‘en est longuement expliqué quand il a initié la NEP au début de 1920. Hors jeu dès 1922 il n’a pas eu le temps de mesurer le risque qu’une réussite de la NEP faisait peser à terme sur le pouvoir prolétarien (ce qui se passe aujourd’hui en Chine en donne une idée), comme l’avait bien vu Trotski. Le « grand tournant » de Staline en 1927-1929 est le retour à un communisme de guerre qui installa pour cinquante ans l’URSS dans une économie de guerre. Il s’explique par la difficulté du régime face à la pression interne des forces économiques et sociales capitalistes, acculant le régime à la fuite en avant. Une telle étatisation de l’économie est impensable dans les pays industriels développés et se situe aux antipodes de « l’économie mixte à forte participation publique » justement mis en avant par le PCF.

3 - Le régime du parti unique, ou même du parti guide entouré de quelques compagnons de route totalement alignés, n’est absolument pas consubstantiel à un régime progressiste. Ici encore c’est la désertion des forces politiques de la gauche transformatrice qui a précipité le régime des soviets dans le monopartisme. Lénine a fait tous les efforts humainement possibles pour maintenir une alliance de gouvernement avec les SR de gauche voire avec les mencheviks internationalistes, et ceci sans faire l’impasse sur les affrontements théoriques et politiques. Contrairement aux thèses de Shapiro et de toute l’école dite du « totalitarisme » communiste, la disparition du pluralisme politique a été le résultat des circonstances et non de la visée primitive des « ennemis de la société ouverte », de Platon à Lénine, via Rousseau et Marx. Accoucheuse des révolutions la guerre est aussi responsable de leurs dégénérescence. Telle demeure la validité de la notion trotskienne de « thermidor soviétique » même si l’interprétation me semble devoir en être profondément modifiée. En tout cas la  vraie fidélité au léninisme consiste à organiser les indispensables convergences  avec des forces politiques très différentes des communistes dans la conquête des pouvoirs et leur exercice. Hors de cette démarche il n’y a que repliement sur un pré carré de plus en plus étroit et en définitive impuissance à changer la société et changer dans la société.
  
4 - La caporalisation de la société n’est pas davantage consubstantielle à une société orientée vers le progrès démocratique et social. C’est l’absence de bases démocratiques dans la société russe de 1917 qui a entraîné une quasi immédiate dégénérescence des soviets et transformé ceux-ci dès 1918 en courroie de transmission passive des orientations du parti bolchevik. L’absence de démocratie a été imposée aux bolcheviks par les rudes nécessités de la guerre civile, puis de la reconstruction économique, puis surtout de la collectivisation. Mais celle-ci a été menée de façon totalement dictatoriale et très violente. Boukharine avait très bien vu que la violence à l’encontre de la masse des paysans (et non des seuls koulaks, contrairement à la légende dorée), souhaitée et approuvée de son exil par Trotski, entrainerait la violence envers la masse du peuple puis envers le parti lui-même jusqu’à priver le socialisme de la dimension démocratique qui, selon Marx, est consubstantielle à l’émancipation des travailleurs qui ne peut être que « l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Pouvait-il en être autrement ? Personne ne peut le dire car il n’y a pas de contre-épreuve en histoire. Pour ma part j’en doute et je tends à penser que Trotski aurait fait la même chose que Staline. Quant à Boukharine aurait-il été le Teng Hsiao Ping de la révolution russe ?

Par delà les horreurs de la répression de masse qui est une réalité historique et pas seulement une invention anti-communiste, cette absence de démocratie, conjuguée à l’extraordinaire dureté des conditions matérielles, a conduit a une désaffection silencieuse mais très large envers le pouvoir soviétique qui n’a été très largement populaire que pendant la brève période où il a su incarner la résistance nationale à l’agression étrangère.

5 - Dès que les terribles contraintes associées à la période de Staline ont été desserrées les exigences sociales se sont à nouveau affirmées et à terme le régime s’est effondré comme la coquille vide qu’il était devenu. Jamais au cours de l’histoire depuis Constantin une idéologie n’avait cédé aussi vite la place à une autre qui niait totalement la précédente. Jamais au cours de l’histoire un système social ne s’est effondré avec aussi peu de résistance de ceux dont il était censé défendre les intérêts et les conquêtes. Et il en a été de même des autres pays socialistes (mis à part à part la résistance de la Securitate, triste parodie roumaine d’une résistance populaire). Contrairement aux analyses typiquement idéalistes qui expliquent la chute du communisme soviétique par « la défaite dans la bataille des idées » cette chute s’explique à la lumière des géniales anticipations de Marx sur la chute d’un régime social quand il a épuisé ce qu’il pouvait avoir de vertus historiquement nécessaires. Sans doute la terrible pression de la guerre chaude puis froide a-t-elle créé les conditions de son effondrement mais celui-ci n’a été possible qu’à cause de sa croissante faiblesse interne. En paraphrasant la célèbre controverse historique sur l’assassinat ou le suicide de l’Empire romain on peut dire que le régime soviétique est mort par suicide plus que par assassinat.

6 - La triste confirmation de cette analyse est dans l’évidence que nulle part dans les ex pays socialistes (sauf dans ceux qui avaient préalablement une forte classe ouvrière et une vraie tradition démocratique, au moins relative, la République tchèque et l’est de l’Allemagne) il ne s’est dégagé de force politique exprimant une forme de regret de l’ancien régime. Partout les anciens apparachiks du communisme sont devenus les plus zélés et parfois les  plus chauvins des partisans du capitalisme sauvage et de l’alignement sur l’OTAN. Partout (sauf en République tchèque et à l’est de l’Allemagne) les partis réputés héritiers du communisme sont devenus des groupes populistes et/ou nationalistes comme en Russie et plus souvent des groupuscules sans audience.

7 - Le fonctionnement réel du système soviétique a été le contraire même de ce que le marxisme avait supposé (vaguement) pouvoir être les caractéristiques du socialisme victorieux et du communisme mis en œuvre. Au lieu de la mobilisation et de la souveraineté des masses il a institué le pouvoir d’un seul. Au lieu de l’administration des choses par en bas il a institué le gouvernement d’en haut par des chefs non responsables devant leurs mandants. Au lieu du dépérissement de l’Etat il a institué son omnipotence. Au lieu de la libération du travail il a institué son asservissement, très imparfaitement compensé par quelques appréciables avancées sociales. Au lieu de l’épanouissement des individus il a institué leur aliénation. Au lieu de la libération de la culture il a institué son asservissement. Au lieu de la société sans classe elle a institué un nouveau pouvoir de classe (et pas seulement de caste comme le pensait Trotski) dans les formes originales d’un capitalisme d’Etat fondé non sur la propriété individuelle des moyens de production mais sur l’exploitation du travail au profit d’une minorité de détenteurs du pouvoir d’Etat.

8 - Pour autant je ne crois pas qu’on puisse employer sans précautions, comme le fait le PCF, le terme d’ « échec » du « socialisme » soviétique. Le modèle soviétique, plus ou moins identifié à l’œuvre de Staline, était fondé sur la modernisation culturelle, économique et sociale d’un immense pays retardataire par l’application d’un despotisme éclairé de type moderne. Cette tâche historique a été accomplie grâce à la mobilisation des ressorts les plus archaïques de la motivation politique, en particulier le nationalisme russe. Le régime soviétique a mis en œuvre une « accumulation socialiste primitive » comme aucune révolution capitaliste, sauf peut-être au Japon, n’avait pu le faire en une période de temps aussi courte. En ceci il a réalisé la tache historique que la bourgeoisie a été incapable de réaliser en beaucoup d’endroits du tiers monde : arracher à marches forcées un pays à la gangue de la misère et du sous-développement. Et ceci n’est pas une mince réussite.

9 - Comme n’a pas été mince la signification de l’exemple du régime soviétique, forme sui generis de société, non socialiste mais néanmoins antagoniste avec le capitalisme. La crainte de cet exemple a glacé et parfois tétanisé les élites capitalistes, comme il a exalté les combats prolétariens dans un petit nombre de pays . Il a bien été le « spectre » qui a hanté l’Europe et le monde capitaliste. Mais sa vraie signification n’était pas ce pour quoi il se donnait et ce pour quoi il était reçu par les protagonistes de la lutte des classes. Le fait que l’existence du régime soviétique ait été un point d’appui pour les luttes transformatrices dans le monde capitaliste ne dispense pas d’une analyse critique de sa signification historique.

10 - Plein de signification a également été l’existence du régime soviétique pour les combats nationaux émancipateurs des pays du Tiers-Monde. Non par l’aide effective apportée à ces combats (souvent très faible, mais parfois décisive en certaines circonstances comme en 1956) mais parce que la révolution russe avait donné l’exemple de l’émancipation envers les pays impérialistes. Le communisme national de la Chine, du Viet-Nam, de Cuba, de tous les mouvements de libération qui ont hésité aux abords du communisme ont d’abord été des patriotismes, voire des nationalismes, pouvant virer au nationalisme le plus réactionnaire, au sens propre du terme (Cambodge). Pareillement le fond du stalinisme a été un patriotisme russe parfois tournant au chauvinisme grand-russe, (déjà perceptible dans les débats à la direction du parti bolchévik en 1921).

11 - Toutes les réalisations du régime soviétique ont été accomplies au milieu de souffrances gigantesques, comparables à toutes les horreurs de la généralisation mondiale du mode de production capitaliste (même si Staline et ses lieutenants y ont apporté leur touche personnelle). La vulgate krouchtchevienne de 1956, reprise par le PCF, et dont le gorbatchevisme a été le dernier feu,  était que le stalinisme était une « déviation » maladive (aux raisons d’ailleurs non identifiées) sur le corps sain d’un socialisme authentiquement progressiste. Il n’en était malheureusement rien et le stalinisme était indissociable d’une « révolution » qui n’était pas ce pour quoi elle se donnait. D’une certaine façon le « socialisme » a balayé (incomplétement comme on le constate aujourd’hui) les stigmates russes d’un archaisme pré-capitaliste pour préparer une révolution capitaliste fondamentale. En ce sens le capitalisme est bien le stade suprême du « communisme » soviétique qui l’a méthodiquement préparé en son sein. Les succès, immenses, du régime soviétique n’avaient donc rien à voir avec quoi que ce soit qui ressemblât au « socialisme », encore moins au « communisme » ou même à l’émancipation humaine tout court.

Pierre Saly
Section du 5e arrondissement
http://pcf5.over-blog.fr/
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /2007 06:03
Dans le cadre du débat préparatoire à l'assemblée des délégués des sections prévue en décembre, la section d'Hénin-Beaumont du PCF, réunie hier soir en comité de section, a adopté à l'unanimité la motion présentée par la section de Rouvroy.

Communistes adhérents et militants du Parti communiste français de la section d’Hénin-Beaumont (62), nous déplorons la faillite idéologique, stratégique et politique de la direction nationale, qui s’enfonce dans son impasse et ses erreurs, et notamment :

Son refus d’assumer sa responsabilité des 1,9 % des présidentielles par son refus de changer l’équipe de direction en place en préalable à tout débat.

Son choix du déroulement de l’assemblée des délégués des sections de décembre : organisation des débats le plus souvent par des personnalités extérieures au parti, objectif de liquidation du PCF sur des bases sociétales et réformistes, absence d’un vote clair des adhérents sur les différentes orientations possibles, manque de temps pour débattre sereinement et collectivement.

Sa déliquescence et sa désunion au sommet, dans un climat de guerre de succession annoncée, et symbolisée par l’absence de texte de base commune de discussion.

Nous souhaitons mener le combat :

Pour un PCF sûr de son projet de rupture avec l’ordre capitaliste et structurellement autonome des autres partis ou mouvements politiques,

Pour un vrai débat entre communistes, pour refonder un projet révolutionnaire alternatif à celui de la droite et de la social-démocratie,

Pour un parti communiste démocratique,

Pour un parti ouvert sur les aspirations de notre peuple et ancré dans les luttes,

Pour un parti fier de son héritage, de ses positions historiques et de son action.

La direction de section d’Hénin-Beaumont (62), (ordre alphabétique) :

Aymeric ASSEMAN, Jean CANAZZA, Jean-Paul GLORIEUX, Michel GOUVERNEUR, Dominique LECOMTE, Yves MASCARTE, Charles NOËL, David NOËL, Christian OPIGEZ, Marie-Serge OPIGEZ
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /2007 18:34
Ces dernières semaines, le conflit autour des régimes spéciaux a relancé le débat sur l'avenir des retraites. Présentées au nom de l'équité, les mesures du gouvernement visent à appliquer aux salariés des régimes spéciaux celles prises contre les salariés du privé et contre les fonctionnaires, comme si une injustice pouvait être supprimée en la généralisant.

Ces mesures ont d'abord aggravé les inégalités pour toutes les personnes aux carrières heurtées. Les femmes, qui ont déjà des pensions en moyenne inférieures de 40 % aux hommes, sont particulièrement touchées par l'allongement de la durée de cotisation et par les effets très pénalisants de la décote. En effet, à ce jour, seulement 39 % des femmes retraitées ont pu valider 37,5 ans contre 85 % des hommes. Sont touchés d'une manière générale les chômeurs, précaires, petits boulots, temps partiels, et les jeunes générations qui débutent plus tard dans la vie active.

Depuis 1994, pour les salariés du secteur privé, ces mesures entraînent, selon le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC), une baisse du pouvoir d'achat de la retraite du régime général de 0,3 % par an et de 0,6 % par an de la retraite complémentaire, celui de la retraite des fonctionnaires baissant de 0,5 % par an. Ces baisses devraient se poursuivre dans le futur et le décrochage par rapport aux salaires s'accentuer. Ainsi, entre 2003 et 2030, le salaire réel moyen devrait progresser de 56 % contre 9 % pour les retraites du secteur privé. Devons-nous considérer ces évolutions comme inévitables face aux évolutions démographiques ?

Il est indéniable que le nombre de retraités va augmenter de façon importante ces prochaines années. La question préalable, que le gouvernement se garde bien de poser, est la suivante : s'il doit y avoir plus de retraités, ce que personne ne conteste, faut-il, oui ou non, leur consacrer une part plus importante du revenu national ?

La part des retraites est aujourd'hui de 12,5 % du PIB. Si nous voulons maintenir le niveau des pensions par rapport aux salaires, elle devrait passer, selon le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) de 2001, à 18,5 %. Doit-on partir du postulat qu'une telle augmentation n'est pas supportable par l'économie française ? Pourtant la part des retraites a augmenté de plus de 7 points de PIB depuis 1950, sans provoquer de cataclysme.

Il s'agit donc de poursuivre dans l'avenir un effort similaire à ce qui a été fait ces dernières décennies. Le COR note d'ailleurs le faible impact financier, estimé à 0,3 point de PIB, d'un retour aux 37,5 annuités pour le secteur privé.

Pour couvrir cette évolution, il faudrait, toujours selon le même rapport, dans le pire des cas, une augmentation de 15 points du taux de cotisation à l'horizon 2040, soit 0,37 point par an. Il est difficile de croire qu'une telle augmentation pourrait mettre toute l'économie à terre. De plus, comme le note le rapport de janvier 2007 du COR, qui s'appuie sur les dernières projections de l'Insee, les perspectives démographiques se sont notablement améliorées depuis les précédentes estimations. Les besoins de financement en seront donc diminués d'autant. On le voit, le catastrophisme n'est pas de rigueur.

En tout état de cause, aucun nouvel allongement de la durée de cotisation ne peut se justifier. Le récent rapport du COR de novembre 2007 indique que le besoin de financement supplémentaire des retraites, avec la réglementation actuelle, ne serait que de 1 point de PIB en 2020, c'est-à-dire moins que la marge d'erreur des projections économiques sur la période, et seulement de 1,7 point à l'horizon 2050 ! Pourtant le gouvernement a annoncé son intention d'augmenter encore en 2008 la durée de cotisation pour tous les salariés, du privé comme du public, le Medef proposant carrément de la porter à 45 ans.

Une vision catastrophique est d'autant moins fondée qu'un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse créée dans les entreprises, est tout à fait envisageable. Il n'est pas acceptable de considérer comme pérenne la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu ces dernières années (près de huit points), alors que, dans le même temps, la productivité du travail a continué de croître fortement (plus de 50 % en vingt ans).

Un tel rééquilibrage de la part des salaires, qu'une augmentation des cotisations patronales peut amorcer, aurait d'ailleurs des effets neutres sur la compétitivité des entreprises s'il était compensé par une baisse des dividendes versés aux actionnaires.

On le voit, des solutions existent, mais le gouvernement refuse même de les envisager. Ne restent plus alors que des mesures hypocrites et dangereuses, comme l'augmentation de la durée de cotisation. Hypocrite, car, au vu de l'état du marché du travail, il sera de plus en plus difficile de cumuler les annuités requises pour avoir une pension à taux plein. Les entreprises se débarrassent de leurs salariés bien avant 60 ans (6 salariés sur 10 sont hors emploi au moment de liquider leur retraite), les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n'arrivent déjà pas à réunir le nombre d'annuités demandé. L'augmentation de la durée de cotisation se traduira donc en pratique par une retraite réduite pour le plus grand nombre. Seuls ceux qui en auront les moyens pourront, à leurs risques et périls, se tourner, avec des assurances privées, vers la capitalisation, augmentant ainsi l'iniquité au lieu de la réduire.

Dangereuse, car elle reviendrait à rompre le contrat entre générations. Si les actifs paient les pensions des retraités, en contrepartie, les salariés âgés laissent leur place sur le marché du travail aux nouvelles générations. Cette exigence est d'autant plus forte que le chômage de masse perdure. Décaler l'âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que de payer des retraites.

C'est dire que la lutte des salariés des régimes spéciaux renvoie à des problèmes fondamentaux. Ils refusent la perspective d'un alignement sans fin vers le bas de la protection sociale. Butte témoin d'une époque où le mot réforme était synonyme de progrès social, ils sont voués à la vindicte et à la hargne de ceux qui considèrent que hors du CAC 40, point de salut.

Ils refusent la logique en trompe-l'oeil du "travailler plus" alors même que les conditions de travail dans les entreprises se détériorent sans cesse et que la souffrance au travail se développe avec l'apparition de nouvelles pathologies. Bref, ils portent un combat porteur d'avenir qui pose la question de la place du salariat dans son rapport au capital et à la logique du profit.

Jean-Marie Harribey est coprésident d'Attac.

Pierre Khalfa est secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires.
Par David NOËL - Publié dans : Débats - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /2007 07:05
drapeaupcf.jpg Ce week-end se tiendra l’Assemblée extraordinaire du PCF, à la Grande Arche de la Défense (92). Les militants communistes de La Riposte participeront activement aux débats. Il y aura, dans l’Assemblée elle-même, des délégués communistes qui défendent nos idées marxistes.

L’affaiblissement de la base électorale du PCF – et de son influence en général, dans le mouvement ouvrier – suscite de profondes interrogations chez les militants communistes. Nous voulons rappeler ici, de façon synthétique, quelques unes des principales idées de La Riposte sur le parti et son programme.

1. Au lendemain du revers électoral de 2007, les éléments les plus droitiers de la direction du PCF ont intensifié leur campagne en faveur de la dissolution du parti. De nombreux dirigeants considèrent la « forme parti » comme dépassée et inutile. La Riposte est résolument hostile à cette tendance liquidationniste. Le parti est l’instrument indispensable à l’élaboration, à la défense et à la propagation de notre programme et de nos idées, ainsi qu’à l’organisation pratique de notre activité politique en général. Certes, l’existence du parti ne suffit pas. Il faut aussi que son programme, ses idées et sa stratégie soient corrects. Mais pour que ces questions soient discutées démocratiquement par les militants communistes, il faut une organisation – un parti.

2. Contrairement à une idée largement répandue, parmi les dirigeants du PCF, les causes de son déclin ne sont pas à chercher en dehors du parti – dans la situation objective ou dans de prétendues « mutations sociologiques ». Ces causes sont internes, et la principale tient dans le caractère réformiste du programme actuel du parti.

Le programme du parti a été progressivement vidé de toute mesure susceptible de remettre en cause la propriété capitaliste des banques, des grands groupes industriels et de l’économie en général. Il ne contient presque aucune nationalisation. Il se limite à des taxes, des prélèvements, des amendes, des augmentations de salaire, etc., mais ne propose aucune alternative au capitalisme. Ce réformisme « anti-libéral » constitue, en substance, un abandon du socialisme et un ralliement à l’économie de marché, c’est-à-dire au capitalisme.

3. L’expérience de la participation gouvernementale des dirigeants communistes – avec le blocage des salaires, les fermetures et la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans les bassins industriels (sidérurgie, charbonnages) en 1983-84, puis les privatisations sous Jospin – a démoralisé et désorienté la base du PCF et miné sa position électorale. Elle a convaincu les travailleurs que la politique du PCF n’est pas fondamentalement différente de celle du PS. Ce que l’électorat socialiste tolère, en grinçant des dents, de la part des dirigeants du PS, l’électorat communiste ne le tolère pas de la part du PCF. Un parti « communiste » qui privatise ne sert à rien, si ce n’est à démoraliser son propre camp.

4. Le programme du PCF doit s’attaquer au cœur du capitalisme. Il faudrait mener une campagne vigoureuse pour faire comprendre la nécessité impérative de briser l’emprise des capitalistes sur l’industrie, le secteur bancaire, les assurances, l’agro-alimentaire et la grande distribution – c’est-à-dire de nationaliser cette infrastructure économique et de la placer sous le contrôle démocratique des salariés. Une campagne de ce genre aurait un impact important sur la conscience politique des millions de personnes qui sont aujourd’hui touchées de plein fouet par la politique de la droite et du patronat.

Cela ne signifie pas, bien évidemment, que le mouvement communiste ne doit pas présenter un programme de revendications « immédiates » dans les domaines économique et social. Bien au contraire : le PCF se doit d’être en première ligne de tous les combats pour l’extension des droits, la défense des acquis et l’amélioration des conditions de vie des salariés, de la jeunesse, des chômeurs et des retraités. La nécessité du socialisme doit être expliquée en la mettant en rapport avec ces luttes concrètes. Par la popularisation du programme et des idées du socialisme révolutionnaire, le PCF et le MJCF contribueraient grandement à l’éducation politique des travailleurs et des jeunes, leur donneraient un programme, un projet de société, un but, une alternative claire au capitalisme.

La Riposte
Vendredi 7 décembre 2007
Par David NOËL - Publié dans : Débats
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