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L'affaire Dalongeville

Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 10:30

Residence-Leon.jpg |  LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ |

Une affaire qui n'en finit pas... Alors qu'hier après-midi les magistrats financiers d'Arras semblaient refermer officiellement l'affaire de gestion de fait des avions-taxis à travers un jugement essentiellement sévère pour Gérard Dalongeville et Guy Mollet, l'ancien maire d'Hénin a vite mis de l'huile sur le feu. Commentant le jugement de la CRC, il a affirmé posséder les preuves que certains déplacements aériens au Luxembourg étaient liés au financement du PS 62.

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

Dans cette emblématique affaire des avions-taxis qui fut la première à être mise en exergue dans le dossier d'Hénin-Beaumont, la justice financière a logiquement pris son temps pour être rendue. Mais, hier après-midi, c'est en une poignée de secondes qu'elle aura été lue dans une salle d'audience où seul Claude Chopin s'était déplacé.

Pas de surprise puisque, dans la lignée des réquisitions, les peines finales ont peu varié. En ce qui concerne le montant des vingt vols posant problème, soit 101 512,85 €, il n'y avait aucun suspense. Ces sommes réputées « irrégulièrement extraites », les quatre gestionnaires de fait des deniers municipaux héninois (Gérard Dalongeville, Guy Mollet, Claude Chopin et la société ATS) auront à la rembourser à la municipalité conjointement et solidairement (le débet d'ATS étant, lui, calculé sur la base de 91 015,60 €). Une somme « augmentée des intérêts au taux légal à compter du 22 septembre 2009 » qui sera partagée entre les comptables de fait par « parts viriles », terme juridique désignant un partage égal, opéré par tête.

Outre le débet attendu, les mis en cause (excepté ATS) ont été condamnés à des amendes pour « immixtion dans la fonction de comptable public ». Gérard Dalongeville écope de 15 000 €, Guy Mollet de 13 000 € alors que les juges ont fait preuve de mansuétude pour Claude Chopin, condamné à 4 000 €, une somme en deçà des réquisitions. Un geste récompensant sans doute la bonne volonté manifestée par l'ex-grand argentier héninois tout au long de la procédure... Hier, Claude Chopin, apparemment fort affecté, choisira de se dérober aux questions des journalistes. Quant à Guy Mollet, joint par téléphone, celui qui fut passager des 20 vols incriminés ressasse sa version des faits : « Moi, j'ai tout fait sur ordre de Dalongeville et je le montrerai. Faut voir comment il me cassait les pieds toute la journée à propos de Léon à coup de SMS... Si j'en ai profité pour mes affaires ? Ben, c'est vrai qu'entre Carcassonne et Léon il n'y a que 150 km, c'était bien pratique pour moi... Mais quand je partais au Luxembourg, c'était toujours pour rencontrer des gens qui devaient financer Léon... On a "morflé" à cause de Dalongeville et je regrette que Claude Chopin ait été impliqué là-dedans. C'est le dindon de la farce... » Changement de ton du côté de Gérard Dalongeville. Si l'Héninois "exilé" dans les Vosges explique « assumer ses responsabilités d'ordonnateur dans le dossier des avions-taxis », il avance que ce jugement fera jurisprudence « car des maires réfléchiront à deux fois avant de confier une délégation de signature et de pouvoir à un adjoint »... Rappelant d'autres jurisprudences politiques en matière de gestion de fait, Gérard Dalongeville déplore avoir à subir une sanction financière disproportionnée car « je n'ai jamais profité une seule fois de ces factures ». Ce dont, paradoxalement, les juges prennent acte... Mais il profite surtout de ce jugement pour balancer un nouveau pavé dans la mare. Et annonce qu'avec son avocat, Philippe Mathot, l'Héninois compte saisir la justice sur le but de certains déplacements aériens au Luxembourg de son ex-premier adjoint, Claude Chopin : « Je dis avec gravité que ces déplacements au Luxembourg sont liés au financement du PS et je démontrerai cela devant la justice ! » Cela ressemble furieusement à un second coup de semonce !

Légende photo : C'est en destination de la résidence de Léon qu'étaient a priori affrêtés les vols d'ATS. Juste a priori....


Source : La Voix du Nord
Mercredi 25 janvier 2012

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 10:30

Avocat-affaire-avions-taxis.jpg |  ON EN PARLE |

Le clap de fin s'abattra, le 24 janvier, sur ce premier volet de l'affaire héninoise. Celui qui concerne les avions-taxis. Avec, en en toile de fond la résidence de Léon, les incroyables sauf-conduits longtemps délivrés à Guy Mollet, et une conception de la gestion municipale largement en dehors des clous. Hier, les réquisitions des juges financiers tournaient autour des contributions et pénalités des quatre gestionnaires de fait et ont été impitoyables pour MM. Dalongeville et Mollet.

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

De la bande des trois qui, depuis le 9 avril 2009, ont vu leur vie réglée à la cadence de la machine judiciaire, seul Claude Chopin avait fait le déplacement jusqu'à la chambre régionale des comptes. Gérard Dalongeville, représenté par son nouvel avocat, Maître Philippe Mathot, tout comme Guy Mollet, n'ayant quant à lui pas donné signe de vie, n'auront donc pas assisté à cette avant-dernière comparution. Celle touchant directement à leur porte-monnaie puisqu'il s'agissait, ce mardi, de déterminer la somme qu'aura à rembourser, à la ville d'Hénin-Beaumont, chacun des quatre gestionnaires de fait. Ce qu'en termes ad hoc, on appelle le débet.

Pour mémoire, le fond de cette affaire concerne une somme de 101 512,85 € correspondant à 20 vols dont 16 mandats fictifs « aux énonciations fallacieuses ou imprécises ». Une affaire d'« extraction irrégulière de deniers publics » présumée par le rapporteur de la Chambre, rappelant ces vols a priori destinés à suivre la vente de la résidence landais de Léon « mais qui auront surtout servi les intérêts personnels de Guy Mollet ». Un ex-homme d'affaires considéré comme ayant eu un rôle central dans cette affaire, « l'âme et l'instigateur de ce système » ayant étonnamment bénéficié d'un « mandat occulte ». Quant à Gérard Dalongeville, guère plus de mansuétude pour celui qui, en juin 2010, a laissé l'image de quelqu'un ayant fait preuve « d'une totale mauvaise foi sur ce dossier ». Et le magistrat de rappeler : « Il dit ne pas avoir été mis au courant de ces pratiques alors que le comptable public lui a écrit par deux fois pour l'alerter ! » Quant à Claude Chopin, on lui sait gré « d'avoir reconnu son entière responsabilité dans la signature des différents mandats » comme d'avoir été le seul des protagonistes à avoir produit un compte de la gestion de fait, Côté porte-monnaie, le rapporteur s'étonnera que l'ex-maire d'Hénin se soit dispensé de remplir une déclaration de revenus pendant un certain nombre d'années, et que, de 2005 à 2008, 113 400 € en liquide aient pu être versés sur le compte-joint du ménage. « Des concours financiers familiaux » complétera l'avocat de l'ancien maire, Me Mathot. « Aujourd'hui il vit avec 1 400 € mensuels, c'est tout ! » Mêmes remarques acerbes pour Guy Mollet, ses comptes en Suisse et au Luxembourg, ou la curieuse kyrielle de chèques prodigués par des entreprises héninoises. D'où, à l'heure des réquisitions, une facture plus salée présentée à ces deux-là. En ce qui concerne la gestion de fait par elle-même, l'équité des chiffres fixe la « douloureuse » à 26 252,83 € pour les 3 protagonistes et 22 353 € pour ATS. Mais, côté amendes, le procureur financier préconisera 15 000 € pour MM. Dalongeville et Mollet, et 5 000 pour Claude Chopin. Une facture totale que Me Crunel, conseil de M. Chopin, espère encore faire baisser, demandant la réduction de l'amende à 1000 € et le retrait de deux factures de vols « eux bien au profit de la Ville » repositionnant le débet total à 77 859, 60 €.

Légende photo : Dans deux semaines,  la facture sera présentée aux quatre mis en cause.


Source : La Voix du Nord
Mercredi 11 janvier 2012

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 10:30

Dalongeville-CRC-avions-taxis.jpg |  ON EN PARLE |

Un bon mois après une première audience avortée, Gérard Dalongeville et Guy Mollet se retrouvaient, hier après-midi, face à face devant les magistrats de la Cour des comptes où l'affaire de gestion de fait des deniers de la commune d'Hénin concernant les avions-taxis était jugée en appel. Les couteaux étaient, comme prévu, de sortie...

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr
PHOTO ARCHIVES ÉMILIE DENIS

Pas déçu des retrouvailles avec celui qui fut antan le promoteur numéro un de son image, Gérard Dalongeville... Après de nombreuses années de collaboration efficace avec Guy Mollet, les rapports entre les deux hommes avaient déjà, depuis avril 2009, pris une saveur amère. Celle du désamour.

Avant de basculer progressivement dans quelque chose de plus puissant.

Hier après-midi, tous deux se retrouvaient devant la Cour des comptes en appel du jugement prononcé l'an passé par les magistrats arrageois de la CRC.

Claude Chopin, présent voici un mois lors de l'audience avortée, n'était cette fois-ci pas au rendez-vous... Des magistrats qui auront pris à froid Gérard Dalongeville en rejetant d'entrée de jeu sa demande le sursis à exécution de la prise hypothécaire qui lui avait été signifiée voici un an... Pas plus de chance pour l'ancien maire d'Hénin (ne bénéficiant pas plus que Guy Mollet de l'assistance d'un avocat), lorsqu'il tente de soulever l'incompétence de la Chambre des comptes... D'autant que les réquisitoires du rapporteur comme du procureur financier seront accablants concernant cette affaire qui, rappelons-le, tourne autour d'une vingtaine de déplacements en avion-taxi aux frais de la Ville pour quelque 101 512,85 €... Une somme pour laquelle MM. Dalongeville, Mollet et Chopin avaient été déclarés conjointement comptables de fait en juillet 2010 par les magistrats de la CRC. Et même si l'ancien maire, ne niant pas un instant la gestion de fait, reconnaîtra avoir été défaillant et négligeant, il n'en démord pas : il a été abusé par Claude Chopin. Une tactique qui fera pester à plusieurs reprises Guy Mollet taxant son ancien ami de lâche et menteur dans sa volonté d'accabler l'ex-adjoint aux finances, à la santé désormais bien précaire.

Écoutes téléphoniques

Et Guy Mollet de faire monter la tension d'un cran en faisant état de lettres exonérant Gérard Dalongeville expliquant qu'elles ont été dictées sous la menace par trois personnes armées et cagoulées. Et d'aller encore plus loin en affirmant avoir reçu des appels, apparemment aujourd'hui entre les mains de la justice dans le cadre d'écoutes téléphoniques, dans lesquelles l'ancien maire lui promettait une somme de 110 000 € s'il le dédouanait et se désignait comme l'unique responsable des faits. Stupéfaction chez les magistrats et suspension de séance... Électricité dans l'air pendant l'interruption des débats... Et retour tonitruant des magistrats acculant Gérard Dalongeville dans ses retranchements. Lui qui clame depuis le début n'avoir pas signé de « service fait » concernant les déplacements en avion-taxi, reconnaît, à la demande des juges, avoir néanmoins signé les factures. « Mais à quoi cela servait-il de signer ces factures ? » s'étonneront les magistrats. Un ancien maire se plaignant de ne trouver dans le dossier de la Cour des comptes que des pièces à charge et non pas celles à décharges comme les témoignages de deux chefs de service de la Ville le dédouanant quelque peu... mais qui ne pipe mot lorsque, après avoir asséné encore et encore que le dossier de Léon et des avions-taxis était de la seule responsabilité de Claude Chopin, il entend Guy Mollet rétorquer : « C'est faux ! Le dossier de Léon c'était lui et uniquement lui qui s'en occupait, c'était même sa chasse gardée ! »Rendez-vous en septembre pour connaître la décision des magistrats parisiens.


Source : La Voix du Nord
Vendredi 22 juillet 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 10:30

Dalongeville-6-copie-1.jpg La seconde partie du mois de mars 2009 prend un caractère beaucoup plus virtuel que depuis le début des tractations entre José Lefrère et ses nouveaux partenaires héninois, Gérard Dalongeville et Jean-Marc Bouche.

Alors que Lefrère, voyant la date de son départ au Maroc se rapprocher, multiplie la pression, Gérard Dalongeville semble, lui, avoir d'autres chats à fouetter.

Politiquement, le maire d'Hénin-Beaumont est désormais en guerre ouverte avec sa première adjointe Marie-Noëlle Lienemann et, alors que le moment stratégique du vote du budget 2009 approche, il met au point sa mise à mort. Qui correspondra, il le sait, avec une nouvelle entrée en dissidence par rapport au PS. Mais il a déjà vécu ce genre de péripétie et sait pertinemment que la période de froid n'aura qu'un temps... Plus gênantes sont toutefois les nouvelles selon lesquelles le préfet du Pas-de-Calais pourrait être amené à le suspendre pour sa gestion de plus en plus erratique malgré la pression constante mise par la chambre régionale des comptes.

Autrement dit, Dalongeville a la tête ailleurs et, pour l'instant, le projet marocain est le moindre de ses soucis. Même si, matois comme il sait tant l'être, le maire d'Hénin-Beaumont tente de rassurer périodiquement le Béthunois. Par SMS interposés, bien évidemment !

« José, j'ai fait un prêt et j'attends le retour, mais pour moi c'est oui depuis ce lundi. Amitiés ! », lui écrit-il le mercredi 25 mars.

Trois jours plus tard, il continue de donner du temps au temps : « Je te l'ai dit, c'est OK et au plus tard le mardi 31 mars. Amitiés ! »

Sauf que, amitiés ou pas, le 31 rien ne tombe et, les jours suivants, il repousse une nouvelle fois l'échéance : « Tu pourras toujours compter sur moi... Ce sera mardi ou mercredi au plus tard ! » Le rendez-vous est donc fixé le 6 ou 7 avril dans la fameuse banque d'Auby. Sauf que, à son corps défendant, Gérard Dalongeville ne pourra honorer son rendez-vous puisque, après un conseil municipal aux allures de véritable cauchemar, le 6 avril, il est placé en garde à vue le 7 au matin... « Ce contrat, il l'avait vraiment signé puisque les enquêteurs ont trouvé les pièces officielles dans une sacoche chez Jean-Marc Bouche. Ce mercredi-là on devait aller dans cette fameuse banque d'Auby pour récupérer deux chèques de 10 000 € d'acompte faits pas MM. Dalongeville et Bouche... » Une interpellation vécue comme une véritable catastrophe par Jean-Marc Bouche, bien placé pour savoir ce qu'il risquait si la pelote de l'affaire héninoise était déroulée... Mais, pour autant, le Montignynois ne lâche pas prise sur le dossier marocain. Le 9 avril, il reçoit Lefrère chez Deberdt pour évoquer la mise en examen du maire d'Hénin.

Et, le lendemain matin, Bouche, quelque peu « dans le gaz » après une nuit passée « sous médocs » confirme par téléphone les plans initiaux en laissant entrevoir que la compagne du maire pourrait le suppléer. Un plan B qui inquiète Lefrère plutôt enclin à trouver un nouveau partenaire... Mais Bouche ne veut pas élargir l'affaire et préfère finalement convaincre son banquier d'Auby de substituer Lefrère à Dalongeville sur le dossier de prêt afin que cela ne sorte pas de leur cercle. Une proposition qui fait hurler Lefrère, bombardant désormais Bouche de messages incendiaires : « Toute la mafia, les Mollet, L et Gérard, je n'ai rien à faire avec... Je suis un homme honnête alors si tu fais les terrains au Maroc, dis le moi ou arrête de me baratiner... Moi je vais perdre tous mes mètres carrés de terrains... Si ça ne va pas, ta banque, dis-le moi... moi j'ai d'autres partenaires... Faut plus me casser la tête après pour aller voir un ami juge ou n'importe quoi afin d'essayer de faire quelque chose ! » Juge, le mot est lâché et on bascule là dans une autre affaire.

PASCAL WALLART

Le basculement dans l'affaire Pichoff fera l'objet d'une autre série dans le courant du mois de juillet.


Source : La Voix du Nord
Samedi 09 juillet 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 10:30

Projet-Dalongeville-Agadir.jpg Une bonne affaire à Léon ? Si la présentation idyllique du site par L. et Gérard Dalongeville a un temps fait illusion, le rapport d'enquête commandité par José Lefrère à un marchand de biens du Sud-Ouest est, lui, édifiant.

Les photos que l'agent envoie au Béthunois présentent un champ de désolation et la description du site est à l'avenant : « Il me dit que tout a été démonté, que le site est complètement déglingué et à l'abandon avec des SDF qui squattent les lieux et la piscine complètement bouchée par des tas de détritus... ». Lefrère, au vu de cet édifiant rapport, s'empresse d'aller voir L. pour lui lancer : « Mais dis donc, c'est quoi ton truc ! C'est tout pourri ce bâtiment ! » Pas de quoi inquiéter ce dernier qui le rassure vite fait bien fait : « T'inquiète pas, tout est prévu ! Les salles de bains, les lavabos, les éléments de cuisine, tout a été mis de côté... Tout ce que t'as à faire c'est à trouver un acheteur à 800 000 €. Mais fais bien attention, dans cette somme-là, il faut impérativement prévoir les chocolats !  »

Ces chocolats, c'est bien évidemment la commission de l'apporteur. Et sur ce dossier-là, où Guy Mollet s'était beaucoup investi, si les chocolats étaient allés dans la poche de L, il y aurait eu à coup sûr un sacré raffut !

Un argumentaire apparemment suffisamment convaincant pour que, curieusement, José Lefrère passe au-dessus de l'état de délabrement du bâtiment pour que la Ville établisse un mandat de vente exclusif avec son partenaire marchand de biens du Sud-Ouest. Une pièce qui, curieusement, est entre les mains des enquêteurs, datée du 5 mars 2009, et qui stipule que M. Lefrère est le représentant de la collectivité locale. Un document qui, José Lefrère l'affirme, « est un faux grossier parce que lorsque toutes les histoires ont éclaté sur Hénin-Beaumont, j'avais pris conscience que cette affaire était complètement foireuse. J'avais alors contacté mon intermédiaire pour lui demander de tout arrêter ! » Pendant que l'affaire Léon prend petit à petit l'eau, le projet marocain continue apparemment de faire rêver du côté d'Hénin puisque, le 5 mars, L rassure son partenaire : Jean-Marc Bouche et Gérard Dalongeville sont plus qu'intéressés par une participation dans le projet marocain Kibati. Une sacrée aubaine pour L auquel Lefrère avait fait miroiter une participation de 10 % en guise de « chocolats » s'il lui trouvait des partenaires fiables.

30 000 € chacun !

Enfin les choses bougent pour le Béthunois qui rédige des actes en conséquence et se retrouve, quatre jours plus tard, au coeur de l'après-midi, à Sallaumines, chez Deberdt. C'est là que Jean-Marc Bouche l'attend... Le problème, c'est que ce dossier marocain, Dalongeville comme Bouche entendent bien qu'il soit entouré de la plus grande confidentialité. Et donc, somment Lefrère de tenir désormais L et Mollet, un peu trop encombrants, à l'écart des négociations. Tout cela sera calé entre les trois larrons le 14 mars, toujours chez Deberdt. Désormais, c'est donc à la mode Dalongeville, donc par SMS, que tout se réglera.

Une affaire que José Lefrère entend régler au plus vite puisque, au début du mois d'avril, il doit impérativement être au Maroc. Et qu'il espère bien s'envoler avec les contrats en poche et... surtout l'argent mis dans le pot marocain par ses deux nouveaux amis.

Car, pour être associé au projet, Gérard Dalongeville comme Jean-Marc Bouche se sont engagés à apporter chacun 30 000 € qui leur octroierait 10 % de Kibati Maroc. Une somme que les deux hommes avaient convenu de dégager via un emprunt réalisé, loin des yeux héninois, dans une banque d'Auby, dans le Nord.

PASCAL WALLART

À suivre


Source : La Voix du Nord
Vendredi 08 juillet 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 10:30

Dalongeville-Bouche-2.jpg Les affaires n'ont pas encore commencé mais le courant passe apparemment plus que bien entre José Lefrère et ses potentiels nouveaux associés en affaires.

Deux jours après le coup de main donné au tribunal de Béthune, Dalongeville et Lefrère se retrouvent chez L, dans la banlieue douaisienne. Et là, le maire d'Hénin-Beaumont lui fait part de son plus vif intérêt pour l'affaire marocaine dont il veut être partenaire. En ce 28 février 2009, le dossier semble alors être sur de bons rails. Seule ombre au tableau, Mollet, qui a entendu parler de la réunion chez L. et de l'escapade béthunoise, peste d'avoir été tenu à l'écart de tout cela. Mais comme Lefrère est décidé à ne plus mêler ce Mollet qu'il juge peu fiable à ses affaires, rien de dramatique.

Mais, vingt-quatre heures plus tard, la situation s'obscurcit d'un seul coup. Ne tenant pas à ce que les choses traînent, Lefrère a préparé fissa un projet de contrat pour son projet Kibati-Maroc qu'il amène à ses partenaires chez S, un aménageur foncier où tout le monde se retrouve régulièrement (dès le déclenchement de l'affaire Dalongeville, S. fermera d'ailleurs vite fait bien fait son enseigne héninoise).

Et là, voilà que notre homme se retrouve dans une ambiance à couper au couteau, une tension incroyable étant toujours palpable. Dalongeville est hyperexcité, une véritable pile, alors que Mollet, au comble de l'énervement, quitte rapidement les lieux.

Le mobilier de l'agence est sens dessus dessous, attestant qu'un début de rixe a eu lieu. L explique alors que « pour une histoire de fric », Mollet est devenu très agressif à l'encontre de Dalongeville et S, mais que, en s'interposant, c'est lui qui a encaissé les coups. De quoi refroidir sérieusement l'enthousiasme du chef d'entreprise béthunois... Mais L, malin comme un singe, ne laisse pas filer comme ça un gros poisson et, le soir venu, il réussit à amadouer Lefrère en lui faisant miroiter l'arrivée d'un nouvel investisseur. Un type fiable, chef d'entreprise, qui a de l'argent et qu'il faut rencontrer très vite.

Impression de déjà-vu

Très vite, ce sera dès le lendemain où tous se retrouvent à nouveau au Mercure de Lesquin. Et là, face à lui, Lefrère découvre ce nouveau partenaire qu'on lui a annoncé comme prêt à rejoindre l'affaire marocaine. Un quinquagénaire dont la chevelure poivre et sel n'est pas sans raviver en lui quelques souvenirs : « Cet homme-là, je l'avais rencontré quelques années plus tôt dans un vol Paris-Agadir. Il jouait alors au tarot, si je me souviens bien, et on a entamé une conversation. J'allais faire du golf et lui m'expliquait qu'il adorait ça... Et puis sa tête me disant quelque chose, je lui ai demandé s'il n'avait pas, dans le temps, participé au chantier de réhabilitation de la prison de Loos, coordonné par un de mes amis. Moi même j'y avais fait du chiffrage. Il m'explique que si et qu'il a, entre autres, participé à la rénovation du mirador... Je lui ai parlé du Maroc d'où est originaire ma compagne et il m'a dit combien il aimait s'y rendre... » Ce nouvel investisseur, c'est bien évidemment Jean-Marc Bouche... Si, à Lesquin, on parle beaucoup des terrains marocains, Gérard Dalongeville en profite pour essayer de refourguer à son nouvel ami la fameuse résidence de Léon dont il n'arrive pas à se défaire. Et lui présente comme une affaire en or. Il présente à Lefrère deux avis des domaines, d'1,6 M puis de 800 000 €. Quelques jours plus tard, Lefrère chargera un marchand de bien landais d'aller vérifier le bien-fondé de cette affaire en or...

PASCAL WALLART

A suivre


Source : La Voix du Nord
Jeudi 07 juillet 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 10:30

Tribunal-Bethune.jpg Première prise de contact, le 26 février 2009, entre Gérard Dalongeville et José Lefrère, par l'intermédiaire du sulfureux L dans un restaurant de Lesquin.

« L. s'est lancé dans une longue présentation de dossiers complexes de terrains. Dalongeville écoutait alors très attentivement sans dire grand-chose pour autant... » Lefrère en profite pour évoquer un autre projet immobilier qui, en ce qui le concerne, lui tient à coeur. Cette affaire concerne des terrains, dont certains appartiennent à la famille de la compagne de Lefrère, situés à 35 km d'Agadir. Le Béthunois est alors à la recherche d'associés pour monter une société gérant la vente de 213 hectares de terrains avec une rétribution financière en fonction de l'apport et des ventes. Avec un apport de 50 000 € , José Leterme promet alors à ses associés potentiels de bénéficier de 10 % des ventes de terrains « qui peuvent s'élever à plusieurs millions d'euros ».

Une affaire qui semble alors intéresser L, mais aussi Gérard Dalongeville. Quant à Guy Mollet, il avait déjà préalablement fait savoir qu'il fallait trouver de l'argent pour s'associer sur cette bonne affaire.

Au sortir du repas, Gérard Dalongeville qui n'avait pas été très loquace, rompt le silence. Et, à propos des affaires héninoises, il glisse au chef d'entreprise béthunois une phrase sibylline : « L. sait ! Et s'il dit, c'est qu'il connaît ! » Une manière de faire comprendre à son interlocuteur son intérêt à s'impliquer dans les affaires immobilières héninoises. « Moi je lui dis simplement que je n'ai pas personnellement d'argent mais que je peux lui amener des investisseurs ! » Le maire d'Hénin-Beaumont, pris d'empathie pour ce potentiel partenaire en affaires, lui fait alors une proposition surprenante. Le lendemain, il est convoqué dans le bureau d'un juge d'instruction, à Béthune, pour une affaire de diffamation l'opposant à Daniel Duquenne. Une péripétie judiciaire qui, visiblement, le mine. Et surtout le fait qu'il puisse être attendu là-bas par quelques vilains journalistes prêts à immortaliser ce rendez-vous judiciaire à un moment où il pressent que la Justice est sur le point de le rattraper. Pourrait-il, lui qui connaît sur le bout des ongles le moindre couloir du Palais de Justice (la rumeur colporte déjà que José Lefrère est très ami avec un juge béthunois) s'assurer qu'aucun journaliste n'est prêt à la coincer jusqu'au bureau du juge Delmas ?

« Il m'énervait avec ses textos ! »

Lefrère se dit prêt à rendre ce service et, en échange, Dalongeville lui glisse alors son numéro de portable avec une recommandation majeure : ne jamais l'appeler, tous les contacts téléphoniques ne devant se faire que par SMS. « Avec lui, ce sera donc toujours texto sur texto et à la fin bon sang ce qu'il m'énervait avec ses textos ! » Mais nous n'en sommes pas encore là et, le lendemain, pendant que Dalongeville se planque dans sa voiture avec son avocat, Lefrère se dirige jusqu'au bureau du juge et, constatant que personne n'attend le maire d'Hénin-Beaumont, lui indique que la voie est libre. « Je l'ai emmené jusqu'à la secrétaire du juge Delmas et, une heure après, il est sorti tout heureux. Il me dit alors que l'affaire est classée sans suite et que je lui ai porté chance ! » Tout à sa joie, le maire d'Hénin invite son nouvel ami à boire dans un café de la rue des Martyrs, scellant ainsi de bonnes relations naissantes.

Lorsque les hommes se séparent, L. prend Lefrère à part et lui lance froidement : « Dalongeville me mange dans la main. Tu vas voir, on va faire de bonnes affaires ensemble ! »

PASCAL WALLART

A suivre


Source : La Voix du Nord
Mercredi 06 juillet 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 14:30

Cedre-Bleu.jpg |  ON EN PARLE |

José Lefrère n'est pas de ceux qu'on oublie aussitôt rencontrés. Aussi massif que de commerce agréable, le Béthunois a le débit d'une mitrailleuse bien huilée et une mémoire en acier inoxydable, s'appuyant en sus sur la marotte de ce quinquagénaire, celle de noter dans de petits carnets ses moindres faits et gestes. Méticuleusement, heure après heure, avec une écriture en pattes de mouche... Entendu en mai 2009 comme simple témoin dans l'affaire Dalongeville à cause d'affaires en cours avec le maire d'Hénin-Beaumont au moment de son interpellation (lire nos éditions des 5 et 8 février 2011), le chef d'entreprise a vu le ciel lui tomber sur la tête en janvier dernier lorsqu'il est mis en examen puis incarcéré dans une affaire de corruption de magistrat depuis lors connue sous le nom d'affaire Pichoff.

Ayant désormais recouvré la liberté mais nourrissant beaucoup de rancoeurs vis-à-vis de ceux qui l'ont, explique-t-il « escroqué et même pour certains menacé », l'homme a décidé d'exhumer ses petits carnets. Et de remonter le temps pour régler ses comptes avec un passé qu'il aimerait tant pouvoir oublier le plus rapidement possible... « Vous savez, je suis fils d'ouvrier, moi, et j'en suis fier. Comme j'étais fier de ce que j'avais fait avant de me retrouver, désormais, complètement "cramé" à cause de tout ça, fiché à la Banque de France... » En train de chercher le rebond pour sortir au plus vite du trou noir dans lequel il a été brutalement plongé, José Lefrère agite des petits bouts de papier qui sont autant de menaces de mort « de ceux qui croient me faire peur aujourd'hui. Mais, moi, je n'ai pas peur de dire ce que je sais. Et tant pis pour ceux qui m'ont arnaqué et se sont servis de moi... ». Si l'affaire qui a éclaté en janvier dernier concerne le juge béthunois Pichoff, les premières connexions avec les acteurs de cette édifiante affaire, c'est bien à Hénin-Beaumont qu'elles ont été enregistrées. Avant 2008, moment où pour la première fois il met les pieds à Hénin, autour d'une affaire immobilière. « Je n'avais fait jusqu'alors que passer dans cette ville... ». Mais en décembre, le voilà qui prend langue avec L, un ami proche de Guy Mollet, connu comme le loup blanc à Hénin (et qui sera un peu plus tard mis en examen pour extorsion de fonds). L lui propose tout d'abord de participer à un projet de construction avec le patron d'un bistrot liévinois qui vient d'être victime d'une tentative de séquestration (l'affaire du café Leffe qui, par rebond, on s'en souvient, avait été à l'origine des premiers soupçons contre Gérard Dalongeville).

Première rencontre avec Monsieur Gérard

Tous deux se voient régulièrement au Cèdre bleu « où, à un moment, je mangeais pratiquement tous les jours sans jamais payer la moindre note »). L cherche alors des partenaires pour une série d'autres affaires immobilières au Bord des Eaux ou encore à Brossolette. Guy Mollet les rejoint régulièrement « mais je le juge très vite comme néfaste ». Les jours passant, Lefrère signifie à ses interlocuteurs qu'il n'est pas question qu'il rentre dans leur jeu sans documents officiels et ordres de mission prouvant qu'ils en sont habilités. Fin février, le Béthunois déclare ne pas aller au-delà si les affaires promises ne restent qu'à l'état de bla-bla. Il est alors temps de faire rentrer en jeu Monsieur Gérard... Ce sera chose faite le 26 février 2009 dans les salons discrets de l'hôtel Mercure de Lesquin. C'est là que, pour José Lefrère, à travers la rencontre du maire d'Hénin-Beaumont, les choses sérieuses vont commencer.

PASCAL WALLART

A suivre


Source : La Voix du Nord
Mardi 05 juillet 2011 

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 10:30

Gerardmer.jpg L'été 2009 passé, Gérard Dalongeville est alors le seul à rester incarcéré alors que Claude Chopin, Jean-Marc Bouche et Guy Mollet ont eux, recouvré la liberté.

Lui qui, interrogatoire après interrogatoire, botte en touche et reporte sur ses collaborateurs les fautes mises en avant par la Justice, se retrouve une dernière fois dans le bureau de la juge d'instruction le 22 octobre. On est alors à quelques jours d'une remise en liberté que Didier Cattoir finira par obtenir après des procédures répétées.

Celui qui est encore alors l'avocat de Gérard Dalongeville assure qu'en cas de remise en liberté son client a un point de chute tout trouvé dans les Vosges, près de Gérardmer, là où sa mère possède un bien.

Un point de chute dont l'existence a été entre-temps vérifiée via une commission rogatoire. Qui n'est pas sans intéresser la juge puisque cette demeure où Gérard Dalongeville désire résider sous contrôle judiciaire est celle-là même censée lui avoir apporté un loyer pendant plusieurs années (lire nos éditions précédentes). Or, précise Véronique Pair, il ressort de l'enquête diligentée par la gendarmerie locale que cette maison secondaire n'est actuellement pas louée, qu'elle est inoccupée et cela depuis de nombreuses années. Avec à la clé un témoignage du plus proche voisin, détenant les clés de la maison et ayant confirmé ce fait. « Il est impossible que vous ayez touché un quelconque loyer du fait de la location de ce domicile », en déduit alors de manière imparable la juge d'instruction. Pas de quoi décontenancer Gérard Dalongeville affirmant que la demeure fut louée de manière régulière mais qu'elle ne l'est plus désormais que ponctuellement. Il assurera même que des locataires étaient présents au moment de sa demande de remise en liberté et que sa famille a obtenu que ceux-ci partent pour lui laisser la place. La juge n'en démord pas. Pour elle, il n'y a jamais eu de locataires, le voisin assurant que, depuis vingt ans qu'il s'occupe de la maison, il n'a jamais vu le moindre locataire. Et que si M. Dalongeville persiste dans ses dires, il lui faudra le prouver. Là, l'homme vacille : « Il faudra demander à ma mère... Je ne sais pas ! » Pour justifier les versements importants régulièrement effectués sur son compte, l'ancien maire évoque aussi un héritage dont il aurait bénéficié en 1997 et qu'il reversait petit à petit sur son compte. Sauf qu'en 1997, on en était encore aux francs... « Si j'avais voulu blanchir de l'argent, que les choses n'apparaissent pas, je n'aurais jamais déposé les espèces sur mon compte bancaire », se défend Gérard Dalongeville. Toujours côté espèces sonnantes et trébuchantes, retour sur les trois voyages payés par la société Deberdt à la famille Dalongeville pour un montant de 13 000 €. Un état de fait corroboré par M. Bouche expliquant qu'il en attendait logiquement un retour d'ascenseur. Mais, alors que Gérard Dalongeville assure avoir remboursé cette somme au « patron » de Deberdt, ce dernier le réfute, expliquant en toute logique qu'on ne rembourse pas un geste commercial. Réplique de Gérard Dalongeville : « Je comprends qu'il soit gêné ! » On ne change pas une tactique gagnante. C'est donc par une multitude d'ultimes pirouettes verbales que Gérard Dalongeville quittera alors, en cette fin 2009, la case prison. Pour mieux y revenir, un an plus tard, dans d'autres circonstances. Et, cette fois-ci avec beaucoup plus de zèle concernant une affaire héninoise prenant alors une autre tournure. Et donnant naissance à un dossier parallèle, l'« affaire Pichoff », dont on évoquera, dans les jours prochains, les contours héninois, grâce aux révélations inédites d'un des mis en cause.

PASCAL WALLART


Source : La Voix du Nord
Mercredi 29 juin 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 10:30

Dalongeville-Lienemann-Chopin.jpg L'antagonisme né au fil des dépositions entre Gérard Dalongeville et son ancien premier adjoint, Claude Chopin, enfle alors qu'on s'approche du terme de cette confrontation. Et tous deux explosent à l'évocation du pseudo-nettoyage de la salle des fêtes par la société FMS. Alors que M. Chopin affirme ne pas connaître cette société et que les prestations facturées n'ont jamais été exécutées, Gérard Dalongeville, lui, affirme qu'on a abusé de sa confiance et qu'il n'a visé cette facture que parce que son adjoint aux finances lui avait certifié que le service avait été fait.

« Menteur ! J'espère que tu as mal dans ta conscience ! Ça fait 3 mois que je suis enfermé à cause de toi, à 75 ans ! » s'emporte M. Chopin. Sans faire ciller pour autant son contradicteur qui, froidement, réitère sa version des faits. Et d'ajouter même ses soupçons suivant lesquels, du temps de M. Chopin, les services financiers n'apposaient le cachet « service fait » ou « bon à payer » qu'après que l'élu en charge du dossier eut signé le document.

« C'est totalement faux et ce serait anormal », se défend Claude Chopin. Et lorsque la juge s'étonne de la légèreté avec laquelle le maire aurait accepté de signer sans que ces cachets aient été préalablement apposés, Gérard Dalongeville rétorque : « L'élu ou le maire qui signe ne va pas consulter l'ensemble du dossier soumis à sa signature ! » Ça coince également à l'évocation de la SARL du Tilloy, dont les protagonistes sont les mêmes que pour les dossiers de la société de surveillance et de la société de nettoyage FMS. Dans cette trouble affaire immobilière, il reste à établir pourquoi la Ville a acté un report de paiement de 409 000 € à cette SCI héninoise pour des achats de terrain au Tilloy... d'autant plus qu'un groupe immobilier s'était en parallèle montré intéressé par la même acquisition se voyant donc contraint de négocier avec la SCI. Une curieuse « manip » couverte par la signature de Claude Chopin : « Si j'ai signé un report, c'est à la demande de M. Demarquilly ou en son absence. Les reports ont été faits à la demande de M. le maire ! » Ce que dément l'ancien maire : « Non, les reports ne sont pas à ma demande d'autant qu'on avait des problèmes de trésorerie... Ce n'est pas de mon initiative mais j'étais au courant. » Une défense contestée par M. Chopin avançant que « ces reports ne peuvent qu'être qu'à la demande de M. le Maire, le receveur n'aurait pas accepté sinon... » Et le petit jeu se répète sur les autres dossiers égrenés par la juge d'instruction : Deberdt, ICS, Le Cèdre bleu. Jusqu'à faire bouillir Claude Chopin : « Je ne vois pas pourquoi il dit systématiquement que c'est M. Chopin ! Prends tes responsabilités, nom d'une pipe, au lieu de dire toujours "c'est M. Chopin !" » D'ailleurs, lorsque arrive sur la table l'évocation des liens forts entre la Ville et la société G2M, via Le Journal du pays, c'est Claude Chopin qui se lâche à son tour : « Le journal, c'était son enfant. Ce terrain était la chasse gardée de M. Dalongeville. Il faut quand même qu'il assume ses responsabilités. C'est un journal de propagande de la mairie ! » Confirmation de Guy Mollet : « Il était propriétaire de dix pages ! » Sans se démonter, Gérard Dalongeville affirmera ne s'être intéressé qu'au rédactionnel, expliquant que les relations avec les imprimeurs DIPI et SEQUOIA, et notamment les chevauchements de marchés sur l'année 2006 incombaient à M. Chopin. « Je n'ai jamais été associé à ces marchés », clame-t-il. Sauf qu'on a retrouvé une facture SEQUOIA dans son agenda personnel. Défense du tac au tac de Gérard Dalongeville : « C'est une facture dont le gérant s'est plaint auprès de moi de ne pas avoir été réglé ! ».

PASCAL WALLART


Source : La Voix du Nord
Mardi 28 juin 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Dalongeville - Communauté : Parti Communiste Français
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