Concours

Images aléatoires

Lundi 9 mars 2009
David Noël, secrétaire de la section d'Hénin-Beaumont du PCF et membre du Secrétariat Fédéral du PCF 62 était vendredi soir à Beaurains pour la projection d'un film sur la révolution vénézuélienne organisée par la section PCF de l'Arrageois. L'occasion pour Jean-Jacques Guillemant et ses camarades de la section de tenir une conférence de presse dont le compte-rendu est paru hier matin dans l'édition d'Arras de La Voix du Nord.



Les communistes arrageois en ordre de marche

Forte d'une centaine d'adhérents, la section arrageoise du PCF a gagné une vingtaine de membres depuis 2007.

| ÉLECTIONS EUROPÉENNES |

Ils sont prêts, le mors aux dents, à partir en campagne pour les élections européennes. La section communiste du PCF d'Arras s'est réunie, vendredi, pour présenter ses lignes d'action pour les mois à venir.

Semaine politique oblige, les communistes arrageois sont en piste. Fort occupés ces prochains jours, ils se sont réunis vendredi pour donner un aperçu de leurs grandes dates. Il y a, d'abord, le week-end des 14 et 15 mars. Tout tombe en même temps. La fête de la section, d'abord, organisée à la salle des fêtes de Saint-Laurent-Blangy. «Cela marque surtout notre entrée dans la campagne pour les élections européennes. Derrière la tête de liste du front uni de gauche, le député sortant Jacky Hénin», note Jean-Jacques Guillemant, secrétaire de section.

Dans le même temps se tient justement le meeting régional, le 14 mars, à Lille. De tous les fronts ce week-end-là, les communistes comptent venir serrer les rangs de la manifestation arrageoise contre la venue du Front national à Arras, samedi prochain. «L'extrême-droite fascisante n'est pas la bienvenue ici, sur les terres ouvrières du Nord-Pas-de-Calais.», rappelle David Noël, du secrétariat fédéral, élu à Hénin-Beaumont. Membre du comité Le FN à Arras, nous disons non, le PCF rentre dans le débat : «Le maire était forcément au courant. Expression démocratique ou pas, ilfaut savoir que certaines villes se sont opposées à la venue d'un parti extrémiste.» C'est dit.

Le PCF entend profiter de la vague politique des semaines à venir pour se faire entendre. Et gagner du terrain. «Nous entendons être plus présent sur Arras Nord-Saint-Laurent-Blangy. Sur les secteurs Ouest et Sud, nous sommes déjà bien organisés. Nous sommes présents sur le marché. Nous allons inviter Jacky Hénin. Et faire du porte à porte, à partir de mai.» L'objectif ? Rogner sur les franges abstentionnistes des Européennes pour nourrir la liste Front de gauche. «On veut refaire le grand mouvement du non au référendum de 2005. L'Europe, oui, mais pas celle, néfaste, des délocalisations, du capitalisme à outrance.»

• S. NICOLLE

Par David NOËL - Publié dans : Revue de presse
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Lundi 12 janvier 2009
Libération consacrait samedi un article à l'arrêté pris par notre camarade Daniel Dewalle, maire de Houdain, contre les pratiques abusives de Poweo. C'est à lire sur Libé Lille.

ÉCO-TERRE
- Poweo est carrément interdit de démarchage à Houdain, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. L’arrêté municipal n’y va pas de main morte, parle de «mensonge» et d’«usurpation d’identité» de la part du fournisseur d’énergie alternatif. Le maire, Daniel Dewalle (PCF), assume, ravi de son coup de gueule : «Je m’attends à une annulation rapide de mon arrêté, je sais bien que je suis sorti de mes compétences, mais je ne veux rien laisser passer.»

Annuaire. En deux jours, lundi et mardi, trois de ses administrés l’ont appelé, tous avec la même histoire, et le sentiment de s’être fait «arnaquer», dit Dewalle. «Deux personnes ont sonné à leur porte, "bonjour, nous sommes deux contrôleurs EDF, nous venons voir si vous avez profité de la baisse de 10 % de votre facture". Ils montrent une carte professionnelle, avec une photo, et demandent à voir les factures. "Ah non, vous ne bénéficiez pas des 10 % de réduction, est-ce que cela vous intéresse ?" et les personnes se retrouvent à signer un contrat sans savoir qu’ils rejoignent un concurrent d’EDF.» A Poweo, on essaye de calmer le jeu. Sans nier les faits, mais en évoquant des cas isolés. Selon la société, seules deux personnes auraient exercé leur droit de retrait. «Nous avons vérifié l’ensemble des contrats passés à Houdain. Sur les 42 personnes, aucune ne nous a dit être mécontente ou ne pas savoir qu’elle avait signé avec un opérateur alternatif.» Pas de chance, Brigitte, piochée dans l’annuaire, une des signataires Poweo, avoue «n’y comprendre plus rien». Elle a été rappelée par Poweo, mais s’inquiète. «Moi, ce que je voudrais, c’est arrêter tout ça.» Elle est au dernier des sept jours où elle peut exercer son droit de retrait. Personne ne lui a expliqué la faveur de Poweo : selon l’attaché de presse, on a dix jours pour se désister. Le scénario que décrit Brigitte confirme celui du maire : «J’ai mal compris qui ils étaient. C’était un homme et une femme, mais c’était surtout elle qui parlait. Elle m’a demandé mes factures, puis elle m’a rempli tout de suite le dossier. Moi, je suis à Direct Energie [un autre concurrent d’EDF, ndlr], je veux le quitter pour retourner à EDF. J’ai cru que c’était ce que je faisais.»

Factures. «Poweo ? Je suis scandalisé de leur façon de procéder !» Christophe Dessoly, habitant d’Houdain, n’a pas avalé la visite de deux commerciales du fournisseur d’énergie. «Elles m’ont dit qu’elles venaient de la part d’EDF, qu’il fallait que je leur montre mes factures, que c’était obligatoire, que j’avais été prévenu par courrier. Mais je savais que je n’avais rien reçu, à part ma facture.» Il les a mises dehors, pour les retrouver, à l’étage du dessus, chez son beau-frère. «Elle était déjà en train de remplir le contrat. J’ai vu l’en-tête Poweo et j’ai compris. J’ai dit à mon beau-frère, "fais gaffe, c’est un concurrent d’EDF".»

Stéphanie Maurice
Par David NOËL - Publié dans : Revue de presse - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 19 novembre 2008
Proche de Ségolène Royal, Vincent Peillon a été l'un des principaux acteurs du congrès du PS. En cas de victoire de Ségolène Royal, il pourrait devenir premier secrétaire délégué du PS. Nos amis du Plan B ont enquêté dans le "Vimeu rouge" où Vincent Peillon s'est présenté et a été battu.

Les médias l’adorent mais ses électeurs le rejettent. Intrigué par ce paradoxe de la démocratie, Le Plan B a démarché l’ancienne circonscription du télévangéliste PS Vincent Peillon, dans les terres ouvrières de la Somme.
Quand Stéphane Paoli reçoit Vincent Peillon sur France Inter, comme ce 21 avril, les tasses de thé ont rendez-vous avec la pince à sucre. « Je ne vous présente pas Raphaëlle Bacqué, du Monde, ni Thomas Hugues, de i-télé », susurre l’animateur. « Bonsoir Raphaëlle, bonsoir Thomas », pépie le socialiste. Le portrait que brosse Paoli de son convive n’est pas d’une cruauté extrême : « Battu de 143 voix aux dernières législatives, il n’a pas retrouvé son siège de député de la Somme perdu en 2002. Comme si le souvenir de ce jour d’avril 2000 où il avait fallu l’intervention d’un hélicoptère de la gendarmerie pour le sauver de la colère des chasseurs pesait encore sur la décision de certains électeurs. »

Vincent Peillon, victime de la sauvagerie des chasseurs ? La question mérite examen car, hormis sa qualité d’élu au Parlement européen de Strasbourg, rien ne semble justifier son omniprésence sur les ondes. À moins, bien sûr, que sa non-élection en 2007 ne soit le fruit d’un déni démocratique qu’il conviendrait de réparer par l’attribution d’un mandat médiatique permanent.

« Carrément absent »

Pour en avoir le cœur net, Le Plan B a sondé son ancienne circonscription ouvrière, le « Vimeu rouge », dans la Somme. Au premier étage de la Bourse du travail de Friville-Escarbotin, Gilles Humel, le secrétaire de l’Union locale CGT, montre une feuille portant une liste de noms surlignés au Stabilo : en orange les préretraités, en bleu les déplacés. Il s’agit du personnel de la serrurerie Laperche, récemment fermée sur ordre du groupe Assa Abloy, numéro 1 mondial du secteur. On les compte par paquets, ici, les boîtes de métallurgie rachetées par des fonds d’investissement et délocalisées sans faire d’histoires. « Vincent Peillon était carrément absent sur cette bataille, indique Gilles Humel. Des déclarations générales, si, il en a fait : “Le Vimeu sinistré… le Vimeu doit innover…” Mais concrètement, rien. Il s’est contenté d’en appeler aux fonds européens pour gérer la fermeture.

– Mais est-ce qu’il a livré une analyse des bouleversements qui se produisent dans le Vimeu ?
– Non, je n’ai pas trace de ça. J’essaie de me souvenir. Mais non.
– Il n’a jamais proposé de solution ? Des barrières douanières, par exemple ?
– Non. Le seul qui tient ce discours-là, c’est Maxime Gremetz. Mais, au PS, on n’a pas de retour sur nos propositions. Jamais ils n’ont initié une réunion de travail, même avec le conseiller général d’à côté.
– Est-ce que Peillon est déjà venu s’expliquer ici, avec vous ou d’autres ?
– Pas une seule fois. Il ne connaît pas la couleur de nos locaux.
»

Vincent Peillon, qui tutoie « Thomas Hugues de i-télé », n’a jamais mis les pieds à la Bourse du travail de sa circonscription. Ses camarades socialistes trouvent-ils cela normal ? « Non, c’est une aberration, s’exclame Christian Decayeux, un ancien secrétaire du PS dans la Somme. Si vous ne rencontrez pas les acteurs qui peuvent avoir une influence, c’est perdu. Vincent s’est complètement désintéressé de la vie locale. » Les adhérents de sa section confirment : « Il venait assez peu aux réunions, ou alors pour faire des discours de tactique sur les autres dirigeants socialistes, façon commère de Solférino.
– La situation de la métallurgie, il en parlait ?
– Il s’en foutait. Un jour, des ouvriers l’ont évoquée et il leur a dit : “Faites-moi une note là-dessus”, comme s’il se trouvait dans un cabinet ministériel. C’était pareil sur tout.
»

La morgue de Peillon envers sa « base » lui a d’ailleurs joué un tour à la veille des dernières législatives, lorsque le tribunal d’Amiens, constatant qu’il ne résidait pas dans sa circonscription, a rayé le candidat PS des listes électorales. « Quand on ne peut même pas voter là où on se présente et qu’on glisse son bulletin à Paris, ça dit tout, commente Decayeux. Avant le scrutin, il a sorti un tract : “Si je ne suis pas élu, je ne viendrai plus !” Comme si c’était le messie et que les gens allaient le retenir… »

Il y a donc un suffrage au moins dont la perte n’est pas imputable aux chasseurs : le sien. Pour le zébulon du « Nouveau Parti socialiste », c’est pourtant le peuple qui est défectueux. « Je trouve dommage que le Vimeu n’ait pas été capable de se ressaisir suffisamment », pestait Peillon au soir du second tour, cependant que « le Vimeu » rigolait : « On s’est bien moqués de lui, se souvient un syndicaliste dans une manif. Je lui ai dit : “Même une vache avec un chapeau aurait été élue.” » À condition qu’elle se montre…

Socialisme tendance stock-option

Sur son site Internet, pas la moindre trace d’une activité politique dans la Somme ou d’une proposition au Parlement européen. Y sont en revanche dûment répertoriées toutes ses prestations dans les médias : « “Une victoire utile pour préparer l’avenir” : retrouvez l’interview de Vincent Peillon par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 » ; « “Nous avons des valeurs à défendre” : sur France 2 dans “Mots croisés”, consacrée à la polémique autour des JO de Pékin » ; « “La gauche française doit sortir de ses crispations et se remettre en mouvement” : interrogé cette semaine par Le Nouvel Observateur. » Et cetera.

Qu’un parachuté socialiste soit à la fois arrogant et nul, ce n’est pas une surprise. Qu’il se fasse battre à deux reprises sur des terres prolétaires par un notable local de l’UMP, avocat d’affaires légumineux mais qui habite sur place, cela se conçoit. Mais de quelle légitimité peut se targuer Peillon pour s’exprimer au nom de « la gauche française » ? Car ses déboires électoraux n’ont nullement ralenti le flux de ses épanchements médiatiques. Au contraire : moins il a d’électeurs, plus il a d’intervieweurs.

Il est vrai que Peillon a touillé toutes les couleurs du lavis socialiste, d’Emmanuelli à Strauss-Kahn, de Jospin à Royal. Bien que n’exerçant aucune fonction de porte-parole au PS, il campe le parfait portrait-robot du socialiste rénové. Opposé au Traité constitutionnel européen de 2005, il soutient en 2007 la déclinaison sarkozyste de ce même traité. En 2002, il tonne contre « le très grand danger de la dérive sociale-libérale » et courtise la mouvance altermondialiste. Cinq ans plus tard, en pleine affaire Airbus, il rectifie : « Moi, je ne suis pas du tout pour la suppression des stock-options, je pense qu’elles ont un rôle. » Son ennemi d’aujourd’hui ? « Les gauchistes et tribunitiens », qui « à force de trouver la gauche pas assez à gauche ont installé durablement la droite au pouvoir ».
Finis, les tracas d’un « terrain » grouillant de chômeurs, de précaires et de salariés délocalisables. Plus besoin de s’encombrer des ouvriers de Laperche, ni de les convaincre que leurs malheurs sont dus aux « gauchistes » : la démocratie médiatique supplée avantageusement au bourbier électoral.

Le 19 mai, Peillon paradait à nouveau dans « Mots croisés » sur France 2, où il représentait « l’opposition » face à la ministre Valérie Pécresse. La suppression de 10 000 postes dans l’Éducation nationale ? Le tricard du Vimeu est « pour ». L’attaque contre le droit de grève des profs ? Ce « n’est pas dérangeant », concède-t-il. Yves Calvi jubile : « Si successivement vous nous dites que vous êtes d’accord sur le service minimum et sur les réductions d’effectifs, alors là, je dois dire, la gauche est en train de beaucoup évoluer dans ce pays !
– Écoutez, ça me semble une évidence
», fanfaronne « l’opposant ». Évidence pour évidence, le Parti de la presse et de l’argent (PPA) a trouvé en Peillon la « gauche » qui lui ressemble.

Source : Le Plan B n°14
Article paru dans le numéro de juillet-septembre 2008
Par David NOËL - Publié dans : Revue de presse - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 4 août 2008
LA REPUBLICA (extraits)
Montevideo

Pour les nouveaux esclaves de l’ère de l’économie mondialisée (qui, selon des statistiques récentes, sont presque 100 millions), pour les prolétaires forcés de regarder le monde d’en bas (le tiers de l’humanité) et pour quelques autres millions de personnes sensibles qui ne sont ni pauvres ni prolétaires, mais qui ont décidé de regarder le monde avec les yeux de ces derniers, le vieux Marx a encore des choses à dire, même si son buste est tombé des piédestaux érigés à sa gloire par des adorateurs d’une autre époque.

Quelles sont ces choses ? Qu’y a-t-il encore d’actuel dans l’œuvre du vieux Marx, après qu’il a été renié par ceux qui avaient bâti des Etats et des partis en son nom ? Marx a beau être un classique de la pensée socio-économique et politique, il n’est pas encore possible d’apporter à cette question une réponse qui soit du goût de tous, comme on le ferait peut-être pour un classique de la littérature. Ce n’est pas possible, parce que Marx est un classique qui a un point de vue très tranché sur une des questions qui divisent le plus les mortels : l’importance des luttes entre classes sociales. Cela oblige à une restriction lorsqu’on veut parler de ce qui est encore d’actualité chez Marx. Et la restriction est de taille : car la pensée de Marx est actuelle seulement pour ceux qui continuent à regarder le monde d’en bas, avec les yeux des malheureux, des esclaves, des prolétaires et des opprimés. Bien entendu, il n’est pas nécessaire d’être marxiste pour avoir ce regard. Il suffit d’avoir quelque chose qui ne court pas les rues ces temps-ci : de la compassion pour les victimes de la mondialisation néolibérale (qui est à la fois capitaliste, pré-capitaliste et postmoderne). Mais il faut malgré tout un peu de marxisme pour que la compassion ne tourne pas à la jérémiade, pour passer de la compassion à l’action.

Pour ceux qui pensent de la sorte, même s’ils sont souvent sans voix, Marx est aussi actuel que le sont Shakespeare ou Cervantès pour les amoureux de la littérature. Et ils ont d’excellentes raisons pour cela. En voici quelques unes. Marx a dit que le capitalisme a créé pour la première fois dans l’Histoire les bases matérielles de l’émancipation de l’humanité, mais que la logique interne du système menace de transformer les forces de production en forces de destruction. Nous en sommes toujours là. Le capitalisme a changé à beaucoup d’égards, mais cette menace est encore plus flagrante. Marx a dit que « chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité ». Aujourd’hui, grâce à l’écologie et à l’écologie sociale, nous sommes plus conscients de cette ambivalence, mais des millions de paysans prolétarisés en souffrent dans le monde.

Marx a dit que la principale cause de la menace qui transforme les forces de production en forces de destruction et épuise ainsi « les sources d’où jaillit toute richesse » est la logique du profit privé, la tendance à tout ramener à la valeur argent, le fait de vivre dans « les eaux glacées du calcul égoïste ». Des millions d’hommes et de femmes, en Afrique, en Asie et en Amérique surtout, éprouvent aujourd’hui le sentiment que ces eaux sont encore plus froides aujourd’hui, ce que confirment les rapports annuels de l’ONU et d’autres organismes internationaux sur l’état du monde.

Cent vingt-cinq ans après la mort de Marx, on pourrait se poser la question en ces termes : avons-nous produit, depuis, quelque chose qui donne davantage d’espoir à ceux qui n’ont rien ? Et, si la réponse est non, qu’y a-t-il d’étrange à ce que, même au Royaume-Uni, la patrie classique du capitalisme (et du libéralisme moderne), on pense que Marx a été le plus grand penseur de tous les temps ?

Francisco Fernandez Buey
Professeur de philosophie politique à l’université Pompeu Fabra de Barcelone
Chroniqueur à Rebelion, le site d'information des altermondialistes hispanophones

Article paru dans Courrier International n°924 du 17 au 23 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Revue de presse - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 6 mars 2008
undefined Une ville à la loupe

Face à Marine Le Pen, qui pourrait prendre la ville, la gauche a surmonté ses divisions en envoyant Marie-Noëlle Lienemann pour seconder le maire sortant.

Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), envoyé spécial.

Hénin-Beaumont va-t-elle tomber entre les mains du Front national ? Alors que le parti d’extrême droite a subi un revers historique dans l’ensemble du pays lors des derniers scrutins, la petite ville de l’ancien bassin minier pourrait devenir le symbole de sa tentative de reconquête électorale. « Nos chances n’ont jamais été aussi grandes », affirme Bruno Bilde, directeur de campagne du tandem Steeve Briois-Marine Le Pen et quinzième sur la liste « Hénin-Beaumont pour vous ». Pour les frontistes, plusieurs éléments joueraient en leur faveur : les très bons résultats de Marine Le Pen aux législatives, dans un contexte national catastrophique, la gestion et la personnalité contestées du maire sortant, l’éclatement de la gauche sur trois listes et la forte probabilité d’une triangulaire le 16 mars.

Sur le matériel de campagne, la célèbre flamme tricolore a disparu au profit d’un coeur. Et le programme officiel n’a pas grand-chose à voir avec les discours traditionnels du Front national. « Notre parti est de bon sens. On retrouve sa philosophie dans nos propositions pour Hénin-Beaumont. Mais, en tant que républicains, nous ne pouvons pas aller contre la loi », justifie Marine Le Pen. Au placard les relents racistes, place à l’assainissement des finances de la commune, à la revitalisation du centre-ville, à la construction de logements sociaux, à l’aménagement d’un terril en parc familial ou encore à la modernisation d’un minigolf. N’ayant nullement abandonné les thématiques qui lui ont donné son assise électorale, le FN et son dirigeant local, Steeve Briois, labourent le terrain héninois depuis de nombreuses années. Conseiller municipal depuis 1995, ce petit-fils de mineur entretient une véritable relation de proximité avec les habitants. Loin de l’image du patriarche milliardaire incarnée par le président du Front national.

À gauche, après des années de luttes intestines au sein des différents partis, l’union a fini par être réalisée derrière le maire, Gérard Dalongeville (divers gauche), grâce en particulier à l’arrivée de la députée européenne socialiste Marie-Noëlle Lienemann sur la liste. « Il était important que les habitants sortent du climat de rumeurs et de tensions dans lequel le FN les avait installés. Après toutes les querelles locales, ce n’est pas étonnant que les gens se disent : "Tous pourris !" Maintenant que la gauche est rassemblée, nous allons pouvoir consacrer notre énergie à mieux répondre sur le terrain et à franchir une nouvelle étape dans la démocratie locale », explique le numéro deux de la liste « Hénin-Beaumont pour tous », soutenu par le PS, le MJS, le PCF, le MRC et le PRG.

Aux critiques souvent justifiées du bilan de la précédente mandature, les acteurs du nouveau contrat municipal répondent sans ambages : « Le FN capte une partie des couches populaires parce que la gauche n’est plus en symbiose avec eux. Ici, on ne fait plus de politique. Mais pour moi, il est hors de question de ne faire que de la gestion municipale. Il faut une gauche qui gère, tout en se mobilisant dans les luttes ! » tranche Marie-Noëlle Lienemann.

Alors que le Parti communiste avait pris des distances avec Gérard Dalongeville, il a finalement rejoint la liste conduite par le maire sortant. « Nous avons la volonté de battre le FN et j’ai la conviction qu’il fallait une liste avec les partis de gauche et un discours de gauche pour cela. Nous serons un allié exigeant et lucide, pas un vassal », prévient David Noël, responsable de la section du PCF et l’un des deux candidats communistes sur la liste. Le maire, de son côté, affirme que la page est tournée mais ne rougit pas de son bilan : huit cents logements construits, l’accueil d’un Ikéa qui a permis de créer des emplois, la mise en place de la première crèche… et promet « un gros coup » en termes d’implantations d’entreprises.

Outre les listes de l’UMP et de la LCR, qui devraient jouer un rôle mineur dans la bataille, celle de l’Alliance républicaine vient semer le trouble. Menée par Daniel Duquenne, exclu du Parti socialiste, cette alliance ratisse large : le Modem, les Verts, de nombreux anciens socialistes et même deux personnes classées à droite, mais qui « ne partagent pas le projet de l’UMP », selon la tête de liste, avant tout motivée par une aversion viscérale pour son ancien camarade, Gérard Dalongeville. « C’est un antirépublicain qui bâillonne l’opposition », accuse celui qui se revendique toujours socialiste. C’est surtout l’ambiguïté sur son attitude au soir du premier tour qui interroge, ayant déclaré qu’il ne choisirait pas « entre la peste et le choléra », et se maintiendrait quoi qu’il arrive. « C’est une petite phrase de campagne. J’aurai un comportement républicain et je ferai tout pour battre le FN », assure-t-il. Dans ce cas, se maintenir serait-il vraiment responsable ?

Ludovic Tomas

L'Humanité

Article paru le 4 mars 2008
Par David NOËL - Publié dans : Revue de presse
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