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L'affaire Kucheida

Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 06:30

Maisons-Soginorpa.jpgEnquête  bg-puce-losange Les affaires judiciaires mettent à mal quarante ans de mainmise socialiste sur le département.

Par FABRICE TASSEL Envoyé spécial dans le Pas-de-Calais 

La charge date de 1998 : «Moi, j’avais toujours dit "ne demandez pas à devenir propriétaires", et ils n’ont pas voulu m’écouter. Ils ont voulu être les gérants de ce patrimoine, et ils ont mis le plus mauvais d’entre eux, qui s’appelait Kucheida. Parce que Kucheida est un bon député, c’est un homme actif et dynamique, mais c’est un homme pervers. C’est lui-même un gars de la cité minière qui ne pense qu’à une chose : l’ivresse du pouvoir et disposer de tous les aspects matériels de ce pouvoir, qui fonce tête baissée et qui fait vendre une maison à son fils dans des conditions tout à fait hors du droit commun.» L’accusation résonne étrangement alors que les socialistes du Pas-de-Calais, dont le député-maire de Liévin, Jean-Pierre Kucheida, affrontent une forte bourrasque politique et judiciaire après l’ouverture par le parquet de Lille de quatre enquêtes préliminaires sur des structures gérées par la gauche et critiquées par la chambre régionale des comptes (1).

Elle est signée André Delelis, ancien député, sénateur et ministre socialiste, ex-maire de Lens. Il a aussi longtemps été un ennemi historique de Jean-Pierre Kucheida et son mentor Daniel Percheron (ex-premier secrétaire fédéral), deux des principaux barons du Pas-de-Calais, ce qui explique la violence du propos. Mais, malgré l’excès de langage, la citation éclaire une affaire qui, après le scandale Guérini dans les Bouches-du-Rhône, pourrait s’avérer ennuyeuse pour la campagne de François Hollande.

Bailleur. L’allusion de Delelis concerne la mise en examen en 1999 de Jean-Pierre Kucheida pour prise illégale d’intérêts et complicité d’abus de confiance pour la vente à son fils d’une maison minière à un prix très bas, alors qu’il présidait la Sacomi (Société pour l’aménagement des communes minières) entre 1992 et 1996. Une légèreté qui rappelle celle dévoilée ces derniers jours à travers l’usage par Kucheida d’une carte de crédit professionnelle, notamment dans des restaurants de luxe. L’ancien maire de Lens évoque aussi la gestion du patrimoine minier, qui a permis aux ténors de la fédération PS du Pas-de-Calais de construire et d’asseoir leur pouvoir. Une mainmise qui dure depuis trente-cinq ans et qui se retrouve au centre des enquêtes judiciaires. L’une d’elles porte d’ailleurs sur la Soginorpa (qui a succédé à la Sacomi), le premier bailleur de la région Nord-Pas-de-Calais avec la gestion de 62 000 logements de l’ancien parc immobilier des Houillères.

Si, à ce jour, seul Jean-Pierre Kucheida est menacé sur le plan judiciaire, politiquement, c’est tout le système mis en place par une génération d’élus qui vacille. Une organisation tenue par Daniel Percheron, Jean-Pierre Kucheida, mais aussi Jacques Mellick, ancien député-maire de Béthune, ministre sous Mitterrand : ce triumvirat est au cœur du pouvoir socialiste dans le Pas-de-Calais depuis le début des années 70. Il symbolise alors la montée d’une génération moderne dont le profil rompt avec celui des mineurs syndicalistes. Leur biographie en témoigne. Daniel Percheron, né en 1942, famille d’enseignants, certifié d’histoire-géographie, militant au Sgen puis au Snes, rejoint le PS en 1969; Jean-Pierre Kucheida, né en 1943, fils d’agent de maîtrise des Houillères, certifié d’histoire-géo, militant au Snes et à la SFIO ; et Jacques Mellick, né en 1941, fils de fonctionnaire, adhérent de la SFIO en 1959, secrétaire national des jeunesses socialistes en 1964. Des hommes de terrain, des militants issus du monde enseignant rompus aux réunions de sections. Pas des énarques. C’est à la mort de Guy Mollet, en 1975, que Percheron prend la tête de la fédération PS et place ses hommes. Pour ces élus, l’extension du domaine de la lutte passe par la conquête de la gestion des logements miniers - que l’on retrouve aujourd’hui avec la Soginorpa - cruciale à la fois pour dominer les communistes, pour se forger une image d’élus rénovateurs et… s’assurer un extraordinaire levier clientéliste.

En 1969, l’établissement public des Houillères (nationalisé en 1945) règne sur 120 000 logements, 11 000 kilomètres de voiries, 4 000 hectares de terrils, mais aussi 51 églises et chapelles, 29 stades, 28 salles des fêtes… «C’est une culture d’encadrement de la société unique en Europe», estime Jean-François Caron, élu Europe Ecologie au conseil régional. Mairies, syndicats, associations, les nouveaux militants et élus socialistes se glissent partout, maillant tout le bassin minier et contrôlant l’attribution de chaque subvention, logement ou emploi. Les victoires électorales se succèdent, faisant du trio Percheron-Kucheida-Mellick, entre autres, des «légendes» politiques à l’échelle du bassin minier. «Ils ont un discours plus moderniste que celui du PC, tout en défendant les acquis des mineurs», expliquait, le 17 décembre dans Nord Eclair, Frédéric Sawicki, professeur en sciences politiques. Ces leaders reproduisent au sein de la fédération socialiste une centralisation du pouvoir proche du modèle syndical qui les précédait. Ils sont aussi conscients qu’il faut réfléchir à l’après-charbon.

Silence. En 1983, lorsque Mitterrand annonce, dans le bassin minier, la fin de la production de charbon, la fédération socialiste monnaye en contrepartie le transfert de la gestion des mines vers les élus locaux, sur fond de lois de décentralisation. Le 24 décembre 1985, Edith Cresson (ministre du Redéploiement industriel) et Pierre Bérégovoy (Budget) signent l’acte de naissance de la Soginorpa. Mais il faut attendre 1992 pour que la fédération PS fasse des logements miniers sa chasse gardée, à travers la création de la Sacomi et de l’accession de Jean-Pierre Kucheida à sa tête. C’est lors de cette présidence que Kucheida est épinglé par l’Inspection générale des finances. Un de ses rapports, qui revient sur la vente de la maison à son fils et qui dénonce des appels d’offres trop peu nombreux, sera à l’origine de sa mise en examen. Une affaire, enterrée après une intervention politique, qui résonne étrangement avec des faits plus récents. La chambre régionale des comptes a critiqué en 2010 la politique d’appels d’offres de la Soginorpa et d’Adevia (dont Kucheida est vice-président), une des dix premières sociétés d’économie mixte de France qui gère des centaines de projets d’aménagement et qui fait aussi l’objet d’une enquête préliminaire.

Face à ces assauts judiciaires, qui pourraient constituer un changement «politique» pour la fédération départementale du PS, tout le monde se terre. Le conseil fédéral a décrété le silence dans les rangs et désigné un avocat parisien pour déposer une plainte contre X en diffamation. «C’est une autre génération. Pour eux, les journalistes doivent être soumis», relève un élu local. En 1975, lorsque Kucheida devient secrétaire à la presse et à l’information - son premier poste à la fédération socialiste -, les relations avec les médias étaient sans doute plus «contrôlées». Seule Catherine Génisson, actuelle première secrétaire fédérale, a reçu Libération. «Sereine mais blessée», la sénatrice explique que la fédé «est à un tournant». Mais elle se porte garante de «son imperméabilité avec les structures mises en cause» afin de chasser les soupçons de financement politique illégal. Proche de Kucheida, elle déplore «ses maladresses» en évoquant l’usage abusif de la carte de crédit, mais rappelle son «acharnement au travail» et son «amitié personnelle» avec le maire de Liévin. C’est donc un soutien conditionné, dans l’attente du travail de la justice. Martine Aubry a grosso modo envoyé le même message en gelant le processus d’investiture dans la circonscription de Kucheida, tout en soulignant qu’elle attendait le résultat de la commission d’enquête interne au PS, menée par l’ancien ministre de la Défense Alain Richard, et l’issue des enquêtes préliminaires.

Ennemis. Face aux récentes révélations, Daniel Percheron, président du conseil régional et premier fédéral pendant vingt-deux ans, a confié à un proche : «Ce serait l’échec de ma vie.» Kucheida est dépeint comme «combatif mais à la rue, ne comprenant pas qu’on lui cherche des noises pour 500 euros, répétant qu’il aurait pu s’octroyer 5 000 euros de frais». Mais, selon un autre élu du bassin minier, «l’argument est inaudible» pour des gens qui ne chauffent que la chambre des enfants, ne peuvent plus se payer le bus et voient un élu s’offrir un repas à 1 624 euros chez Marc Veyrat. Kucheida a plaidé «des erreurs de gestion, jamais de malversations», et a justifié l’usage de la carte «comme n’importe quel chef d’entreprise dans le cadre de relations commerciales».«Sauf que, pour les gens, il est d’abord un grand élu de la région et non un chef d’entreprise. Kucheida s’est inconsciemment dit "je donne tant à mon territoire que je peux un peu m’affranchir des règles"», ajoute un élu. Un peu comme Jacques Mellick se grisant, au début des années 90, de sa proximité avec Bernard Tapie, jusqu’à en chuter.

Car, à tant verrouiller le pouvoir, les barons du PS se sont aussi fabriqués de nombreux ennemis, prompts à se venger. Ainsi, un autre front judiciaire a été ouvert par Gérard Dalongeville. L’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont, mis en examen pour «détournement de fonds publics» et révoqué du PS en 2009, a ainsi décrit dans des lettres à la juge Véronique Pair, révélées par les Inrockuptibles, un système de corruption et de surfacturation qui aurait bénéficié à la fédération PS. Un geste de désespoir pour un homme amer d’avoir plongé seul, même si Percheron et Kucheida l’ont longtemps protégé.

Un autre homme, Alain Alpern, est depuis longtemps critique à l’égard de ce système. Cet ancien élu vert et sympathisant socialiste avait proposé au début des années 2000 ses services à Percheron pour contrer la progression du FN à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen. «Il m’a félicité avant que je comprenne qu’il soutenait en fait Dalongeville», se souvient Alpern, devenu blogueur et qui est à l’origine des révélations sur la carte de crédit de Kucheida à la Soginorpa.

Enjeu. Un autre qui rumine, c’est Pierre Ferrari, 30 ans, exclu du PS fin 2010 au terme d’un violent conflit avec Catherine Génisson en raison d’une candidature dissidente aux cantonales. Lui aussi est persuadé qu’il n’a pas pesé «face aux liens entre Percheron et Dalongeville», et œuvre depuis contre le PS.

Mais Percheron et Kucheida en ont vu d’autres, comme l’expliquait ce dernier de façon prémonitoire dès 1998. Interrogé sur l’enjeu de pouvoir que représentait la conquête de la Sacomi, il répondait : «Enjeu de pouvoir ? Non, c’est un enjeu d’emmerdements. […] Mais c’est la fédération du Pas-de-Calais qui m’a demandé de le faire. Je ne vais pas dire que j’ai accepté avec un enthousiasme délirant, mais je savais ce qui m’attendait. Mais, quand j’accepte quelque chose, ensuite je me passionne.»

Pendant ce temps, le Front national a fait au minimum 30 % dans chaque canton aux élections de mars.

Quartier Saint-Pierre à Liévin. (Photo: Olivier Touron. Fedephoto)


Source : Libération
Lundi 26 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 14:00

Raffarin-Kucheida-Lang.jpgAu coeur des soupçons de corruption et de financement occulte, Jean-Pierre Kucheida, le député maire de Liévin, fait front. Derrière lui, tout un système politique à bout de souffle menace de s'effondrer.

Il a les traits tirés, le sourire crispé, mais il tâche de faire bonne figure. Ce jeudi 15 décembre au soir, Jean-Pierre Kucheida, 68 ans, préside un conseil municipal consacré aux orientations budgétaires, comme si de rien n'était. Pourtant, le député maire (PS) de Liévin, élu sans interruption depuis... 1981, est dans l'oeil du cyclone depuis que des soupçons de financement occulte et de corruption planent sur lui. Frédéric Lamand, unique conseiller municipal de droite, prend la parole : "Comment voter votre budget dans de telles circonstances ? [...] Je pense que l'alternance est nécessaire pour la démocratie et cela à tous les niveaux." Jean-Pierre Kucheida encaisse sans mot dire. Puis passe la parole à l'un de ses adjoints chargé de lire une déclaration solennelle de soutien "à monsieur le maire", après avoir rappelé le sacro-saint principe de la présomption d'innocence.

>> Lire aussi Aubry-Percheron: duel au couteau dans le Pas-de-Calais<<

En ville, tout le monde ne parle que de l'affaire... Chaque jour apporte son lot de détails sur les étranges libertés de "Kuche", comme beaucoup l'appellent affectueusement ici. Et, notamment, l'utilisation, à des fins privées, de la carte de crédit de la Soginorpa, un bailleur social qu'il préside : 1624 euros au restaurant du chef étoilé Marc Veyrat à Veyrier-du-Lac (Haute-Savoie) ; 1000 euros pour un repas (pour dix) chez celui de son ami Marc Meurin, à Busnes (Pas-de-Calais), etc. Jean-Pierre Kucheida a aussitôt plaidé l'erreur, promis de rembourser et démenti toute malversation.

Il n'empêche : "Les dégâts politiques sont incalculables, confirme un cadre de la fédération départementale du PS. Songez qu'il consomme en un repas trois fois le montant de la pension d'une veuve de mineur ! Pour la population, c'est intolérable." Le sentiment de trahison est d'autant plus fort que l'homme porte tout entier les espoirs de ce territoire déshérité. Lui, le "Jaurès du bassin minier", fils et petit-fils de mineur, qui n'a de cesse, dans ses discours vibrants, de demander réparation pour ces générations d'hommes qui ont tant souffert... 

Une armée d'instituteurs laïques

Si -à ce jour- aucune preuve de corruption ni de financements occultes n'a encore été apportée, ce scandale signe la fin d'un système. Et illustre le crépuscule d'une génération d'élus arrivés au pouvoir dans le courant des années 1970. Cette armée d'instituteurs laïques et, pour beaucoup, francs-maçons a conquis un à un tous les beffrois du Pas-de-Calais lors d'un face-à-face historique avec le Parti communiste. Jusqu'à la victoire totale.

Les grands stratèges socialistes locaux sont surnommés les "quatre mousquetaires" : Jean-Pierre Kucheida, donc, mais aussi Jacques Mellick (ancien maire de Béthune, déjà mis à mal par l'affaire OM-Valenciennes), Guy Lengagne (ancien député maire de Boulogne-sur-Mer) et surtout Daniel Percheron, l'actuel président de la région Nord-Pas-de-Calais. Ils ont calqué leur organisation sur celle -stalinienne- du PCF. Soit une armée de plus de 10 000 militants disciplinés. "La culture de la fédé est marquée par l'empreinte minière, explique Jérôme Darras, fils d'un ancien maire de Liévin et directeur des grands projets à la région. Elle est faite de solidarité, de discipline et aussi d'encadrement. Les Houillères prenaient en charge les mineurs de la naissance à la mort. Après la fin de l'extraction, en 1990, les élus ont pris le relais."

L'ancienne cité minière de Liévin (30 000 habitants), l'une des villes les plus pauvres de France, est la clef politique du bassin minier. Sa section PS est forte de 1200 membres (1 personne sur 25, record national!) et vote comme un seul homme selon les consignes des élus. Son local du 6, rue Faidherbe a été construit de la main des militants. Longtemps, le journal de la ville et celui du PS - L'Avenir de Liévin - n'ont fait qu'un. La cité est l'incarnation du socialisme municipal, où le maire pourvoit à tout, en bon père de famille. C'est lui qui distribue les aides, les logements, les emplois. Du clientélisme à l'état pur. "Obtenir quelques heures de ménage dans une école, ici, c'est le Pérou !" indique une ancienne élue. 

Le Front national en embuscade

Au fil du temps, le système s'est sclérosé. Les élus du bassin minier - sans opposition sérieuse - se sont sentis tout-puissants et ont commencé à cultiver l'entre-soi. Ont placé sans vergogne leur progéniture dans des collectivités amies (Elvyre Percheron, Alice Percheron et Marie Kucheida sont salariées du conseil régional) ; attribué des marchés publics à des entreprises dirigées par leurs enfants (Frédéric Kucheida...) ou par des proches ; recasé des amis dans la difficulté ; choisi un frère comme chauffeur de la société d'aménagement qu'il préside (Michel Dagbert à Adevia)... Les "irrégularités substantielles", pointées par les rapports de la chambre régionale de la Cour des comptes, sont légion. 

Demain, la justice dira si les faits constatés sont susceptibles de poursuites pénales. Pour le moment, "Kuche" sauve les apparences. "Ils ne se rendent pas compte à quel point ils se trompent", confiait récemment l'intéressé à l'un de ses proches. Marine Le Pen, elle, candidate dans la circonscription voisine d'Hénin-Beaumont, s'est fait une joie de réclamer une "opération mains propres", dénonçant au bazooka un "système mafieux, d'argent sale, de pots-de-vin, sur le dos d'une population qui souffre". Jamais la percée du Front national dans les terres minières n'a paru à ce point crédible.  

Jacques Trentesaux

Photo d'archives montrant Jean-Pierre Kucheida au côté du député PS du Pas-de-Calais Jack Lang et du Premier ministre d'alors, Jean-Pierre Raffarin (G) lors d'un déplacement le 29 novembre 2004 à Lens. AFP PHOTO JACK GUEZ


Source : L'Express
Vendredi 23 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 06:30

Jean-Pierre Kucheida 6Dans l'affaire Jean-Pierre Kucheida, maire PS de Liévin (Pas-de-Calais), les policiers enquêtent sur de possibles emplois fictifs auprès d'un bailleur social. Les documents affluent mais les policiers doivent encore démontrer que ces témoignages reposent sur des éléments concrets.

Jeudi soir, lors du conseil municipal, le député-maire de Liévin, Jean-Pierre Kucheida, n’a pas daigné répondre aux questions du seul élu UMP de la ville sur les accusations de détournements de fonds dont il fait l’objet. "Ce n’est pas le lieu", a balayé son troisième adjoint en charge des finances. Dont acte. Pourtant, cette semaine, le dossier des enquêteurs de la police financière de Lille s’est épaissi. Un témoin est venu leur déposer les factures d’un montant total de quelque 4.770 euros pour des dépenses apparemment personnelles acquittées par Kucheida avec la carte de la Soginorpa, le bailleur social qu’il préside (63.000 logements).

Les policiers ont également sur leur bureau la liste d’une dizaine de noms de personnes censées avoir occupé un emploi fictif au sein du même organisme. Il s’agit pour la plupart de chargés de missions ou de conseillers, notamment auprès de la direction générale. "Nous avons repéré des salariés qui vivaient à Paris, raconte un syndicaliste, d’autres dont nous n’avons retrouvé aucune trace physique". Les documents affluent mais les policiers doivent encore démontrer que ces témoignages reposent sur des éléments concrets.

Parallèlement, les enquêteurs travaillent sur plusieurs dossiers dans le Pas-de-Calais, dont celui d’un éventuel financement occulte du parti socialiste du Pas de Calais. Les détournements de fonds publics, s’ils ont bien eu lieu, n’ont ils enrichi que quelques potentats locaux ? Le 20 septembre dernier, les policiers ont perquisitionné le siège de l’entreprise de bâtiment et de travaux publics Ramery à Erquinghem-Lys dans le Pas-de-Calais. Ils cherchaient des informations sur le chèque de quelque 215.000 euros encaissés par Guy Mollet, ancien éditeur de la ville d’Hénin-Beaumont, poursuivi avec Gérard Dalongeville pour détournement de fonds publics. Or Dalongeville, ancien maire d’Hénin-Beaumont et collaborateur de Kucheida, est aujourd’hui le principal dénonciateur d’un système de financements occultes. Les deux hommes ont été respectivement entendus à Lille sur cette affaire en mars et en juillet dernier à Lille. Et pour cause. Le chèque a été émis le 31 août 2007 et encaissé par Guy Mollet au Luxembourg en guise "avance sur une transaction à venir" qui n’a jamais eu lieu...

La police poursuit son enquête autour de Jean-Pierre Kucheida. (Maxppp)


Source : Marie-Christine Tabet - Le Journal du Dimanche
Samedi 17 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 12:30

Jean-Pierre-Kucheida-5.jpgLille, Envoyée spéciale - Depuis deux semaines, la photo de cet inconnu est dans tous les journaux. Jean-Pierre Kucheida, 68 ans, patron de la puissante fédération socialiste du Pas-de-Calais, la première de France, élu député et maire de Liévin sans interruption depuis 1981 avec des scores bouleversants, montre un visage que beaucoup ignoraient.

Ce discret baron du bassin minier est aussi président de la maison-mère d'un organisme au nom barbare : la Soginorpa, premier bailleur "social" de la région, avec 62 000 anciens logements de mineurs, pour un loyer moyen de 350 euros par mois. M. Kucheida fut longtemps aussi vice-président d'Adevia, la société d'économie mixte (SEM) qui préside à un très grand nombre d'aménagements fonciers du Pas-de-Calais.

AUBRY APPELLE À "GELER" SA CIRCONSCRIPTION

Deux organismes dont la gestion est depuis des années décortiquée par la chambre régionale des comptes, mais aussi, depuis un an, par la justice. Avant de surgir avec fracas dans le débat politique national, après que Martine Aubry a choisi de "geler" la conscription de M. Kucheida.

Selon nos informations, quatre enquêtes préliminaires ont été ouvertes à Lille. Trois d'entre elles l'ont été suite à ces dénonciations répétées de la chambre régionale des comptes (CRC). La dernière, elle, s'intéresse à des lettres de dénonciation d'un élu socialiste, Gérard Dalongeville, ancien maire socialiste d'Hénin-Beaumont, révoqué en mai 2009 quelques semaines après une mise en examen pour, notamment "détournements de fonds publics". Il a été au cœur du "système", comme il dit.

Ces courriers, adressés à partir de décembre 2010 à la juge de Béthune Véronique Pair, ont atterri au printemps au palais de justice de Lille, dans un cabinet spécialisé en matière économique et financier. Elles alourdissent singulièrement les irrégularités pointées par la chambre régionale des comptes. Se dessine en effet la possibilité d'un système de financement occulte de la "fédé" socialiste du Pas-de-Calais.

"GRAVES IRRÉGULARITÉS"

Concernant la Soginorpa, la CRC relevait dans un rapport provisoire de décembre2010 "un endettement important, une gouvernance opaque". Elle pointait notamment "une politique de placements à risque" pour lesquels les "contrats (…) sont devenus des produits spéculatifs", contraires à la vocation sociale de l'établissement.

L'organisme qui était là pour gérer, entretenir, rénover et étendre le parc de logements des Houillières dont il est responsable aurait réduit le parc d'environ 4 900 logements suite aux ventes à l'euro symbolique à un certain nombres de collectivités locales, souvent proches de M. Kucheida.

Premier opérateur du Pas-de-Calais, cinquième français (elle assure la maîtrise d'œuvre du stade couvert régional à Liévin et a reçu la délégation de la maîtrise d'ouvrage de la construction du Louvre-Lens), Adevia n'a pas non plus été épargné par rapport définitif de la chambre régionale des comptes de février2011.

Il notait de "graves irrégularités" dans les appels d'offres passés à un nombre trop restreint d'entreprise du bâtiment, en contravention avec les règles de "transparence" applicables aux marchés publics ; un "nombre limité" de prestataires d'études et de maîtrise, parmi lesquels "certains ont des liens directs ou indirects avec des administrateurs d'Adevia" ; le rachat, encore, de terrains à trop bas prix… La CRC soupçonne Adevia de facturer des frais financiers au-delà de ce qu'elle supporte, alimentant le soupçon de "rémunérations complémentaires peu transparentes".

JUSQU'EN "HAUT DE LA MACHINE RÉGIONALE"

Un ensemble d'anomalies que M. Dalongeville, met, lui, en musique, notant par exemple que "tous les maires investis et soutenus choisissent Dalkia pour leur marché de chauffage", évoquant avec gourmandise un "système" qui monte jusqu'en "haut de la machine régionale"… Un malheur n'arrivant jamais seul, un blogueur d'Hénin-Beaumont, Alain Alpern, conseiller régional socialiste jusqu'en 2010, a mis en avant, comme l'a indiqué LePoint.fr, les libertés que l'élu aurait prises avec la carte bancaire de la Soginorpa.

Parmi les factures exhumées par la direction financière de l'organisme qui gère les habitats des anciennes Houillères et postées par l'ex-élu : 1 624 euros au restaurant gastronomique de Marc Veyrat à Annecy en août 2005, des dépenses de parking d'aéroport, des factures non identifiées à Malte, ou encore "1,6 kg poisson du jour sur la facture de La Rascasse, port de Saint-Florent en Corse, d'un montant de 142 euros payés 145".

Interrogé mercredi sur BFM-TV, M. Kucheida, pour lequel les rapports de la chambre régionale des comptes épingle "des erreurs de gestion, jamais des malversations", a expliqué qu'il utilisait sa voiture de fonction "pour des déplacements normaux, pas privés, dans le cadre de la Soginorpa", et qu'il avait usé de la carte de crédit de l'organisme "comme n'importe quel chef d'entreprise dans le cadre de relations commerciales".

"Je n'ai jamais détourné d'argent de cette société", a dit celui qu'on surnomme "l'empereur" de Liévin. Avant d'ajouter: "Je ne suis touché par aucune inéligibilité, me semble-t-il. Donc, dans tous les cas je serai candidat [aux législatives]."

Ariane Chemin


Le maire de Liévin Jean-Pierre Kucheida, le 9 décembre 2011 à Lievin. AFP/PHILIPPE HUGUEN


Source : Le Monde
Jeudi 15 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 14:30
Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 14:00

Jean-Pierre-Kucheida-7.JPGL'enquête s'oriente vers le financement des campagnes du PS local et l'enrichissement personnel.

Par Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Aziz Zemouri

Après la carte de crédit, la voiture..., Jean-Pierre Kucheida, le député-maire socialiste de Liévin, avait, comme l'a révélé Le Point.fr, l'habitude de faire "chauffer" sa carte professionnelle. En 2008, par exemple, ses dépenses réglées avec la carte de la Soginorpa, l'un des plus grands bailleurs sociaux de France, s'élevaient à 9 654 euros, dont 1 392 injustifiés. Le baron PS du Pas-de-Calais a mis en avant des problèmes techniques avec sa carte bancaire personnelle. En fouillant dans les comptes de la Soginorpa, on découvre que Kucheida dispose également d'une voiture de fonction. Une Renault Laguna bleue qui s'avère être en leasing, dont beaucoup à la Soginorpa se demandent quel usage le député-maire peut bien en faire puisqu'il roule habituellement dans une Peugeot 306 ou une Toyota Prius. À moins qu'il n'en ait confié le volant à quelqu'un d'autre ? Président de l'Epinorpa, un établissement public propriétaire de la Soginorpa, Jean-Pierre Kucheida a la haute main sur les logements miniers du Pas-de-Calais - 65 000 maisons et appartements évalués à 2,4 milliards d'euros. Une des deux vaches à lait du PS local, avec la société d'économie mixte Adevia, qui gère notamment l'ambitieux projet du Louvre-Lens.

Toutes les deux ont été mises en cause par la chambre régionale des comptes (CRC) et sont aujourd'hui dans le collimateur de la justice, qui soupçonne un financement illégal du Parti socialiste, dont Jean-Pierre Kucheida serait le chef d'orchestre. Un système qui favoriserait le clientélisme : sympathisants politiques, réseaux francs-maçons, amis en tout genre et famille. Ainsi Adevia, dont Jean-Pierre Kucheida est administrateur, a-t-elle été critiquée par la CRC pour avoir conclu des marchés importants avec une société gérée par Frédéric Kucheida, le fils du député. Quant à la fille, Marie, elle est chargée de mission au conseil régional pour un projet baptisé "Mineurs du monde". Artiste photographe, elle intervient régulièrement sous le nom de MaryKa dans des expositions parrainées par la commune de Liévin, dont son père est l'heureux élu. On la retrouve encore dans certaines publications de la Soginorpa.

Patrimoine

Contacté par Le Point, Jean-Pierre Kucheida n'a pas souhaité nous répondre. Chaque année, la Soginorpa distribue largement un gros gâteau au nom de la promotion des logements miniers. En 2006, par exemple, "publicité, ­publications, relations publiques, cadeaux" représentaient 561 604 euros. À quoi s'ajoutaient 185 000 euros de prestations et d'indemnités diverses, plus 104 000 euros de subventions distribués. L'enquête préliminaire ouverte au printemps et révélée par Le Point.fr s'orienterait, selon nos informations, vers les financements de campagne du PS dans le Pas-de-Calais, avec en toile de fond un système de double facturation et de commissions sur les attributions de marché.

Par ailleurs, le patrimoine du député-maire de Liévin intriguerait les enquêteurs, notamment cet appartement en SCI boulevard de Grenelle (Paris 15e), acheté 2 millions de francs en 1993, et ce chalet à Mercury, non loin du fameux restaurant de Marc Veyrat où Jean-Pierre Kucheida a fait "chauffer" la carte de crédit Soginorpa...

Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin, le 10 décembre dernier. © Delphine Pineau / PhotoPQR/La Voix du Nord


Source : Le Point.fr
Mercredi 14 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 10:30

La Voix du Nord de ce matin publie dans ses pages lensoises un document qui en dit long sur les pratiques de Jean-Pierre Kucheida, le député-maire PS de Liévin, président de la Communauté d'Agglomération de Lens-Liévin, président de l'Epinorpa et vice-président d'Adevia visé par une enquête préliminaire de la brigade financière, saisie par le parquet.
Jean-Pierre Kucheida, lui, se défend d'être au coeur d'un système d'appels d'offres truqués et de favoritisme qui impliquerait plusieurs entreprises obligées de verser un "droit de péage" et parle d'un "complot politique" qui viserait à nuire à François Hollande. Il est pour l'instant soutenu par les instances de son parti, bien que sa désignation pour les prochaines législatives soit gelée.

Si le courrier qu'il a envoyé en novembre 2010 aux maires de la Communauté d'Agglomération de Lens-Liévin et que publie La Voix du Nord n'a rien d'illégal, il est cependant assez troublant...

Appel d'offre de Kucheida PS

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 06:30

Jean-Pierre-Kucheida-6.jpgLa police enquête sur le patrimoine de Jean-Pierre Kucheida, député-maire PS de l’ancienne ville minière depuis trente ans.

Depuis la fenêtre de sa mairie, installée dans les anciens bureaux des Houillères, il domine le chevalet du "3 bis de Lens". En septembre 1974, 41 hommes sont morts dans cette fosse. Pour Jean-Pierre Kucheida, fils et petit-fils de mineurs, le symbole a valeur de revanche. "Lorsque mon père est mort, il avait les poumons rongés par la silicose et j’ai vu mon grand-père finir sa vie accroché à sa bouteille d’oxygène." Aujourd’hui à 68 ans, le patron du bassin minier, c’est lui. La section de Liévin serait avec quelque 1.200 cartes pour 30.000 habitants, la première de France. Depuis 1981, il se fait élire au premier tour sur ses terres et porte haut les couleurs du parti. En 2008, aux dernières municipales il a encore ravi 75 % des suffrages. Et il accepte mal qu’Arnaud Montebourg, le troisième homme des primaires, vienne lui faire des leçons de socialisme et l’accuse de corruption. "À l’Assemblée nationale, son bureau est à trois portes du mien pourquoi n’est-il jamais venu me demander des explications ? Je vais m’associer à Jack Lang pour l’attaquer en diffamation."

Il continue son "boulot" de maire, mais le coeur n’y est pas

Kucheida n’a pas l’intention de se laisser faire. Vendredi après-midi, il a donné le top départ du cross des jeunes au stade de la ville. Samedi matin, il a planté un sapin devant la mairie. Entre deux interviews pour se justifier des accusations de corruption, il continue son "boulot" de maire, mais le coeur n’y est pas. Il blague en patois et revient sur son passé militant. Il raconte avec emphase son épopée au côté de son ami Daniel Percheron, actuel président du conseil régional. Au début des années 1970, âgés d’une trentaine d’années, les deux amis ont pris l’appareil du parti à Guy Mollet avant de faire tomber un à un les bastions communistes. En 1981, il entre au Grand Orient et succède au maire de Liévin, Henri Darras, qui a succombé à une crise cardiaque. "J’étais son suppléant, se souvient-il, et j’ai siégé dans la première assemblée socialiste de la Ve République." Pas de leçons de socialisme à recevoir ! Les reportages télévisés dans les rues de sa ville le rassurent. Liévin le soutient. Il est à la tête d’une agglomération de 36 communes et de 250.000 habitants. Mais le "roi de Liévin" est à la peine.

Les factures chez le restaurateur étoilé Marc Veyrat en Savoie ou dans les boutiques de Malte payées sur le compte du bailleur social qu’il préside passent mal. "Cela fait des années qu’il a perdu le sens de la réalité, raconte un élu du cru sous couvert d’anonymat. Dans les années 1990, il avait fait une fête pour célébrer son premier million de francs." Kucheida balaie l’anecdote d’un revers de la main, exaspéré. "On veut me salir, déstabiliser François Hollande", soupire-t-il. Les enquêteurs de la brigade financière de Lille travaillent pourtant sur son patrimoine personnel et son train de vie depuis plusieurs semaines. Un appartement parisien rue de Grenelle, acheté en 1989, une résidence secondaire à Mercury, en Savoie… "Je dispose de mes indemnités et de député et de maire écrêtées comme le veut la loi, rétorque-t-il, il n’y a aucun mystère dans mes revenus. Je perçois 500 € de frais pour mes fonctions à la Soginorpa. J’aurais pu demander dix fois plus." Pour ses contempteurs, les signes avant-coureurs d’une dérive étaient perceptibles depuis longtemps : un photographe personnel, salarié par la ville, qui le suit partout depuis vingt-six ans, les unes du journal local toujours à sa gloire, des fêtes municipales fastueuses. "Il se comporte en seigneur et maître, accuse le seul élu UMP de la ville, Frédéric Lamand, et il ne supporte aucune opposition. Tout le monde a quelqu’un dans sa famille qui travaille pour la ville ou dans une des collectivités amies. Alors c’est le silence. Comme en Corse."

Le grand déballage

Le scandale arrive par un de ses anciens affidés, Gérard Dalongeville, l’ex-maire d’Hénin-Beaumont. Mis en examen pour détournement de fonds publics, ce dernier attend son procès sous contrôle judiciaire dans les Vosges. Avant de devenir maire, Dalongeville sans emploi, était devenu l’assistant de Kucheida au Conseil supérieur du gaz et de l’électricité. "Il était dans une situation financière catastrophique et je lui ai tendu la main", soupire Kucheida. Aujourd’hui Dalongeville prétend égrener ses souvenirs en livrant les noms des entreprises et les relais militants dans l’appareil socialiste. Info ou intox ? "Même si Kucheida sort blanchi de cette affaire, il va souffrir de ce grand déballage", pronostique un de ses amis politiques. À Liévin, une des villes les plus pauvres de France, on aura du mal à digérer les agapes du maire.

"Pourquoi n'est-il jamais venu me demander des explications ?" s'interroge Jean-Pierre Kucheida à propos d'Arnaud Montebourg. (Maxppp)


Source : Marie-Christine Tabet, envoyée spéciale à Liévin (Pas-de-Calais) - Le Journal du Dimanche
Dimanche 11 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 12:30
Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 06:30

Genisson-Kucheida-Aubry.jpgDÉCRYPTAGE - «20 Minutes» fait le point sur les accusations portées contre la fédération socialiste du département...

Après les Bouches-du-Rhône de Guérini, Arnaud Montebourg part en croisade contre la corruption dans le Pas-de-Calais. Martine Aubry a demandé l’ouverture d’une enquête, Jack Lang veut porter plainte... Que se passe-t-il au PS? Le point avec 20 Minutes.

Quelles sont les accusations proférées ?

Des faits de corruption. Des élus du Pas-de-Calais sont accusés de financement occulte de la fédération PS du département. Les accusations font état de versements de sommes d’argent en échange de l'attribution de chantiers publics à des entreprises de la région, qui pratiqueraient des surfacturations alimentant un système de rétrocommissions. Des emplois fictifs sont également évoqués.

De qui viennent ces accusations ?

Arnaud Montebourg et Gérard Dalongeville. Le premier a adressé le 21 novembre un courrier à la Première secrétaire du PS, le second (ancien maire PS de Hénin-Beaumont, mis en examen en 2009 pour «détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme»), en a écrit plusieurs au juge d'instruction de Béthune.

Qui est visé ?

Jean-Pierre Kucheida et d’autres. Le député-maire PS de Liévin dirige la société d’économie mixte Adévia et l'Epinorpa, bailleur social qui gère les anciens logements miniers dans le Nord-Pas-de-Calais par le biais de la Sginorpa. Ces deux sociétés seraient au centre du système dénoncé, qui bénéficierait de «complicités» à l’échelon national. Arnaud Montebourg a cité Jack Lang, député du Pas-de-Calais, et ce dernier a annoncé son intention de porter plainte. Le nom d’un autre député local, Albert Facon, est également avancé.

Pourquoi sortent-elles maintenant ?

La période pré-électorale est propice au grand ménage. En 2012, outre l’élection présidentielle, les législatives auront également lieu. «Ces événements permettront [...] à nos adversaires d’ouvrir un nouveau front contre la corruption d’élus socialistes», prévient Arnaud Montebourg dans son courrier, conseillant d'empêcher Jean-Pierre Kucheida de poser sa candidature. Martine Aubry a décidé de la geler.

Pourquoi la région est-elle sensible ?

C’est le fief de Martine Aubry. Ces événements se tiennent «dans une région qui est la tienne et dont nul ne croira que tu pouvais ignorer la gravité de tels faits», a écrit Arnaud Montebourg à Martine Aubry. Par ailleurs, Marine Le Pen est conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais et conseillère municipale à Hénin-Beaumont. «Les attaques de Marine Le Pen devraient redoubler contre le système de la corruption des élus du Pas-de-Calais dont ces différents dossiers apporteront la preuve de son étendue», poursuit Montebourg. La présidente du FN a en effet rapidement accusé «Martine Aubry, François Hollande et Arnaud Montebourg d’avoir soutenu le système Dalongeville Kucheida en toute connaissance de cause».

La Première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, en compagnie de Jean-Pierre Kucheida (à sa droite) M.LIBERT / 20 MINUTES


Julien Ménielle


Source : 20 Minutes
Vendredi 09 décembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : L'affaire Kucheida - Communauté : Les blogs PCF du Pas-de-Calais
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