Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Le blog de la section d'Hénin-Beaumont
Le CVUH souhaite revenir brièvement sur les
raisons de son soutien aux critiques du métronome impulsées par William Blanc (les Goliards) et Christophe Naudin (Histoire pour tous).
La mise en scène médiatique d'un face à face Blanc/Deutsch, depuis la dénonciation d'un élu FDG du soutien officiel de la mairie de Paris à l'ouvrage de Lorànt Deutsch, couvre l'importance de la
critique déjà faite et à poursuivre.
Nous ne considérons pas que l'histoire appartient aux historiens et qu'il convient de traquer toutes les contre-vérités historiques des ouvrages relevant du champ historique. En revanche, qu'un
livre comme Métronome, vertement antirépublicain et truffé d'erreurs grossières, connaisse un tel succès, ne peut que nous interroger.
En ce sens, le travail de déconstruction entamé par William Blanc et Christophe Naudin procède d'une nécessaire vigilance sur les instrumentalisations et détournements de l'histoire à des fins
politiques. Pointer les réseaux éditoriaux, médiatiques et politiques de soutien et promotion à des ouvrages comme Métronome ne relève pas d'un pointillisme sourcilleux, mais du souci de
s'inscrire dans un débat démocratique sur les finalités critiques et civiques de l'histoire.
Laurent Colantonio, Sylvie Aprile, Anne Jollet, Fanny Madeline, Laurence de Cock, Véronique Servat, Jean Vettraino, (membres du CA du CVUH) et Michèle Riot-Sarcey.
La marche en l'honneur d'Emilienne Mopty aura été le grand événement de la campagne législative. Plusieurs milliers de personnes ont défilé pour dire qu'ici, ce n'est pas le fief des
fachos, mais une terre de résistance, une terre de générosité, une terre de fraternité. Du square Blanche Volanti à la stèle Vasil Borik en passant par l'ilot Carnot et la plaque en hommage à
Joseph Fontaine, toute l'histoire de notre ville est marquée par la résistance. La campagne d'éducation populaire du PCF et du Front de Gauche nous a rendu notre fierté en invitant ces
milliers d'électeurs de gauche à se réapproprier leur histoire collective.
Pierre Berteloot, militant communiste disparu en 2008, était un des symboles de la résistance. Pour Gilberte, qui me parlait encore de lui et de son engagement de résistant la semaine
dernière, nous republions l'article d'hommage que nous lui avions consacré.
Pierre est né le 1er octobre
1922 et a démarré sa carrière professionnelle comme galibot. Durant toute sa vie professionnelle, il a été militant et délégué syndical CGT avec un seul objectif : « défendre les intérêts des
travailleurs ». Il a pris sa première carte au Parti Communiste à l’âge de 12 ans et a toujours mené de front avec le même courage vie professionnelle, engagement politique et combat
syndical.
Son engagement, Pierre l’a payé cher.
Durant la guerre, Pierre a été réquisitionné en 1942 pour travailler de force dans les mines ; il est entré clandestinement dans la résistance en 1944 ce qui lui a valu d’être arrêté et
emprisonné à Béthune du 26 mai au 26 août 1944. Une fois libre, Pierre a poursuivi le combat dans les rangs de la 13e compagnie de FTP avant d’être affecté à l’armée régulière jusqu’au 26 mars
1945.
A la Libération, Pierre a continué à militer avec la même énergie ce qui lui vaudra d’être licencié pour faits de grève en 1948 et d’être à nouveau emprisonné, alors qu’il était marié et père de
famille.
Après quelques petits boulots, Pierre a fini par retrouver une place stable en 1952 comme fondeur à Pennaroya où il a travaillé jusqu’à sa retraite en 1979 et où il a été médaillé du travail.
Engagé en politique et dans la vie syndicale, Pierre était aussi un « coulonneux » passionné. Il a été colombophile plus de 60 ans et a été diplômé pour ses 50 ans de présence et de participation
aux concours. Il était le vétéran sur la ville d’Hénin-Beaumont. Au jour de son décès, plus de 50 pigeons occupaient encore ses pigeonniers faisant entendre leurs roucoulements qu’il aimait
tant.
Mari aimant, père de famille affectueux, camarade courageux et dévoué, Pierre était tout cela à la fois. Il laisse derrière lui Gilberte, son épouse, ses 11 enfants et de nombreux petits-enfants
et arrière-petits-enfants qu'il chérissait et qui ne l'oublieront jamais.
Lors de la venue du Président candidat Nicolas Sarkozy à la Réunion
le mercredi 4 avril, notre collègue Jacques Delpech avait brandi une pancarte avec les mots « Vive l'Histoire et la géographie » au Domaine de Pierrefonds (commune de Saint Pierre) pour
attirer l'attention du candidat. Elle a été immédiatement déchirée par les forces de l'ordre. Jacques Delpech a été plaqué contre un mur, arrêté et emmené au commissariat pour vérification
d'identité !
L'APHG dénonce cette arrestation, assure de sa solidarité Jacques Delpech, l'encourage à continuer le combat pour nos disciplines et invite tous les membres de l'APHG à faire connaître au grand
jour la grave atteinte portée à ces disciplines citoyennes au lycée, demande le rétablissement de l'Histoire et de la Géographie en Terminale scientifique à titre obligatoire, le rétablissement
de l'année de stage après les concours et la révision des programmes de lycée.
Le Bureau national de l'APHG
Paris, le 13 avril 2012.
Quelques enquêteurs médiatiques alertent l’opinion
sur l’entreprise en cours d’assassinat de l’histoire de France. Les grands hommes, les grands règnes, les repères (c’est-à-dire les grandes dates) seraient en train de disparaître au profit de
«nouveautés» comme l’histoire des Empires médiévaux africains ou l’Inde des Guptas. Selon les contempteurs des nouveaux programmes scolaires de collège, il y aurait grand danger donc, et urgence
à rétablir un récit national avec ses héros, seuls en mesure de reconstruire une identité collective menacée par le communautarisme. Outre le fait qu’elle ignore que l’histoire nationale conserve
une place prépondérante dans les programmes, cette offensive nous apparaît dangereuse.
Qu’importe, pour ces faiseurs d’opinion, que le récit linéaire et plus ou moins hagiographique de l’histoire nationale soit remis en cause par les historiens depuis plusieurs décennies,
l’important n’est-il pas que les élites ou toute une ancienne génération y reconnaissent le récit de l’histoire scolaire - imagier de leur enfance - et que la portée supposée intégratrice de ses
héros (Clovis, Louis XIV, Napoléon) les maintienne comme modèles à l’usage des jeunes générations sans repères ? Que ces dernières ne vivent plus dans le même contexte politique, social, mondial
que celui du XIXe siècle (lorsque s’est forgé ce récit national qui a irrigué l’histoire scolaire) ne semble guère perturber les défenseurs d’une histoire de France en péril. Il est vrai qu’en
matière d’éducation, les vieilles recettes sont à l’honneur. On fantasme sur les vertus des leçons de morale et le retour des sanctions à l’ancienne pour rétablir l’autorité des maîtres :
l’histoire scolaire n’aurait donc pas à prendre acte des transformations du monde dans lequel vivent les jeunes, à l’heure de la mondialisation, des migrations, des métissages culturels, des pays
émergents.
Il est urgent de rappeler que l’histoire de l’Afrique ne s’adresse pas «aux petits Africains» d’origine, mais bien à tous les jeunes car tous ont besoin de ces éclairages sur le passé, tout comme
de savoir que l’histoire n’est pas faite que par les «grands hommes» mais aussi par les anonymes ou les «sans-voix», afin qu’ils puissent se reconnaître dans ces derniers et se projeter eux aussi
comme des futurs acteurs dans la société de demain. Il est urgent enfin de rappeler que l’histoire à l’école ne peut pas tout traiter, des choix sont nécessaires et ils obligent à des arbitrages
difficiles. Or, le risque qui se profile est qu’à vouloir contenter tout le monde - les défenseurs de l’histoire à l’ancienne et les nécessités de prendre en compte les renouvellements
historiographiques -, les programmes ne deviennent un fourre-tout sans cohérence (voir le programme de 1ère actuel qui apparaît infaisable), ayant perdu toute saveur et toute possibilité d’être
une discipline de formation intellectuelle et critique pour les jeunes. L’histoire scolaire, sans renier certes une histoire nationale, européenne, doit transmettre une connaissance globale du
passé humain, aider à la compréhension des autres civilisations et permettre à chacun de penser l’altérité, au passé comme au présent.
Par Roland HUBERT Cosecrétaire général du SNES-FSU, Alice CARDOSO Responsable du groupe Histoire-Géographie au SNES-FSU, Laurence DE COCK et
Suzanne CITRON Historiennes
Ce nouveau tome du Dictionnaire
biographique, mouvement ouvrier, mouvement social est le cinquantième de la série française du Maitron. Il offre dans la volume papier des biographies entièrement nouvelles.
Outre les notices complémentaires du tome 6, le CD-Rom joint reprend l’intégralité des notices publiées dans les cinq premiers tomes de la nouvelle période du dictionnaire, pour certaines mises à
jours et complétées. Au total, ce sont plus de 12 000 notices biographiques qui sont donc présentes sur ce nouveau CD-Rom.
Vous pouvez découvrir en ligne sur le site Maitron.org une sélection des biographies du tome 6.
Le Maitron : Dictionnaire biographique : mouvement ouvrier, mouvement social, de 1940 à mai 1968 Volume 6, Gh-Je, Ivry-sur-Seine, Éditions de l’Atelier, novembre 2010, 462 p. + 1 CD-Rom.
65 €
Des archives inédites de Maximilien Robespierre
doivent être vendues aux enchères chez Sotheby’s ce mercredi 18 mai prochain. Il est impensable que ces documents et sources historiques quittent la France au risque d'être dispersés.
Robespierre appartient à notre patrimoine national. Ces archives contribuent à notre compréhension contemporaine de la Révolution française quels que soient les débats que suscitent son action et
son œuvre. Elles sont de fait propriété de notre peuple.
Le devoir et la responsabilité du gouvernement français, par l'intermédiaire du ministère de la Culture, sont de veiller à ce qu'elles soient conservées et rendues accessibles au public et aux
chercheurs.
J'en appelle donc solennellement au ministre de la Culture et lui demande d'agir sans plus tarder afin que ces archives rejoignent l'une de nos institutions nationales. Le PCF fera tout son
possible pour qu’il en soit ainsi. Soutenant l'initiative de souscription nationale engagée par la Société des études robespierristes (SER), le PCF en appelle à toutes les bonnes volontés pour
sauver cette part de notre bien commun.
Pierre Laurent,
Secrétaire national du PCF
La section d'Hénin-Beaumont du PCF avait invité Pierre Outteryck, professeur agrégé d'histoire et historien, auteur d'une biographie de Martha Desrumaux, pour une
conférence-débat qui s'est tenue vendredi soir, salle Jean Moulin devant une trentaine de personnes, après un dépôt de gerbe en hommage aux résistants héninois fusillés, devant la plaque de la
rue Prévert.
Jean-Louis Fossier, secrétaire de la section de Courrières et Edmond Bruneel, secrétaire de la section de Montigny-en-Gohelle étaient présents, ainsi que
Pierre Ferrari et plusieurs militants du Nouvel Elan.
Deux heures durant, Pierre Outteryck a parlé avec passion de la vie de Martha Desrumaux, cette petite ouvrière né à Comines, devenue syndicaliste, qui ne savait pas lire et écrire quand elle a
animé sa première grève, en 1917, qui a rejoint le jeune Parti Communiste à sa fondation en 1920. Dirigeante nationale de la CGTU, féministe, Martha Desrumaux a toujours eu le souci de rassembler
dans tous les combats qu'elle a mené et de n'omettre aucune revendication. Cette capacité à organiser et à rassembler lui valurent de participer à la signature des accords de Matignon en juin
1936, à une époque où les femmes n'avaient pas encore le droit de vote.
En octobre 1940, avec un petit groupe de syndicalistes du Nord et du Pas-de-Calais, Martha Desrumaux participe à la rédaction des cahiers de revendication qui serviront de base au grand mouvement
de grève des mineurs, qui débute au puits du Dahomey, en mai 1941. Arrêtée, déportée au camp de concentration de Ravensbrück, Martha Desrumaux y organise la solidarité entre détenues avec
Geneviève de Gaulle, Germaine Tillon et Marie-Claude Vaillant-Couturier.
A la Libération, Martha Desrumaux devient députée communiste du Nord et adjointe au maire de Lille et jusqu'à sa mort en 1982, elle continuera de lutter pour transformer le monde.
Un grand merci à Pierre Outteryck pour nous avoir fait revivre la vie et les luttes de Martha Desrumaux. Véritable conteur, Pierre Outteryck a captivé son auditoire. Nombreux furent ceux qui
achetèrent son livre et se le firent dédicacer. Avant de nous quitter, Pierre Outteryck nous a promis de revenir bientôt, pour le 70ème anniversaire de la grande grève des mineurs de mai-juin
1941 que la Fédération du Pas-de-Calais du PCF et les sections d'Hénin-Beaumont et de Montigny-en-Gohelle célèbreront l'année prochaine.
Commentaires