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Images aléatoires

Mercredi 26 mars 2008
Marine Le Pen a perdu son pari, dimanche soir. 52 % des électeurs d’Hénin-Beaumont ont fait confiance à la liste d’union de la gauche menée par Gérard Dalongeville et Marie-Noëlle Lienemann.

Avec 28 % des voix et 5 élus (contre trois actuellement), le FN réalise un score très important, près de dix points au-dessus du score de Steeve Briois en 2001, mais en deçà des espérances des dirigeants frontistes. C’est l’échec d’une stratégie engagée par le FN depuis 2001 qui visait à faire d’une grande ville populaire comme Hénin-Beaumont la vitrine d’un FN relooké dirigé par Marine Le Pen.

La déception est palpable chez Steeve Briois et Marine Le Pen

Si les leaders de l’aile dure du FN, acquis à une alliance avec le MNR ou les Identitaires ont aussi été balayés par la « vague rose » des municipales et le reflux de l’extrême droite, la déception est palpable chez Steeve Briois et Marine Le Pen, qui étaient convaincus de pouvoir l’emporter à la faveur d’une triangulaire.

Sanction pour la stratégie de Daniel Duquenne

Les résultats de dimanche sanctionnent également la stratégie de l’Alliance Républicaine de Daniel Duquenne, l’ancien secrétaire de section socialiste fidèle à Pierre Darchicourt et opposant à Gérard Dalongeville depuis 2001.
Lâché par la Fédération socialiste du Pas-de-Calais, Daniel Duquenne et ses amis voulaient faire tomber celui qu’ils considéraient comme le « Jacques Mellick d’Hénin-Beaumont », quel qu’en soit le prix ; entrés en dissidence, ils ont monté une liste d’ouverture avec le Modem et les Verts, soutenue au deuxième tour par l’UMP. Ils obtiennent 19 % des voix et trois élus au conseil municipal, dont une élue du Modem et un élu UMP.

L’Alliance Républicaine n’est pas parvenue à convaincre qu’elle incarnait une alternative crédible à gauche. Ses dirigeants n’ont eu de cesse de justifier leurs convergences avec le FN : « Gérard Dalongeville est un mauvais gestionnaire. Ce n’est pas parce que le FN le dit que nous allons cesser de le dire. Ce n’est pas parce que le FN dit que le soleil se lève à l’Est que nous allons dire le contraire ! » expliquait ainsi Georges Bouquillon, un des leaders de l’Alliance Républicaine, quelques jours avant le premier tour.

Les Héninois ont surtout entendu Christine Coget, numéro 2 de l’Alliance Républicaine et chef de file du Modem expliquer à France 3 : « Pour nous, c’est tout sauf Dalongeville ! ». Des propos qui ont scandalisé les derniers socialistes fidèles restés autour de Daniel Duquenne.

Une victoire pour la gauche rassemblée

La victoire de Gérard Dalongeville est une victoire personnelle pour le Maire d’Hénin-Beaumont, mais c’est d’abord et avant tout la victoire des Héninois et des Beaumontois qui ont choisi dimanche un projet résolument tourné vers l’avenir.
Cette victoire, c’est aussi une victoire pour la gauche rassemblée. Le rassemblement de la gauche initié par Marie-Noëlle Lienemann, pour le PS, avec le PCF a fait naître une dynamique qui ne s’est jamais arrêtée et qui a porté Gérard Dalongeville.

Les communistes d’Hénin-Beaumont conscients de leurs responsabilités nouvelles

Cette victoire conforte les communistes d’Hénin-Beaumont, conscients de leurs responsabilités nouvelles. Avec deux élus au conseil municipal, les communistes devront travailler au service de la population, mais aussi reconstruire à Hénin-Beaumont un Parti Communiste puissant, présent dans les luttes comme dans les quartiers populaires. Le travail ne fait que commencer, mais c’est la seule manière de répondre à la désespérance sociale et civique qui a mené le FN aux portes d’Hénin-Beaumont.

David NOËL
Article paru dans Liberté 62 - n°801 du Vendredi 21 au Jeudi 27 Mars 2008
par David NOËL publié dans : Articles communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Samedi 12 mai 2007
logo-liberte-62.jpgLa défaite de Ségolène Royal ouvre la voie à un recentrage du Parti socialiste attendu depuis longtemps par les libéraux.

Le visage de Ségolène Royal est souriant. Il est 20h02 et la candidate du PS apparaît à la tribune. Des militants l’interrompent. Elle traverse la salle pour aller à leur rencontre, elle les remercie, elle remonte à la tribune et entame son discours. Derrière le sourire, les mots dessinent un programme politique : « Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C'est la condition de nos victoires futures […] Je serai au rendez vous de ce travail indispensable et j'assumerai la responsabilité qui m'incombe désormais. »
Sur le plateau de TF1, Dominique Strauss-Kahn fait franchement la gueule, mais l’orientation politique est identique : « Les Français ne veulent pas qu'on leur sorte des solutions qui ont 20 ans. Ils voient bien que la gauche doit apporter autre chose que ce qu'elle a toujours dit […] J'ai tenté une révolution sociale-démocrate, elle n'a pas abouti ».

L’offensive pour une rénovation sociale-démocrate du Parti Socialiste vient de commencer. Elle se poursuit le lendemain dans les colonnes de Libération ; Laurent Joffrin, dans son éditorial, accuse : « L’immobilité doctrinale du PS, produite par ses divisions d’ambition, a plombé d’avance l’élection. Refus de tirer une leçon claire de la bérézina du 21 avril 2002 […], négligence à l’égard du centre […]. La gauche doit aujourd’hui organiser sa refondation. Ce revers doit réveiller les forces d’imagination et de modernisation, celles qui allient audace et réalisme. » 
Le constat est le même pour la presse régionale. Dans La Voix du Nord, Jean-Michel Bretonnier conclut son éditorial par un conseil adressé au Parti Socialiste : le score de Ségolène Royal « rend surtout plus que jamais nécessaire l’aggiornamento du Parti socialiste ».

Aggiornamento. Le mot est dans tous les éditoriaux, dans les discours de tous les experts convoqués sur les plateaux de télévision. On le retrouve sous la plume des économistes du Monde ou de Libération. A l’origine, l’aggiornamento renvoie au concile de Vatican II et à la volonté pontificale de « mettre à jour », de moderniser la doctrine, les pratiques et la liturgie de l’Eglise catholique.
Sous la plume des éditorialistes de la presse parisienne ou régionale, il va de pair avec l’invocation rituelle du congrès de Bad Godesberg, là où le SPD allemand, en 1959, a renoncé au marxisme et adopté l’économie de marché.

La formule revient comme une antienne : « Le PS n’a pas encore fait son aggiornamento idéologique. Il doit faire son congrès de Bad Godesberg et devenir franchement social-démocrate ». Variante : « Le PS n’a pas encore fait son congrès de Bad Godesberg. Il doit effectuer son aggiornamento idéologique et devenir franchement social-démocrate »…

Dans les sections, beaucoup de militants sont abattus par l’échec et désarmés face au rouleau compresseur médiatique. 

Que répondre quand Le Monde (09.05.07) offre à ses lecteurs une analyse toute en nuances de Michel Noblecourt qui écrit que : « Sur le plan doctrinal, le PS a le choix entre une social-démocratisation assumée et une fuite en avant à gauche. » ?

Le vocabulaire employé vise déjà à circonscrire le débat.

Alors, les militants socialistes se prennent à douter. Secrétaire de la section socialiste d’Hénin-Beaumont, Daniel Duquenne explique ainsi à La Voix du Nord (08.05.07) : « Il y a aujourd’hui deux clans au sein du parti. D’un côté Fabius-Emmanuelli qui veulent un parti très à gauche, de l’autre, ceux qui, comme Ségolène Royal, cherchent la social-démocratie. Moi qui étais très à gauche, je tiens compte de l’avis des électeurs puisque, on l’a vu, c’est ce qu’ils recherchent… »

La logique paraît imparable : confronté à une droitisation de la société et à une droite conservatrice-libérale qui dispose d’une idéologie cohérente et structurée, le Parti Socialiste devrait prendre en compte les attentes des électeurs et moderniser son idéologie et son système d’alliances en se transformant en Parti social-démocrate.
Un Parti social-démocrate positionné au centre-gauche, allié aux centristes du Mouvement Démocrate, et qui aurait rompu avec les antilibéraux d’ATTAC, du PCF et de la LCR et leurs attentes forcément irréalistes, euro-incompatibles…
Les députés socialistes européens de toute l’Europe ne sont-ils pas unanimes à déplorer l’archaïsme étatiste des socialistes français ?

On en oublierait presque que le Parti socialiste a clairement fait le choix de l’économie de marché capitaliste depuis 1983 et le tournant de la rigueur emprunté par François Mitterrand. Le Parti socialiste est déjà, et depuis longtemps un Parti social-démocrate.
François Hollande est très éloigné de Rosa Luxemburg lorsqu’il théorise le « réformisme de gauche » dès 2003 au congrès de Dijon. Pour le premier secrétaire du PS, la défaite électorale de 2002 s’expliquerait par le hiatus entre le discours keynésien et volontariste du PS dans l’opposition et sa pratique gestionnaire et sociale-libérale du pouvoir. Conclusion de François Hollande : le programme du PS doit être gestionnaire et social-libéral !
Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn ne disent pas autre chose et ils traiteraient de fou quiconque oserait émettre l’hypothèse que peut-être, ce sont les pratiques gestionnaires et libérales du PS au pouvoir qu’il faut changer.

Au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, l’académicien Jean d’Ormesson comparait le président de l’UMP à Antonio Gramsci : « À son insu peut-être, son souci de refondation idéologique lui fera pourtant jouer le rôle inattendu d’une espèce imprévue de Gramsci de droite : il devine que ce sont les valeurs et les idées qui font bouger les choses ».
Les dirigeants socialistes n’ont pas lu Gramsci. Ils se refusent à penser l’hégémonie culturelle. Il leur faudrait affronter les représentations véhiculées par les classes dominantes et les élites journalistiques ; il leur faudrait aller à rebours de l’opinion publique. Inacceptable quand l’objectif ultime est de conquérir le pouvoir.

Conquérir le pouvoir pour en faire quoi, si le PS se résigne à la domination des valeurs de droite ?

A la gauche de la gauche, on a lu Gramsci ; des associations comme Attac ou la Fondation Copernic, des journaux comme Politis ou Le Monde Diplomatique définissent les contours d’un antilibéralisme qui irrigue désormais la LCR, le PCF et les écologistes alternatifs.

L’impossible candidature unique de la gauche antilibérale a posé les jalons d’une unité organique de la gauche radicale qu’attend avec impatience son électorat.
Une unité qui pourrait être précipitée par un virage à droite du Parti socialiste.
Car sous la conduite de ses dirigeants sociaux-libéraux, le Parti socialiste emprunte le chemin de Bad Godesberg qui lui est montré par tout ce que la France compte d’experts et d’éditorialistes de marché.
Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn pourront bientôt réciter ce que Tony Blair disait déjà il y a dix ans : « Je voudrais une situation comme celle des États-Unis. Là-bas, personne ne met en doute que les démocrates sont un parti favorable au business. Nul ne devrait non plus se poser la question à propos du New Labour » (Financial Times, 16.1.97).

Nicolas Sarkozy peut savourer sa victoire. Il a remporté la bataille des idées.
En contraignant le PS à une refondation dans laquelle il pourrait bien se perdre, le chef de l’UMP remporte une victoire à double détente : car la défaite de Ségolène Royal risque de précipiter un aggiornamento idéologique en forme de capitulation pure et simple du PS devant les forces du marché.

Depuis le dimanche 6 mai, la mue du PS en un Parti démocrate à l’américaine a cessé d’être une hypothèse d’école. Les communistes et les militants du mouvement social ont désormais les clés de la gauche entre leurs mains. A eux de relever le défi.

Sur le chemin de Bad Godesberg
par David NOËL publié dans : Articles communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 4 mai 2007

La-Riposte-33.gif Hénin-Beaumont pourrait-elle devenir le nouveau Vitrolles du Pas-de-Calais ? Dans le bassin minier lensois, tout le monde se pose la question. Depuis le 21 avril 2002, les journalistes se pressent autour de Steeve Briois, un jeune trentenaire conseiller municipal d’Hénin-Beaumont, conseiller régional et secrétaire de la fédération FN du Pas-de-Calais. Il rêve de s’emparer de la mairie d’Hénin-Beaumont en 2008.

 

En 2002, les candidats du FN ont affronté les candidats socialistes au second tour des législatives dans les 4 circonscriptions du bassin minier du Pas-de-Calais, où la droite est partout inexistante. Dans la XIVe circonscription, celle d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois obtient 20 % des suffrages au premier tour et 33 % au second tour des législatives de 2002, contre le député socialiste sortant, Albert Facon. Dans la XIIIe circonscription, celle de Lens, Marine Le Pen a obtenu 24 % des voix au premier tour et 32 % au second tour contre le socialiste Jean-Claude Bois. L’UMP obtient un maigre 13 % à Lens et 7,67 % à Hénin-Beaumont où Jean Urbaniak, le maire « indépendant » de Noyelles Godault, député de 1993 à 1997, obtient 12 %.

 

Dans ces terres de gauche peuplées de cités minières, la droite ne parvient pas à exister. Aux élections municipales, il n’y a pas de listes de droite, mais des listes « indépendantes » qui ne trompent personne et qui rallient le camp majoritaire sitôt l’élection passée.

 

A Hénin-Beaumont, c’est Jean-Marc Legrand, chef de file des « indépendants », qui obtient 9,73 % des voix au premier tour des élections municipales de 2001, et qui rallie aussitôt le socialiste dissident Gérard Dalongeville et sa majorité PCF-MDC-Verts. Jean-Marc Legrand est nommé adjoint à la sécurité et ne présentera pas de liste en 2008. Jacques Nowak, lui, a rompu avec Gérard Dalongeville. Ce socialiste avait été exclu du PS en même temps que Gérard Dalongeville qui avait osé se présenter contre le maire socialiste sortant, Pierre Darchicourt. Mais Jacques Nowak a très tôt reproché à Gérard Dalongeville son ingratitude et son clientélisme et a pris sa carte à l’UDF. Dans le bassin minier, bien souvent, les « indépendants » sont d’abord des socialistes en rupture de ban…

 

A Carvin, c’est Michel Leleu qui rallie le socialiste Philippe Kemel pour ravir la mairie à la communiste Odette Dauchet, en échange de trois postes d’adjoints.

 

L’UMP tente tant bien que mal de s’organiser : dans la XIVe circonscription, elle a nommé un responsable de circonscription de 17 ans, Romain Plichon. Mais pour les législatives, le parti de Nicolas Sarkozy n’a rien pu faire d’autre que parachuter un inconnu, Nesredine Ramdani.

 

Alors, l’électorat de droite, les artisans, les commerçants et les innombrables déçus de la gauche se tournent vers le Front National. Le parti de Jean-Marie Le Pen a des atouts : il n’a même plus besoin de trop appuyer sur l’insécurité, mais il est encore capable, comme lors des émeutes de 2005 dans les banlieues, de prendre tout le monde de vitesse. Lorsque trois bus Tadao ont brûlé dans un hangar d’Hénin-Beaumont, en novembre 2005, il n’a fallu que quelques heures à Steeve Briois pour relayer l’information sur son blog et inonder la ville de tracts. Avec plus d’une centaine d’adhérents au FN héninois, Steeve Briois se targue d’être la première force politique de la ville.

 

Le Front National a des antennes partout. Quand le maire d’Hénin-Beaumont réunit la section socialiste qui lui est fidèle et annonce fièrement à ses adhérents que la Fédération Socialiste du Pas-de-Calais a tranché en sa faveur contre l’autre section socialiste, Steeve Briois est au courant. Quand le PCF refuse, après un temps d’hésitation, de rencontrer le MRC et le PRG héninois, Steeve Briois est au courant.

 

En 2002, le leader local du FN a même raconté qu’avant de devenir maire, Gérard Dalongeville, qui n’était encore que le directeur de cabinet de Pierre Darchicourt, l’avait rencontré une nuit, sur le parking du magasin Babou, pour lui remettre un épais dossier contre Pierre Darchicourt ! Gérard Dalongeville a nié en bloc, a menacé de porter plainte en diffamation, mais n’en a rien fait. Et pour cause : Steeve Briois avait pris la précaution d’emporter un magnétophone et a envoyé la cassette au journal La Voix du Nord… Les socialistes héninois s’en mordent les doigts, mais leurs divisions ont puissamment contribué à renforcer le Front National.

 

Les tracts du FN sont virulents et agressifs, mais ils sont efficaces. Dans une ville où le Parti Socialiste est divisé en deux sections ennemies et où les impôts locaux ont bondi de 85 % en 2003, Steeve Briois se présente comme le premier adversaire du maire d’Hénin-Beaumont. Il l’attaque dans tous ses tracts, le traite de « super-menteur », qualifie ses partisans de « pignoufs », lui fait procès sur procès. La stratégie est payante : aux élections cantonales de 2004, sur la partie héninoise du canton Hénin-Montigny, Steeve Briois a obtenu 30 % des voix au premier tour et 36,74 % au second, contre le maire et conseiller général socialiste de Montigny-en-Gohelle, Jean-Marie Picque. Jean-Marie Rousselle, le candidat de l’UMP, a obtenu un maigre 9,20 % et Edmond Bruneel, pour le PCF, 7,53 %.

 

Dans les cités minières, l’argumentaire du Front National a marqué des points. La déception vis-à-vis des partis de gauche est palpable. D’anciens électeurs communistes votent désormais pour le FN : «  Il y a trop d’étrangers. Les jeunes, ils ne respectent plus rien. Dans la rue, avec leur scooter, ils font du bruit. Le soir, ils traînent en bande. Moi j’ai bossé toute ma vie et on en voit qui sont au chômage, qui ont 7 ou 8 enfants, qui ne se lèvent pas pour aller travailler et qui roulent en BMW. Il faudrait les renvoyer dans leur pays ! » Steeve Briois savoure sa victoire. Son discours s’est lissé, il se donne désormais une image de respectabilité.

 

En face, le Parti Communiste est bien seul pour attaquer le Front National. Mais le travail de terrain des communistes commence à payer. Le PCF héninois engrange les adhésions, organise des ventes au porte-à-porte de Liberté 62, dans les cités minières. Il est présent sur les marchés, avec un bulletin de section, et tient un blog depuis deux ans. Avec Ras l’front Lille et la Ligue des Droits de l’Homme, qui s’est implantée sur Hénin-Beaumont, le PCF héninois est de toutes les mobilisations contre le Front National.

 

Les autres forces politiques se concentrent sur la bataille municipale. Gérard Dalongeville prépare sa liste et ses alliances, défend son bilan, cependant que les socialistes qui lui sont restés hostiles lui réservent toutes leurs attaques.

 

Après Vitrolles, Toulon, Orange et Marignane, le FN peut-il s’emparer d’Hénin-Beaumont à la faveur d’une triangulaire, aux municipales de 2008 ? C’est la question que tout le monde se pose. Libération, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Marianne, France Soir, Le Parisien : tous ont déjà envoyé des journalistes enquêter sur place. Même le très prestigieux Asahi Shimbun, le plus grand quotidien japonais, est venu interroger Steeve Briois.

 

Le bassin minier du Pas-de-Calais est devenu la vitrine du Front National. C’est là qu’il est le mieux organisé, c’est là qu’il fait venir Le Pen, c’est là qu’il envoie les journalistes qui veulent faire un sujet sur le FN.

 

Et si, en 2008, le bassin minier devenait plutôt le symbole du recul du Front National et du redressement du PCF ?

http://www.lariposte.com/Pas-de-Calais-menace-brune-dans-le-bassin-minier-823.html

par David NOËL publié dans : Articles communauté : Les antilibéraux
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Dimanche 11 février 2007

« Un petit Metaleurop », « L’équivalent de deux ou trois Metaleurop ». Devant l’ampleur des charrettes de licenciements, l’expression est souvent revenue, ces dernières semaines, dans la bouche des syndicalistes du Pas-de-Calais et des militants communistes. A juste titre.

Souvenez-vous : en janvier 2003, le groupe Metaleurop SA, une filiale de la firme suisse Glencore, déposait le bilan de son usine de Noyelles-Godault afin d’éviter la mise en œuvre d’un plan social et la dépollution d’un des sites les plus pollués d’Europe. 830 emplois étaient supprimés : un véritable drame social et humain, qui a marqué les esprits dans tout le pays. A l’époque, même Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy se sont sentis obligés de fustiger les « patrons-voyous » – avant de poursuivre leur travail pour leur compte…

Quatre ans plus tard, rien n’a changé, et dans le Pas-de-Calais, ce sont des dizaines d’entreprises qui licencient dans un silence médiatique presque complet. A Corbehem, près d’Arras, c’est le papetier finno-suédois Stora-Enso qui ferme deux lignes de production et supprime 400 emplois. A Hénin-Beaumont, Sublistatic, une entreprise d’impression de papier transfert pour les textiles d’ameublement, qui emploie 224 salariés, est mise en liquidation judiciaire. Energy Plast, qui a repris en 2005 le bagagiste Samsonite et ses 205 salariés, pourrait lui aussi être mise en liquidation judiciaire.

L’équipementier automobile Faurecia annonce 232 suppressions d’emplois, auxquelles s’ajoutent les 135 emplois supprimés dans l’usine Faurecia de Marles-les-Mines, et les 108 emplois supprimés dans l’usine d’Auchel. A Grenay, c’est encore un équipementier automobile, Mann-Humel, qui ferme ses portes. Les 107 salariés du site se sont vus proposer un poste sur la nouvelle usine de Mann-Humel, à Laval, c’est-à-dire à 500 km de la région de Lens ! La plupart des salariés ont évidemment refusé. Enfin, à Lens, c’est la société DPN (Dindes du Pays du Nord), dans laquelle travaillent 175 salariés, qui pourrait fermer ses portes.

Des drames sociaux qui illustrent la logique du capitalisme

Fatalité ? Pas si sûr… Chacun des drames sociaux qui frappent le Pas-de-Calais ne fait qu’illustrer les dégâts de la course au profit. Sublistatic est endetté à hauteur de 28 millions d’euros ? Mais l’entreprise héninoise a été récemment reprise par le groupe Atland, un groupe immobilier contrôlé par un fonds de pension britannique. Or, en 2004, le groupe Atland a prélevé 14 millions d’euros pour ses actionnaires !

Energy Plast, l’entreprise de fabrication de panneaux photovoltaïques qui a repris l’usine Samsonite d’Hénin-Beaumont, n’a toujours pas fabriqué le moindre panneau photovoltaïque ! 2,5 millions d’euros auraient été détournés au détriment du site et des salariés. Energy Plast n’en est pas à son premier coup d’essai : en mai 2006, c’est une usine du bagagiste Delsey, située à Montdidier, dans la Somme, qui a été mise en liquidation par le tribunal de commerce d’Amiens, après avoir été reprise par Energy Plast. A Samsonite comme à Delsey, les patrons préfèrent trouver un repreneur aux méthodes scandaleuses, comme Energy Plast, plutôt que d’avoir à payer un plan social. Mais au final, ce sont toujours les salariés qui trinquent.

A Corbehem, les salariés de Stora-Enso sont parvenus à créer une association, « Les Géants de Papier Solidaires », et ont proposé à Stora-Enso de lui racheter les deux unités de production condamnées, afin de produire des sacs de chanvre. Ce projet de reconversion permettrait de sauver au moins 200 des 400 emplois supprimés. Mais coup de théâtre : au mois d’octobre, la direction de Stora-Enso s’inquiète de la concurrence que pourraient lui faire les salariés qu’elle licencie, réévalue à la hausse le prix de ses machines et annonce qu’elle les vendra au Brésil !

Entre lutte et découragement

Les salariés commencent à s’organiser et à lutter. Mais beaucoup cèdent au découragement. Au mois de septembre, à Lens, les conducteurs de bus de l’entreprise Westeel se sont mis en grève. Plus d’une centaine de salariés de Westeel ont fait grève pendant cinq semaines pour exiger une revalorisation de 5 % de leurs salaires. Des revendications loin d’être exorbitantes lorsqu’on sait qu’un conducteur de bus de Westeel gagne 1100 € de mois après 23 ans d’ancienneté, alors que dans le même temps, le groupe Kéolis, dont dépend Westeel, a versé 5 millions d’euros à ses actionnaires en 2001, 7 millions en 2002, 13 millions en 2003, 20 millions en 2004 et 46 millions en 2005… Au final, les salariés ont obtenu le versement d’une prime de vacances et une augmentation des salaires de 2 % dès le mois de décembre.

A Hénin-Beaumont, à l’appel de la CGT et de l’UNSA, une manifestation pour l’emploi a rassemblé une centaine de personnes, le 14 novembre dernier. Les manifestants étaient 150 le 8 décembre. Le 27 décembre, ce sont 120 salariés de Sublistatic qui ont mené une opération escargot sur l’autoroute A1, entre Hénin-Beaumont et Arras, où une délégation des salariés de l’entreprise a rencontré un collaborateur du préfet.

Inutile de compter sur les élus de l’UMP – ni, malheureusement, sur les élus du PS – pour venir en aide aux salariés du Pas-de-Calais. Daniel Percheron, le « patron » socialiste du Conseil Régional, mise sur l’attractivité du territoire à coups d’exonérations de taxes pour les entreprises, mais ne se bat pas pour garder les emplois ou empêcher les licenciements.

Les sections du Parti Communiste et les élus communistes sont souvent les seuls à soutenir les salariés victimes de la logique du capitalisme. Ceci-dit, contre la casse de l’emploi, les combats défensifs ne suffiront pas. Les communistes doivent être à l’offensive sur un programme de rupture avec le capitalisme. S’ils ne le font pas, le Pas-de-Calais subira bien d’autres « petits Metaleurop ».

http://www.lariposte.com/Pas-de-Calais-des-salaries-en-lutte-contre-la-casse-708.html

par David NOËL publié dans : Articles
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Vendredi 15 juillet 2005

logo-liberte-62.jpgEtrange campagne que celle orchestrée par la direction du Parti Socialiste à l’encontre du mouvement altermondialiste et en particulier d’ATTAC…

C’est Harlem Désir qui signe un « Adieu à Attac » dans le Nouvel Observateur du 2 juin, c’est Ségolène Royal, qui autorise le versement par le conseil régional de Poitou-Charentes d’une subvention pour aider au financement de l’université d’été d’ATTAC, tout en menaçant l’association altermondialiste : « Si ça tourne mal, si cela devient une manifestation politique, alors nous ferons le bilan ».

Car les dirigeants socialistes sont furieux : eux qui préparaient l’alternance – une alternance sans alternative – auréolés par leur victoire aux élections régionales de 2004, se retrouvent contestés dans leur leadership au sein-même de la gauche.

Incompréhension de l’altermondialisme

Les dirigeants et les idéologues du Parti Socialiste n’ont jamais réellement compris le mouvement altermondialiste, qu’ils traitaient avec autant de mépris et de condescendance qu’ils en manifestaient par ailleurs à l’encontre d’une partie de leurs alliés. L’attitude de la direction socialiste entre 1997 et 2002 avait été, à cet égard, symptomatique : les chômeurs, les sans-papiers, les enseignants condamnaient la politique gouvernementale, son acceptation de la mondialisation, ses préoccupations sécuritaires, ses petites trahisons ? La faute au corporatisme du SNES, à l’angélisme de la LDH, à l’instrumentalisation d’AC ! par l’extrême-gauche.

De la même manière, les dirigeants sociaux-démocrates du Parti Socialiste considéraient le mouvement altermondialiste comme l’expression d’une frustration et d’une radicalisation d’une partie de leur électorat. Ils n’ont pas voulu voir que l’altermondialisme allait bien au-delà en questionnant la gauche et le Parti Socialiste dans son identité, que le revirement de 1983 a profondément remise en cause. 

De fait, si ATTAC a rassemblé des militants venus de toute la gauche, y-compris du Parti Socialiste, ces derniers appartenaient le plus souvent à la minorité du PS qui souhaitait une réorientation idéologique de leur parti sur une ligne politique clairement à gauche ; ils rejetaient autant que les autres la mondialisation néolibérale, que la direction sociale-démocrate du PS ne proposait d’encadrer qu’à la marge.

Le non de gauche


Reprocher à ATTAC d’avoir « trahi » le PS en menant campagne pour le Non au référendum n’a donc guère de sens. C’est pourtant ce que font depuis le 29 mai nombre de hiérarques du PS. La clé de cette attitude se trouve sans doute dans les propos de Julien Dray, rapportés le 2 juillet par Le Monde. Pour le porte-parole du Parti Socialiste, ATTAC « est devenue un bras armé contre le PS, elle est sortie des clous en prenant parti dans une querelle de la gauche, en devenant une sorte de bouclier derrière lequel se sont réfugiés l'extrême gauche et le PCF, qui ont compris qu’ils pouvaient lui laisser faire le sale boulot ».

En clair, la direction du Parti Socialiste ne reproche pas à ATTAC de trahir une cause altermondialiste dont le PS social-libéral serait paradoxalement devenu le plus farouche défenseur ; elle s’inquiète en réalité de voir que les argumentaires précis, documentés, d’associations comme ATTAC ou la Fondation Copernic ont convaincu une grande partie de la gauche, jusque dans les rangs du PS.

Pour la première fois, c’est la position du Parti Socialiste comme acteur incontournable d’une coalition de gauche destinée à exercer le pouvoir qui est remise en cause ; la campagne du Non de gauche a mis en lumière la cohérence d’une « gauche de gauche » dont les combats communs, depuis dix ans, ont bouleversé en profondeur le paysage politique français et européen.

Comme en décembre 1995, comme en mai 2003, partis, associations, syndicats, se sont mobilisés pour faire gagner le Non par-delà leurs différences. Ils étaient porteurs d’un projet politique d’émancipation sociale novateur – anticapitaliste ou antilibéral – que le mouvement altermondialiste a largement popularisé.
 
Recherche ennemis désespérément

Face à cette gauche de gauche qui lui rappelle sans cesse ses propres reniements, le Parti Socialiste est désarmé : aux yeux de ses chefs, il lui manque un ennemi identifiable, qui serve de repoussoir et réhabilite par-là l’orientation du PS pourtant désavouée par les urnes. Pendant longtemps, c’est le Parti Communiste qui, aux yeux des électeurs et sympathisants socialistes, a joué ce rôle. Dans l’imaginaire socialiste, le MRC et l’extrême-gauche ont succédé au PCF dans le rôle de l’ennemi. L’ « impasse » chevènementiste et le « sectarisme » gauchiste, deux catégories presque inventées par le PS avaient une double valeur : interne et externe ; à l’interne, ils prémunissaient l’aile gauche du PS contre toute tentative de scission, et à l’externe, ils attiraient des électeurs hésitants vers un PS qui leur paraissait hégémonique et crédible.

La victoire du Non le 29 mai dernier a changé la donne, elle a remis en cause l’hégémonie et la crédibilité du PS. Pour les reconquérir, la direction du Parti Socialiste a imaginé une offensive, relayée par la presse, contre le mouvement altermondialiste et la gauche de gauche : c’est la gauche qui s’est mobilisée pour le Non, que Dominique Strauss-Kahn, qualifie désormais de « néocommuniste » ; mais c’est ATTAC qui est devenue la cible privilégiée des stratèges du PS. Les socialistes n’hésitent dorénavant plus à rappeler que Jacques Nikonoff, l’actuel président d’ATTAC est membre du PCF, et que Bernard Cassen, son président d’honneur a été un des principaux conseillers de Jean-Pierre Chevènement.

Radicalisme, nationalisme, autoritarisme… toutes les critiques qui ont servi à discréditer et à combattre les forces politiques – du PCF à la LCR en passant par le MRC – qui refusaient la mondialisation capitaliste sont désormais utilisées à l’encontre d’ATTAC et des altermondialistes, soupçonnés de surcroît de vouloir se transformer en parti politique sur le modèle du WASG allemand et accusés de diviser et d’affaiblir la gauche. Harlem Désir, député européen socialiste, évoque sans détours ses craintes dans Le Monde du 2 juillet : « Oskar Lafontaine était très identifié à Attac, et il a fini par créer un parti contre le SPD. »


Un projet de rupture avec le capitalisme

Il n’est pas sûr que ces attaques portent leurs fruits. Certes, des éditorialistes de France Culture peuvent se mettre à rêver de créer une association libérale et pro-américaine animée par Alexandre Adler et Olivier Duhamel qui serait le pendant d’ATTAC, mais qui peut croire que ce projet politique est encore celui d’une gauche restée fidèle à ses valeurs ? Qui peut croire qu’aujourd’hui, Pascal Lamy, passé de la Commission européenne à la direction de l’OMC, est le porte-parole d’une gauche authentique qu’ATTAC et le PCF auraient trahie ? 
 

La rupture des socialistes avec le mouvement altermondialiste et en particulier avec ATTAC n’est pas anecdotique ; elle marque au contraire l’aboutissement d’une dérive gestionnaire et libérale de la social-démocratie française. D’une rive à l’autre de l’Atlantique, rien ne sépare plus le Parti Socialiste français du parti démocrate américain…

Paradoxalement, la rupture des socialistes et de la gauche de gauche valide le travail considérable mené par le mouvement social – et le PCF y a joué toute sa part – pour construire une alternative à la mondialisation capitaliste.

Erigés en ennemis par un Parti Socialiste aux abois devenu par la volonté de ses chefs le plus ardent défenseur du libéralisme, les communistes et leurs partenaires de la gauche de gauche et du mouvement altermondialiste doivent désormais être à la hauteur des espoirs qu’ils ont fait naître et porter, tous ensemble, un projet d’émancipation sociale et de rupture avec le capitalisme.

En quête d'ennemis 
par David NOËL publié dans : Articles communauté : Les antilibéraux
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