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Laïcité

Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 12:30

Couverture-Charia-hebdo.jpgLa nuit dernière, le siège de la rédaction de Charlie Hebdo a été victime d'un attentat, détruisant le matériel informatique et tout ce qui sert à fabriquer le journal. Cet incendie volontaire a été provoqué alors que le journal s'apprêtait ce matin à sortir sa Une « Charia Hebdo », caricaturant Mahomet.

Le PCF condamne fermement cet acte immonde. Avec cet attentat, c'est non seulement la liberté de la presse qui est menacée mais la démocratie toute entière qui est attaquée. Le débat politique et médiatique ne peut pas se régler à coups de cocktail molotov et ceux qui voudrait nous le faire croire préfèrent se débarrasser des idées, en brûlant les journaux, plutôt que d'en débattre.

Le PCF apporte son soutien aux journalistes, à la rédaction de Charlie Hebdo, ainsi qu'à Charb, directeur de la publication du journal.

Nous nous joignons à la tristesse de toute la rédaction et appelons, à leurs côtés, à se mobiliser et à refuser que de tels actes menaçant la démocratie et la liberté de penser se reproduisent.

Par PCF - Publié dans : Laïcité - Communauté : Parti Communiste Français
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 06:30

libre-pensee.jpgLa loi du 9 décembre 1905 reconnaît la liberté des cultes, interdit à l’Etat de s’immiscer dans leur fonctionnement et protège la démocratie politique des empiètements du cléricalisme. Or, ces deux fondements des libertés publiques seraient affectés en même temps si l’Assemblée du contentieux du Conseil d’Etat suivait les conclusions de son rapporteur public lors de l’audience du 1er juillet 2011.

Le Conseil d’Etat avait décidé d’examiner dans une même audience, cinq affaires ayant toutes trait au respect de la loi de 1905 : deux concernaient des avantages accordés à l’Eglise catholique (orgue de l’église Saint Pierre de Trélazé, ascenseur de la basilique de Fourvière à Lyon), les trois autres des décisions de collectivités territoriales au profit du culte musulman (abattoir de la communauté urbaine du Mans, salle polyvalente à usage cultuel de Montpellier, bail emphytéotique pour la mosquée de Montreuil-sous-Bois). Le rapporteur public n’y est pas allé par quatre chemins, il a considéré d‘emblée que les juges du fond (c’est-à-dire les Cours Administratives d’Appel) s’étaient souvent trompés et qu’il fallait réévaluer une jurisprudence trop ancienne au regard des circonstances : il a donc proposé cinq décisions allant dans le même sens.

L’Union européenne contre la laïcité

Sur quels fondements ? Deux d’entre eux doivent particulièrement retenir l’attention des laïques et des républicains : la constitutionnalité de la loi de 1905 et la théorie des circonstances. D’après le rapporteur public Edouard Geffray, la loi de séparation pourrait être regardée comme inconstitutionnelle au regard des engagements internationaux de la France si elle était appliquée avec une rigueur allant à l’encontre de l’article 9 de la CEDH appliqué dans l’affaire Lautsi concernant des crucifix dans les écoles publiques italiennes. Et surtout l’application de la loi devrait tenir compte de circonstances nouvelles liées à la fois au déséquilibre à l’égard du culte musulman et à l’imbrication de pratiques cultuelles et culturelles, tant dans la valorisation du patrimoine des communes que dans les pratiques rituelles elles-mêmes.

En vertu de quoi, la technique proposée par le rapporteur public est la suivante : il y a lieu lorsque la matière controversée est « partiellement cultuelle et partiellement culturelle » d’établir des conventions entre les collectivités publiques et les cultes délimitant leurs droits et obligations respectifs, y compris lorsque plusieurs cultes sont concernés en même temps. Ce qui aurait, de toute évidence pour effet immédiat, d’élargir les brèches dans le mur de séparation, mais surtout soumettrait à la fois les cultes et les communes à l’obligation d’une négociation permanente.

Pour les édifices cultuels, cela signifierait de facto une désaffectation partielle et une perte des libertés afférentes, au gré des politiques culturelles ou patrimoniales des collectivités territoriales ; pour les communes et les groupements de communes, cela ferait de l’utilisation des équipements municipaux un enjeu permanent de négociation avec les différents cultes et les groupes d’intérêts associatifs et économiques qui leur sont liés.

Accommodements raisonnables ?

On aurait alors quitté le terrain de la séparation pour celui des arrangements clientélistes, c’est le régime des « accommodements raisonnables » québécois dont le bilan est un renforcement des dérives et enfermements communautaires. Ce serait un encouragement à l’élaboration de droits locaux en fonction des rapports de force et des affrontements qu’ils supposent. Ce serait une atteinte grave à l’unité et à l’indivisibilité de la République.

L’exigence d’une restauration de la loi du 9 décembre 1905 dans sa vigueur initiale, que la Fédération nationale de la Libre Pensée ne cesse de proclamer, est plus que jamais d’actualité.


Paris, le 6 juillet 2011

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 06:30

Logo LDHManifeste des associations et organisations laïques


Les faux débats lancés sur l’Islam et la Laïcité sont lourds de menaces dès lors qu’ils instrumentalisent des peurs et stigmatisent des citoyens.

Il n’y a pas de débat à ouvrir sur l’Islam ou sur d’autres religions. La République n’a pas à juger du contenu des croyances. L’Etat a mission de faire appliquer la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, le principe d’égalité des droits, et non d’encourager le communautarisme.

Les manquements graves aux principes de Laïcité, à l’origine des atteintes à la citoyenneté républicaine, sont la conséquence des compromissions, des transgressions qui se sont succédées depuis de longues années, et des atteintes aux droits économiques et sociaux. Les partis républicains doivent prendre leurs responsabilités.

Il n’y a pas de faux débats à ouvrir sur la Laïcité, mais à faire appliquer la loi de 1905, toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905.


Paris, le 31 mars 2011


Arab Women’s Solidarity Association France, Association EGALE, Association Laïcité-Liberté, Association Le Chevalier de la Barre, Association Libres MarianneS, Association des Libres Penseurs de France, Centre d’Action Européenne Démocratique et Laïque, Comité Laïcité République, Comité Valmy, Conseil National des Associations Failiales Laïques, Fédération française de l’Ordre Mixte International « Le Droit Humain », Fédération Nationale de la Libre Pensée, Grand Orient de France, Grande Loge Féminine de France, Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm, Grande Loge Mixte de France, Grande Loge Mixte Universelle, Les Comités 1905, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme, Loge Nationale Française, Observatoire International de la Laïcité Contre les Dérives Communautaires, Regards de Femmes, Solidarité Laïque, SOS Racisme, Union des Familles Laïques

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 06:30

sarkozy-eglise.jpg Le Président de la République vient d'inventer la laïcité double-face. Face A, il stigmatise l'Islam et les musulmans. Face B, il glorifie le catholicisme et cherche à flatter grossièrement les chrétiens. Le tout en tant que "Président de la République laïque". Il n'en finit pas de s'empêtrer dans son rouleau de scotch, dans un numéro de duettiste insupportable et délibéré avec Marine Le Pen. Nous condamnons ces manoeuvres lamentables.

Nous appelons tous les croyants à refuser d'être instrumentalisés dans leur foi par un Président aux abois. Nous appelons tous les citoyennes et citoyens à refuser cette laïcité double face qui cache bien mal la grande misère de la République sous le joug de Nicolas Sarkozy. En termes "d'héritage de civilisation", il s'y connaît trop peu pour faire la leçon. Il aura beau se rendre dans quelques semaines au Vatican, il n'aura pas notre absolution !


Pierre Dharréville,
Responsable PCF aux relations avec les croyants

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : Parti Communiste Français
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 06:30

ump-fn.png L'UMP continue de s'embourber. Ainsi, nous apprenons par la voix de Jean-François Copé que le grand débat qui lui est imposé par le Président de la République "n'est pas un débat sur l'islam", mais "un débat sur la laïcité et sur comment construire un islam de France". Bref, c'est bien ce qu'on pensait : c'est le retour du débat fumeux sur l'identité nationale.Mais le parti présidentiel, dans ses nouveaux amalgames, se fait maintenant plus précis en pointant du doigt les musulmans.Nous appelons les hommes et les femmes de notre pays à refuser la chasse aux boucs-émissaires. Car la première menace sur le pacte Républicain, elle vient de Nicolas Sarkozy lui-même. Depuis qu'il est élu, il a passé son temps à diviser, à stigmatiser, à invectiver.

La laïcité, c'est l'art de vivre ensemble, c'est l'égalité de droits, c'est l'indépendance de l'État. Autant de principes mis à mal par sa politique de destruction au service de quelques uns. Les manœuvres nauséabondes de l'UMP n'empêcheront pas le débat sur la nécessaire alternative à la politique de la droite auquel les Français ont droit.

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : Parti Communiste Français
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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 06:30

tour-de-Babel.jpg Nicolas Sarkozy aurait décidé de lancer un grand débat sur la laïcité, l'islam et l'immigration. Nous ne le laisserons pas souffler un nouvel écran de fumée nauséabonde comme ce fut le cas lors du débat sur l'identité nationale. Nous ne le laisserons pas passer à côté de la question sociale qu'il essaye d'escamoter à tout prix alors qu'elle est une préoccupation quotidienne des hommes et des femmes de ce pays. Enfin, nous ne le laisserons pas se servir d'un concept préfabriqué comme le multiculturalisme pour pousser les feux d'une sorte de culture nationale d'Etat au rabais et aux relents néocoloniaux.

Notre pays est marqué à la fois par une culture commune et une vraie diversité culturelle. C'est notre force. La laïcité n'est pas lepénisable. La laïcité n'est pas une machine à discriminer, elle est à la fois une grammaire du vivre ensemble et la garantie que l'Etat n'est pas confisqué au profit de quelques uns. On est bien loin des valeurs de la laïcité dans la France de Nicolas Sarkozy !


Pierre Dharréville,
Responsable des questions de « relations avec les croyants » au PCF

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : Parti Communiste Français
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 06:30

libre-pensee.jpgEn ce moment, beaucoup de responsables politiques, venus de tous les horizons, clament haut et fort qu’ils sont les chevaliers blancs de la défense de la laïcité lorsqu’apparaît au coin de la rue un fidèle musulman peu enclin à la discrétion ou une femme voilée. Leur zèle bruyant à contester la liberté de conscience, y compris en exerçant leur office de législateur, n’a d’égal que leur silence face aux atteintes véritables à la laïcité.

À la demande de l’aumônier de cette arme, le 18 mai 1962, le pape Jean XXIII a publié un bref par lequel il a placé la gendarmerie sous la protection de Sainte-Geneviève. Seule la jeune fille pure qui rendit la vue à sa mère après s’être signée au-dessus d’un seau d’eau et soutint vaillamment le moral des Parisiens, au Vème siècle, devant la possible arrivée des Huns pouvait devenir la « patronne céleste de Dieu » de la maréchaussée. Forts de cet éminent patronage, en présence des autorités de l’État et souvent des élus locaux, les gendarmes fêtent dignement Sainte-Geneviève en se rendant à la messe, sur ordre du commandement, pendant le temps de service et en tenue. Or, cette pratique, que d’aucuns qualifieraient d’anodine coutume française, est parfaitement illégale. Aux termes de l’article L. 4121-2 du code de la défense, auquel les gendarmes sont soumis, « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. […] » Les gendarmes qui souhaitent pratiquer un culte peuvent donc le faire, y compris dans les enceintes militaires desservies par l’aumônerie des armées, mais avec discrétion et en dehors du service. Leur qualité d’officiers de police judiciaires devrait d’ailleurs les astreindre à la plus grande réserve.

Du képi à la crèche

De même, nombreux sont les édiles qui autorisent des occupations temporaires du domaine public pour y installer des crèches de Noël, voire utilisent le personnel municipal pour les édifier. Là encore, des laïques d’opérette, plus à l’aise avec les nostalgiques de Vichy qu’avec les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de conscience, y voient une innocente tradition française. En vérité, les décisions des maires ou des conseils municipaux autorisant l’installation de crèches sur le domaine public enfreignent gravement la Loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État dont l’article 28 dispose qu’« il est interdit […] d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant aux cultes, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Sur requête de l’ancien maire de la commune de Montiers (Oise), scandalisé par l’installation d’une crèche de Noël en contrebas de l’église et tout près du monument aux morts, le tribunal administratif a annulé la décision d’octobre 2008 d’édifier un tel signe religieux, le 1er décembre 2010. En dépit de la sanction du juge, l’actuel maire de Montiers a maintenu la crèche de Noël 2010. Cette violation volontaire des lois de la République par un élu est inacceptable.


Avec la Libre Pensée :
Agissons pour faire respecter la loi de 1905


Paris, le 16 janvier 2011

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 06:30
Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 12:00

libre-pensee.jpgMonsieur Brice HORTEFEUX
Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales & de l’immigration
Place Beauvau
75008 PARIS


Paris, le 21 décembre 2010


Monsieur le Ministre,

Il m’appartient, en qualité de Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, d’attirer votre attention sur une situation particulière dans le département de l’Oise.

En effet, Monsieur le Maire de Montiers a autorisé l’installation d’un emblème religieux sur un emplacement public.

En l’occurrence il s’agissait d’une crèche.

Cette situation a conduit un citoyen de cette Commune à saisir le Tribunal Administratif pour faire annuler la délibération du Conseil Municipal autorisant l’installation de cette crèche sur la voie publique.

Par délibération en audience publique le 16 novembre 2010, le Tribunal Administratif d’Amiens, conformément à la Constitution du 4 octobre 1958, a décidé l’annulation de la délibération du 31 octobre 2008 et complémentairement, notifier au Maire de la Commune et copie au Préfet de l’Oise.

Or, nonobstant la saisine par la Fédération Départementale de la Libre Pensée compétente, des articles de journaux, Monsieur le Préfet se refuse à intervenir pour faire respecter la loi et la décision du Tribunal, d’où mon intervention officielle auprès de vos services.

Je m’autorise, corrélativement, à vous indiquer qu’il semblerait que le Préfet précité arbore dans son bureau officiel une photo du Pape Benoit XVI. Il est évident que si cette information était avérée, elle provoquerait un rappel aux notions de laïcité républicaine.

Quels que soient les engagements spirituels du Préfet, il est le représentant de la République et à ce titre doit, en toute circonstance, faire preuve de neutralité.

Dans l’attente de votre intervention, je vous assure de ma considération et de mes sentiments républicains et laïques.


Marc BLONDEL
Président


NB : Dans l’Eure, une information par voie de presse, laisserait supposer que le diocèse de ce département encourage d’exposer les crèches … sur les parvis ou la place du village, nous conduit à vous demander d’effectuer un rappel à la loi de 1905.

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 06:30

libre-pensee.jpg C’est avec un certain étonnement juridique que la Fédération nationale de la Libre Pensée a pris connaissance de la décision du Conseil constitutionnel sur la loi interdisant la burqa et le voile intégral dans « l’espace public ». Le Conseil constitutionnel avait été saisi par les Présidents des deux chambres parlementaires.

Rappelons que la loi de 1901 sur la liberté d’association avait défini juridiquement ce que l’on appelle la sphère privée et que la loi de 1905 organisait la séparation des Églises et de l’État. Le « religieux » et « l’antireligieux » étaient prohibés dans la sphère publique pour mieux pouvoir exister dans la sphère privée.

Ces deux lois ont été nécessaires pour en finir avec le Concordat bonapartiste qui mélangeait allègrement les deux sphères au profit des cultes reconnus. Elles établissaient une frontière nette et précise entre ce qui relevait du domaine public et du domaine privé.

Le Conseil constitutionnel, dans une audace de « laïcité ouverte et concordataire », définit l’espace public (et non plus la sphère publique) comme « constitué des voies publiques, ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public ». Ainsi donc, la rue, les cinémas, les restaurants, les bars, les magasins sont maintenant considérés comme faisant parties de la sphère publique. Antérieurement cette définition s’appliquait aux seuls services publics et à l’administration.

Si l’espace public est partout, alors l’espace privé n’est plus nulle part. Que devient alors le respect de la liberté absolue de conscience des citoyens, car alors, l’espace (privé) dans lequel elle peut s’exprimer se réduit comme une peau de chagrin. L’espace public, dans lequel s’applique la stricte neutralité en matière métaphysique, c’est-à-dire la séparation des Églises et de l’Etat, se répand partout. La neutralité devient liberticide si elle abolit le domaine du service public et réduit drastiquement le domaine où s’exerce la liberté de conscience.

Il s’agit bien d’une remise en cause de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, car elle abolit la frontière et la séparation entre ce qui relève du public et ce qui relève du privé.

Cette atteinte s’ajoute à une autre remise en cause de la laïcité institutionnelle : le 27 janvier 2010, la Libre Pensée écrivait dans un communiqué de presse : « Reprenant une proposition de la commission Machelon qui devait "toiletter" au karcher la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, la Mission Raoult/Gérin propose d’effacer la distinction opérée législativement qui établit une frontière infranchissable, en matière de financement public, entre ce qui relève du cultuel (loi de 1905) et du culturel (loi de 1901) afin "d'accroître les lieux de culte" , car (cerise cléricale sur le gâteau communautariste) "la loi de 1905 n’a pas de valeur constitutionnelle" ».

Incroyable, mais vrai !

On nous a expliqué pendant des mois que l’interdiction de la burqa était faite, non pas au nom de la laïcité, car ce n’était pas une prescription religieuse, mais parce qu’il fallait «  libérer les femmes de cet obscurantisme ».

Le Conseil constitutionnel a émis une sérieuse réserve juridique : la burqa serait interdite partout sauf dans les mosquées, car cela serait contraire à l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme du 26 août 1789 sur la liberté religieuse.

En clair, les femmes musulmanes seront « libérées » partout, sauf dans les mosquées qui, pourtant, sont ouvertes au public, selon la définition élastique du Conseil constitutionnel. Est-ce sérieusement comme cela que l’on va lutter « contre les intégrismes religieux » ? C’est se moquer du monde.

Cette loi, commencée par une dramatisation, se finit comme une farce

Elle illustre aussi le véritable caractère raciste et xénophobe de cette loi, qui ne vise qu’à stigmatiser une certaine catégorie de la population. Diviser la classe ouvrière pour mieux régner, selon des critères ethniques, religieux et culturels, telle a toujours été la méthode des Maîtres des Forges, que continue le MEDEF aujourd’hui.

La Fédération nationale de la Libre Pensée réaffirme son profond attachement au respect des principes contenus dans les lois de 1901 et de 1905 qui sont des garanties de libertés démocratiques fondamentales.

Par David NOËL - Publié dans : Laïcité - Communauté : les anti-capitalistes
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